L'actualité educative du cinéma
Cinéhig, l’excellent site des Clionautes consacré au cinéma et à la vidéo en classe, bénéficie d’une nouvelle présentation sous SPIP, plus agréable (les illustrations ont fait leur apparition) et plus lisible. C’est l’occasion pour les enseignants qui ne le connaissent pas de découvrir ce site de mutualisation, et pourquoi pas d’y proposer une contribution. Bénéficiant d’un système de classement simple est pratique (les films sont classés par grandes périodes historiques : antiquité, moyen-âge, temps modernes, contemporaine), Cinehig propose à ce jour près de 300 fiches d’activités (collège et lycée). Le site fait également le point (rubrique « La Pratique») de manière synthétique et claire, sur les aspects techniques ou juridiques (voir l’article Vidéo en classe et droit), et s’efforce de mener une réflexion sur la pédagogie de et par l’image.Posté dans Le classeur par zama le 03.11.09 à 14:31 - Réagir
Nous avions déjà signalé ici les somptueuses "expos virtuelles" mises en ligne par la Cinémathèque Française. La collection s'est enrichi d'une nouvelle déclinaison : les "Zoom sur" qui expérimentent une approche monographique. Il s'agit cette fois de partir non d'un genre, d'un auteur ou d'un métier, mais d'un objet phare, qui décortiqué dans le détail va permettre une multiplicité d'approches. Ainsi le robot de Metropolis (1926) de Fritz Lang est étudié sous toutes les coutures, au propre (via une animation multimedia qui permet de littéralement tourner autour de la sculpture) comme au figuré : genèse du personnage, signification dans le film, étude des effets spéciaux, sans oublier la postérité cinématographique du robot et une approche des enjeux muséographiques (le fonds Fritz Lang de la Cinémathèque Française est un des plus riches au monde). Le tout est illustré par de nombreux extraits en ligne, du film de Fritz Lang comme d'autres
Le deuxième opus de la collection est consacré à un dessin préparatoire de Georges Méliès pour L'Homme à la tête en caoutchouc. Là encore la richesse du document original permet "d'ouvrir le champ" de manière assez large : on (re)découvrira ainsi Méliès et ses différents visages ("Méliès magicien", "Méliès dessinateur"…), on étudiera point par point la mise en œuvre aussi artisanale qu'inventive du "truc", on guettera, extraits à l'appui, l'influence de Méliès sur des cinéastes aussi divers qu'Alfred Hitchcock (Vertigo), David Cronenberg (Scanners) ou Tim Burton (Beetlejuice)…
Scientifiquement irréprochables (ce qui est bien le moins étant donné la vocation patrimoniale de la Cinémathèque Française) ces deux sites bénéficient également d'une réalisation soigneuse, en termes de graphisme que de navigation. S'ils proposent une "visite guidée" avec un commentaire audio qui résume l'essentiel, on avouera avoir préféré le plaisir du butinage qu'offre la visite libre.
Zoom sur le robot de Metropolis
Zoom sur un dessin de Georges Méliès
Les expos virtuelles de la Cinémathèque
Le site de la Cinémathèque Française
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 02.03.09 à 16:59 - Réagir

Une série de liens sur le film Gomorra (voir notre article sur le film) et le livre de Roberto Saviano dont il est tiré, un parallèle avec le documentaire Biutiful Cauntri (sorti dans les salles cet été) et un reportage de France 24 : voici ce que propose Géoconfluences, site de la géographie universitaire et enseignants du secondaire, sous le titre "Quelles images pour sensibiliser aux grands débats environnementaux ?"
"Certaines causes environnementales sont plus particulièrement l'objet de diverses formes de médiatisations et de productions culturelles passionnées voire passionnelles. Leur utilisation raisonnée et argumentée dans le cadre d'activités pédagogiques peut faciliter la motivation et l'implication des élèves à une époque où les possibilités d'accès à l'image et où ses supports se démultiplient à vive allure. Avec les narrations de la fiction, du documentaire, du reportage, des genres mixtes que sont les "docu-fictions", et l'apparition d'un foisonnement de productions vidéos de statut très variable sur des plateformes de mise en ligne, les possibilités sont multiples."
