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Dans les salles : Les films de l'actualité (477 articles)

Avec "Coco", Pixar livre un bel hommage à la culture mexicaine

coco

Le studio Pixar serait-il en train de faire éclater les frontières du cinéma d’animation ? La révolution à l’œuvre depuis la sortie en 2017 de Vice-Versa, qui donnait forme et vie à des émotions, trouve dans Coco sa suite logique. L’animation n’est plus seulement un moyen de réinterpréter le visible ; elle devient également une façon d’inventer l’invisible. Coco nous plonge dans le monde des morts, monde dont il ne peut, évidemment, exister aucune description autre qu'imaginaire. Il faut tout créer, de A à Z, et cette page blanche est un terrain de jeu idéal pour les dessinateurs de génie des studios Pixar et Disney. Et c’est probablement cette alliance d’une qualité de dessin extraordinaire et de la mise en images de l’invisible qui explique le sentiment de vertige qui saisit le spectateur lorsqu’il pénètre, en même temps que le jeune héros du film, dans ce monde des morts.

Mais comment en est-on arrivés là, à franchir cette barrière mystérieuse – et sacrée pour certains – entre le monde des vivants et celui des morts ? Le plus simplement du monde ! Car l’histoire racontée dans Coco va droit au but : un petit garçon, qui a grandi dans une famille où la musique est bannie, rêve de devenir musicien ; le jour de la Fête des morts, alors qu’il tente de s’inscrire de talents, il se retrouve propulsé dans le monde des morts, où il retrouve ses ancêtres. Coco prouve, s’il en était encore besoin, la puissance de l'alliance Disney-Pixar. Le premier fournit un récit d’aventure comportant juste ce qu’il faut de méchants, un amour sans limite pour le jeu (des corps squelettiques qui ne cessent de se déboîter et de se remboîter), des gags enfantins à répétition et une bande originale entraînante. Le deuxième apporte une profondeur quasi-métaphysique, cette capacité démiurgique à représenter notre inconscient (nos émotions dans Vice-Versa, notre rapport à la mort dans Coco). Et si cette fois le film est un peu moins stupéfiant – car parfois plus linéaire – que ne l’était Vice-Versa, le message est tout aussi puissant : ce n’est pas de ses morts/de ses émotions qu’il faut avoir peur, mais de les oublier.

Parce qu’il touchera autant les petits que les grands, Coco se prête parfaitement à une exploitation pédagogique. Les professeurs d’espagnol de Collège y trouveront une façon ludique d’expliquer aux élèves ce qu’est la Fête des morts, tradition fascinante pour ceux qui n’en auraient jamais entendu parler (et inscrite par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'Humanité). Plusieurs scènes de Coco racontent de manière très didactique les modalités et les enjeux de cette fête familiale. De nombreuses thématiques abordées plus ou moins frontalement dans le film feront également le bonheur des professeurs et des élèves débutants : la famille, l’occasion de travailler en classe autour de l’arbre généalogique ; la cuisine, les spécialités culinaires mexicaines étant très présentes dans le film, ce qui pourrait être le point de départ d’un travail autour de recettes. Avec les plus grands, le film permettra de détailler l’histoire de la Fête des morts, et d’aborder la question du syncrétisme entre les croyances préhispaniques et la religion catholique. En cours d'éducation musicale, Coco sera une excellente introduction à l’analyse de la musique mexicaine (ses rythmes et ses paroles). Le film brasse en effet plusieurs styles musicaux propres au Mexique, des fameux mariachis à la célèbre Llorona (chanson connue de tous) en passant par les musiques traditionnelles de Veracruz.

