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Fiches et dossiers pédagogiques : Un film, un cours (71 articles)

La Princesse de Montpensier au programme des TL

La Princesse de Montpensier

Une femme au programme du bac ! On n’aura sans doute jamais parlé autant du Programme de Littérature en classe Terminale que cette année, à la faveur de cette petite révolution symbolique : une auteure femme inscrite pour la première fois au programme de l’épreuve totémique du système scolaire français. Peu importe que cette épreuve ne concerne qu’une minorité des futurs bacheliers et bachelières, ceux inscrits en filière L : le symbole est d’autant plus fort qu’il répond à une mobilisation spontanée des enseignants et des élèves, dénonçant dans deux pétitions successives « l’excès de testostérone » des programmes officiels. La pétition initiée l'année dernière par Françoise Cahen, professeure de français au lycée d’Alfortville (Val-de-Marne), et adressée à la Ministre de l'Éducation Nationale, exprimait en ces termes le problème posé par cette hégémonie masculine : « Nous ne demandons pas la parité entre artistes hommes et femmes. Nous aimerions que les grandes écrivaines comme Marguerite Duras, Mme de Lafayette, Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, Simone de Beauvoir, George Sand, Louise Labé... soient aussi régulièrement un objet d'étude pour nos élèves. À un type de classe composé en majorité de filles et des profs de lettres qui sont majoritairement des femmes, quel message subliminal veut-on faire passer ? »

Ce sera donc Madame de La Fayette, avec sa nouvelle La Princesse de Montpensier, complétée par son adaptation cinématographique, réalisée par Bertrand Tavernier en 2010. Certains regretteront le choix de cette nouvelle peu connue en lieu et place du chef d’œuvre La Princesse de Clèves, d’autres noteront la domination sans partage du genre narratif (l’autre œuvre au programme en 2018 étant le roman Les Faux Monnayeurs d’André Gide). Mais la nouvelle et le film ont de beaux arguments à faire valoir, aussi bien en termes d’histoire littéraire (premier récit publié, anonymement, par Mme de Lafayette, La Princesse de Montpensier passe pour l’une des premières nouvelles françaises), d’histoire tout court (un double regard sur les guerres de religion, à respectivement un et cinq siècles de distance) que de procédés littéraires et cinématographiques… autant d'axes évoqués par le Bulletin officiel, qui propose également une première bibliographie.

Comme pour les œuvres cinématographiques inscrites précédemment au programme du baccalauréat (Zazie dans le métro et Œdipe Roi), Zérodeconduite proposera le DVD avec ses droits et un substantiel dossier d’accompagnement pédagogique.
NB : Il existe déjà un dossier en ligne, publié en 2011. Pour les établissements ayant déjà acquis le DVD auprès de Zérodeconduite, il sera remplacé (même adresse et même code d'accès) par la version enrichie et réactualisée, mise en ligne le 1er septembre 2017.

Pour aller plus loin :
- Le DVD sur notre boutique en ligne
- Notre critique du film (Festival de Cannes 2010)
- Notre entretien avec Bertrand Tavernier

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 23.03.17 à 16:22 - Réagir

1:54 : le site pédagogique

En France ils seraient, selon les estimations, 700 000 enfants et adolescents (écoliers, collégiens, lycéens) à être victimes de harcèlement scolaire chaque année. C’est dire le caractère massif d’un phénomène dont on a trop longtemps minimisé l’étendue et la gravité, avant que quelques faits divers tragiques ne poussent l'État à réagir vigoureusement. Ce phénomène n’est évidemment pas spécifique à la France, comme le montre le film 1:54 de Yan England, fiction qui a remporté un grand succès et créé un véritable débat de société au Canada.
En suivant le personnage de Tim, lycéen victime d’humiliations incessantes de la part de deux de ses camarades, sous le regard complice — au moins passivement — des autres élèves, Yan England parvient démonter l’engrenage qui conduira au drame. Harcèlement, cyberharcèlement, homophobie, conduites à risque, question du consentement : le film de Yan England a le mérite de mettre en scène une grande variété de situations auxquelles les élèves et les éducateurs ont à faire face. Sa grande force est de ne pas les passer en revue de manière didactique ou moraliste, mais au contraire de les nouer dans une fiction à la fois riche et haletante, dont le suspense culmine dans la scène de course qui donne son titre au film. Les adolescents ne manqueront pas de s’identifier à la figure de Tim, à la fois héros et victime, interprété avec intensité par le jeune Antoine-Olivier Pilon (découvert en ado rebelle dans Mommy de Xavier Dolan).