La page renvoie surtout vers deux dossiers très fouillés sur des thèmes associés :
Gouvernance territoriale et gestion des déchets : l'exemple de la Campanie (Italie)
Entre déchets et recyclages, des flux à risque social et environnemental
[La ressource est signalée par le site Cinéhig, qui parmi ses nouveautés propose également un questionnaire sur le Ben Hur de William Wyler (1959).]
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 01.02.09 à 12:45 - Réagir
Quand on aborde le sujet du cinéma via l'internet, c'est généralement pour parler d'argent et d'avenir : à propos du juteux marché de la VOD (Video on demand), qui aiguise les appétits, ou du "fléau du piratage" qui menace les acteurs économiques du secteur… C'est dire si l'initiative Europa Film Treasures tranche avec l'air ambiant : ici tout est gratuit (les vidéos sont en streaming) et l'on s'intéresse à l'histoire voire à la préhistoire du cinéma. Lancé à l'initiative de Serge Bromberg (dont la société Lobster Films est spécialisée dans la restauration de films oubliés) et réunissant trente-sept fonds d'archives et cinémathèques d'Europe, le site propose à tout un chacun de découvrir les "incunables" du cinéma mondial, sauvés (on estime que plus de 70% des images tournées durant les cinquante premières années du cinéma sont définitivement perdues), restaurés, sous-titrés (en cinq langues) et remis en perspective (chaque extrait est accompagné d'un petit livret) à destination des internautes. "Tous les genres – et toutes les époques - sont à l'affiche ! De la comédie à la science-fiction, du western à l'animation, de l'érotique à l'ethnologique, Europa Film Treasures est à travers le profil de chaque archive qui en est le conservateur, un plongeon dans le patrimoine en mouvement de l'histoire culturelle et politique de l'Europe."
Il n'est possible pour l'instant que de rechercher et visionner le fonds, mais un "espace pédagogique" et une rubrique "documentation" enrichiront très bientôt l'offre d'European film treasures. A suivre attentivement, donc…
> Le site Europa Film Treasures
Illus. : une image du film Der Magische Gürtel, Allemagne, 1917, The Imperial War Museum and Video Archive
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 27.09.08 à 15:30 - 1 commentaire

L'Amérique, du cœur aux marges : c'est un portrait composite et subjectif des Etats-Unis que nous propose en ce moment le site des Cafés Géographiques à partir de l'actualité cinéma. Le cœur c'est Juno et sa description satirique de la suburb américaine (tournée, magie du cinéma, au Canada) : " le film investit une géographie assez classique de la suburb et de ses lieux génériques, du pavillon au Mall en passant par le drugstore de quartier et la High School."
Les marges sont à la fois sociales et géographiques : le désert texan et la frontière mexicaine, lieux de toutes les (mauvaises) rencontres et du déchaînement de la violence, dans le No Country for Old Men ; les paysages superbes de l'Alaska, dernière "frontière" à l'horizon américain, dans Into the wild de Sean Penn.
"Trois espaces sont en confrontation : les voyages de ces trois personnages ont lieu à travers l’espace sans horizon du désert du Nouveau Mexique, la ville de Las Vegas et, enfin, à travers la frontière américano-mexicaine. Un croisement de trois destins aux finalités différentes sur trois espaces, allégorie de notre société, noire, violente et réflexion sur l’être humain. " (à propos de No Country for Old Men)
"Pourtant, les paysages cinématographiques de Penn et Gautier sont des paysages trop grands pourrait-on dire pour l’homme. Les procédés utilisés par le réalisateur (plan grue, ralentis, long travellings pour l’image, voix off et musique omniprésente pour le son), « spectacularisent » ceux-ci, et renforcent par là même le constat sans illusion du film de l’inadaptabilité de l’homme postindustriel à la nature et de la fracture entre nature et culture en dépit de l’idéalisme d’Alex." (à propos de Into the Wild)
Posté dans Le classeur par zama le 17.02.08 à 20:31 - Réagir

Illus. : Peur sur la ville, Extrait du storyboard d'André Guérin
Un petit tour à la Cinémathèque française ? Rassurez-vous, pas besoin de quitter votre fauteuil. Même les nostalgiques des fauteuils inconfortables et les salles d’exposition poussiéreuses du Palais de Chaillot reconnaîtront que le déménagement au 51, rue de Bercy a donné un sacré coup de fouet à la belle endormie. Mais l’une des initiatives les plus séduisantes et les plus originales a peu à voir avec le changement de locaux : le lancement d’expositions virtuelles destiné à valoriser via le web le patrimoine de la Cinémathèque et de la Bibliothèque du Film qui lui est maintenant associée.
