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Sur le web : Vieux films et bonnes ressources (84 articles)

Revue de web # 3 : politique, justice, avortement, Camille

?lections, pi?ges ? c… ?
Entre pr?sidentielles fran?aises et am?ricaines, deux films sortis r?cemment ont donn? une image peu reluisante de la d?mocratie ?lective :
— la grosse com?die am?ricaine, Moi, d?put?, analys?e par le critique Jean-Michel Frodon sur son blog Projection publique (h?berg? par Slate.fr) : "Moi, d?put? est un film inqui?tant en ce qu’il repose sur l’id?e acquise d’une pourriture irr?versible du syst?me, sans aucune diff?rence entre D?mocrates et R?publicains, dont il ne resterait qu’? rire entre gens blas?s.? Le th?me r?current du ?coup de balai?, vieille antienne des populistes de tout poil (mais surtout au poil brun) est d’ailleurs entonn? par celui des deux qui se r?v?lera porteur de valeurs saines. Un personnage dont personne ne fait m?me semblant de croire qu’il repr?sente quelqu’un de pr?sent dans le jeu ?lectoral."
— le documentaire fran?ais La Cause et l'usage de Dorine Brun et Julien Meunier, consacr? ? la derni?re ?lection l?gislative dans la circonscription de Serge Dassault (d?clar? in?ligible mais encore omnipr?sent) auquel le blog Le Lac des Signes du Monde diplomatique consacre un article au titre ?loquent, L'Enfer de la corruption) : "Ce qu’ont film? Dorine Brun et Julien Meunier, c’est une universelle duplicit?, un enfer pav? de calculs et d’?lans int?ress?s. Dassault a fait de Corbeil-Essonnes un enfer et de sa candidature un veau d’or : soit on l’adore, soit on d?nonce la supercherie, mais on est de toute fa?on pi?g?, oblig? de se mesurer ? lui, ? son pouvoir. Contre l’extr?me richesse, les grands principes sonnent faux, et le combat politique se fracasse contre le seul principe qui reste, celui de r?alit?. Et le nerf de la r?alit?, c’est bien entendu l’argent."

L'avortement, tabou des s?ries am?ricaines ?
La grossesse non d?sir?e est une des obsessions des s?ries am?ricaines, qui l’abordent souvent d’un point de vue pro-life. Une th?matique si r?currente qu’elle en devient inqui?tante, pour Les Inrocks.com, qui livrent une analyse fouill?e du ph?nom?ne (que l'on compl?tera ? un article de Vodkaster consacr? ?… "L'avortement, ultime tabou d'Hollywood."). "Pourquoi ce sujet reste-il tr?s touchy, alors que les s?ries se lib?ralisent de plus en plus, n’h?sitant souvent plus ? aborder, par exemple, le th?me de l’homosexualit? (de Sex and The City ? Dawson, de Desperate Housewives ? Pretty Little Liars et Gossip Girl) ? Pour Ariane Hudelet, ma?tre de conf?rences ? l’universit? Paris 7-Denis Diderot, le conservatisme de la soci?t? am?ricaine se cristallise autour du tabou de l’avortement : “L’avortement est la grosse limite des s?ries, ce qui t?moigne d’un probl?me dans la soci?t? am?ricaine. C’est un sujet de tension extr?me aux Etats-Unis, plus que l’homosexualit?.
Il n'est pas besoin d'?tre grand clerc pour d?celer dans ce tabou le poids d?terminant de la religion, ce qui fait bien ?videmment ?cho au nouveau programme d'Histoire de Terminale L-ES (Religion et soci?t? aux ?tats-Unis depuis les ann?es 1890).

Apprends le syst?me judiciaire fran?ais avec Engrenages !
La justice fran?aise, c'est pas comme ? la t?l?. Pas comme dans les s?ries am?ricaines en tout cas. Mais la s?rie Engrenages, qui en est ? sa quatri?me saison sur Canal +, a pris d?s le d?part le parti du r?alisme hexagonal. Slate.fr analyse les innombrables diff?rences de proc?dures, d'organisation, et de philosophie judicaire entre syst?me accusatoire et syst?me inquisitoire, entre ?tats-Unis et France, dans une s?rie d'articles ludiques et p?dagogiques :"L'avocat n'est pas enqu?teur", "Pourquoi il n'existe pas seulement un procureur, mais aussi un juge d'instruction", "Pourquoi les officiers de la PJ ne sont pas des "Experts" ? la fran?aise", etc.

