blog :::

: (75 articles)

Le Silence de Lorna : à son corps défendant

Le Silence de Lorna est le récit d’une dépossession de soi programmée à laquelle une jeune femme tente désespérément de résister et à laquelle nous assistons impuissants. Embarqués malgré nous, déstabilisés, nous voulons tout de même y croire, à l’image de cette femme qui se débat pour survivre.
Pour acquérir la nationalité belge, Lorna, d’origine albanaise (l'actrice Arta Dobroshi), contracte un mariage blanc avec un junkie, Claudy (Jérémie Rénier). Mais elle n’est que le rouage d’un vaste trafic orchestré par Fabio (Fabrizio Rongione) qui souhaite désormais la remarier à un Russe en attente de papiers. Alors que la mort de Claudy par overdose fait partie du plan, celui-ci décide de décrocher.
Dans un perpétuel combat, Lorna, toute en retenue, se force à ne rien ressentir pour que personne n’ait de prise sur elle. Lorsque, rattrapée par ses sentiments, elle sourit enfin, c’est pour mieux réaliser que son histoire ne lui appartient pas. Pour se protéger, elle reste silencieuse. Mais, comme une volonté de liberté qui s’exprimerait malgré elle, elle agit. Et chacun de ses mouvements referme un peu plus le piège qui lui est tendu. La menace rôde et se rapproche par cercles concentriques, empêchant un à un que n’aboutissent ses sentiments, ses choix, et ses actes.
Face à cette tentative de dépossession totale, il ne reste à Lorna, comme seule emprise sur le réel, que son propre corps. Afin de sauver Claudy, elle s’offre à lui pour faire passer le manque. Afin de le sauver encore, elle se jette contre les murs pour couvrir ses bras de bleus. Au silence coupable se substitue un corps salvateur.
Renaît alors l’espoir. Sous les traits de la folie s’exprime un puissant instinct de conservation. C’est en effet dans ce corps qu’elle trouvera la force nécessaire à sa survie ; ce qu’on ne pourra jamais lui prendre ; un être imaginaire qu’elle protège et à qui elle ne cesse de s’adresser. Cette irruption de l’irrationnel renouvelle suffisamment l’univers naturaliste des Dardenne pour qu’ils surprennent et séduisent à nouveau la Croisette.

Le Silence de Lorna de Jean-Pierre et Luc Dardenne, 105 mn, Belgique
Sélection Officielle, en compétition

Posté par le 21.05.14 à 15:14 - 8 commentaires

Jeunes Critiques : Runaway Train

Z?rodeconduite.net s'est associ? au Champs-?lys?es Films Festival et ? sa programmation de films du r?pertoire, les Incontournables TCM, pour la cr?ation d'un jury lyc?en, compos? de vingt-six ?tudiants des sections hypokh?gne et kh?gne cin?ma-audiovisuel des lyc?es Paul Val?ry (Paris), Jean-Pierre Vernant (S?vres) et L?on Blum (Cr?teil).
Nous vous proposons leurs comptes-rendus, tout au long du Festival…

Runaway train

Runaway Train d'Andrei Konchalovsky, par Jean Dauptain :

"Le train n’est-il pas sujet cin?matographique par excellence ? Apr?s ?tre arriv? en gare de la Ciotat, le train n’a cess? de jouer des r?les importants. On pense ? Transamerica Express o? le train est lieu de l’action, ? Il ?tait une fois dans l’ouest o? le train est le sujet de l’attente pr?c?dant la fusillade ; ou encore la c?l?bre image finale de La Mort Aux Trousses o? un train p?n?tre ? toute vitesse dans un tunnel au moment o? les deux h?ros s’appr?tent ? consommer leur amour. Le train fon?ant sur sa ligne de chemin de fer serait-il la repr?sentation m?me de l’action, de l’histoire qui d?file sous les yeux du spectateur ? Dans Runaway train nous suivons un train aux freins coup?s, lanc? ? toute vitesse, tel le destin des personnages qui s’accomplit au fur et ? mesure que la pellicule tourne. (...)"