"Expositions virtuelles" : le terme pourrait paraître ronflant, mais il n’est pas galvaudé. Chacun de ces sites internet a en effet bénéficié, outre de l’approche scientifique des commissaires d’exposition de la Cinémathèque, d’une véritable réflexion "scénographique", en termes de graphisme mais aussi de navigation. De Le cinéma à quatre mains (sur la collaboration entre François Truffaut et son scénariste Jean Gruault) au Métier de scripte, en passant par Affiches françaises du film noir américain (le plus graphique, notre préféré) mais aussi des sites consacrés au néo-réalisme italien au à l'expressionnisme allemand la variété des approches n’a d’égale que celles des documents proposés (extraits de films, fac-similé de scénarios, dessins préparatoires, photos de tournage, interviews audio ou vidéo…).
Le dernier-né de la collection, consacré au Story-board de cinéma, n’est pas le moins réussi de la collection. Tout en retraçant l’histoire du story-board (jusqu’à Mélies, dont les dessins préparatoires constituaient déjà une véritable "mise en images" du scénario), il a le mérite de le replacer au carrefour des dimensions esthétiques (choix de mise en scène) mais aussi techniques et économiques de l'industrie du cinéma. La démonstration s’appuie sur six études de cas richement illustrées, six "tournages à risque", pour lesquels le recours au storyboard s’est avéré indispensable : Man hunt et Moonfleet de Fritz Lang, Duel au soleil de King Vidor, Peur sur la ville d’Henri Verneuil (la fameuse scène de Belmondo sur le toit du métro), La Reine Margot de Patrice Chéreau (la grande scène du mariage) et Les Favoris de la lune d’Otar Iosseliani (pour lequel a été tourné un entretien croisé entre le réalisateur et son "story-boardeur").
Si le graphisme est plutôt sobre (le story-board n'est après tout qu'un document de travail) comparé aux précédentes expositions virtuelles, la navigation est d’une grande fluidité, de petits plans interactifs favorisant la mise en relation entre les documents.
Chapeau bas donc à la Cinémathèque, pour ces sites qui constituent à la fois une mine d’informations pour les étudiants et élèves, et une véritable invitation au voyage pour tous les amateurs de cinéma.
Toutes les expositions virtuelles de la Cinémathèque :
Storyboard de cinéma
Le métier de Scripte
Le néoréalisme italien
Roberto Rossellini, une passion didactique
Le cinéma expressionniste allemand
Affiches françaises du film noir américain
Le cinéma à quatre mains
Premiers pas vers le cinéma
D'autres liens sur le storyboard :
Le dossier d'Objectif cinéma
Le dossier du Quai des Images
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 25.01.08 à 17:46 - 1 commentaire

On peut affirmer sans trop craindre de se tromper qu’Alfred Hitchcock (1899-1980) est un des cinéastes les plus présents et étudiés sur le Web. L’importance (qualitative comme quantitative) de sa filmographie, son aura de réalisateur grand public mais redécouvert par la critique, sa capacité à brillamment théoriser sa pratique (le livre d’entretiens Hitchcock/Truffaut, publié en 1983, reste une référence des livres de cinéma), mais aussi certains gimmicks esthétiques (ses apparitions à l’écran) ou publicitaires (les retardataires interdits aux projections de Psychose), lui ont conquis une place à part dans le cœur des cinéphiles du monde entier ; de sites persos en publications diverses, le Net en est un fidèle reflet.
En témoigne ce nouveau portail, Hitchcock wiki (signalé par Telerama.fr) consacré exclusivement au maître du suspense, qui essayer de recenser tout ce qui s’est écrit, dit, tourné, autour de son œuvre. avec une volonté encyclopédique, et une touche ludique (la page d’accueil présente en aléatoire des citations de Sir Alfred) une citation . Seul bémol : le site est totalement anglophone ; pas besoin de parler anglais toutefois pour apprécier la section la plus originale et la plus fascinante du portail : 1000 frames of Hitchcock. Le créateur du site a patiemment numérisé 1000 images (en moyenne une toutes les 6 secondes) pour 52 longs métrages du maître, présentées chronologiquement et agrandissables d’un simple clic.
