blog :::

: (75 articles)

L'Apprenti en DVD

DVD L'Apprenti

C'est une des plus jolies surprises de l'ann?e 2008, justement salu?e par la critique et r?compens?e par le prestigieux Prix Louis Delluc du premier film (le Louis Delluc ayant r?compens? une autre vision de la ruralit?, La Vie moderne de Raymond Depardon). Apr?s une belle carri?re en salles, L'Apprenti de Samuel Collardey est aujourd'hui disponible en DVD, et devrait int?resser les enseignants, de la fili?re agricole mais aussi g?n?rale. Rappelons l'existence du dossier p?dagogique ?dit? par Z?rodeconduite.net (avec des activit?s p?dagogiques en Fran?ais et en SES), et la possibilit? pour les ?tablissements d'acheter le DVD avec ses droits institutionnels directement sur le site p?dagogique du film.

L'Apprenti de Samuel Collardey. DVD TF1 Vid?o
En bonus le DVD propose un entretien film? avec Samuel Collardey et son court-m?trage Du Soleil en hiver (2005, 17 mn)

> Le site p?dagogique

Posté par le 13.10.09 à 16:44 - Réagir

Miracle ? Santa Anna : le Spike Lee que vous ne verrez pas

Miracle ? Santa Anna

Les spectateurs fran?ais pourront-ils voir un jour l'Indig?nes noir-am?ricain ? A la rentr?e derni?re nous annoncions pour le 22 octobre suivant la sortie du nouveau film de Spike Lee, qui revenait sur la participation de soldats noirs am?ricains aux combats de la Seconde Guerre Mondiale… avant d'apprendre que cette sortie ?tait purement et simplement annul?e par le distributeur fran?ais. L'incident aurait d? ne pas sortir des pages de la presse professionnelle, qui ?voquait l'accueil d?sastreux fait au film par les critiques fran?ais, et notamment au dernier Festival du film am?ricain de Deauville.
Mais c'?tait compter sans la notori?t? du r?alisateur, et la dimension tr?s "identitaire" de son sujet : l'absence d'information (pas de papiers dans la presse, et pour cause, pas de communication du distributeur) a nourri les sp?culations sur une ?ventuelle "censure" du film, sp?culations qui ont notamment pris forme dans cette vid?o largement diffus?e sur internet. Pouss? ? se positionner, TFM distribution (filiale du groupe TF1) a ?voqu? un "diff?rend commercial" avec le producteur am?ricain, qui se r?glera d'ailleurs devant les tribunaux. Est-ce suffisant pour faire taire les th?ories du complot ? Rappelons que si le fait (l'annulation de la sortie d'un film) est tr?s loin d'?tre in?dit, il est rarissime ? une date si rapproch?e de l'?ch?ance. Mais de l? ? en d?duire une censure "politique" voire raciale, il y a a un pas qu'il faut beaucoup d'imagination et un peu de mauvaise foi pour franchir. Rappelons que la sortie commerciale d'un film par un distributeur r?sulte d'un calcul qui met en balance les d?penses et le b?n?fice escompt? : les frais de mise en place (tirage de copies 35 mm) et de promotion (achat d'espace publicitaire, honoraires de l'attach? de presse), qui s'ajoute ? l'?-valoir vers? au producteur sur les futures entr?es du film, sont autant d'investissements que le distributeur r?cup?rera sur les recettes… ou pas (si le film ne remporte pas un succ?s suffisant).
S'il y a eu censure de Miracle ? Santa Anna, elle est donc "?conomique" : formulation suffisamment ambig?e dans la mesure o? pour ?tre un art, le cin?ma n'en cesse pas moins d'?tre une industrie.
Pour conclure, on propose de lire ci-dessous l'article que nous avait inspir? le film, et qui n'a jamais paru. En pr?vision d'une future sortie en salles (chez un autre distributeur) ou en DVD ?