La critique int?grale en pdf

Runaway Train d'Andrei Konchalovsky, par Anna Roelants :

"Runaway Train est un film puissant par la violence avec laquelle il attrape le spectateur et le jette sans m?nagement dans son univers glacial. Manny, le prisonnier le plus confin? et surveill? d'une prison ? haute s?curit? tente de s'?vader. Consid?r? comme un h?ros par les autres prisonniers, Manny re?oit l'aide de Buck, un jeune prisonnier exalt? et t?m?raire qui d?cide alors de suivre son idole dans son ?vasion. Ayant r?ussi ? fuir la prison perdue au milieu d'un d?sert de neige et de glace, les deux ?vad?s parviennent ? monter dans un train de marchandises dont le conducteur d?c?de brutalement d'une crise cardiaque ; le train s'emballe. Manny et Buck tentent de ralentir la course folle de la locomotive, passant d'un wagon ? l'autre cherchant ? la fois ? ne pas se faire broyer par le monstre et ? ne pas se faire abattre par les policiers lanc?s ? leur poursuite. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Runaway Train d'Andrei Konchalovsky, 1985, 111 min]

Posté par le 22.06.13 à 10:30 - Réagir

Jeunes critiques : Fight Club versus Boxing Gym

Z?rodeconduite.net s'est associ? au Champs-?lys?es Films Festival et ? sa programmation de films du r?pertoire, les Incontournables TCM, pour la cr?ation d'un jury lyc?en, compos? de vingt-six ?tudiants des sections hypokh?gne et kh?gne cin?ma-audiovisuel des lyc?es Paul Val?ry (Paris), Jean-Pierre Vernant (S?vres) et L?on Blum (Cr?teil).
Nous vous proposons leurs comptes-rendus, tout au long du Festival…

Fight Club de David Fincher et Boxing Gym de Frederick Wiseman, critique comparative par Maxime Grandgeorge :

Boxing gym

"Deux films, deux formes, deux propos diff?rents mais un m?me th?me : la violence humaine. Fincher et Wiseman nous immiscent tous deux dans le monde du combat o? r?gne la violence – contr?l?e ou chaotique. Le narrateur de Fight Club (Edward Norton) nous raconte une partie de sa vie : son addiction aux th?rapies de groupe, la rencontre avec Tyler Durden puis la cr?ation du Fight Club. Wiseman nous pr?sente Lord’s Gym, un club de boxe situ? au Texas, au sein duquel se cr?e une v?ritable communaut? multiethnique. Bien que chacun des r?alisateurs projette la violence ? travers un prisme diff?rent – fictionnel ou documentaire – les deux films se rejoignent en de nombreux points.? Vassily Grossman ?crit : ? La violence est ?ternelle […]. Elle ne dispara?tra ni ne diminuera ; elle ne sera que transform?e. ? En effet, comme le montre la pratique gr?co-romaine des Jeux Olympiques, le combat et la violence ont toujours ?t? tr?s pr?sents dans nos soci?t?s. Une telle pratique visait d’ailleurs ? contr?ler la violence des jeunes hommes, ? la canaliser, ? la transformer en une pratique noble. Ces deux films mettent en sc?ne le prolongement de cette tendance humaine. Qu’il s’agisse de combat de rue ou bien de matches de boxe, ces activit?s permettent aux ?tres humains de canaliser leurs pulsions agressives pour mieux s’en lib?rer. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Fight Club de David Fincher, 1999, 135 mn]
[Boxing Gym de Frederick Wiseman, 2011, 91 mn]

?

