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: (92 articles)

Le Silence de Lorna : à son corps défendant

Le Silence de Lorna est le récit d’une dépossession de soi programmée à laquelle une jeune femme tente désespérément de résister et à laquelle nous assistons impuissants. Embarqués malgré nous, déstabilisés, nous voulons tout de même y croire, à l’image de cette femme qui se débat pour survivre.
Pour acquérir la nationalité belge, Lorna, d’origine albanaise (l'actrice Arta Dobroshi), contracte un mariage blanc avec un junkie, Claudy (Jérémie Rénier). Mais elle n’est que le rouage d’un vaste trafic orchestré par Fabio (Fabrizio Rongione) qui souhaite désormais la remarier à un Russe en attente de papiers. Alors que la mort de Claudy par overdose fait partie du plan, celui-ci décide de décrocher.
Dans un perpétuel combat, Lorna, toute en retenue, se force à ne rien ressentir pour que personne n’ait de prise sur elle. Lorsque, rattrapée par ses sentiments, elle sourit enfin, c’est pour mieux réaliser que son histoire ne lui appartient pas. Pour se protéger, elle reste silencieuse. Mais, comme une volonté de liberté qui s’exprimerait malgré elle, elle agit. Et chacun de ses mouvements referme un peu plus le piège qui lui est tendu. La menace rôde et se rapproche par cercles concentriques, empêchant un à un que n’aboutissent ses sentiments, ses choix, et ses actes.
Face à cette tentative de dépossession totale, il ne reste à Lorna, comme seule emprise sur le réel, que son propre corps. Afin de sauver Claudy, elle s’offre à lui pour faire passer le manque. Afin de le sauver encore, elle se jette contre les murs pour couvrir ses bras de bleus. Au silence coupable se substitue un corps salvateur.
Renaît alors l’espoir. Sous les traits de la folie s’exprime un puissant instinct de conservation. C’est en effet dans ce corps qu’elle trouvera la force nécessaire à sa survie ; ce qu’on ne pourra jamais lui prendre ; un être imaginaire qu’elle protège et à qui elle ne cesse de s’adresser. Cette irruption de l’irrationnel renouvelle suffisamment l’univers naturaliste des Dardenne pour qu’ils surprennent et séduisent à nouveau la Croisette.

Le Silence de Lorna de Jean-Pierre et Luc Dardenne, 105 mn, Belgique
Sélection Officielle, en compétition

Posté par le 21.05.14 à 15:14 - 6 commentaires

Jeunes critiques : Medea

? l'occasion du festival Premiers Plans d'Angers, les ?l?ves d'hypokh?gne et de kh?gne option cin?ma du lyc?e L?on Blum de Cr?teil prennent la plume pour nous faire part de leurs coups de coeur et avis critiques. Nous proposons ici des extraits de leurs textes. Les critiques int?grales sont disponibles elles en pdf.

Medea de Lars von Trier, par Vladimir L.

"M?d?e, ?tendue sur le sable, est lentement submerg?e par la mer. La magicienne r?clame vengeance et m?dite dans l’onde marine, son seul repos. Ses mains enserrent le sable comme si elles r?agissaient ? la haine. Les longues vagues apparaissent sur la plage comme du sang qui coule. La fille du Soleil se laisse recouvrir par la mer. Lars Von Trier, pour l’un de ses premiers films, adapte au cin?ma le c?l?bre mythe grec. C’est l’histoire de la magicienne M?d?e, originaire de Colchide, qui apr?s avoir aid? son mari Jason dans la qu?te de la Toison d’or, va se retrouver abandonn?e de tous, exil?e, tromp?e par l’homme ? qui elle a tout sacrifi?. Accabl?e de tristesse, dans une folie et un ?tat de fureur immense, elle projette une vengeance dont l’aboutissement ultime est un tragique double infanticide. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Medea de Lars von Trier, 1988, 75 min]??

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Posté par le 12.02.14 à 18:52 - Réagir

Jeunes critiques : Antichrist

? l'occasion du festival Premiers Plans d'Angers, les ?l?ves d'hypokh?gne et de kh?gne option cin?ma du lyc?e L?on Blum de Cr?teil prennent la plume pour nous faire part de leurs coups de coeur et avis critiques. Nous proposons ici des extraits de leurs textes. Les critiques int?grales sont disponibles elles en pdf.

Antichrist de Lars von Trier, par Alexis M.

