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Festival de Cannes : L'actualité du festival (134 articles)

Mustang : bande de sœurs

Inutile de chercher un cheval dans le premier long-métrage de la franco-turque Deniz Gamze Ergüven… Le "mustang" qui donne son titre au film est une métaphore de la fougue et de la liberté que la réalisatrice voulait imprimer à ses héroïnes et à son film.
De fait, le film surprend d’emblée par une embardée narrative : la première scène nous présente cinq sœurs ivres de jeunesse et de liberté (elles se baignent toutes habillées dans les eaux de la Mer noire, montent sur les épaules de leurs camarades masculins) ; avec leurs splendides chevelures et leur plastique de mannequins, qui ne dépareilleraient pas dans les pages de mode des magazines, elles évoquent les sœurs Lisbon de Sofia Coppola (The Virgin Suicides). "Est-on bien dans la Turquie profonde ?" est-on conduit à se demander, avant que ne débarque dans le tableau une grand-mère à fichu et un oncle à moustache (le film ne dira pas où sont passés pères et mères), qui annoncent la fin de la récréation. Par souci de la morale islamique et peur du qu’en dira-t-on, ils transforment cet édénique gynécée en prison, et se mettent en tête de changer les jeunes amazones en parfaites épouses musulmanes, à qui on ne tarde pas à trouver des maris.

Le retournement est un peu raide, à la limite de la vraisemblance : comment l’attitude de la famille peut-elle changer aussi brutalement, littéralement du jour au lendemain ? Comment ces belles rebelles ont-elles pu évoluer jusque là dans un village décrit par la suite comme aussi traditionnel ? On peut y voir la schizophrénie d’un pays écartelé entre sa tradition laïque et moderniste (les femmes y ont le droit de vote depuis les années trente) et un repli islamo-conservateur dont la gent féminine est la principale victime. On peut y voir aussi la contradiction entre le souci de traiter un sujet grave (la condition des femmes en pays musulman) et l’envie d’un cinéma pop et séducteur : nos sœurs ont parfois l’air de teenagers stambouliotes transplantées pour les besoins du récit dans le décor de la Turquie traditionnelle. Sacrifiant la nuance à l’énergie, le film a la main un peu lourde, dans la comédie (la virée des filles au match de foot, au nez et à la barbe des hommes) comme dans la tragédie (fallait-il vraiment ajouter une louche d’abus sexuel au dossier déjà chargé de l’oncle ?).

Il vaut donc mieux lire Mustang comme un conte féministe avec ses motifs mythologiques (tels qu'énumérés par la cinéaste : le Minotaure, le dédale, l’Hydre de Lerne - le corps à cinq têtes que constituent les filles), un feel-good movie qui décoche quelques flèches réjouissantes au patriarcat (la petite sœur qui brûle les chaises pour obscénité "parce qu’elles ont frotté nos culs.") et donnera peut-être à nos adolescentes le goût de la liberté. 

Mustang de Deniz Gamze Ergüven, 97 mn
Quinzaine des Réalisateurs

Posté dans Festival de Cannes par le 20.05.15 à 18:11 - Réagir

Les Mille et une nuits, volume 1 : conte de l'intranquillité

Après son magnifique Tabou (2012), c’est peu de dire que Les Mille et une nuits de Miguel Gomes étaient attendues avec impatience. Livrant non pas un mais trois films, constituant une somme de plus de six heures, le réalisateur portugais proclame avoir visé l’impossible : réaliser un conte merveilleux, un film magique et enchanté, tout en documentant la situation sociale et économique dramatique de son pays. Lors de la première à la Quinzaine des Réalisateurs, le cinéaste appelait toute l’équipe présente à le rejoindre sur scène, invitant les spectateurs, de manière farfelue mais finalement profonde, à méditer sur la composition baroque de cet aréopage : une quinzaine de producteurs, une actrice… et trois journalistes. Manière de présenter sa Schéhérazade portugaise, d’évoquer le périlleux montage financier du film, mais aussi et surtout d’introduire la méthode d’écriture de ces modernes Mille et une nuits. Les histoires que le film va nous conter sont directement inspirées de l’actualité du Portugal entre 2013 et 2014, recueillie à la source par les journalistes-scénaristes engagés par le réalisateur.