… Camille recal?e
Le nouveau film de No?mie Lvovsky a ?t? quasi unanimement salu? par la presse fran?aise. Le Caf? p?dagogique, lui, n'a pas aim?, et le fait savoir dans un billet de Jean-Michel Baut. Il voit dans le film une "le?on de r?signation", une "d?solante morale fataliste" l? o? notre site avait vu "l'acquiescement nietzsch?en ? la vie".

Posté dans Sur le web par le 28.09.12 à 16:00 - Réagir

Revue de web # 2 : Tavernier et l'histoire, Le Havre au cin?ma, Hunger games?

> Ville de cin?ma, Le Havre a ?t? mise particuli?rement ? l'honneur ces deux derniers ann?es : par Mathieu Amalric (Tourn?e), Dominique Abel et Fiona Gordon (La F?e), Lucas Belvaux (le r?cent 38 t?moins) et bien ?videmment Aki Kaurism?ki, qui a intitul? son dernier film… Le Havre. Le Courrier International publie le reportage d'un compatriote de Kaurism?ki et Culturebox (francetv) revient en images sur les films tourn?s dans la ville, et interroge (bri?vement) le maire sur les raisons de l'attrait qu'elle exerce sur les cin?astes : "Ici, [la lumi?re] est r?ellement exceptionnelle. c'est elle qui a attir? les premiers peintres impressionnistes. La premi?re toile du genre, "Impression, soleil levant", de Claude Monet, a ?t? peinte au Havre. C'est notamment? la situation particuli?re, en estuaire, qui apporte cette caract?ristique pris?e des artistes comme Boudin, Monet ou Pisaro. Ensuite, la ville forme un d?cor fort. Il y a d'abord la zone portuaire, cette architecture typique des ann?es cinquante."

> La 7?me ?dition du festival du film d'histoire de Compi?gne s'est tenue du 7 au 12 novembre 2011 sur le th?me de la dr?le de guerre. Certaines tables rondes et interviews ont ?t? capt?es par le CNDP, qui les propose sur le site de l'Acad?mie d'Amiens : l'historien Laurent Veray et le r?alisateur Bertrand Tavernier ?changent sur "Le jeu de l'acteur et la mise en sc?ne de la violence en temps de guerre, ? partir de l'exemple du film Capitaine Conan (1996)" ; sur le mode plus intime de l'interview, le r?alisateur de La Princesse de Montpensier revient ?galement sur sa passion de l'histoire. Toujours passionnant, il revient aux sources de sa passion de "r?ver en images sur le pass?", cite Les Ch?timents de Victor Hugo (L'expiation), ?voque son amour des westerns de John Ford, parle du moment il faut "renvoyer le mod?le ? la maison" (Manet) autrement dit se d?tacher de la documentation historique…

> Tir? d'un best-seller de la litt?rature pour la jeunesse, Hunger games est la nouvelle saga qui ?lectrise le public adolescent. Slate.fr consacre pas moins de trois articles au film et ? Panem, l'effrayante contre-utopie (ou dystopie) qui sert de d?cor au film. Le site revient notamment sur L'?conomie de Hunger Games : "Un vrai pays pourrait-il fonctionner selon le mod?le ?conomique de Panem, la nation fictive du livre et du film Hunger Games ?"

> En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy ne jurait que par le cin?ma am?ricain. Depuis, le pr?sident a d?couvert Pasolini et Dreyer et lanc? Cin?lyc?e.fr. Lesinrocks.com s'interrogent sur la cin?philie des hommes politiques