1:54 apparaît donc comme un support pédagogique riche de potentialités, dans le cadre des cours d’Enseignement Moral et Civique bien sûr, mais aussi à l’échelle de projets interdisciplinaires impliquant une ou plusieurs classes, autour de problématiques dont la gestion est essentielle au climat scolaire. C'est pourquoi Zérodeconduite lui consacre un dossier pédagogique, qui permettra d'aborder les questions du harcèlement (et du cyberharcèlement) et de l'homophobie

1:54 de Yan England, au cinéma le 15 mars
Le site pédagogique du film

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 03.03.17 à 16:03 - Réagir

Les Figures de l'ombre : le site pédagogique

Les Figures de l'ombre

Elles étaient femmes, et noires, dans l'Amérique sexiste et ségrégationniste des années 60. Elles n'en ont pas moins pris part de manière décisive, au programme spatial américain, qui devait envoyer le premier américain dans l'espace, (les Soviétiques les ayant précédé avec Youri Gagarine), et, une décennie plus tard le premier homme sur la Lune. Avec ses allures de feel-good movie, rythmé par les chansons de Pharrell Williams, Les Figures de l'ombre pourrait passer pour une aimable fantaisie hollywoodienne : l'histoire de Katherine Johnson, Mary Vaughan et Dorothy Jackson, qui travaillèrent respectivement à la NASA comme mathématicienne, programmeuse et ingénieure, n'en est pas moins rigoureusement véridique, exhumée des archives de la NASA par l'auteure américaine Margot Lee Shetterly (dont le livre vient d'être traduit en français).
À l'image de son titre américain, dont la traduction française n'a pas pu retranscrire toute la polysémie ("Hidden figures" ce sont à la fois les "chiffres cachés", ces décimales que calculaient les mathématiciennes, et ces personnages restés dans l'ombre de l'Histoire), le film de Theodore Melfi est d'une grande richesse historique : histoire géopolitique avec le déplacement de la Guerre Froide sur le terrain spatial, histoire sociale et culturelle avec la longue marche des minorités et des femmes vers l'émancipation, histoire des sciences et techniques avec les débuts de la conquête spatiale et ceux de l'informatique (le film se situe au point de bascule entre calcul humain et calcul informatique, quand le mot "computer" a cessé de désigner des humains pour s'appliquer à des machines)…
C'est à ce titre que Zérodeconduite et Réseau Canopé soutiennent le film de Theodore Melfi, et lui ont consacré un site pédagogique en ligne. Accessible dès le cycle 4 du Collège (mais le film est tout à fait adapté aussi à un public de lycéens), Les Figures de l'ombre constitue donc un beau support pédagogique pour les enseignants : il permettra à la fois d’enrichir la culture historique et scientifique des élèves, de promouvoir des valeurs fondamentales (la rigueur scientifique, le goût de l’effort, la tolérance et la solidarité), et, last but not least, de démonter quelques préjugés déjà solidement ancrés dans les jeunes esprits (« les maths ça ne sert à rien », « les sciences ça n’est pas pour les filles », etc)...

Les Figures de l'ombre de Theodore Melfi, au cinéma le 8 mars
Le site pédagogique

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 28.02.17 à 12:09 - Réagir

Paula : le site pédagogique

Paula

Il aura fallu attendre 2016, avec une biographie écrite par Marie Darieussecq et une exposition au Musée d’art moderne de Paris, pour que le public français découvre enfin l'artiste peintre Paula Modersohn-Becker (1876-1907), célèbre outre-Rhin. Le film de Christian Schwochow (De l'autre côté du mur) devrait permettre de rattraper ce retard : le spectateur y découvrira en parallèle la vie romanesque de Paula Modersohn-Becker, son refus des conventions de l’époque, sa très forte volonté d’émancipation, et son travail, l’attachement qu’elle portait à représenter ce qu’elle ressentait plutôt que ce qu’elle voyait, la nouveauté de ses techniques picturales et son obsession pour la simplicité.