On connaît beaucoup d’étudiants et chercheurs en cinéma qui se seraient damnés pour bénéficier d’un tel outil. Mais c’est tout d’abord un pur plaisir de cinéphile, quasi fétichiste, que de se promener ainsi dans les films de Hitchcock, de feuilleter, un peu à la manière d'un flip-book, des classiques comme Vertigo, La Mort aux trousses (North by Northwest), Les Enchaînés (Notorious) ou Psychose…
Et la pédagogie dans tout ça ? Là encore, Hitchcock est bien servi, et à différentes sauces. On signalera notamment cette copieuse séquence destinée —une fois n’est pas coutume— aux premières Bac Pro sur le dynamique site Lettres-Histoire de l’Académie de Marseille, et une récente exploitation de La Maison du Docteur Edwardes (Spellbound) en Philosophie ("Une introduction à la psychanalyse par A. Hitchcock"). On renverra surtout au superbe site mis en ligne par le CNDP autour de La Mort aux trousses dans le cadre du baccalauréat musique (Hitchcock/Herrmann/La Mort aux trousses). Il s'intéresse moins à Hitchcock qu'à son collaborateur fétiche : Bernard Herrmann, compositeur des scores de ses grands classiques. Voici un extrait de la présentation du site :
"Quel est donc ce musicien qui, durant près de dix années, collabora avec Alfred Hitchcock et contribua à ce que cette même période marque l’apogée de la carrière du réalisateur ? L’étude approfondie de la partition composée pour La Mort aux trousses et présentée par ce dossier apportera nombre de réponses. Certaines illustrent les influences et références du compositeur, d’autres, une science consommée de l’écriture des timbres ou de l’harmonie ; toutes enfin soulignent un style singulier, original et… efficace à l’image, qui signe son auteur.
Ce dossier fait parallèlement ressortir la relation subtile entre la musique et le film, l’histoire qui s’y raconte, les personnages et leur psychologie et les enjeux des situations qu’ils rencontrent : la musique apporte fréquemment une profondeur supplémentaire à la narration en jouant de la symbolique musicale et de la mémoire auditive."
> Hitchcockwiki.com
> Hitchcock pour les Bac Pro
> La Mort aux trousses / Baccalauréat Musique
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 10.01.08 à 15:05 - 4 commentaires
Il y a maintenant près de trois mois qu'est sorti 4 mois, 3 semaines et 2 jours, et le souvenir d'Otilia et Gabita n'est pas près de nous quitter. Plutôt bien accueilli par le grand public malgré un réalisateur inconnu et sujet difficile, le film a été également adopté par les enseignants, et ce en dépit de la polémique initiale (qui aura au moins eu comme effet positif de faire parler du film). Ainsi, le choix du jury du Prix de l'Education Nationale (qui avait hésité, comme nous le racontait Vincent Marie, avec un autre très beau film, La Visite de la Fanfare) apparaît avec le recul d'une vraie pertinence.
En prévision de la parution du DVD pédagogique du film dans la collection A propos de (en avril 2008), le CRDP de Nice poursuit son travail éditorial avec la mise en ligne d'un site pédagogique du film (voir également celui du Quai des images). Il propose un certain nombre de liens vers toutes les ressources éditées en ligne autour du film, mais également des fiches d'accompagnement. Si l'on connaissait le travail de Vincent Marie sur l'Histoire dans le film ("Les histoires dans l'Histoire, Raconter la Roumanie de Ceaucescu"), les trois autres fiches mises en ligne complètent bien les approches déjà existantes. Réalisées en partenariat avec des associations comme le Planning familial, elles abordent frontalement les thématiques du film : L'avortement, le viol, et Les rapports sociaux de sexe. Chaque fiche fait le point sur le sujet, fait le lien avec le film, et donne quelques indications bibliographiques pour aller plus loin. L'ensemble sera très utile aux enseignants pour répondre aux questions des élèves, et pour un travail spécifique par exemple avec les sections médico-sociales.
