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Evènements : Avant-premières, festivals,

Cesar doit mourir, Prix Jean Renoir des lycéens 2013

César doit mourir

C'est un vénérable et émérite duo de cinéastes qu'auront couronné cette année, pour sa deuxième édition, les jeunes jurés du Prix Jean Renoir des lycéens : Paolo et Vittorio Taviani, nés respectivement en 1929 et 1931, consacrés en 1977 par une Palme d'or pour Padre Padrone, ont trouvé un nouveau souffle en s'abreuvant aux mamelles de la littérature et du documentaire.
Entièrement tourné dans la prison italienne de Rebibbia, César doit mourir (Cesar deve morire) raconte l'atelier théâtre mis en place par les détenus de cette prison de haute sécurité, avec la complicité des metteurs en scène/cinéastes, autour de la pièce de Shakespeare, Jules César. Entre documentaire et fiction, théâtre et cinéma, liberté de l'art et réalité de la claustration, Paolo et Vittorio Taviani ont réalisé un film court (une heure et quart) mais tendu et extraordinairement riche.

Comme l'année précédente, le blog du Prix Jean Renoir a mis en ligne des fiches pédagogiques autour des huit films en lice, tous visionnés en salles, entre septembre et mars, par les 28 classes (une par académies) participante : La Vierge, les coptes et moi de Namir Abdel Messeeh, Camille redouble de Noémie Lvovsky, Rengaine de Rachid Djaidani, Foxfire de Laurent Cantet, La Parade de Srdjan Dragojevic, Elefante blanco de Pablo Trapero et Hiver nomade de Manuel de Stürler. Le blog du Prix Jean Renoir met également en ligne les nombreuses contributions écrites des classes participantes…

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 15.04.13 à 10:51 - 1 commentaire

Festival de Cannes 2012 : les sélections

Festival de Cannes 2012

Tout est en place. Avec son désormais traditionnel adendum dévoilé lundi 30 avril, le sélectionneur Thierry Frémaux a mis la dernière touche à la Sélection Officielle
On retrouve les grands noms de la cinématographie mondiale : Michael Haneke, Abbas Kariostami, Ken Loach (revenant à la comédie après Looking for Eric avec The Angels Share), le roumain Cristian Mungiu (palmé pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours) pour les "déjà palmés", mais aussi Carlos Reygadas, Ulrich Seidl, ainsi que David Cronenberg et Walter Salles adaptant respectivement Don Dellilo (Cosmopolis) et Jack Kerouac (Sur la route)…  Sous la bannière tricolore concourreront Jacques Audiard, Alain Resnais et le revenant Leos Carax (Holy motors), ainsi qu’en clôture et hors-compétition sera présenté le Thérèse Desqueyroux de Claude Miller, récemment disparu.
La compétition officielle, exclusivement masculine (aucune réalisatrice cette année au contraire de l’édition passée), est également plus européo-américaine (et anglophone, si l’on ajoute l’australien John Hillcoat ou le Sur la route de Walter Salles) qu’à l’accoutumée. Les Etats-Unis seront représentés par trois espoirs : Lee Daniels, Andrew Dominik et Jeff Nichols, sans oublier le confirmé Wes Anderson en ouverture. Les presque homonymes Im Sang-Soo et Hong Sangsoo (pour la Corée), Yousri Nasrallah pour l’Égypte colorent cette sélection d’une touche un peu plus exotique, tandis qu’Abbas Kariostami présentera un film tourné… au Japon.
On retrouvera la diversité géographique dans la Sélection Un Certain Regard, qui présentera des films du Kazakhstan, du Sénégal, d’Inde, de Colombie, de Chine, de Bosnie et d'ailleurs, réalisés par des auteurs en devenir (Nabil Ayouch, Pablo Trapero, Lou Ye, Aida Begic, Joachim Lafosse et le québécois Xavier Dolan) ou de parfaits inconnus (cinq premiers films). On attend avec curiosité les Confessions d’un enfant du siècle de Sylvie Verheyde (auteure du très beau Stella), libre adaptation (en anglais) d’Alfred de Musset avec les « rockers » Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg, et en clôture, un Renoir de Gilles Bourdos, projet alléchant qui confronte Auguste et Jean, le père et le fils, le peintre et le futur cinéaste…