Posté par le 19.06.13 à 10:31 - Réagir

Jeunes critiques : Doctor Jerry et Mister Love

Z?rodeconduite.net s'est associ? au Champs-?lys?es Films Festival et ? sa programmation de films du r?pertoire, les Incontournables TCM, pour la cr?ation d'un jury lyc?en, compos? de vingt-six ?tudiants des sections hypokh?gne et kh?gne cin?ma-audiovisuel des lyc?es Paul Val?ry (Paris), Jean-Pierre Vernant (S?vres) et L?on Blum (Cr?teil).
Nous vous proposons leurs comptes-rendus, tout au long du Festival…

Docteur Jerry et Mister Love

Doctor Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, par Tom Cuisinier-Rosset :

"Alambics, ?prouvettes, fioles bigarr?es constituent les premiers plans du film sur lequel d?file le g?n?rique qui lui-m?me accorde la m?me importance, ou du moins la m?me taille de police de caract?re, aux noms des acteurs du film qu’au mot ? Technicolor ?. Ainsi, ? peine pass?e la premi?re minute du film on sait sur quoi porter son regard et surtout son attention : les couleurs du film sont d’un kitch splendide et il est fort probable qu’au sortir de la s?ance les principaux souvenirs visuels qui resteront dans la m?moire du spectateur soient un amalgame de verts flubber, de rouges p?tants et de bleus sulfate de cuivre. De fait, la transformation de Dr. Jerry en Mr. Love est elle-m?me au moins aussi ? haute en couleur ? que les deux personnages eux-m?mes : le visage de Lewis adopte des couleurs improbables, faisant presque de son visage celui d’un clown – ce qui lui va particuli?rement bien, ?tant donn? le ton du film – au cœur d’un laboratoire o? les outils de chimistes ?voquent plus des fioles de peinture qu’autre chose. Evidemment, Lewis ne s’est pas content? de se peinturlurer le visage : c’est tout le film qui est barbouill? de couleurs vives (...)"

La critique int?grale en pdf

[Doctor Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, 1963, 107 min]

Posté par le 18.06.13 à 16:40 - Réagir

Jeunes critiques : Un trou dans la t?te (versus Scarface)

Z?rodeconduite.net s'est associ? au Champs-?lys?es Films Festival et ? sa programmation de films du r?pertoire, les Incontournables TCM, pour la cr?ation d'un jury lyc?en, compos? de vingt-six ?tudiants des sections hypokh?gne et kh?gne cin?ma-audiovisuel des lyc?es Paul Val?ry (Paris), Jean-Pierre Vernant (S?vres) et L?on Blum (Cr?teil).
Nous vous proposons leurs comptes-rendus, tout au long du Festival…

Un Trou dans la t?te

Un Trou dans la t?te de Frank Capra et Scarface de Brian De Palma, critique comparative par Maxime Grandgeorge :

"Quel rapport y a-t-il? entre Tony Manetta (du film Un trou dans la t?te de Capra) et Tony Montana (du Scarface de De Palma) ? Sans doute aucun. Ils ne vivent pas ? la m?me ?poque, ne sont pas issus du m?me milieu social, ni m?me du m?me pays ! Rien ne semble rapprocher ces deux films. En 1959, lorsque Capra r?alise son avant-dernier film, il n’a plus rien ? prouver. C’est peut-?tre le principal reproche que l’on pourrait adresser ? Un trou dans la t?te. En effet, le film semble r?utiliser la formule de la com?die ? caract?re socio-politique qui avait fait le succ?s de Capra depuis pr?s de trente ans. On y retrouve les th?mes qui lui sont chers — la famille, le travail, la r?ussite … —? mais cependant exploit?s avec moins d’ing?niosit?. De Palma lorsqu’il tourne Scarface en 1983, bien qu’il ait connu un certain succ?s avec Phantom of the Paradise, Carrie et Blow Out, n’est qu’au d?but d’une importante carri?re cin?matographique. En s’inspirant du film de gangster de Howard Hawks, il r?alise l’un de ses plus grands films, qui sera mal accueilli ? sa sortie en raison de sa violence et de son langage, mais obtiendra avec le temps le statut de v?ritable ? film culte ?. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Un trou dans la t?te de Frank Capra, 1959, 120 mn]
[Scarface de Brian De Palma, 1983, 170 mn]

Posté par le 18.06.13 à 12:23 - Réagir

new site