Parce qu’il fait le portrait d’une femme libre, Paula s’inscrit dans la continuité de la filmographie de Christian Schwochow. Ses deux précédents long-métrages, De l’autre côté du mur et L’Invisible, dépeignaient eux aussi des personnages féminins forts : une Allemande de l’Est réfugiée à l’Ouest, une actrice aux prises avec son premier grand rôle. Dans Paula, l’héroïne se fait peu à peu une place dans une société régie par les codes du patriarcat, bataillant pour pouvoir peindre et échapper à un destin tout tracé de femme au foyer. En cela, elle est une incarnation révélatrice de la condition artistique féminine, au même titre que Camille Claudel en France (que l’on croise d’ailleurs dans le  film), à laquelle elle fut souvent comparée, pour la force de caractère, le génie artistique, et le destin tragique.

Par son récit haut en couleurs de la vie de Paula Modersohn-Becker, et par son choix de l’actrice suisse Carla Juri, qui apporte à ce  film historique une grande modernité, le réalisateur a voulu affirmer un message de liberté face aux déterminismes de genre. C’est en cela que le film pourra être étudié en classe d’Allemand au Lycée, dans le cadre de l'objet d’étude « Lieux et formes de pouvoir ». Le film peut en effet constituer un point de départ pertinent pour se questionner sur la domination exercée par les hommes sur les femmes, et pour inciter les élèves,  filles et garçons, à remettre en cause les codes genrés dont ils sont imprégnés depuis l’enfance. Le  film permettra également d’illustrer une réflexion sur les courants artistiques d’avant-garde du début du 20e siècle, notamment l’expressionisme, et d’introduire les artistes qui ont porté ces révolutions artistiques, en lien avec l’Histoire des arts.

Zérodeconduite propose un dossier pédagogigue avec des activités pour étudier le film en classe d'allemand, complétées par un entretien avec l'historienne de l'art Maria Stavrinaki.

Paula de Christian Schwochow, au cinéma le 1er mars

Le site pédagogique du film

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 22.02.17 à 09:56 - Réagir

Noces : le dossier pédagogique

Noces

Une "tragédie grecque" contemporaine… C'est ainsi que le cinéaste belge Stephan Streker définit lui-même son film Noces (qui sortira au cinéma le 22 février 2017). S’il s’inscrit dans le contexte réaliste de la Belgique d’aujourd’hui et s’inspire librement de cas réels, le film n’est pas à prendre comme une étude sociologique sur les mariages forcés ou la situation des jeunes filles issues de l’immigration. Il puise plutôt sa source au fleuve des mythes et des archétypes qui irriguent notre imaginaire depuis le monde grec. À l’image des grandes héroïnes tragiques comme Antigone (nommément convoquée dans le film), Zahira est soumise à un choix impossible. Les malédictions divines ont ici laissé place aux conflits de cultures mais la famille reste le cadre du tragique.
Remarquablement écrit, interprété et mis en scène, Noces offre le moyen de prolonger en classe de Seconde l’étude de la tragédie classique, en mettant en parallèle, à travers les époques, les formes dramatique et cinématographique. Le film trouvera également des résonances avec le programme de Français de Quatrième, qui invite à interroger la confrontation de valeurs entre individu et société, et le programme d'Enseignement Moral et Civique. Comment une jeune fille d’aujourd’hui qui vit dans un pays européen, parvient-elle à articuler ses choix personnels et les exigences familiales imprégnées par la tradition ?

Zérodeconduite propose un dossier pédagogique pour étudier le film en classe, comportant une analyse du film et des activités pour le Français et l'EMC.

Noces de Stephan Streker, au cinéma le 22 février

Le site pédagogique du film

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 09.02.17 à 16:27 - Réagir

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