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: (81 articles)

Jeunes critiques : The Blues Brothers

Pour sa quatrième édition, le site Zérodeconduite.net s'est associé avec le Champs Elysées Film Festival pour la création d'un Jury Etudiant. Les jeunes cinéphiles d'Hypokhâgne et de Khâgne option cinéma des lycées Jean-Pierre Vernant à Sèvres et Léon Blum à Créteil ont arpenté la 'plus belle avenue du monde' pour assister aux projections du festival et décerner le Prix du jury Etudiant à l'un des films de la sélection TCM Cinéma. Nous publions leurs critiques sur ces films qu'ils ont découvert ou redécouvert en versions restaurées, et qui ressortiront en salle prochainement, ainsi que leurs coups de coeur pour d'autres films de la programmation.

The Blues Brothers de John Landis, par Aurélia Thouret :

The Blues Brothers, Aussi vite que la musique.

Trente-cinq ans après leur apparition sur les écrans les Blues Brothers n'ont pas pris une ride. Sans qu'on y trouve un seul brin de poussière, le film se déploie selon une partition composée dans la tonalité du plaisir cinématographique.
Dès les retrouvailles des deux frères, le moteur et les cuivres sont lancés. Rien n'arrêtera l'improvisation délirante du fameux duo : ces derniers restent impassibles derrière leurs lunettes noires, qu'ils fassent des claquettes dans une église, que leur voiture décolle ou que leur hôtel explose. [...]

La critique intégale en PDF

The Blues Brothers, de  John Landis, 1980, 133 mn

Posté par le 15.06.15 à 10:25 - Réagir

La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier

La Princesse de Montpensier

La Princesse de Montpensier se termine peu après le moment où commençait La Reine Margot de Patrice Chéreau (présenté au Festival de Cannes en 1994) : au massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572). Le repère est commode pour situer une époque qui se perd dans les brumes de la mémoire collective.
Mais il permet aussi et surtout de définir un programme esthétique : dans La Reine Margot Patrice Chéreau puisait aux deux sources bouillonnantes du feuilleton romantique (le roman d'Alexandre Dumas père) et du théâtre élizabéthain (Massacre à Paris de Christopher Marlowe) ; c'est à la source la plus pure du classicisme français que s'abreuve Bertrand Tavernier en adaptant une longue nouvelle de Madame de la Fayette.
Car si elle se déroule, comme La Princesse de Clèves, au siècle précédent, celui des guerres de religion, et met en scène toutes les figures historiques du temps, La Princesse de Montpensier sent fort son XVIIème classique, ses valeurs et ses préoccupations : l'analyse aprofondie du sentiment amoureux, le regard sévère porté sur les passions humaines (ambitions, rivalités), la "gloire" de l'héroïne à renoncer à son amour…
Le paradoxe est que le cinéaste et son scénariste Jean Cosmos ont cherché à "ré-historiciser" le roman, pour retrouver les "racines des sentiments (…) de la nouvelle" (extrait du dossier de presse). On ne s'en plaindra pas, c'est sans doute le meilleur du film, qui nous rappelle que Tavernier est sans conteste le réalisateur français actuel qui a su le mieux mettre en scène notre histoire : des ténèbres du Moyen-âge (La Passion Béatrice) jusqu'à celles de l'Occupation (Laissez-passer), en passant par la Régence (Que la fête commence), la Troisième république (Le Juge et l'assassin) et la guerre de 1914 (Capitaine Conan, La Vie et rien d'autre), sa filmographie propose une exploration sans pareille des passions françaises. Encore une fois, il parvient ici à rentrer de plain-pied dans l'époque, alignant les scènes comme autant de morceaux de bravoure : la négociation triviale qui préside au destin matrimonial de Marie de Mézières, la nuit de noces sous contrôle parental, le bivouac des généraux catholiques au château de Montpensier, l'entrevue avec une Catherine de Medicis versée dans l'astrologie… Les dialogues de Jean Cosmos ont le bon goût de respecter la langue classique ("Monsieur de Guise a repris feu pour moi") et l'intelligence d'éviter tout didactisme (Bertrand Tavernier appelle ça "ne pas avoir l’air de s’étonner de ce qui semble normal pour les personnages") quitte à perdre un peu le spectateur en route : ainsi Montpensier n'évoque pas "le massacre de la Saint-Barthélémy" mais "cette grande boucherie d'hérétiques".