Les deux autres sélections dîtes "parallèles", constituent des premières fois, puisque ce sera le baptême du feu pour leurs deux sélectionneurs respectifs. A la Quinzaine des Réalisateurs, Edouard Waintrop reprend les rênes des mains de Frédéric Boyer. Est-ce en réponse aux deux éditions précédentes souvent jugées trop hermétiques ? Le nouveau sélectionneur orchestre le grand retour de la comédie avec Denis Podalydès (Adieu Berthe ou l’enterrement de Mémé) et Noémie Lvovsky (Camille redouble), et de l’animation avec Ernest et Célestine d'Aubier, Patar (les auteurs de Panique au village !) et Renner, d’après les albums de Gabrielle Vincent. A la Semaine de la Critique, c’est Charles Tesson qui reprend les rênes à Jean-Christophe Berjon pour une sélection de premiers et de deuxièmes films qui promet de belles surprises. Rendez-vous le mercredi 16 mai ! 

> Zérodeconduite.net sera présent au Festival de Cannes du 16 au 27 mai et vous fera vivre en direct (ou presque) le Festival…

Le site officiel du Festival :
http://www.festival-cannes.fr/

Le site de la Quinzaine des Réalisateurs :
http://www.quinzaine-realisateurs.com/

Le site de la Semaine de la critique :
http://www.semainedelacritique.com/

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 09.05.12 à 17:08 - Réagir

Le Prix National lycéen du cinéma est attribué à… Une bouteille à la mer

Prix National lycéen du cinéma

Et le premier Prix National lycéen du cinéma est attribué à… Une bouteille à la mer de Thierry Binisti.
Lancée à l'automne dernier au plan national (après une expérimentation dans l'Académie de Créteil), cette première édition a mis en lice huit films sortis entre août 2011 et mars 2012 : Habemus papam de Nanni Moretti, La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli, The Artist de Michel Hazanavicius, Le Tableau de Jean-François Laguionie, Tous au Larzac de Christian Rouaud, Le Havre d'Aki Kaurismäki, Une bouteille à la mer de Thierry Binisti, Amador de Fernando León de Aranoa. Le jury de lycéens (2 représentants pour chacune des classes) s'est réuni les 3 et 4 avril pour rencontrer les équipes des films puis délibérer.
Le PNLC a été créé en partie pour combler le vide laissé par l'arrêt du Prix de l'Éducation Nationale (dernier lauréat en date : Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois, lors du Festival de Cannes 2010), qui n'avait jamais réussi à réellement trouver sa place dans le paysage éducatif : décerné à la fin du Festival de Cannes à un film d'une des deux compétitions officielles (Sélection Officielle et Un Certain Regard), il souffrait à la fois d'une image élitiste et de l'ombre écrasante du "vrai" palmarès. Tenant compte des critiques adressées à son prédécesseur, le Prix Lycéen s'est inspiré d'un autre modèle : le Goncourt des Lycéens, à la fois manifestation très populaire chez les enseignants et élèves, et véritable label pour les lecteurs (dûment signalé, à l'instar de son illustre grand frère, par son bandeau rouge). Ce sont ainsi les lycéens eux-mêmes (à raison d'une classe par académie) qui désignent le lauréat, après avoir visionné tout au long de l'année les huit films sélectionnés par un comité associant l'Éducation Nationale et les professionnels du cinéma.
Le Prix a été à un film "coup de cœur", qui nous avait nous-mêmes beaucoup touchés. Nés sous la plume de la romancière Valérie Zénatti, portés à l'écran par Thierry Binisti, fiévreusement interprétés par Agathe Bonitzer et Mahmoud Shalaby, les jeunes personnages de Tal et Naïm ont su émouvoir et interpeller les lycéens par leur sincérité et leur soif d'idéal. Le jury a sans doute été également sensible à l'engagement du réalisateur et de la scénariste (et romancière), qui sont venus avec beaucoup de chaleur et d'humilité à leur rencontre, et ont su (à l'instar de Christian Rouaud, réalisateur de Tous au Larzac) trouver les mots simples et justes pour parler de leur travail.