Le premier volume du triptyque, intitulé L’Inquiet (o inquieto) commence ainsi par entrelacer l'histoire de la faillite des chantiers navals de Viana et un reportage sur la lutte contre les guêpes asiatiques qui menacent les ruches portugaises. À travers la parole documentaire de ses témoins, Gomes, associant l’infiniment grand et l’infiniment petit, décrit un monde de combattants ou de héros déchus, de nobles Don Quichotte, ces Portugais confrontés à des puissances qui les dépassent (celles de la mondialisation). Ce début n’est qu’un prologue, la suite nous montrant un Gomes paralysé par sa responsabilité, avouant en voix-off que ce film impossible est "la pire idée qu’il ait jamais eue", fuyant son équipe dans une embardée burlesque. Retrouvé et condamné, le réalisateur entreprend de sauver sa tête en… racontant des histoires à son équipe, tel Schéhérazade à son roi, le film retrouvant alors les rails du conte promis. Comme chez Pasolini (dont l'intermède en costumes rappelle, en plus kitsch, les représentations de l’Antiquité), il s’agira dès lors de bâtir une mythologie moderne qui oppose à une sagesse ancienne la folie du monde contemporain. Un coq qui parle pour prendre sa défense face à un juge, une baleine qui en explosant donne la vie à une sirène, l'attirail merveilleux des contes coexiste avec un miraculeux spray au viagra et une litanie de SMS courtois.

La très belle idée de raconter les mille et une histoires du Portugal en crise souffre parfois de nébulosité et de longueurs, mais on retrouve la diversité des tons propre à un Boccace ou à une Marguerite de Navarre, qui mélangeaient registres élevé et populaire. On pense même à Rabelais qui pour justifier la présence du grotesque dans Gargantua rappelait à son lecteur que dans l’os dédaigné se nichait toujours "la substantifique moelle". Le film se révèle finalement extrêmement fidèle aux procédés du genre, notamment mises en abîmes et enchâssements des récits : le réalisateur délègue la parole à Schéhérazade, qui la délègue au narrateur du conte, qui la délègue au coq, qui la délègue à son tour aux personnages par le biais de SMS… Mais derrière les fables de Schéhérazade, qu’elles soient politico-grotesques ("Les marchands qui bandent"), lyrico-burlesques ("Le coq et le feu"), ou oniriques et pathétiques ("Le bain des magnifiques"), c’est le visage du Portugal que le film dessine ; un Portugal à la fois contemporain (la crise, l’austérité, la corruption des élites) et intemporel (la terre et l’océan, la saudade, l’intranquillité chantée par Pessoa).

En comparant les pauvres mais inventives Mille et une nuits de Miguel Gomes avec le luxueux et spectaculaire Tale of Tales de Matteo Garrone, on perçoit l’opposition de deux méthodes : si Garrone fait le choix (parce qu’il en a les moyens) de la représentation du merveilleux pour nous détourner de notre monde (afin peut-être de mieux nous y ramener), Gomes procède lui au contraire à l’enchantement d’une réalité documentaire dans le but de la hisser jusqu'à l’intemporel.

