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Les Chants de Mandrin : la ballade sauvage

Les Chants de Mandrin

Ceux qui se souviennent avec nostalgie du feuilleton de l’ORTF (Mandrin, bandit d’honneur, Pierre Fourasti?, 1972) en seront pour leurs frais : Les Chants de Mandrin n’est pas l’?pop?e du ? Robin des bois ? fran?ais, contrebandier (1724-1755) qui d?fia les puissants fermiers g?n?raux de l'Ancien R?gime. Le film de Rabah Ameur-Za?meche s’inscrit plut?t dans le sillage du personnage historique, d?j? mort sur la roue au moment o? commence le r?cit. Il s'attache aux basques de ses anciens compagnons, qui se lancent dans une nouvelle campagne de contrebande, tout en propageant la l?gende du h?ros (par le verbe, par l'?crit).
A l'image des pr?c?dents films de Rabah Ameur-Za?meche et de la place que celui-ci occupe dans le cin?ma fran?ais, la d?marche des Chants de Mandrin est aussi originale que passionnante : il s’agit pour le cin?aste ? la fois de s’approprier un pan du r?cit populaire national (dont la m?moire est raviv?e ? intervalles r?guliers, notamment lors d'?pisodes r?volutionnaires : la Commune, Mai 68), et de d?placer son utopie cin?matographique (intimement li?e au collectif, on retrouve ici la ? bande ? de Dernier Maquis) dans le cadre du film historique.
Le film, qui dans son rythme indolent et m?ditatif tient plus de la ballade buissonni?re que de l’?pop?e historique, a ses fulgurances plastiques (l’inscription graphique des personnages dans les vrais d?cors de western que constituent les Causses) et ses moments de gr?ce (jaillissant g?n?ralement des sc?nes les plus quotidiennes). Il montre ?galement de mani?re int?ressante —quoique allusive— la circulation des marchandises et des id?es dans la France d’Ancien R?gime.
Mais en se d?fiant ? la fois de la mise en contexte historique (et p?dagogique) de Mandrin, et de parall?les trop ?vidents avec la France contemporaine, Rabah Ameur Za?meche peine ? nous convaincre de la n?cessit? de ressuciter le personnage par le biais de la fiction. Certes, le cin?aste ?vite les travers du film en costumes, certes il parvient ? filmer l’histoire ? au pr?sent ? (non pas le pass? mais ? ce qui se passe ? comme le signale Cyril Neyrat citant Godard), mais on passe une bonne partie du film ? se demander o? au fond il veut en venir…
Au risque du pl?onasme, le film semble ainsi s’enivrer de lui-m?me, et se diluer dans la c?l?bration de son propre geste (la libert? de filmer de Rabah Ameur-Za?meche comme ?cho ? l’insoumission des mandrins ?) ; une impression accentu?e par la pr?sence (rituelle dans les films de Za?meche) du metteur en sc?ne ? l’?cran (il incarne B?lissard, le lieutenant de Mandrin), et par des private jokes dont la potacherie frise la complaisance (le libelle sur Mandrin est ?dit? chez RAZ… comme Rabah Ameur-Za?meche, et l’imprimeur interpr?t? par le philosophe Jean-Luc Nancy se d?nomme… Cynan). Dans les interviews, le r?alisateur d?clare avoir d?couvert Mandrin ? l’?cole primaire, en apprenant par cœur la complainte : ? lui qui venait d’Alg?rie, ce personnage d'insoumis a ? donn? l’envie d’?tre fran?ais ?. La fameuse complainte, il faudra attendre la fin du film pour l’entendre, parl?e/chant?e par un personnage de marquis lib?ral (Jacques Nolot) devant une taverne pleine ? craquer et chauff?e ? blanc. C’est la plus belle sc?ne du film : elle fait enfin passer le frisson de l’?pique, celui-l? m?me qui avait d? frapper un petit gar?on de neuf ans.?

[Les Chants de Mandrin de Rabah Ameur-Za?meche. 2011. Dur?e : 1 h 37. Distribution : Mk2. Sortie le 25 janvier 2012]?

Pour aller plus loin :

Sur Les Chants de Mandrin :
Interview de Rabah Ameur-Za?meche par le site Vodkaster
— ? Notes pour les contrebandiers de Montreuil ? de Cyril Neyrat sur independencia.fr

Sur Mandrin : le site mandrin.org ?tudie le personnage sous tous ses aspects (histoire, repr?sentations…)

Sur les pr?c?dents films de Rabah Ameur-Za?meche :
Dernier maquis (2008), le site p?dagogique (Z?rodeconduite.net)
Bled number one (2005), le site p?dagogique (Lyc?ens et apprentis au cin?ma)

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 25.01.12 à 22:02

Commentaires

De HtDAXsnnpwsaOldfLXf, posté le 21.02.12 à 22:21

dit : Les pays puvares ont tire globalement profit des progres du libre-echange. La pauvrete, la faim, la misere et l?oppression reculent Ils sont socialistes, pas altruistes.C'est vraiment decourageant, j'ai l'impression que les Lemondo sont partout, a crier que l'Etat socialiste n'a jamais existe alors qu'il ne fait que s'alourdir depuis trente ans.C dans l'air cet apres-midi, un journaliste du Figaro (c'est dire!) qui nie l'existence des droits de succession en France, vantant le modele americain qui forcerait les gosses de riches de faire fortune eux-meme.La realite:US: Un abattement de $5 000 000 et 35% de taxation sur la tranche superieure.France: Un abattement de ?160 000 et 45% (augmente cet ete de 5%) de taxation sur la tranche superieure.Et pour les admirateurs des systemes Allemands et Suedois Allemagne: Tranche maximale a ?26 000 000 taxee a 30%.Suede: Abrogation de l'impot sur les successions en 2004.Les mensonges pour faire croire a des marges de manoeuvre qui n'existent pas sont legion. Hollande veut taxer le capital au meme niveau que le travail . Ca doit parler a beaucoup de monde en cette epoque ou l'epargne fond comme neige au soleil, sauf en cas de taux garanti inferieur a l'inflation. A 30% +13,5% il faudrait donc ajouter 45% d'URSSAF a des plus-values qui n'existent pas. Bravo.Je ne connais pas les details de l'ISF donc je m'abstiendrai de commenter le dernier volet de la revolution fiscale socialiste a venir. Mais je parie qu'il y a un loup, la aussi!

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