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 11.12.07 à 22:06 - Réagir
Deux dossiers pédagogiques "pour le prix" d’un : les enseignants qui désirent travailler sur l’adaptation cinématographique d’Un Secret (au cinéma le 3 octobre), le court roman de Philippe Grimbert (Goncourt des Lycéens 2004) ne vont pas se plaindre… Ils disposeront en effet à la fois :
— du dossier d’accompagnement réalisé par Olivier Brunet pour Le Livre de Poche (envoyé sous format papier dans les établissements début septembre, il est également téléchargeable sur le site officiel du film)
— de celui conçu par Florence Salé pour Zérodeconduite.net (téléchargeable sur le site pédagogique Un secret).
Si les deux dossiers se rejoignent évidemment sur bien des points par les thèmes explorés (la dimension autobiographique, la présence de l’Histoire, le désir…) et les figures narratives analysées (l’enchevêtrement temporel dans le roman et le film, l’analyse du titre, le passage de la couleur et du noir et blanc), ils offrent chacun un parcours singulier (selon le mot de F. Salé) dans les "forêts de signes" que constituent le livre et le film.
Le dossier Zérodeconduite se focalise sur trois axes forts (L’écriture du temps, L’écriture du secret, Les enjeux de l’écriture autobiographique) tandis que celui du Livre de Poche multiplie les entrées (La narration, L’adaptation cinématographique, le paratexte —titre, couverture, quatrième de couverture—, "Les traumatismes enfouis", le désir, "Les actes fondateurs et leur relation à la peur", L’évolution de Philippe/François…), de manière plus impressionniste. L’intérêt réside également dans les œuvres de référence convoquées par chacun des rédacteurs, en fonction de leur lecture d'Un Secret : la bande dessinée Maus d’Art Spiegelman ou, plus surprenant, Gaston Leroux (Le mystère de la Chambre jaune) pour Olivier Brunet, Bruno Bettelheim et William Styron (Le choix de Sophie) pour Florence Salé. Signalons enfin que le dossier du Livre de Poche propose en complément d’intéressants entretiens avec le réalisateur Claude Miller et le romancier Philippe Grimbert.
Posté dans Le classeur par comtessa le 25.09.07 à 16:04 - Réagir
Le voilà-t-il enfin, ce fameux "grand film sur la Guerre d’Algérie" que le cinéma français est censé attendre depuis 1962, qui réconcilierait les historiens et le grand public, la France avec sa "guerre sans nom" ? Peut-être, mais pas seulement : L’Ennemi intime (le 3 octobre dans les salles) est également un grand film de guerre et sur la guerre, qui donne à ses personnages et aux événements qu’il décrit une résonance universelle, s’approchant des grandes réussites américaines du genre (Christian Bonrepaux dans le Cinéclasse de septembre invoque le colonel Kurz d’Apocalypse now).Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 18.09.07 à 22:42 - 3 commentaires

Posté dans Le classeur par zama le 25.06.07 à 11:42 - 4 commentaires
Choix artistique ou raisons commerciales, le diptyque de Clint Eastwood sur la bataille d'Iwo Jima était arrivé sur nos écrans en deux temps : Mémoires de nos pères en octobre 2006 et Lettres d'Iwo Jima en février 2007. Il devrait en être la même chose pour l'édition DVD, puisque vont paraître à quelques mois d'intervalle les DVD de Mémoires de nos pères (dans les bacs depuis le 30 mai) et de Lettres d'Iwo Jima (prévu pour la fin août). Il faudra sans doute attendre un peu plus pour disposer d'un coffret de la "saga" qui réunisse les deux films.Posté dans Le classeur par zama le 05.06.07 à 12:27 - Réagir
Ah, la politique, difficile de s'en détacher complètement… Il y a quelques mois, Francis Larran nous proposait de voir dans les synopsis de la série des Rocky un reflet de l'idéologie américaine au tournant des années 70-80 (c'était notre séance du mois d'octobre). Contredisant le cliché qui situerait Hollywood forcément à gauche de la psyché américaine, il montrait comment le héros inventé et interprété par Sylvester Stallone incarnait à merveille le retour reaganien aux "valeurs de l'Amérique" (America is back !).