"Miracle ? Santa Anna : Oncle Tom et l'oncle Sam

Miracle ? Santa Anna s’ouvre sur un conflit de m?moire qui fait ?cho ? la r?cente pol?mique entre Spike Lee et Clint Eastwood. Face ? une diffusion du Jour le plus long ? la t?l?vision, un homme proteste : le film qu’il regarde n’?voque que le r?le des Blancs dans l’effondrement des forces de l’Axe pendant la Seconde guerre mondiale. Or les Afro-am?ricains y ont ?galement particip? avec leurs Buffalo Soldiers - r?giment de Noirs am?ricains cr?? lors de la guerre du Mexique et dont le nom vient de l’analogie que les Indiens percevaient entre la peau et les cheveux des Noirs et ceux des buffles. Les 15 000 hommes de la 92e Division d’infanterie, enti?rement compos?e de Noirs, ont en effet combattu en Italie d’ao?t 1944 ? novembre 1945, le long de la ? Ligne gothique ? qui marquait la principale ligne de d?fense allemande ? la fin de la guerre, dans les Apennins toscans. La fiction de Spike Lee isole quatre d’entre eux dans un village italien, au-del? de la ligne de front, et met en sc?ne la fraternit? qui anime les villageois et cette poign?e de ? soldats Ryan ? en attente d’?tre sauv?s par les leurs. Malgr? les intentions louables du r?alisateur, v?ritable Rachid Bouchareb de la cause Afro-am?ricaine qui s’est appuy? sur les recherches et le sc?nario du journaliste James Mac Bride, il est difficile d’appr?cier cette fiction au mysticisme na?f, ? la longueur pesante, qui peine ? trouver son genre – et dont on s'aper?oit progressivement qu'elle n'a pas pour objet principal de pr?senter une reconstitution historique. Au-del? de la justice rendue aux combattants noirs de la libert?, on pourra simplement en retenir certains faits av?r?s comme la fraternisation entre Italiens et soldats noirs am?ricains ? la fin de la Seconde guerre mondiale, qui contraste avec la s?gr?gation raciale encore en vigueur dans le Sud des Etats-Unis ; ou bien l’usage d’une propagande nazie ? l’?gard des Noirs pour les inciter ? changer de camp – tout comme on l’avait d?j? vu dans Indig?nes ; ou encore le r?le majeur de la r?sistance italienne dans la lutte contre les fascismes. En revanche, il ne faudra pas compter sur Miracle ? Santa Anna pour livrer l’interpr?tation d?finitive du massacre perp?tr? le 12 ao?t 1944 par la 16e division de panzers du SS Walter Reder dans un village pr?s de Lucques : Lee pr?sente comme un acte de repr?sailles vis-?-vis des r?sistants italiens le fait que les nazis aient assassin? puis br?l? 560 civils italiens, du nourrisson au vieillard. Or une querelle divise encore ? ce sujet les historiens, dont certains pensent qu’il s’agissait en fait d’un acte pr?m?dit? de la part des nazis, destin? ? couper les vivres aux partisans italiens alors qu’eux-m?mes battaient retraite vers le nord."