Posté dans Sur le web par le 06.04.12 à 17:42 - Réagir

Culturelyc?e prolonge Cin?lyc

Culturelyc?e.fr

Cinelycee est mort, vive Culturelyc?e ! Un an et demi apr?s la cr?ation de la plateforme de grands classiques du cin?ma destin?e aux lyc?ens, les Minist?res de la Culture et de l'?ducation ont lanc? sa petite sœur g?n?raliste. L'id?e est de permettre aux lyc?ens d'acc?der, au sein m?me de leur ?tablissement, "aux chefs d'œuvre du r?pertoire artistique : th??tre, danse, musique, op?ra, arts plastiques, patrimoine", par le biais de l'image enregistr?e : mani?re de lutter contre les in?galit?s structurelles dans l'acc?s aux œuvres du spectacle vivant. Captations de spectacles vivants (pi?ces de th??tre, op?ras, ballets) ou documentaires t?l?visuels (sur des peintres ou des mouvements artistiques), c'est une soixantaine de vid?os qui s'ajoutent au cent-soixante films environ de la plateforme. Le choix est ?clectique, et puise dans le meilleur de la cr?ation contemporaine (notamment dans le choix des mises en sc?ne de th??tre, puisque les textes sont toujours des classiques : Irina Brook, Christian Schiaretti, Ariane Mnouchkine). Les œuvres b?n?ficieront d'un accompagnement p?dagogique.
D?j? partenaire de Cin?lyc?e, Z?rodeconduite.net l'est d?sormais de Culturelyc?e, et proposera chaque mois cycles th?matiques (les trois premiers dossiers Culturelyc?e : Femmes fatales, L'Italie, Ma?tre et valet) et interviews d'acteurs du monde de la culture.

www.culturelycee.fr

Posté dans Sur le web par le 22.03.12 à 17:10 - Réagir

La Guerre d'Alg?rie vue par les films fran?ais de propagande

Quelles images nous reste-t-il de la Guerre d’Alg?rie ?
F?rocement censur? pendant toute la dur?e des ? ?v?nements ?, le cin?ma de fiction s’est efforc?, lors des d?cennies suivantes (avec une remarquable acc?l?ration ces derni?res ann?es : La Trahison, L’Ennemi intime, Mon colonel, Hors-la-loi…), d’en construire une repr?sentation cr?dible et diversifi?e… A l’occasion du cinquanti?me anniversaire des accords d’Evian, Curiosphere.tv nous rappelle qu’avant ces images il y en eut d’autres, qui nous sont aujourd’hui beaucoup moins famili?res, mais qui constitu?rent les premi?res (et ? l’?poque les seules) ? visions ? de ce que l’on n’appelait pas la Guerre d’Alg?rie.
En partenariat avec l’ECPAD (fonds audiovisuel du minist?re de la D?fense) le site ?ducatif de France T?l?visions a puis? dans le stock des films de propagande tourn?s par l’arm?e de 1954 ? 1962, pour proposer un choix repr?sentatif de cinq courts-m?trages. Il a surtout demand? ? un des meilleurs sp?cialistes de la question, l’historien S?bastien Denis (auteur de l'ouvrage Le cin?ma et la guerre d’Alg?rie, La Propagande ? l’?cran, voir ce compte-rendu des Clionautes) d’accompagner ces extraits par des fiches p?dagogiques. Analysant successivement, le fond (mise en valeur de l’œuvre colonisatrice de la France en g?n?ral, et du travail de ? pacification ? de l’arm?e en particulier) et la forme (d’une relative pauvret?, les images se contentant souvent d’illustrer la langue de bois du discours officiel) des courts-m?trages, l’historien en pr?cise ?galement la p?riode de production et de diffusion (apr?s l’arriv?e du g?n?ral de Gaulle, le ton change, on pr?pare les esprits au r?f?rendum et ? la future ind?pendance), les conditions d’?nonciation, le public vis?.
Autant de mises au point utiles pour comprendre et pr?senter aux ?l?ves ces ? documenteurs ? qui s’attachent non ? d?crire mais ? maquiller ou fabriquer de toutes pi?ces la r?alit?, pr?sentant un ? pays au travail et heureux [qui] continue son essor vers le progr?s. ? (K?pi bleu), une arm?e qui ne fait pas la guerre mais s’efforce de ? rallier les ?mes et les cœurs ? (Amiti? franco-musulmane), etc… L’enseignant pourra tirer grand profit de ces remarquables documents. Le plus int?ressant serait ?videmment de confronter cette image idyllique de la ? pacification ? ? celles que donne un film de fiction, tourn? pr?s de cinquante ans apr?s les faits, La Trahison de Philippe Faucon (qui ? partir du t?moignage d’un ancien appel?, raconte le quotidien d’une section au contact des populations). Du reportage ou de la fiction, quelles sont les images les plus justes ? L'occasion est belle d'ouvrir une r?flexion sur le statut des images.
En compl?ment, Curiosphere.tv propose d'autres contenus li?s ? la Guerre d'Alg?rie, dont une fresque chronologique de la Guerre d’Alg?rie, et une s?rie de vid?os documentaires sur la torture.