On pourra poursuivre l'analyse grâce au site Cadrage.net qui propose un article du québécois Yannick Quéau intitulé : "Hollywood et la sécurisation de l'identité états-unienne : Rocky ou la (re)valorisation des mythes fondateurs". L'enseignant replace le film de Jon Avildsen (1977) dans cette vague d'œuvres qui ont participé "à une entreprise de diffusion des valeurs libérales de la droite conservatrice, à travers une sorte de projet quasiment éducatif (responsabilité individuelle face à l'adversité, liberté d'améliorer sa condition, promotion des valeurs liées au courage, à la persévérance…". Il lit ainsi le tableau manichéen du monde ouvrier que dresse le film (tableau sordide mais illuminé par les valeurs simples de notre héros) à la lumière des valeurs de la droite conservatrice, il interprète le combat perdu par Rocky comme une possible métaphore du Vietnam (on peut perdre en restant le héros).
Moins convaincant dans ses démonstrations sur le féminisme (Adrian peut-elle être vue comme un idéal anti-féministe ?) ou le rôle des médias, il est en revanche très percutant dans son analyse du boxeur Appollo Creed comme une caricature à peine voilée de Mohammed Ali (à travers c'est plus largement le mouvement des droits civiques qui est visé) : "Il est présenté comme le champion incontestable, un individu arrogant, sûr de lui (trop?) et capable de manipuler les journalistes. Mais surtout, Creed méprise les mythes fondateurs de la nation. Son combat avec Rocky n'est pour lui rien d'autre que l'occasion d'ironiser sur le libéralisme des État-Unis et sur la réussite individuelle accessible à tous. (…) Le soir du combat est l'occasion pour Appolo de ridiculiser une fois de plus les fondements des États-Unis. Déguisé en Georges Washington, il jette de l'argent à la foule et joue les recruteurs pour l'armée américaine, allusion directe au refus de Ali de se soumettre au service militaire."
Yannick Quéau conclut : "Pour Stallone, en 1976, les États-Unis sont divisés en deux camps. D'un côté, on trouve ceux qui méprisent les mythes fondateurs, c'est-à-dire les noirs du mouvement des droits civiques et tous ceux qui se retrouvent dans le discours de Ali, de l'autre, on identifie Rocky Balboa et les conservateurs. Le combat final va permettre à Rocky de prouver que ceux qui croient dans les valeurs traditionnelles de l'Amérique véritable ont raison de penser ainsi." Et pour finir, il souligne ironiquement que le dernier avatar de la série, Rocky Balboa, est sorti sur les écrans français le même jour (un 24 janvier) que Bobby d'Emilio Estevez : deux icônes majeures, mais diamétralement opposées, de la culture états-unienne. Deux projets de société, comme on dit…
Posté dans Le classeur par zama le 15.05.07 à 01:18 - 4 commentaires

Posté dans Le classeur par comtessa le 11.04.07 à 15:56 - 8 commentaires
Alors que sort sur les écrans Goodbye Bafana de Bille August, évocation positive et héroïque du destin de Nelson Mandela et de la transition (relativement) pacifiée vers la démocratie, le film Mon nom est Tsotsi de Gavin Hood (sorti en juillet 2006 et aujourd'hui disponible en DVD), peut constituer un utile contrepoint, plus réaliste et plus noir, pour les enseignants. Loin des cercles du pouvoir de Pretoria ou du Cap, le film suit un petit délinquant noir (un tsotsi, terme générique d'argot) arpentant la ville de Johannesburg dans toute son étendue, des townships misérables aux quartiers de la nouvelle bourgeoisie noire.