Philippine Le Bret

Merci à Élodie Douvry, professeure d’espagnol, pour sa contribution à cet article

[Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina. 2017. Durée : 105 mn. Distribution : Walt Disney Motion Pictures France. Sortie le 29 novembre 2017]

Le dossier pédagogique du film

Posté dans Dans les salles par le 01.12.17 à 10:57 - Réagir

Avec "12 jours", Raymond Depardon regarde la folie droit dans les yeux

12 jours

On retient surtout de 12 Jours les images de ces yeux dans lesquels on se perd. Tout au long du film, les yeux des patients, filmés en plans fixes très resserrés lors des audiences, se fichent dans les nôtres : yeux qui ne clignent jamais, effet secondaire des médicaments, regards tantôt vides, tantôt déterminés, parfois empreints d’une effrayante fureur. Depardon nous amène ainsi à regarder droit dans les yeux cette folie qu’on préfère souvent fuir ou mépriser. Le cinéaste rapportait d’ailleurs les paroles d’un des patients qu’il a filmés : « Je préfère ne pas sortir dehors, car les gens ont les yeux sévères sur moi… » Ici Depardon nous invite à adopter un autre regard, le sien : un regard doux, qui ne juge ni n’esquive.

Ces 12 jours qui donnent leur titre au film, c’est, depuis 2013, la durée dont disposent les psychiatres pour faire examiner par un juge la légalité d’une hospitalisation sous contrainte. À l’issue d’une courte audience avec le patient, un juge des libertés détermine si la procédure a bien été respectée, et décide de poursuivre ou non l’enfermement. Fidèle à son engagement humaniste et politique, Raymond Depardon filme la difficile application de cette loi du 27 septembre 2013. Restituant dix audiences à l’hôpital Le Vinatier de Lyon, il met une fois de plus en scène la confrontation d’un individu (ici le patient) aux institutions (la justice, la psychiatrie). En résulte un film poignant, qui interroge notre rapport à la folie et à la liberté.

Film frontal, 12 Jours est aussi un film cru. Les audiences sont pour les patients un espace de parole dont ils se saisissent pleinement. Ils décrivent leur expérience de l’enfermement et racontent leur histoire personnelle, souvent traumatique. Leurs mots sont brutaux mais précieux, ils engagent leur avenir autant que le devenir de notre société. Petit à petit, ces discours viennent en effet interroger des composantes fondamentales de notre humanité. « Jusqu’à quel point sommes-nous libres ? » se demande-t-on par exemple lorsque l’enfermement sous contrainte d’une jeune femme est justifié par la probabilité qu’elle se tue, alors même que celle-ci exprime son désir de mourir. Conscient de la densité intellectuelle et émotionnelle de son documentaire, Depardon crée pour son spectateur des respirations. Il filme les couloirs de l’hôpital et ses extérieurs, accompagnant ces plans de la douce musique d’Alexandre Desplat. Des respirations qui nous permettent de réfléchir, de digérer tout ce que l’on vient de voir et d’entendre. La musique sert d’enveloppe, et permet de ne lâcher ni le film ni le fil de sa réflexion.  « De l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou », écrivait Charles de Foucault, citation mise en exergue au tout début du film. Avec 12 Jours, Depardon nous plonge au cœur de la folie, la plus noire parfois, mais ne nous laisse jamais oublier qu’elle nous concerne tous, individuellement et collectivement.

[12 jours de Raymond Depardon. Durée : 97 mn. Distribution : Wild Bunch. Sortie le 29 novembre 2017]

Posté dans Dans les salles par le 30.11.17 à 10:32 - Réagir

Battle of the sexes : le macho contre la féministe

The Battle of the sexes

« Le macho contre la féministe » : à l'heure de #balancetonporc et des débats sur l’écriture inclusive, on ne pouvait sans doute rêver meilleure affiche que celle, pourtant vintage, de cette « bataille des sexes », qui opposa en 1973 la championne de tennis Billie Jean King, militante pour l’égalité des primes entre joueuses et joueurs, à l’ex-tennisman Bobby Riggs, autoproclamé « male chauvinist pig » (gros porc machiste). Leur confrontation ultra-médiatisée trouva un énorme écho dans l’Amérique des seventies, cristallisant à travers une petite balle jaune le combat du féminisme contre le patriarcat.