"Attaquer Antichrist sur son id?ologie, aussi douteuse soit-elle, est certes compr?hensible mais semble nier l’incroyable richesse visuelle d’un film dont l’esth?tisme transfigure un cin?ma de genre auquel il emprunte les codes. L’histoire revisite tout un imaginaire renvoyant ? la sorcellerie et aux divinit?s moyen?geuses avec une absolue ma?trise de la forme. Car c’est bien de ses images, mais aussi de sa narration que le film tire toute sa singularit?. Le prologue donne le ton : film? au ralenti, dans un noir et blanc esth?tisant, il met en parall?le l’acte charnel auquel se livre un couple et la mort d’un enfant, leur enfant, tombant par la fen?tre. De cette perte, la m?re ne se rel?vera pas. Le film se positionne alors comme une ?tude des ?tats psychologiques successifs d’une m?re incapable de supporter la mort de son fils. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Antichrist de Lars von Trier, 2008, 104 min]??

> Voir ?galement le site du Festival Premiers Plans d'Angers.

Posté par le 12.02.14 à 16:07 - Réagir

Jeunes critiques : Une femme douce

? l'occasion du festival Premiers Plans d'Angers, les ?l?ves d'hypokh?gne et de kh?gne option cin?ma du lyc?e L?on Blum de Cr?teil prennent la plume pour nous faire part de leurs coups de coeur et avis critiques. Nous proposons ici des extraits de leurs textes. Les critiques int?grales sont disponibles elles en pdf.

Une femme douce de Robert Bresson, par Coline R.

"La sensation que nous procure ce film en sortant de la salle de cin?ma est une sorte de vide, mais un vide bien agr?able – ne serait-ce qu’? cause de l’enchantement que nous ont procur? les images. Cette sensation est difficile ? d?finir. Cependant, ? posteriori, elle tend ? se transformer en r?flexion profonde, sans pour autant occulter le plaisir original. Expliquons-nous. Il s’agit de la rencontre puis de la relation de couple mari? entre un jeune homme et une jeune fille, relat?e par le jeune homme alors qu’elle s’est suicid?e et qu’il est ? son chevet. Il n’arrive pas ? prier car il pense trop ; il pense ? eux et surtout ? elle, il essaie de la comprendre –ce qui se r?v?lera sans doute impossible. Le r?cit qu’il fait t?moigne du caract?re infime des dialogues ; il y a peu de mots mais les images disent beaucoup. Nous savons peu de choses concr?tes sur eux, si ce n’est qu’elle para?t avoir une quinzaine d’ann?es bien qu’elle soit un peu plus ?g?e. Elle a travaill? comme femme de m?nage mais cela ne lui suffisait pas pour vivre correctement. Lui a aussi ?t? pauvre mais il travaille ? pr?sent comme usurier et gagne bien sa vie. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Une femme douce 1969, 105 min]??

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Posté par le 12.02.14 à 11:05 - Réagir

Jeunes critiques : Solaris

? l'occasion du festival Premiers Plans d'Angers, les ?l?ves d'hypokh?gne et de kh?gne option cin?ma du lyc?e L?on Blum de Cr?teil prennent la plume pour nous faire part de leurs coups de coeur et avis critiques. Nous proposons ici des extraits de leurs textes. Les critiques int?grales sont disponibles elles en pdf.

Solaris d'Andre? Tarkovski, par Tom C.

"Comment se souvient-on d’un film ? Solaris, je l’ai vu il y a un peu plus d’une semaine, Lars Von Trier l’ayant choisi pour le festival d’Angers, en tant que source d’inspiration, en tant que film dont il se souvient. Il m’en reste le double souvenir d’une coh?rence et d’un collage.? La coh?rence, c’est la fluidit? exceptionnelle du film. On est fascin? par la liquidit? (le film traite d’une sorte de plan?te-oc?an pensante), par les mouvements d’eau et ceux de l'?cume jaune, qui touchent la r?tine, ? travers des inserts qui reviennent tout au long du film. Bien s?r, il y a aussi Bach, l’orgue seul de Bach, Pr?lude de choral en Fa mineur, un instrument ? vent dont le souffle, toujours plusieurs notes sont jou?es en m?me temps, et la m?lodie coule lentement, imperturbablement, presque imperceptiblement, comme un travelling de Tarkovski. (...)"

La critique int?grale en pdf

[Solaris d'Andre? Tarkovski 1972, 167 min]??

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Posté par le 12.02.14 à 10:47 - Réagir

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