Deux sites s'attachent à faire du film un objet et un support de géographie. Sur le site de l'Académie de Lille (et dans le cadre d'un dossier consacré à l'Afrique), Nicolas Smaghue ("Cinéma et géographie : Une plongée dans les townships de Johannesburg") démontre combien l'étude d'un film de fiction peut être fructueuse lors d'une leçon de géographie : "Le géographe utilise l’image pour ce qu’elle donne à lire. Les avantages sont nombreux par rapport à une image fixe (ou un hyperpaysage) car on y ajoute une dimension sociale dynamique et surtout un regard à plusieurs échelles. L’errance de Tsotsi nous fait traverser les différentes composantes de l’espace urbain." En deux temps (une présentation des personnages comme "tableau de la société sud-africaine", puis une étude du "paysage urbain filmé"), il dresse le tableau d'une réalité urbaine : persistance de la ségrégation, violence (à l'instar de la situation des grandes métropoles africaines), éclatement et morcèlement de la structure urbaine ("la question des déplacements et des transports est bien visible : les temps de trajet sont longs, les personnages se déplacent aussi beaucoup à pied. Le township est isolé du reste de l'agglomération par de vastes zones tamps, non construites…").
Il est intéressant de remarquer que le film de Gavin Hood (couronné en 2006 par l'Oscar du Meilleur Film Etranger) est inspiré d'un récit d'Athol Fugard, rédigé dans les années 1960 et publié dans les années 80 : comme si la rupture politique de la fin du régime d'apartheid n'avait pas réellement changé la situation. Sur le site des Cafés Géographiques, Myriam Houssay-Holzschuch étudie la transposition d'une époque à l'autre : si effectivement "le passé d'apartheid informe toujours la situation post-apartheid", le scénario du film a introduit des phénomènes importants, comme l'apparition du SIDA (l'Afrique du Sud est dramatiquement touchée par l'épidémie) et l'existence d'une nouvelle élite noire, etc. A la différence du livre, la fin du film laisse une petite place à l'espoir : "Symbole de la rédemption politique d’une société et de ses ambitions universalistes, description réaliste de la pauvreté et de la violence touchant la majorité de la population, Tsotsi rend compte des ambivalences sud-africaines."
Posté dans Le classeur par zama le 10.04.07 à 13:44 - 3 commentaires
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 16.03.07 à 13:02 - 9 commentaires
Avec quelles images cinématographiques représenter le monde grec antique en classe de sixième ? Comme nous le faisions remarquer à propos de 300, l'antiquité grecque est un peu le parent pauvre du genre du peplum. Le site Cinéhig nous fait trois propositions contrastées : un dessin animé de Disney ("Hercule et l'hydre de Lerne"), un peplum italien des années 50 ("Ulysse et le cyclone Polyphème"), et une superproduction hollywoodienne récente ("Troie").
Il s'agit à chaque fois de montrer la prégnance de la mythologie grecque dans notre civilisation contemporaine mais aussi de s'exercer à confronter différentes sources d'époque et de nature différentes, textuelles (L'Odyssée ou L'Illiade) et iconographiques (vases grecs et images cinématographiques). Ainsi Olivier Joos part d'un extrait de Troie de Wolgang Petersen pour le confronter au texte correspondant du "scénario" d'Homère et à une représentation d'une phalange hoplitique sur un vase du VIIème siècle av. J.C.
Non content d'offrir une représentation vivante et frappante du guerrier grec, le passage par le film permet d'aborder plusieurs aspects de la leçon : l'importance de la guerre dans la culture grecque, la présence des Dieux dans le texte homérique (absents de la version hollywoodienne, "sécularisation" que l'on avait beaucoup reproché au film), la confrontation entre le héros solitaire et l'armée (via la comparaison avec la phalange du vase Chigi) de citoyens-soldats, etc. "Cela me permet aussi d’insister, ajoute Olivier Joos, sur le fait que des histoires d’hier, comme l’Iliade, jusqu’aux blockbusters hollywoodiens d’aujourd’hui, il y a peu de différences fondamentales. Il s’agit toujours d’histoires de héros, de vengeance, d’honneurs, de sacrifice, d’amour, etc... et donc que les grands manitous américains "raconteurs" d’histoires n’ont rien inventé, le cinéma étant un perpétuel recyclage de thèmes pluri-séculaires."
On renverra pour finir au magnifique mini-site consacré par la BNF à Homère (Sur les traces d'Ulysse) et notamment ses fiches pédagogiques très bien faites et assorties de nombreuses illustrations.
