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La Familia : le fils

La Familia

Le premier mot du jeune Gustavo Rondon Cordova, présentant son film en ouverture de la projection à la Semaine de la Critique, a été pour son pays : il était heureux et fier de présenter, avec son premier film La Familia, une autre image du Venezuela que celle donnée par les actualités, d’une nation au bord de la guerre civile. L’état de déshérence et de tension d’un pays ruiné par l’effondrement des cours du pétrole, on le sent pourtant très fortement dans La Familia, drame néo-réaliste qui explore la relation entre un père et un fils cherchant à échapper à la violence des quartiers pauvres de Caracas.
Livré à lui même alors que son père tente désespérément de joindre les deux bouts, le jeune Pedro blesse mortellement un garçon de la favela qui voulait lui voler son portable. Pour protéger son fils de la vendetta, Andrés, son père, l’emmène avec lui dans une cavale incertaine… Ce point de départ est le moyen d’une plongée sous tension dans la mégalopole vénézuélienne, et du portrait in vivo d’une société en crise. Ici tout s’achète, se trafique, se négocie (le film multiplie obsessionnellement les scènes de transaction), et les nécessités de la survie comme la violence des inégalités semblent dissoudre toute solidarité. L’affermissement progressif et semé d'embûches du lien entre père et fils n’en est que plus émouvant, même si on aurait aimé que le film fasse preuve d’un peu moins de pudeur, celle-ci tournant parfois à la sécheresse…

La Familia de Gustavo Rondon Cordova, Vénézuela, 2017, Durée : 82 mn
Semaine de la critique

Posté dans Festival de Cannes par zama le 24.05.17 à 20:50

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