Mais de ce match historique, les réalisateurs de Little Miss Sunshine tirent un film bien trop maniéré. Chantres du cinéma américain indépendant, ils en reprennent tous les codes, jusqu’au trop plein. Fascination pour les années 70, attrait pour les couleurs vives et les lumières enveloppantes, flous artistiques, jeux sur les miroirs, changements permanents de focales… La grammaire est respectée à la lettre, de manière à ce point systématique que les tics de réalisation finissent par énerver. La meilleure illustration en est cette scène de rencontre entre Billie Jean King et Marilyn Barnett, qui deviendra son amante, scène dans laquelle toutes les images sont partiellement obstruées par un objet ou une silhouette placés au premier plan.

Entouré de ce decorum vaporeux, l’âpre machisme de l’époque en devient presque sympathique, à l’image de ce Bobby Riggs présenté avec empathie comme une gloire déchue du tennis accro au jeu, finalement plus showman que macho. C’est à l’arrière-plan qu’il faut chercher la dénonciation d’un sexisme aussi ordinaire que détestable : un présentateur vedette qui ne cesse de répéter que les tenniswomen sont biologiquement inférieures aux tennismen ; des joueuses qui touchent jusqu’à huit fois moins d’argent que leurs collègues masculins dans les tournois… Autant de notations qui font écho au temps présent, mais qui s’avèrent trop discrètes pour marquer les esprits.

Il faut ainsi attendre l’affrontement final pour que le duel tant attendu prenne forme. La dramaturgie du match est habilement gérée par les deux réalisateurs. Les points s’enchaînent sans qu’aucun des deux joueurs ne semble capable de prendre l’avantage. Placé dans la peau d’un téléspectateur de 1973, le spectateur de 2017 vibre avec la foule, alternant entre abattement et exaltation. Il n’en fallait pas moins pour nous tirer de l’état cotonneux dans lequel le reste du film nous avait plongés… Dommage pour un film qui aurait pu permettre d’aborder de manière originale la thématique des inégalités et des stéréotypes de genre.

Philippine Le Bret

[The Battle of the sexes de Jonathan Dayton et Valerie Faris. 2017. Durée : 122 mn. Distribution : Twentieth Century Fox. Sortie  le 22 novembre 2017]

Posté dans Dans les salles par le 28.11.17 à 17:14 - Réagir

Ex Libris interroge le rôle des bibliothèques à l'heure du tout-numérique

Ex Libris

Après avoir exploré ces dernières années un musée (National Gallery), une université (At Berkeley) ou des lieux des spectacles (La Danse, le ballet de l'Opéra de Paris, Crazy Horse), l’infatigable documentariste Frederick Wiseman s’attaque avec Ex Libris, The New York Public Library à un autre temple de la culture : la bibliothèque. Ex Libris nous plonge pendant plus de trois heures dans les allées de la la New York Public Library, troisième plus grande bibliothèque du monde, riche de ses 55 millions de documents. Ce faisant, le film ne cesse d’étonner, d’émouvoir et d’émerveiller, et interroge avec une profondeur peu commune la définition de la culture à l’âge du numérique. Film sur une bibliothèque, c’est aussi un film-bibliothèque. Car une bibliothèque, comme le fait remarquer une architecte filmée par Wiseman, est moins un endroit où l’on stocke des livres qu’un lieu où l’on transmet des connaissances. Le film de Frederick Wiseman n’est pas autre chose : un espace (filmique) au sein duquel il est possible d’accéder au savoir. Comme une bibliothèque, Ex Libris recèle mille trésors : on y rencontre Patti Smith, on y apprend à commander un robot, on y assiste à une conférence sur la vie des juifs new-yorkais dans l’entre-deux-guerres. Comme d’une bibliothèque, on en sort plus intelligent qu’on ne l’était en y entrant.

Cette promenade bibliophile est d’autant plus fabuleuse qu’elle ne cesse de nous surprendre et de nous émouvoir. Bien sûr, Ex-Libris, tout comme les précédents documentaires de Wiseman, stimule intensément l’intelligence de ses spectateurs. Mais le documentariste américain n’oublie pas d’en appeler également à leur humour et à leurs émotions. L’une des toutes premières séquences du film nous plonge ainsi au cœur du service « Ask NYPL », qui permet à tout New-yorkais d’appeler la bibliothèque pour poser une question, même la plus absurde (en l’occurrence, il s’agit ici de l’existence des licornes). Côté émotions, on retiendra notamment une séquence vibrante dans laquelle une interprète traduit la Déclaration d’indépendance des États-Unis en langue des signes, avec tant de fougue qu’on en reste bouche-bée.