Les Mille et une nuits, Volume 1, l’inquiet (As mil e uma noites - Volume 1, o inquieto) de de Miguel Gomes, 134 mn
Quinzaine des réalisateurs
Sortie prévue le 24 juin 2015

Posté dans Festival de Cannes par le 20.05.15 à 17:23 - Réagir

The Assassin : Ballade entre les lames

Il y a plusieurs sortes d’ennui au cinéma. Le premier ennui, probablement le plus courant, est celui provoqué par un plan ou une scène qui, pour une raison esthétique ou narrative, est trop pauvre pour durer. Il n’y a rien de plus difficile à soutenir au cinéma qu’un plan qui dure et qui n’a plus rien à offrir. La seconde espèce d’ennui est celle, bien plus supportable et recelant une grande richesse, de la contemplation. La durée a le pouvoir de faire prendre vie à ce qui se trouve au sein du plan, avec ces moments d’authenticité absolue, captés presque involontairement, se trouvant entre les éléments purement informatifs et contrôlés du plan. Grâce à la durée d’un plan, un paysage peut devenir davantage qu’un décor, et un visage peut représenter davantage qu’une expression. Avec Cemetery of Splendor de Apichatpong Weerasethakul, le film de Hou Hsiao Hsien en est certainement l’un des plus beaux représentants de ce cinéma contemplatif du Festival de Cannes 2015.

Cette insatisfaction permanente du plan en lui-même, qui ne peut sensément se compléter qu’avec le plan qui le suit, Hou-Hsiao Hsien la renverse et propose un film où le plan est roi. Les plans de The Assassin obéissent à une cohérence d’ensemble. Hou Hsiao Hsien refuse le suspens propre au plan séquence, la variation d’échelles ou la simultanéité des actions. Le plan est toujours « d’ensemble », et se résume à un mouvement (individuel ou de groupe) dans un paysage. Cette sobriété appelle un rythme d’une grande lenteur, où le spectateur se doit de faire appel à son sens de la contemplation. C’est précisément l’art de la contemplation qui est en jeu dans The Assassin. Tous les éléments, même informatifs, créent un décor. Un contexte déposé sur les plus vastes contrées du monde, une guerre de clans terrible, mettant en péril des familles entières. Autour, des paysages imposants, monts, vallées, rivières, forêts de bouleaux, où marche silencieusement un assassin. L’évolution de la guerre ne se dévoile que par quelques conversations, pleines d’hésitations, de silence, de colère calme. Mais cette histoire est mise en retrait, tout au fond d’un décor dans lequel les cavaliers et les rois ne sont que des points perdus dans des étendues sans fin. L’histoire est si ténue, si peu donnée au spectateur, qu’elle devient elle-même un aspect du décor, un moment de l’histoire des hommes confondue avec l’éternelle histoire du monde. L’ouverture du film en noir et blanc constitue l’accord le plus prégnant entre les hommes et la nature. L’assassin est envoyé tuer un homme dans un cortège, il traverse des bois en courant, et passe comme un éclair tranchant la gorge d’un soldat. Ce sera le seul meurtre du film. Après cette introduction, la nature ne sera plus que très rarement la scène de combats. Les paysages deviennent lieux de passage, décors de ballades, où le meurtre est toujours tapi mais ne se jette presque jamais sur les hommes. Et s’il surgit, c’est par une danse. Le titre du film dans une calligraphie de sang s’élève au-dessus d’un étang brûlé par le crépuscule, accompagné d’un "gong" de tambour qui donnera son rythme lancinant au film. Et sous ce rythme, cet invariable assassin qui traverse le pays avec la discrétion du vent. La narration va decrescendo tout au long du film. Très vive dans les premières scènes, puis ne tenant plus qu’à quelques scènes dialoguées entrecoupées de longs silences. En moins d’une heure, la narration atteint une stagnation absolue, laissant le rythme du film ne dépendre plus que de la contemplation des paysages et des ballades. Ces longues ballades mènent le spectateur à une quasi hypnose, proche du sommeil, avant de le réveiller brutalement par une danse folle ou un combat d’épée grandiose. Chaque fois, le basculement narratif auquel peuvent mener ces scènes est contrarié : elles n’amènent rien qu’une portée supplémentaire à la partition du film. Cette rengaine, Hou-Hsiao Hsien l’a composée avec une justesse absolue, donnant à son film un timbre uni et parfait, où tout n’est que durée et justesse.