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 23.02.07 à 09:54 - Réagir
Sorti le 8 mars 2006 à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le film de Florence Ayisi et Kim Longinotto, documentaire tonique et émouvant sur le combat de deux femmes de loi camerounaises (une juge et une avocate, les sisters du titre) contre les violences familiales et conjugales, n'avait pas trouvé son public, dans un contexte médiatique et commercial fortement concurrentiel (deux autres films se revendiquaient à la même date du combat féministe). Espérons que sa récente édition en DVD permettra de réparer cette injustice, et que le film deviendra un classique des salles de classe.
Il le mérite car le charisme truculent de ses "héroïnes" ainsi que l'exemplarité des affaires présentées permettent d'intéresser les élèves à des thématiques fondamentales : la justice et le sens de la peine, la violence (notamment dans le cercle familial), l'émancipation des femmes, et ce dans un certain nombre de disciplines (Lettres, Philosophie, SES, ECJS, Sciences médico-sociales).
C'était en tout cas l'objectif du mini-site pédagogique que nous avions mis en ligne à l'occasion de la sortie de ce film, qui propose notamment des didactisations du film dans trois disciplines : ECJS (Les femmes et leurs droits : une reconnaissance fragile), Philosophie (La Justice et le féminin, où comment déposer la "domination masculine" et accéder à l'universel), Lettres (Qu'est-ce qu'un "documentaire engagé" ?)…
Et rappelons pour finir qu'un certain nombre d'associations de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants s'étaient associées à ce film pour mener un travail de sensibilisation dans les établissements scolaires, et qu'elles constituent un réseau irremplaçable d'intervenants et de personnes ressources pour les enseignants, notamment quand ils sont confrontés à des cas dramatiques comme ceux présentés dans le film.
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 09.02.07 à 16:27 - 2 commentaires
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 03.01.07 à 12:10 - 4 commentaires
Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 24.12.06 à 10:30 - 9 commentaires
La "Force", fontaine d'abondance pédagogique ? Après Star Wars et la physique, Star Wars et la géographie, Star Wars et l'histoire des mythes, voici Star Wars en SES… Dans la dernière édition mensuelle du Café pédagogique Claude Bordes nous signale le dossier documentaire réalisé par Renaud Chartoire et téléchargeable en pdf sur le site du CNDP, qui propose d'étudier la saga de Georges Lucas comme "phénomène économique, social et politique" :Posté dans Le classeur par Zéro de conduite le 18.12.06 à 18:15 - 1 commentaire
Kingdom of Heaven de Ridley Scott caracole depuis quelques semaines en tête du classement des meilleurs ventes de DVD. Profitons-en pour faire un petit inventaire des ressources disponibles en ligne sur ce film qui a fait l’objet de notre Séance du mois de juin.Posté dans Le classeur par zama le 05.12.06 à 19:46 - Réagir
Serait-ce le come-back de Sylvester Stallone… et des grandes icônes de l'Amérique reaganienne ? Alors que l'on annonce les suites respectives aux sagas Rocky et Rambo, les enseignants d'histoire s'intéressent de près aux originaux, tournés et sortis au tournant des années 70 et 80. Ainsi, après notre séance du mois d'octobre, qui relisait le scénario du premier Rocky à la lumière du modèle idéologique américain, Jean-Pierre Meyniac s'intéresse pour le site Cinehig à Rambo de Ted Kotcheff (1983). S'appuyant sur le début et la fin du film, il propose un court questionnaire afin de faire mesurer aux élèves la profondeur de la blessure vietnamienne dans la crise morale qui secoua les Etats-Unis à la fin des années 1970.Posté dans Le classeur par zama le 07.11.06 à 21:48 - 5 commentaires
Ça s’appelle faire d’une pierre deux coups : puisque le Procès d’Orson Welles est au programme des classes de Terminale littéraire (cf notre Séance du mois de Septembre), pourquoi ne pas en profiter pour utiliser le film en cours d’histoire ? Posté dans Le classeur par zama le 07.11.06 à 20:20 - Réagir
Un contrepoint au pharaonique projet d’Indigènes (voir notre article), le court-métrage L’ami Yabon (téléchargeable ici) du réalisateur Rachid Bouchareb, l’est à plusieurs points de vue : par la durée évidemment, le style (le réalisme épique de la reconstitution d’époque contre la stylisation —noir et blanc, muet— que permet l’animation), mais aussi la tonalité.Posté dans Le classeur par zama le 01.11.06 à 21:01 - 2 commentaires
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