Ce patchwork géant interroge avec méthode la définition de la culture à l’heure de la démocratisation du savoir et du tout-numérique, et accompagne au plus près les réflexions de la NYPL sur sa mission de service public. La principale question posée par le film est aussi vertigineuse qu’essentielle : comment faire en sorte que les plus démunis aient eux aussi accès au savoir ? Wiseman s’intéresse tout particulièrement à la façon dont la NYPL promeut l’empowerment (prise de pouvoir) de ses publics les plus fragiles, notamment par une politique volontariste d’accès au web : alors qu’un tiers des New-Yorkais n’ont pas de connexion internet chez eux, certains usagers de la NYPL peuvent, depuis 2015, emprunter un modem comme on emprunte un livre. Cette redéfinition des espaces dans lesquels s’incarne la culture (Internet tout aussi bien que les livres) est une clé fondamentale pour permettre l’accès de tous à la culture, et la preuve que les bibliothèques ont encore un rôle important à jouer à l’heure du tout-numérique.

Un film aussi foisonnant et beau ne serait être que très riche pédagogiquement parlant. Deux thèmes du programme d’anglais en 1re ou en Terminale semblent particulièrement adaptés à une exploitation en classe. La thématique « Espaces et échanges », permettra de s’interroger sur l’ancrage géographique des différentes antennes de la New York Public Library (la façon dont Wiseman, en quelques plans, parvient à définir géographiquement et socialement chacun des quartiers dans lesquels il filme), sur le lien entre espace et richesse (la majesté de la bibliothèque de la Ve avenue versus l’exiguïté de celle d’Harlem), ou encore sur la façon dont la construction de l’espace peut permettre l’échange avec le public (une séance de comptines pour les enfants, dans une salle spécialement conçue pour que ceux-ci puissent danser ou courir sans danger). Le second thème, « Lieux et formes du pouvoir », fera parfaitement écho à la thématique centrale du film, l’empowerment. À cet égard, l’avant-dernière séquence du film mérite que l’on s’y attarde avec les élèves : lors d’une rencontre entre Khalil Muhammad, l’un des dirigeants de la NYPL, et des habitants d’Harlem, quartier défavorisé de New York – tous les protagonistes de cette scène étant noirs –, tous partagent leur expérience de la discrimination. Une enseignante évoque l’hypocrisie d’un manuel scolaire, qui raconte que les Noirs sont arrivés aux États-Unis grâce à une immigration de travail, sans que ne soit mentionné l’esclavage. La discussion, très forte, montre que la New Public Library est bien un lien d’émancipation pour ses usagers, qui y trouvent l’espace, l’écoute et les ressources nécessaires pour apprivoiser les outils du pouvoir – et s’en emparer.

Philippine Le Bret 

[Ex Libris, The New York Public Library de Frederick Wiseman. 2017. Durée : Distribution : Météore Films. Sortie le 1er novembre 2017] 

Merci à Jean-Luc Breton, professeur d’anglais, pour sa contribution à cet article

Posté dans Dans les salles par le 31.10.17 à 12:09 - Réagir

Au revoir là-haut : une adaptation spectaculaire, au détriment (parfois) de la subtilité

Au revoir là-haut

Qu’allait donner l’alliance annoncée entre romanesque lemaîtrien et folie dupontelesque ? On pouvait s’attendre au meilleur comme au pire du mariage entre les univers de ces deux créateurs (un romancier, un cinéaste) si singuliers. Mais l’adaptation du prix Goncourt 2013 par le réalisateur de Neuf mois ferme (son dernier film en 2012) est une indéniable réussite, qui nous plonge avec brio dans le bouillonnement politique, social et artistique des années vingt. Il faut dire que Dupontel a employé les grands moyens. Entre un casting de rêve (Niels Arestrup, Laurent Lafitte, Émilie Dequenne, Michel Vuillermoz), des effets spéciaux impressionnants et une magnifique reconstruction du Paris des années vingt, le (gros) budget du film est perceptible dès les premiers instants. La séquence d’ouverture, reconstitution d’une bataille entre Français et Allemands le jour de l’armistice, en est la preuve éclatante : à grands renforts d’explosions et de prises de vue aériennes, Dupontel nous immerge de manière saisissante dans l'expérience combattante de la Première Guerre Mondiale.