Posté par le 05.05.09 à 22:10 - 32 commentaires

D?lation / Chantons sous l'Occupation en DVD

Dans l’imaginaire de l’histoire de France, le ph?nom?ne de la d?lation reste associ? ? la p?riode noire de l’Occupation, en grande partie gr?ce au chef-d’œuvre de Henri-Georges Clouzot dont le titre est devenu un nom commun : Le Corbeau (1942).
C’est ? la fois un abus (la d?lation a exist? sous tous les r?gimes, notamment dictatoriaux) et une r?alit? : la p?riode de l’Occupation a bien constitu?, un "?ge d’or, ou ?ge noir, de la d?lation" selon l’expression de l’historien Pascal Ory. Le documentaire La D?lation sous l’Occupation d’Andr? Halimi, qui sort aujourd’hui en DVD, en met en lumi?re les modalit?s et les ressorts, ? partir d’un mat?riau consciencieusement amass? par les autorit?s fran?aises et allemandes de l’?poque (toutes les lettres, g?n?ralement d?ment sign?es, ?taient archiv?es).
Non content de confronter ces lettres, ? la pr?cision et la violence accablantes, aux t?moignages de victimes (juifs ou r?sistants) ou de leurs proches, il interroge les historiens sp?cialistes de la p?riode pour essayer de comprendre. On saisit ainsi que la d?lation fut encourag?e et facilit?e par la situation de la France occup?e et la "superposition de deux dictatures" (P. Ory), dont l’une (la dictature de Vichy) mit un z?le particulier ? appliquer la politique antis?mite pr?n?e par l’autre (cf les lois sur le statut des juifs d'octobre 1940 puis juin 1941).
La d?lation s’inscrit ainsi dans un cadre tr?s favorable sur un plan ? la fois id?ologique et social : l’adh?sion ? la personnalit? du Mar?chal P?tain, m?l?e ? l’humiliation de la d?faite, pousse une partie des Fran?ais ? souscrire aux anath?mes du r?gime de Vichy ; le contexte de difficult?s mat?rielles et de privations ajoute un mobile ?conomique au ph?nom?ne de d?lation (les professions lib?rales furent particuli?rement touch?s par le ph?nom?ne : 700 m?decins sur les 4000 qui exer?aient ? Paris furent d?nonc?s pendant la guerre).
Le film met ?galement en ?vidence comment l’antis?mitisme "de plume" des ann?es trente trouve un aboutissement tragique pendant la guerre : certains titres (Au Pilori, Gringoire, L’Appel et bien s?r Je suis partout) trouvent une raison d’?tre dans la d?nonciation obsessionnelle (et parfois nominale) des juifs cach?s.
D?lation sous l’Occupation a le m?rite d'ajouter un post-scriptum ? cette histoire, en interrogeant l'apr?s-Lib?ration : l’historien Jean-Pierre Rioux fait remarquer ? la masse des d?nonciations (de juifs et de r?sistants) envoy?es sous l’Occupation r?pond alors un flot sym?trique de d?nonciations, dirig?es cette fois contre les… collaborateurs et d?lateurs. C'est alors tout le travail des institutions d?mocratiques qui se mettent en place de canaliser ce d?cha?nement dans un cadre judiciaire l?gal et de garantir les droits de chacun.

Le DVD comporte aussi un autre film plus ancien d’Andr? Halimi, Chantons sous l’occupation, qui explore cette fois le comportement des artistes (principalement parisiens) sous l’occupation. Plus anecdotique et "l?ger" (si l’on peut l’?tre concernant une telle p?riode), celui-ci vaut principalement pour ses nombreuses images (et sons) d’archive (bandes d’actualit?s sur les tourn?es, num?ros de cabaret et enregistrements film?s, extraits des ?missions de la station Radio Paris), qui restituent de mani?re vivante l’ambiance de l’?poque : on sait que les lieux de spectacle vivant (music halls et cabarets, th??tres) ne d?semplirent pas sous l’Occupation, tandis que le cin?ma connut un v?ritable pic de fr?quentation (contre 220 millions de spectateurs en 1938 ? 304 millions de spectateurs en 1943). On pourra ? ce propos se reporter ? cet article inclus dans le dossier de TDC Vivre en France sous l’Occupation.
Pour le reste, Chantons sous l'Occupation se place sur un terrain presque plus moral qu'historique : "que pouvaient et devaient faire les artistes de l'?poque ?" demande-t-il quelques ann?es apr?s aux t?moins de la guerre. A la r?ponse de r?sistants-consciences morales ("Distraire ") s'opposent les r?ponses plus nuanc?es des gens de sc?ne (Jean Marais, Claude Pinoteau, Bruno Coquatrix…) : devait-on priver les Fran?ais de toute distraction en ces temps difficiles ? que pouvait-faire un artiste de vari?t?s sinon exercer son m?tier ? On s'aper?oit de la difficult? qu'eurent la plupart de ces artistes ? rester dans la lumi?re des projecteurs sans trop se compromettre avec l'occupant (cf les images terribles des tourn?es de com?diens fran?ais en Allemagne), et de la complexit? de certains comportements (Jean Cocteau accueillant Arno Brekker, le sculpteur du Reich ? Paris, mais se d?menant pour aider des artistes juifs), qui donn?rent lieu ? d?bat au moment de l'?puration.

?

