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Sur le web : Vieux films et bonnes ressources (70 articles)

Retour en Flandres

Alors que le film continue sa carri?re sur les ?crans, on signalera, en compl?ment ? notre s?ance p?dagogique, l'article de Philippe Leclercq pour les Actualit?s pour la classe du CNDP. Il y analyse "l'animalit? des hommes" et voit dans le film une "parabole de l'humanit? retrouv?e". Il consacre ?galement quelques beaux d?veloppements au langage cin?matographique de Bruno Dumont, mettant en avant son "esth?tique de l'?pure" :
"Tr?s limit?e, l’expression verbale des protagonistes se r?duit ? deux fonctions du langage : r?f?rentielle (le locuteur d?crit la r?alit? avec des informations objectives) et phatique (le locuteur ne dit rien que de tr?s banal pour entretenir le contact). La dynamique gestuelle est ?galement tr?s pauvre : les personnages sont souvent film?s ? l’arr?t, comme en attente. De l’instant suivant ? De la mort ? Situation absurde qui nous ?voque l’attente des deux c?l?bres clochards existentiels, Vladimir et Estragon, d’En attendant Godot de Samuel Beckett (autre univers caract?ris? par une immense pauvret? morale)."

Posté dans Sur le web par le 19.09.08 à 18:47 - Réagir

L'Ennemi intime : le site p?dagogique

Le voil?-t-il enfin, ce fameux "grand film sur la Guerre d’Alg?rie" que le cin?ma fran?ais est cens? attendre depuis 1962, qui r?concilierait les historiens et le grand public, la France avec sa "guerre sans nom" ? Peut-?tre, mais pas seulement : L’Ennemi intime (le 3 octobre dans les salles) est ?galement un grand film de guerre et sur la guerre, qui donne ? ses personnages et aux ?v?nements qu’il d?crit une r?sonance universelle, s’approchant des grandes r?ussites am?ricaines du genre (Christian Bonrepaux dans le Cin?classe de septembre invoque le colonel Kurz d’Apocalypse now).
C’est pourquoi le dossier que Z?rodeconduite.net lui consacre sur le site p?dagogique L’Ennemi intime m?le trois regards : celui de l’historien, celui du cin?phile, celui du philosophe. La premi?re partie ("Un film d’histoire") replace ainsi les personnages et les ?v?nements du film dans le contexte historique (Kabylie, 1959) du Plan Challe, au paroxysme de la Guerre d’Alg?rie. Mais elle ?tudie ?galement la fa?on dont le sc?nariste Patrick Rotman replace le film dans le "temps long" de la d?colonisation, et donne ? comprendre la guerre aux spectateurs de 2007.
La seconde partie ("Un film de guerre") rappelle que le film s’inscrit dans un genre balis? et codifi?, celui du film de guerre, qui m?le le spectacle de la violence ? sa d?nonciation morale. Enfin la derni?re partie ("Comprendre la barbarie") ouvre le dossier noir de la sale guerre : quelle a ?t? l’ampleur des actes de torture et autres crimes de guerre ? comment des hommes ordinaires comme Terrien ont-ils pu basculer dans une telle violence ? peut-on quantifier l’ampleur des refus et r?sistances au sein m?me de l’arm?e ? Et puisque l’Histoire, si elle permet de d?gager des circonstances, des processus, ne r?sout pas la question des choix individuels, le dossier interrogera le film ? la lumi?re des philosophes qui ont trait? ces questions de la violence et de sa repr?sentation.

Posté dans Sur le web par le 18.09.08 à 22:42 - 3 commentaires

Les d?mocraties et le grand m?chant loup

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C’est la rentr?e sur le toujours passionnant Cinehig. Parmi les nouvelles ressources mise en ligne, on signalera une ?tude sur Mon oncle de Jacques Tati (dans le cadre du chapitre "Economie, soci?t? et culture en France" du programme de Terminale) qui s’ajoute au mat?riel d?j? pr?sent? ici.
Mais on recommande surtout le passionnant travail propos? autour du dessin anim? Blitz Wolf de Tex Avery (1942), parodie antinazie de l’histoire des trois petits cochons. Dans l’esprit des analyses de Marc Ferro, Vincent Marie et Jean-Pierre Meyniac ?tudient le film (une fiche professeur et une fiche ?l?ve sont propos?es ? chaque fois, avec questionnaire et corrig?) comme une œuvre de propagande "technique qui n’est pas r?serv?e aux r?gimes totalitaires mais a ?t? largement utilis?e par les d?mocraties en guerre".
La proposition p?dagogique est d?j? all?chante (originalit?, bri?vet? de l’œuvre, pertinence contextuelle, sans oublier… le talent de Tex Avery) mais les deux auteurs ne s’arr?tent pas l? et proposent des prolongements passionnants : sur la repr?sentation "animali?re" de la Seconde Guerre Mondiale (en comparant les animaux d'Avery avec ceux du caricaturiste Calvo, auteur de La B?te est morte, et ceux, bien post?rieurs, d’Art Spiegelman dans Maus), et sur la pol?mique provoqu?e par la censure des dessins anim?s de Tex Avery par Warner lors de la r??dition DVD, d?notant une inqui?tante aseptisation de la m?moire.


Posté dans Sur le web par le 12.09.08 à 13:42 - 3 commentaires

I want to live in america !