The Assassin de Hou Hsiao Hsien, 104 mn
Sélection Officielle, en compétition

Posté dans Festival de Cannes par le 20.05.15 à 14:34 - Réagir

Les Anarchistes : mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?

Le Journal d’une femme de chambre, L’Apollonide, Augustine (voir notre site pédagogique), Les Anarchistes d’Elie Wajeman … : les jeunes (et moins jeunes) cinéastes français, ont porté ces dernières années un intérêt renouvelé à la période historique s’étendant de la fin du XIXe siècle au début du XXe… Avec son bouillonnement artistique, intellectuel et scientifique, son innocence d’avant la grande boucherie de 1914, l’abondance de sources (y compris cinématographiques) et de décors disponibles (le Paris de Haussmann), la "Belle époque" a de quoi séduire. Mais, à regarder ces quatre films, on peut également hasarder qu’elle tend à notre époque un miroir peu flatteur : celui d’une société extrêmement inégalitaire, polarisée entre des possédants plein de morgue (les clients du bordel L’Apollonide, les maîtres de Célestine, le docteur Charcot dans Augustine) et un petit peuple, notamment fémininin, cruellement exploité (la bonne de Benoît Jacquot, les prostituées de Bonello ou les aliénées d’Alice Winocour). Comme si ces films représentaient l’illustration cinématographique d’une tendance que les économistes ont mis en équations : dans son best-seller Le Capital au XXIème siècle, le français Thomas Piketty démontre justement que les inégalités de patrimoine ont à nouveau atteint dans les pays occidentaux les sommets de la fin du XIXe siècle (avant que la grande lessiveuse du XXe — guerres mondiales et leurs suites — ne rebatte les cartes).

Les Anarchistes, le second long-métrage d’Elie Wajeman, présenté cette année à la Semaine de la critique, est le film qui à ce jour s’empare le plus explicitement de cette thématique : à la différence de ceux des longs-métrages cités précédemment, ses personnages ont une conscience politique ; ils n’ont que la révolte à la bouche et des rêves d’action violente plein la tête ; ils déclament du Rimbaud et chantent La Ravachole, époque oblige, mais pourraient faire leurs les mots de NTM : "Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?". Les Anarchistes n’a toutefois rien du pamphlet antisocial ni du cours d’histoire. Dès son —superbe— générique, qui marie les portraits d’époque à la musique soul (réminiscence de L’Apollonide de Bonello ?), Elie Wajeman annonce la couleur, résolument romanesque. La bonne idée du film est d’adopter un point de vue extérieur au groupe en utilisant la structure éprouvée du "film d’infiltration" : le héros du film n’est pas l’un (ou l’une) des anarchistes, mais un policier, Jean Albertini (incandescent Tahar Rahim), infiltré sous une fausse identité, les services de la Sûreté commençant à s’intéresser de près à ces groupes terroristes. Le procédé a fait ses preuves dans d’autres milieux (combien de films sur le thème "un flic dans la Mafia" ?), tant il est riche de potentialités dramatiques. Au suspense lié à son périlleux double jeu va s’ajouter bientôt un conflit moral : présenté opportunément comme une page vierge (il est orphelin de père et de mère), ambitieux dénué de toute conscience politique, Albertini n’en est pas moins perméable aux sentiments, amicaux et amoureux, qu’il s’oblige de feindre pour s’intégrer à cette famille (celle qu’il n’a jamais eu). En se concentrant sur l’amour doublement interdit (la jeune anarchiste n’est "pas libre") que Jean éprouve pour Judith (Adèle Exarchopoulos), le fil trouve un fil narratif qui le porte jusqu’à un très beau finale.