Le dossier "Guerre d'Alg?rie" sur Curiosphere.tv

Posté dans Sur le web par le 17.03.12 à 00:06 - 1 commentaire

Revue de web : Thatcher, Faucon, Amador?

> A la diff?rence de ses films pr?c?dents, La D?sint?gration de Philippe Faucon ne nous a pas convaincus (voir notre article : "La D?sint?gration : radical"). Sur T?l?rama.fr, le r?alisateur de La Trahison explique et d?fend ses choix avec acuit?, ? travers trois extraits comment?s :
"Le constat d'Ali est partag? par nombre de jeunes des cit?s : ils ont le sentiment que l'?cole est un leurre, une voie de garage, m?me quand ils s'impliquent fortement dans leurs ?tudes. Des enqu?tes statistiques l'ont prouv? : ? dipl?me ?gal, des ?l?ves d'origine maghr?bine ou africaine ont sept fois plus de difficult?s que les autres ? trouver un stage et d?crocher un travail apr?s leurs ?tudes. La D?sint?gration veut parler du pr?sent sans manich?isme ou simplification avec une histoire et des vrais personnages dans leur complexit? et leurs contradictions. Il fallait donner corps et chair ? une r?alit? que l'on conna?t surtout d'une mani?re abstraite gr?ce aux chiffres et aux enqu?tes. Le film montre qu'un discours radical peut prosp?rer quand r?gne un sentiment d'exclusion, d'abandon, de vide."

> Nous citions son ouvrage R?ves de droite ? propos du film La Dame de fer, qui a valu ? Meryl Streep un Oscar attendu (voir notre article : "La Dame de fer : politique du roi Lear"). Sur le blog culture du Monde Diplomatique, elle revient in extenso sur le film de de Phyllida Lloyd ("La Dame de fer", ou la petite histoire pour r??crire la grande" : "Le parcours de Margaret Thatcher, fille d’un petit ?picier de Grantham, mais aussi seule femme dans un monde politique uniform?ment masculin — ah ! la cin?g?nie de ce tailleur pervenche au milieu d’une nu?e de costumes sombres... —, correspond ? merveille au sch?ma de ces success stories dont le cin?ma raffole, et qu’il produit ? jet continu dans une sorte de r?flexe narratif machinal. Les personnages bienveillants qui entourent l’h?ro?ne (son p?re, son mari, ses mentors du Parti conservateur) et qui croient en elle l’adjurent, comme il se doit, de "rester toujours fid?le ? elle-m?me", et autres maximes creuses tout droit sorties d’un manuel de d?veloppement personnel. Dans la s?quence o? la d?put?e fra?chement ?lue se met en route pour le Parlement, l’ombre du prestigieux b?timent semble ?craser sa petite voiture o? tra?nent, p?le-m?le, un tube de rouge ? l?vres et les jouets de ses enfants — mani?re de tabler encore sur la complicit? avec le public f?minin : elle aussi, elle est une m?re qui travaille. Comment ne pas souhaiter la victoire de cette obscure et m?ritante jeune femme que tout le monde traite de haut en raison de son sexe et de sa basse extraction sociale ? Comment ne pas frissonner avec elle lorsque, apr?s sa victoire aux ?lections, la fille d’?picier pousse pour la premi?re fois la porte du 10 Downing Street ?? Faisant ses premiers pas lors d’une r?union locale du Parti conservateur, celle qui s’appelle encore Margaret Roberts vante l’excellente pr?paration aux responsabilit?s politiques que lui aurait donn?e son enfance modeste : "Comme l’homme ou la femme de la rue, je sais que, lorsque j’ai trop d?pens? une semaine, je dois faire des ?conomies la semaine suivante." On retrouve ici la sempiternelle et fallacieuse comparaison entre les finances d’un Etat et celles d’un foyer. (…)".

> Le site Cin?langues propose un copieux dossier p?dagogique (pdf) destin? aux enseignants d'Espagnol autour d'Amador (au cin?ma depuis le 15/02) le nouveau film de Fernando Le?n de Aranoa (Les Lundis au soleil), qui raconte la relation entre un vieil homme et une jeune femme immigr?e engag?e pour s'occuper de lui. La premi?re partie est une pr?sentation g?n?rale du film en fran?ais, la seconde, en espagnol (Cuaderno de cine), propose "une r?flexion progressive sur le film par le biais de photogrammes et d'extraits de dialogues".

Posté dans Sur le web par le 07.03.12 à 16:31 - Réagir

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