"Il n?est pas facile de faire le compte rendu d?un film sorti sur les ?crans il y a presque un demi-si?cle" annonce Alain Musset ? propos de West Side Story sur le site des Caf?s G?ographiques. Il s?en tire pourtant fort bien, ravivant notre curiosit? pour le classique mis en pas par Jerome Robbins, en musique par Leonard Bernstein et en sc?ne par Robert Wise, et qui ressort dans quelques salles en France cet ?t? (notamment ? Paris dans le superbe ?crin du Max Linder Panorama).
Il faut dire qu?Alain Musset est sp?cialiste de l?am?nagement urbain et des repr?sentations de l?espace (on avait cit? ici son travail sur une "g?ographie de Star Wars") : il est donc bien plac? pour analyser une com?die musicale jug?e r?volutionnaire ? l??poque pour son appropriation d?un espace r?el ("Pour mieux saisir l?atmosph?re du West Side de Manhattan, une partie du tournage a ?t? effectu?e dans le quartier (68e et 110e rues), notamment la s?quence dans?e d?ouverture o? l?on voit les Sharks et les Jets se d?fier sur un terrain de jeu ferm? par des grillages m?talliques.") et des tensions sociales et ethniques qui l?agitaient ("En s?inspirant d?une r?alit? sociologique qui commence ? pr?occuper les autorit?s, West Side Story torpille le mythe du melting pot am?ricain."). Il montre ainsi que dans la mise en sc?ne de Robert Wise (et m?me le magnifique g?n?rique de Saul Bass) les rues de New York ne sont plus seulement un d?cor, mais un acteur ? part enti?re du drame.
On consultera aussi la jolie fiche mise en ligne par Renaud Weisse sur Cinehig, Images et r?alit?s du mod?le am?ricain dans West Side Story qui analyse avec beaucoup de pertinence et de pr?cision la chanson America, qui "donne une image assez fid?le de la mani?re avec laquelle le mod?le am?ricain est per?u par les nombreux immigrants qui peuplent les Etats-Unis au cours des ann?es 1950."

Posté dans Sur le web par le 02.08.08 à 18:00 - 11 commentaires

Le Cauchemar de Darwin : suite et fin ?

Apr?s avoir occup? l’actualit? pendant plus d’un an (), le d?bat autour du Cauchemar de Darwin d’Hubert Sauper semble avoir fait long feu. Enfin ! serait-on tent? de dire tant la pol?mique engendr?e par l’article incendiaire de l’historien du cin?ma Fran?ois Gar?on dans les Temps Modernes (cf notre article : C?sar et pol?miques) semblait tourner en rond, chaque partie campant obstin?ment sur ses positions (Hubert Sauper est un manipulateur cynique qui b?tit son succ?s sur des contre-v?rit?s/Fran?ois Gar?on est un pisse froid qui ne conna?t rien au cin?ma ni ? l’Afrique). En t?moigne ce d?bat un peu poussif lors de l’Emission Arr?ts sur Images (visionnable sur le site) il y a un mois entre Fran?ois Gar?on et… le sociologue Ren? Segbenou (Hubert Sauper ayant d?clin? l’invitation).
Il faudra un jour se pencher sur l’extraordinaire et inattendue fortune publique et m?diatique de ce documentaire :
— Pour ce qu’elle d?note du "sanglot de l’homme blanc", cette mauvaise conscience post-coloniale qu’avait analys? Pascal Bruckner. Le succ?s du Cauchemar de Darwin, compar? ? la lassitude et ? l’indiff?rence habituelles des opinions occidentales envers les trag?dies africaines, ne vient-il pas du fait que le film avait l’habilet? d’interpeller directement nos estomacs ? (cf cette image de l’arr?te qui reste en travers de la gorge du spectateur, cf les surr?alistes campagnes de boycott)
— Parce qu’elle permet de dresser une sorte d’esth?tique de la r?ception du cin?ma documentaire. Celui-ci se revendiquant par d?finition du "r?el" (c’est le nom d’un des plus vieux festivals du documentaire), comment expliquer au spectateur qu’il ne faut pas prendre tout ce qu’il voit pour argent comptant, qu’il faut lire le film (c’?tait un des arguments employ?s par Sauper pour sa d?fense) comme une "m?taphore" ?
En attendant, saluons une des premi?res didactisations autour du film, celle de Vincent Marie (par ailleurs autour d’un remarquable travail sur le cin?ma africain, nous y reviendrons) pour les Cinehig, qui donne quelques pistes d’exploitation du film en classe : "D?s sa sortie dans les salles, Le cauchemar de Darwin a soulev? une vive pol?mique dans les m?dias fran?ais. Il est alors l?gitime que le p?dagogue puisse s’interroger sur l’utilisation d’un tel film dans les classes. Dans cette perspective, il s’agit avant tout de prendre des distances par rapport aux premi?res impressions des ?l?ves puis de les d?crypter par une recherche d’informations. Par ailleurs, nous pouvons aussi nous interroger avec nos ?l?ves sur les techniques de communications cin?matographiques utilis?es par Hubert Sauper pour nous transmettre ce sentiment de malaise. En cons?quence travailler sur la notion de point de vue est int?ressant ? plus d’un titre. Cela permet, en contextualisant le film dans les rapports Nords-Suds de dresser une pr?sentation des disparit?s ?conomiques et des contrastes de d?veloppement du monde actuel."
On renverra ?galement, pour une vision ? peu pr?s compl?te du dossier, au "cybervoyage" offert en compl?ment de l'?mission cit?e sur le site d'Arr?ts sur images et qui recense en deux parties toutes les ressources internet : Mauvais r?ve ou mauvais film ? / Quand les internautes mitonnent un boycott.

Posté dans Sur le web par le 24.06.08 à 13:58 - 4 commentaires

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