Clandestinité oblige, le film évite les lourdeurs de la reconstitution en se cantonnant à des lieux clos, estaminets discrets ou appartements sombres (le huis-clos était déjà la caractéristique de L’Appollonide et d’Augustine) ; ses vrais décors, ce sont les "gueules" de ses acteurs, tous formidablement incarnés (Swann Arlaud, Guillaume Gouix, Mehdi Leklou en anarchistes, Cédric Kahn en inspecteur de la Sûreté), dont la mise en scène fluide d’Elie Wajeman orchestre les confrontations… À part quelques allusions à la Commune et à sa sanglante répression (plaie non cicatrisée dans le Paris de l’époque) on n’en apprendra finalement que peu sur le contexte de l’époque. Mais c’est si intelligemment fait que cela suffit à interroger la nôtre, entre ras-le-bol social, interrogations sur la légitimité de l’action violente et prémisses d’une société de surveillance (l’invention du bertillonnage)…

Les Anarchistes d’Elie Wajeman, 101 mn
Semaine de la critique

Sortie prévue le 11 novembre 2015

Posté dans Festival de Cannes par le 20.05.15 à 12:33 - Réagir

La Forêt des songes : il n'y a pas de pas perdus

Fraîchement accueilli lors de sa présentation en Sélection Officielle, le dernier film de Gus Van Sant nous raconte la rédemption d’un suicidaire, l’américain Arthur Brennan (Matthew Mac Conaughey), qui se rend au Japon pour se suicider dans la forêt d’Aokigahara au pied du mont Fuji, célèbre rendez-vous des désespérés. Au moment de passer à l’acte, Arthur aperçoit un homme blessé et désorienté, suicidaire repenti (Takumi, interprété par Ken Watanabe) et entreprend de l’aider à sortir de cette forêt labyrinthique. Les deux hommes s’engagent alors dans une odyssée qui tient à la fois des émissions de survie du type Man vs wild et de la quête initiatique.

Qu’est-ce qui peut pousser un homme à en finir avec la vie ? L’errance des deux hommes est entrecoupée de flash-backs explorant le passé de l’américain, comme une plongée dédaléenne dans les souvenirs d’Arthur, afin de tenter de saisir la clé de son mal-être. S’ils dessinent le tableau d’une vie conjugale à la fois morne et heurtée, ils se révèlent progressivement comme autant de fausses pistes. L’alternance entre les souvenirs et le présent finit par faire se superposer les personnages de l’épouse Joan (Naomi Watts) et de Takumi. Le souvenir de Mizoguchi et de ses Contes de la lune vague après la pluie hante le film de Gus Van Sant, comme ces morts que le duo rencontre et qui lui offrent fortuitement les ressources pour survivre, comme ces chants mystérieux que le rationnel Arthur (il est professeur de physique) prend pour des cris d’animaux quand Takumi invoque la voix des esprits.

Là où certains verront la lourdeur d'une morale américaine à deux sous, nous avons trouvé une chronique conjugale pleine de justesse, parce qu’elle laisse toute sa place au quotidien et fait passer le personnage de Joan du statut de mégère aigrie à celui d’enfant, une enfant amoureuse d’Un Américain à Paris (comme ici Arthur est un Américain au Japon), et du conte Hansel et Gretel. De fait, le personnage central du film n’est autre que cette forêt que la caméra du réalisateur réussit à rendre vivante ; la forêt, ce domaine périlleux depuis la littérature médiévale où l’on peut faire de bonnes et de mauvaises rencontres, toujours magiques, où l’on est sommé de faire des choix, toujours vitaux pour l’âme et l’esprit. Finalement ce film, qui nous montre un homme en crise, nous raconte qu’il n’y a pas de pas perdus, que se perdre ou perdre l’autre fait partie de notre vie et qu’on a tout à gagner à le comprendre…

La Forêt des songes (The Sea of trees) de Gus van Sant, 110 mn
Sélection Officielle, en compétition

Sortie en France prévue pour le 9 septembre 2015

Posté dans Festival de Cannes par le 20.05.15 à 00:15 - Réagir

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