Zérodeconduite.net est partenaire du Prix National Lycéen du Cinéma, à travers l'édition de dossiers pédagogiques sur chacun des huit films pré-sélectionnés. Ceux-ci s'efforcent d'offrir des outils d'analyse filmique aux lycéens et aux enseignants, et de replacer les films dans l'histoire du cinéma à travers des parcours cinéphiles : La Guerre est déclarée est ainsi l'occasion de découvrir les films de la Nouvelle Vague, Amador renvoie au néo-réalisme, sans parler de The Artist. Tous ces dossiers sont téléchargeables ci-après et sur le blog du Prix National (rubrique "Films"), sur lequel on pourra également trouver les contributions critiques des classes participantes…

> Le blog du Prix National lycéen du cinéma
> Une bouteille à la mer, le site pédagogique

> Les dossiers pédagogiques Zérodeconduite.net / Prix National Lycéen du Cinéma :
Habemus papam
Tous au Larzac
La guerre est déclarée
Le Havre
Amador
Une bouteille à la mer
Le Tableau
The Artist

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 04.04.12 à 18:41 - 1 commentaire

La Guerre d'Algérie au Forum des Images


La guerre d'Algérie, images et représentations par forumdesimages

En 1997, l’historien Benjamin Stora avait écrit un livre passionnant (Imaginaires de guerre, Les images dans les guerres d'Algérie et du Viêt-nam, La Découverte, 1997) pour tordre le cou au cliché —tenace— qui voulait que le cinéma français n’ait pas su, à la différence de son homologue américain avec le Vietnam, aborder la guerre d’Algérie et ainsi, d’une certaine manière, en exorciser la blessure.  Comparant à la fois les modalités de ces deux "guerres coloniales", et les images qu'elles avaient suscitées (photographies, actualités filmées, reportages, films de cinéma) il montrait à quoi tenait cette trompeuse impression d’absence : la censure politique imposée par le gouvernement durant les "événements" (interdiction du Petit Soldat de Godard…) a été suivi d'une auto-censure commerciale (les films évoquant le conflit sortant dans les salles au moment où personne ne voulait plus en entendre parler) ; à cela s’ajoutait l’absence d’images télévisuelles (énorme différence avec le Vietnam) ou le "fractionnement" des mémoires (chaque film s’adressant à un public particulier)(voir cet interview de Benjamin Stora).
Depuis la parution du livre de Benjamin Stora, une nouvelle génération de cinéastes s’est emparée de cette guerre sans nom (titre du documentaire de Bertrand Tavernier sur les appelés) et en a fait la matière fictionnelle d’une poignée de très bons longs-métrages : Alain Tasma (Nuit noire 17 octobre 1961), Philippe Faucon (La Trahison, voir notre site pédagogique), Laurent Herbiet (Mon colonel), Florent Emilio Siri (L’Ennemi intime, voir notre site pédagogique), Rachid Bouchareb (Hors-la-loi) ont donné un visage cinématographique à la guerre d’Algérie dans (certains de) ses différents aspects.
En préambule aux futures commémorations du cinquantenaire des accords d’Évian de mars 1962 (on annonce un documentaire événement sur FranceTélévisions), le Forum des Images propose aujourd'hui de faire le point sur la question en convoquant cinéastes et historiens durant une semaine d'événements : le cycle La Guerre d'Algérie, images et représentations associe fictions et documentaires, films français et algériens, reconstitutions historiques ou films traitant du conflit de manière plus allusives. Le site du Forum met également en ligne en vidéo les conférences d'historiens (Benjamin Stora, Sylvie Thenault, l'historien algérien Abdelmadjid Merdaci qui éclairera la mémoire algérienne de la guerre) qui font l'état des connaissances sur le sujet.

La Guerre d'Algérie, images et représentations au Forum des Images à Paris, jusqu'au 2 février

Pour aller plus loin :

> Dossiers pédagogiques :
Nuit noire 17 octobre 1961
La Trahison
L'Ennemi intime
> La boutique DVD :
La Trahison