DVD D?lation sous l'Occupation / Chantons sous l'Occupation, d'Andr? Halimi aux Editions Montparnasse

Posté par le 09.03.09 à 15:59 - 2 commentaires

Re-lecture philo : Les trois singes

Les Trois singes

Apr?s notre critique du film, vu et appr?ci? au Festival de Cannes 2008 (lire l'article : Les Trois singes?: Secrets de famille), petit retour philosophique sur le film, aussi dense que noir, de Nuri Bilge Ceylan, Les Trois singes:

Les figures des trois singes, qui refusent d’entendre, de parler et de voir, renvoient aujourd’hui une image n?gative d’un d?ni de la r?alit?, d’un refus d’une confrontation au r?el. Pourtant, comme le rappelle Nuri Bilge Ceylan lui-m?me, ? l’origine, c’est-?-dire dans la philosophie de Confucius, cette facult? de distanciation ?tait con?ue comme une vertu. Cette m?me id?e se retrouve dans la valorisation de l’indiff?rence dans la philosophie des Sto?ciens, puisqu’elle nous permet de ne pas ?tre troubl? ni par le monde ext?rieur, ni par nos propres sentiments.
Dans le film Les trois singes, cette pr?tendue indiff?rence ou cet aveuglement feint apparaissent comme un ?l?ment essentiel de la fluidit? (toute relative) des rapports humains. Si des acc?s de violence, de la col?re au meurtre, y sont repr?sent?s ou sugg?r?s, d’autres sont pr?cis?ment ?vit?s par la mani?re dont chacun des protagonistes pr?tend n’avoir pas vu certaines sc?nes ou pas entendu certaines paroles. Ainsi le fils pr?tend n’avoir pas entr’aper?u sa m?re dans une situation d’adult?re, le p?re cache le fait d’avoir reconnu la voix de son patron sur le t?l?phone portable de sa femme, le patron organise la dissimulation de son accident de voiture. Tous donc nient une part de la r?alit? qui renvoie ? des agissements qui entachent leur image ou celle de l’autre. Derri?re cette mauvaise foi, qui nous fait penser ? l’analyse qu’en propose Sartre dans L’?tre et le n?ant, c’est en r?alit? le rapport de l’individu, non pas tant ? la r?alit? qu’au monde id?al qu’il lui superpose. Ce qui caract?rise notre recours ? une forme de mauvaise foi, c’est finalement notre profond d?sir de ne pas ?tre d??u par l’inad?quation du r?el ? la repr?sentation que nous nous en faisons et qui souvent l’id?alise. La modification progressive de l’image de la m?re, d’abord courageuse et d?vou?e, puis femme adult?re, amante passionn?e jusqu’? l’hyst?rie, illustre ce mouvement de d?rive d’une apparence lisse et rassurante vers des manifestations plus violentes du chaos int?rieur des sentiments. Dans la mauvaise foi, l’homme dissimule la part sombre de ses actes et de ses pens?es, la part condamnable de ces d?cisions, pour ne plus garder ? la surface de ses pens?es que celles qui lui renvoient de lui-m?me une image satisfaisante. Ce petit marchandage int?rieur, dans l’obscurit? et le secret de la conscience est presque repr?sent? dans l’une des derri?res sc?nes o? le p?re propose au jeune qui tient le caf? un marchandage avec un petit air de d?j?-vu.
C’est bien l? ?galement que se joue l’un des int?r?ts de ce film, dans ce marchandage et dans les compromis des hommes entre eux. Qu’est-ce qui se monnaie dans les relations entre les hommes ou plus exactement, qu’est-ce qui ne se monnaie pas ? Le patron monnaie sa libert? aupr?s de son employ? qu’il fait emprisonner ? sa place en lui faisant porter la culpabilit? de l’accident de voiture, la m?re monnaie l’avance sur l’argent promis aupr?s du patron pour payer la voiture demand?e par son fils, le fils lui-m?me ne paie-t-il pas de sa personne en revenant bless? d’une rixe, laquelle appara?t comme un argument de poids pour d?cider sa m?re ? prendre son parti et ? obtenir cette avance aupr?s du patron. La derni?re sc?ne d?j? ?voqu?e ne fait que reprendre cette id?e, comme pour en signifier l’?ternel recommencement. Il s’agit bien s?r ici de la puissance de conviction de l’argent, qu’?voquait d?j? Marx dans les Manuscrits de 1844 lorsqu’il mettait en ?vidence la force quasi magique de l’argent capable de transformer mes faiblesses en forces, mes incapacit?s en puissance, mais plus g?n?ralement des diff?rents moyens de pression d’un individu sur un autre, au rang desquels les sentiments, par le jeu des affects, modifient et bouleversent les relations de pouvoir et de d?pendance entre les individus. Quelle part d’humiliation est-on ainsi pr?t ? supporter par int?r?t, par amour ou par d?votion ?
Si Les trois singes est travers? par l’exp?rience de la d?sillusion, c’est moins la marque d’une faiblesse morale de ces diff?rents protagonistes que la r?v?lation d’une in?vitable d?ception de l’homme dans son rapport aux autres et ? soi-m?me. Si nous sommes toujours plus ou moins d??us par les autres et par nous-m?mes, c’est parce que nos attentes sont toujours au-del? de ce que nous sommes en mesure d’exiger raisonnablement d’un ?tre humain, toujours faillible et vuln?rable.?