D'où vient alors que le destin de cette Marie de Montpensier, vendue par son père, disputée entre trois hommes, trahie par son seul amour, nous aura laissé aussi froid, aussi indifférent ? Est-ce l'impuissance du couple-vedette (Mélanie Thierry-Gaspard Ulliel) à nous faire partager le feu qui brûle leurs personnages ? Est-ce la contradiction non résolue entre le temps des personnages (réhistoricisé par le film) et celui du l'écriture, qui avait poussé par exemple Christophe Honoré à situer sa Belle personne (adaptation de La Princesse de Clèves) à notre époque ? Ou bien sont-ce la "psychologie" et les valeurs des romans de Madame de Lafayette qui nous paraissent aujourd'hui aussi lointains qu'exotiques ?

La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, Sélection Officielle
Sortie en France prévue pour la fin novembre 2010

> Ce film est disponible dans la boutique DVD

Posté par le 17.05.15 à 18:26 - 4 commentaires

Jeunes critiques : L'incident

Pour sa troisi?me ?dition, le site Z?rodeconduite.net s'est associ? avec le Champs Elys?es Film Festival pour la cr?ation d'un Jury Etudiant. Les jeunes cin?philes d'Hypokh?gne et de Kh?gne option cin?ma des lyc?es Paul Val?ry ? Paris, Jean-Pierre Vernant ? S?vres et L?on Blum ? Cr?teil ont arpent? la 'plus belle avenue du monde' pour assister aux projections du festival. Ils ont d?cern? le Prix du Jury Etudiant au magnifique et m?connu L'Incident de Larry Peerce qui sortira en salle en version restaur?e le 10 septembre prochain.?

L'Incident

L'Incident de Larry Peerce par Marin G?rard :?

"Voir L’Incident de Larry Peerce signifiait probablement pour une grande partie de la salle voir le film qui marque les d?buts d’acteur de Martin Sheen. Que ce soit chez Coppola, chez Malick ou m?me (et surtout ?) chez Sorkin, l’acteur fait preuve d’un certain don quand il s’agit de marquer le spectateur. Pourtant, au fur et ? mesure que l’intrigue de L’Incident se d?voile et que les phares du m?tro new-yorkais illuminent l’?cran, on oublie un peu que l’on est venu ? l’origine pour voir les premiers pas de Martin Sheen au cin?ma et on reste b?at devant ce qui est ? l’?vidence un grand film."
(...)

La critique int?grale en pdf.

L'Incident de Larry Peerce par Vladimir Lozerand :

" Deux individus intrins?quement m?chants et mal intentionn?s vont faire vivre aux passagers d’un wagon de m?tro la pire nuit de leur vie en les harcelant et en les malmenant. Cela provoque de la part des victimes plusieurs r?actions tr?s diff?rentes. Voila comment pourrait ?tre r?sumer le film perturbant de Larry Peerce tourn? en 1967."
(...)

La critique int?grale en pdf.

L'Incident de Larry Peerce par Thibault Egler :?

"Coinc?s dans un wagon de m?tro, diff?rentes personnes vont ?tres confront?es ? deux jeunes hommes ivres et d?cha?n?s, pr?ts ? tout pour s'amuser. Le hasard va mener diff?rentes personnes, majoritairement en couple que Larry Peerce nous fait suivre un par un, ? l'int?rieur d'un m?me wagon. Ces couples sont divis?s par des conflits : un mari noir et sa femme qui l'accuse d'impulsivit?, un gar?on voulant coucher avec une fille opposant (dans un premier temps) une certaine r?sistance, ou encore une femme reprochant ? son mari de ne pas avoir r?ussi dans la vie et de ne pas gagner assez d'argent."
(...)

La critique int?grale en pdf.

L'Incident de Larry Peerce, 1967, 1h47mn, ressortie en salle le 10 septembre 2014

Posté par le 19.06.14 à 13:07 - Réagir

Jeunes critiques : L'Étang tragique

Pour sa troisi?me ?dition, le site Z?rodeconduite.net s'est associ? avec le Champs Elys?es Film Festival pour la cr?ation d'un Jury Etudiant. Les jeunes cin?philes d'Hypokh?gne et de Kh?gne option cin?ma des lyc?es Paul Val?ry ? Paris, Jean-Pierre Vernant ? S?vres et L?on Blum ? Cr?teil ont arpent? la 'plus belle avenue du monde' pour assister aux projections du festival et d?cerner le Prix du jury Etudiant ? l'un des films de la s?lection TCM Cin?ma. Nous publions leurs critiques sur ces films qu'ils ont d?couvert ou red?couvert en versions restaur?es, et qui ressortiront en salle prochainement, ainsi que leurs coups de coeur pour d'autres films de la programmation.