Posté dans Evènements par zama le 28.01.12 à 22:19 - 1 commentaire

L'Usine des films amateurs : l'utopie de Michel Gondry

L'Usine de films amateurs

Qu'est-ce qui peut pousser un des cinéastes les plus courtisés du moment (il vient de sortir The Green hornet, blockbuster de superhéros) à passer plusieurs mois de sa vie à faire tourner à des groupes d'amateurs des films que personne (sinon eux) ne verra jamais, pour la seule beauté du geste et — surtout — la rigolade des participants ?
Célébré par le Centre Pompidou qui lui a consacré une rétrospective quasi exhaustive (courts-métrages, clips, pubs, et tous ses longs-métrages), et lui a offert une "carte blanche", Michel Gondry, le réalisateur de Eternal sunshine of the spotless mind ou La Science des rêves, y a surtout vu l'occasion de donner corps à son vieux rêve d'"Usine de films amateurs" : un mini-studio de cinéma avec ses décors (rue, forêt, café, terrain vague…) où des groupes de huit à seize personnes viennent bricoler en trois heures montre en main un petit film selon la technique du tourné-monté.  Un système régi par un protocole assez strict mais dont le seul but est de "permettre à tous de participer et de s'amuser équitablement" : chaque décision est prise à la majorité, chacun doit apparaître au moins une fois dans le film, un seul dvd est distribué à la fin afin que les participants gardent contact, etc.

Au moment de la sortie de Soyez sympas, rembobinez (Be kind rewind), on avait pu penser à un gimmick comique (les films "suédés" par les compères Jack Black et Mos Def), d'ailleurs rapidement récupéré par un marketing malin ("toi aussi réalise ton film suédé…") : mais cette idée de films fabriqués en groupe avec les moyens du bord (dans Be kind rewind c'est tout un quartier qui se lance dans un biopic de la célébrité locale, le jazzman Fats Waller) est un vieux rêve de Michel Gondry ; un rêve qui s'est précisé et structuré au fil des années, avant que la notoriété acquise sur les plateaux de cinéma ne lui permette d'en lancer la concrétisation. Le réalisateur raconte longuement cette genèse dans le programme de l'Usine : dans ce (très beau) texte, ce rêveur que l'on imaginait solitaire s'y révèle obsédé par l'idée de communauté, "la notion d'appartenance, la chaleur, le groupe, la protection". Il y décrit comment sa réflexion sur le fonctionnement ultra-hiérarchisé d'un plateau de cinéma ou le caractère socialement exclusif des milieux artistiques, l'ont conduit à imaginer cette utopie d'un "système auto-suffisant permettant à un groupe de produire son propre divertissement"…

Du fait de ses origines versaillaises et son exil américain, son parcours brillant dans l'industrie musicale puis cinématographique, son univers poétique et farfelu, Michel Gondry a tout sauf l'image d'un réalisateur engagé. En sortant de l'Usine des films amateurs, qui bruisse depuis plus d'un mois d'une concentration silencieuse et de bruyants éclats de rire, on a pourtant le sentiment d'avoir assisté à l'un des projets de cinéma les plus authentiquement politiques du moment : tant les valeurs qu'il met concrètement en œuvre (la gratuité —à tous les sens du terme—, l'autogestion, la mixité sociale) sont aux antipodes de celles qui dominent nos sociétés actuelles (mercantilisme, consumérisme, individualisme, etc.).

Les enseignants et éducateurs pourront se récrier devant certains aspects du projet, comme sa dimension hédoniste (il s'agit avant tout de prendre du plaisir ensemble) et son corrolaire, son absence revendiquée de prétention pédagogique (on n'est pas là pour apprendre à faire du cinéma). Mais il y a sans doute beaucoup d'idées à puiser dans ce protocole, d'ailleurs déjà testé par Gondry en live en banlieue parisienne : le choix d'un genre et d'un titre comme déclencheur (ils permettent de délier les langues et de libérer les imaginaires), la grille de scénario simple et efficace, le principe de tourner-monter sans jamais revenir en arrière ("la perfection est votre ennemie !" dixit Gondry), la contrainte du temps et la "carotte" de la projection finale, et surtout ce fonctionnement démocratique qui permet à chacun de prendre du plaisir et d'exprimer sa créativité…

L'Usine des films amateurs, jusqu'au 28 mars au Centre Pompidou (prolongations ou reprise éventuelle, se renseigner auprès du Centre)

Pour aller plus loin :
> Michel Gondry interviewé par Michel Ciment (Projection privée sur France Culture)
> Soyez sympa, rembobinez sur Zérodeconduite.net
+ Voir (prochainement) l'interview de Michel Gondry sur Cinélycée.fr

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 22.03.11 à 19:38 - 3 commentaires