Mais ces grands moyens auraient été employés en pure perte sans le talent d’Albert Dupontel. La narration très resserrée choisie par le réalisateur imprime au film un indéniable souffle romanesque, tandis que l’habile navigation entre burlesque et tragique rend le film insaisissable – et d’autant plus plaisant. Ce mélange des genres est encore renforcé par la survenue des masques, qui appartiennent eux au registre de la poésie. Ces masques sont un jeu autant qu’un émerveillement, et ancrent encore un peu plus le film dans son époque en faisant référence aux principaux courants artistiques des années vingt. L’extraordinaire travail de Cécile Kretschmar, leur créatrice, rapproche ainsi Au revoir là-haut des Yeux sans visage de Georges Franju (1960). L’ambition de Dupontel a cependant un revers : le film tend à la boursouflure, au risque de substituer le spectaculaire à la finesse. Le roman de Pierre Lemaître est parfois réduit à son aspect le plus schématique (les méchants, les gentils, les péripéties), sans que ne soient développées les subtilités qui font sa force stylistique et émotionnelle. C’est notamment le cas de l’arnaque aux monuments aux morts, réduite dans le film à un simple moyen de subsistance pour les deux héros alors qu’elle possédait un fort caractère politique et symbolique dans le roman (pour une analyse historique de cette floraison de monuments commémoratifs voir l’article « Les Monuments aux morts » d’Antoine Prost dans Les Lieux de Mémoire de Pierre Nora). Le besoin de vengeance envers ceux qui ont déclenché la guerre, ont aimé la faire, ou en ont profité est aussi bien moins marqué chez Dupontel que chez Lemaître. On regrettera également que certains morceaux de bravoure du roman soient réduits à leur pure dimension narrative, ainsi de la scène de l’ensevelissement de Maillard (tombé dans un cratère, il se retrouve enterré vivant, obligé de respirer dans la gueule d’un cheval mort). Ce qui donnait lieu dans le roman à un moment d’anthologie littéraire, une pause narrative hallucinante (qui justifiait, à elle seule, le prix Goncourt attribué à Pierre Lemaître), n'est plus ici qu'une péripétie parmi d'autres.

Ces comparaisons entre le film et le roman sont évidemment le premier intérêt pédagogique du film. Au sein de la séquence consacrée en Lettres au « Personnage dans le roman du XVIIe siècle à nos jours » (Première), on pourra grâce au film s’interroger sur la transposition cinématographique d’un roman, et ainsi réfléchir aux choix que doit faire un scénariste lorsqu’il adapte une œuvre littéraire. La présence des gueules cassées et le jeu autour des masques permettra par ailleurs d’intégrer le film à l’objet d’étude « La question de l’homme dans les genres de l’argumentation ». Les professeurs de Lettres pourront ici s’intéresser à la frontière entre le monstre et l’humain. Enfin, le film paraît tout à fait adapté à une exploitation dans l'enseignement d'exploration Littérature et société – d’autant que la commémoration des cent ans de la Grande Guerre rend le film d’actualité. Le dossier pédagogique proposé sur le site du film propose d'autre pistes de travail, notamment au Collège, et de nombreuses ressources

Philippine Le Bret 

Merci à Caroline Hecker et Renée Marmonnier, professeures de Lettres, pour leur contribution à cet article

[Au revoir là-haut d'Albert Dupontel. 2017. Durée : 117 mn. Distribution : Gaumont. Sortie le 25 octobre 2017]

Pour aller plus loin :
Le site officiel du film (modules vidéo, entretien avec A. Dupontel et Pierre Lemaître et dossier pédagogique)

Posté dans Dans les salles par le 25.10.17 à 11:24 - Réagir

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