L'?tang tragique de Jean Renoir, par J?r?my Sawicki :?

"Il n'y a rien de si notable dans le cin?ma de Jean Renoir qui d?finirait, autant que pour d'autres cin?astes, ses films comme ? chefs-d'oeuvre ?. Ni les suspensions silencieuses d'un Bergman, ni les plans aristocratiques d'un Visconti, qui fondent la d?termination de leurs films comme chefs-d'oeuvre, ne se retrouvent chez Renoir. Lui filme une histoire, non des sensations, lui filme des lieux, non une atmosph?re. La sensation et l'atmosph?re que les grands cin?astes peuvent fabriquer dans la forme de leur film, c'est-?-dire directement dans la r?alisation ou dans la direction des acteurs, Renoir les laisse na?tre d'eux-m?mes, comme fruit d'un seul et simple d?sir : filmer une histoire dans un lieu."
(...)

La critique int?grale en pdf.

L'?tang tragique de Jean Renoir, par Elise Camoin :

"Dans L'?tang tragique, Jean Renoir s'approprie les codes hollywoodiens. Si la mise en sc?ne est classique et les personnages manich?ens, cette aventure dans les marais sauvages de G?orgie? met en avant un des th?mes de pr?dilection de Renoir, la c?l?bration de la nature."
(...)

La critique int?grale en pdf.

L'?tang tragique de Jean Renoir, 1941, 1h28mn, sortie en salle le 20 ao?t en version restaur?e.

Posté par le 17.06.14 à 17:16 - Réagir

Contes de l'âge d'or : la vie des uns

Contes de l'?ge d'or

Comment revivifier un genre tombé en désuétude depuis la fin des années 70, celui du "film ? sketches" ? Contes de l'?ge d'or (Amintiri de epoca de aur) bénéficiera certainement de la curiosité pour le jeune cinéma roumain, qui s'illustre réguli?rement depuis quelques années dans les festivals internationaux, et dont Cristian Mungiu (Palme d'Or 2007 pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours) est ici ? la fois le chef de file (il a produit le film) et la t?te de gondole (il signe un épisode). Mais, une fois n'est pas coutume, c'est moins l'accumulation de prestigieuses signatures qui interpelle ici (comme dans les projets du type Paris je t'aime, Chacun son cinéma), qu'un sujet en parfaite cohérence avec la forme br?ve. "L'?ge d'or" évoqué par le titre, c'est en effet le crépuscule de la dictature communiste de Ceaucescu ; les "contes" en question sont les légendes urbaines, dr?les ou terrifiantes que se racontaient ? voix basse les gens ordinaires. Comme le résume le synopsis du film : "Ces légendes ? la fois comiques, bizarres et surprenantes, puisent dans les événements souvent surréalistes vécus au quotidien sous le régime communiste. L’humour fut ? cette époque la bouée de sauvetage des Roumains et Tales from the Golden Age tente de restituer cette atmosph?re en montrant une nation luttant pour sa survie au quotidien face ? la logique insensée de la dictature. Tales from the Golden Age se compose de cinq histoires courtes liées entre elles par leur état d’esprit, leur structure narrative et leur contexte historique : la seule marque de voiture qu’on voit partout dans les rues, c’est la Dacia, fabriquée en Roumanie ; tout le monde survit en volant l’Etat ; il faut obéir aux ordres du Parti m?me s’ils sont illogiques et absurdes."
Contes de l'?ge d'or c'est ainsi l'anti-La Vie des autres (voir notre site pédagogique) : les petits tracas de l'homme de la rue plut?t que la grande tragédie des dissidents, la satire plut?t que le réquisitoire. Le résultat est aussi dr?le qu'instructif, tout en se heurtant aux limites du genre. La forme du film ? sketches, peut-?tre fastidieuse pour le spectateur, en fait en tout cas un support pédagogique idéal pour les enseignants d'histoire (en salles et plus encore sans doute en DVD) : poids étouffant de la bureaucratie et du régime du parti unique, contr?le idéologique et propagande, difficultés économiques et marché noir, ces Contes de l'?ge d'or constituent un tableau remarquablement parlant et complet d'un pays du bloc de l'Est au tournant des années quatre-vingt.

Contes de l'?ge d'or, Roumanie-France, 2009, Sélection Officielle Un Certain Regard

> Le site officiel du film (anglais/roumain)
> Le site de 4 mois, 3 semaines et 2 jours, prix de l'Education Nationale 2007

Posté par le 24.05.14 à 15:56 - 2 commentaires

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