[Les Trois singes de Nuri Bilge Ceylan. 2008. Dur?e : 1 h 49. Distribution : Pyramide. Sortie le 14 janvier 2008]

Dans la m?me rubrique :
Mus?e haut, mus?e bas de Jean-Michel Ribes
Soyez sympa rembobinez de Michel Gondry
Valse avec Bachir de Ari Folman
Funny Games USA de Michael Haneke
De l'autre c?t? de Fatih Akin

?

Posté par le 15.01.09 à 15:26 - Réagir

Borat (2) : La satire, l?idiot et l?Am?rique

Plut?t que sur le prologue pseudo-kazakh, c’est sur le p?riple ?tatsunien de Borat et sa satire de l’Am?rique que les les critiques fran?ais se sont le plus extasi?s : ?lev? ici et l? au rang de "br?lot" ou de "machine de guerre", le film arborait fi?rement sur ses affiches le qualificatif de "Bombe ? fragmentation contre le politiquement correct".
A cet ?merveillement, on pourra objecter que les charges de Borat sont tout de m?me assez convenues, et ses cibles faciles : le nationalisme et le racisme des rednecks, l’hypocrisie de la bonne soci?t? du Middle West, les transes des chr?tiens ?vang?listes (cette s?quence religieuse nous rappelle d’ailleurs que s’il y a un point sur lequel Borat est remarquablement muet, c’est la religion de son personnage principal et de son pays d’origine…).
Mais alors que le film ne pr?tend pas faire œuvre de sociologie (il ne pr?tend ? proprement parler rien), les journalistes fran?ais ont voulu le prendre comme un t?moignage sur les "travers" et "rituels" de l’Am?rique ("ce qu’ils r?v?lent de leur pays fait fr?mir" dixit T?l?rama), l’un d’eux (Olivier S?guret dans Lib?ration) allant m?me jusqu’? parler d’une "d?monstration (…) irr?futable". Comme s’il nous plaisait de confondre la caricature et la r?alit?, de voir notre cousin am?ricain en idiot du village (global) ; comme si l’on aimait ? se faire peur avec le grand Satan yankee (Aur?lien Ferenczi, T?l?rama : "Cette Am?rique-l? ne surprend plus, mais effraie toujours.").
On pourra s’interroger sur les vertus d’un rire qui nous conforte dans nos st?r?otypes ?cul?s et notre bonne conscience. Ainsi, comment peut-on dire ? propos du vendeur de voitures, comme plusieurs commentateurs l’ont fait, que son absence de r?action aux questions de Borat (est-ce un bon v?hicule pour ?craser les gitans ?), manifestait un "cynisme commercial" finalement tr?s r?v?lateur de la mentalit? am?ricaine ? Outre qu’on peut trouver des cons partout, c’est faire peu de cas de l’effet de sid?ration induit chez les film?s ? la fois par le dispositif de tournage (qui ne s’est jamais trouv? tr?s b?te devant une cam?ra ou un micro ?) et par la singularit? (c’est l’?tymologie grecque du mot idiot) de leur interlocuteur. Dans Les idiots justement (1998), Lars Von Trier a montr? toute la complexit? et l’inconfort de notre position face ? l’idiotie, retournant le malaise des personnages ? la face du spectateur. C’est ce retournement que n’accomplit jamais Borat : le spectateur y reste toujours du bon c?t?, il peut exercer son ironie, son indignation ou son m?pris sur les tar?s et les salauds qu’on lui montre…

Posté par le 22.12.08 à 16:00 - 6 commentaires

new site