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Sur le web : Vieux films et bonnes ressources (68 articles)

Les d?mocraties et le grand m?chant loup

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C’est la rentr?e sur le toujours passionnant Cinehig. Parmi les nouvelles ressources mise en ligne, on signalera une ?tude sur Mon oncle de Jacques Tati (dans le cadre du chapitre "Economie, soci?t? et culture en France" du programme de Terminale) qui s’ajoute au mat?riel d?j? pr?sent? ici.
Mais on recommande surtout le passionnant travail propos? autour du dessin anim? Blitz Wolf de Tex Avery (1942), parodie antinazie de l’histoire des trois petits cochons. Dans l’esprit des analyses de Marc Ferro, Vincent Marie et Jean-Pierre Meyniac ?tudient le film (une fiche professeur et une fiche ?l?ve sont propos?es ? chaque fois, avec questionnaire et corrig?) comme une œuvre de propagande "technique qui n’est pas r?serv?e aux r?gimes totalitaires mais a ?t? largement utilis?e par les d?mocraties en guerre".
La proposition p?dagogique est d?j? all?chante (originalit?, bri?vet? de l’œuvre, pertinence contextuelle, sans oublier… le talent de Tex Avery) mais les deux auteurs ne s’arr?tent pas l? et proposent des prolongements passionnants : sur la repr?sentation "animali?re" de la Seconde Guerre Mondiale (en comparant les animaux d'Avery avec ceux du caricaturiste Calvo, auteur de La B?te est morte, et ceux, bien post?rieurs, d’Art Spiegelman dans Maus), et sur la pol?mique provoqu?e par la censure des dessins anim?s de Tex Avery par Warner lors de la r??dition DVD, d?notant une inqui?tante aseptisation de la m?moire.


Posté dans Sur le web par le 12.09.08 à 13:42 - 3 commentaires

I want to live in america !

"Il n?est pas facile de faire le compte rendu d?un film sorti sur les ?crans il y a presque un demi-si?cle" annonce Alain Musset ? propos de West Side Story sur le site des Caf?s G?ographiques. Il s?en tire pourtant fort bien, ravivant notre curiosit? pour le classique mis en pas par Jerome Robbins, en musique par Leonard Bernstein et en sc?ne par Robert Wise, et qui ressort dans quelques salles en France cet ?t? (notamment ? Paris dans le superbe ?crin du Max Linder Panorama).
Il faut dire qu?Alain Musset est sp?cialiste de l?am?nagement urbain et des repr?sentations de l?espace (on avait cit? ici son travail sur une "g?ographie de Star Wars") : il est donc bien plac? pour analyser une com?die musicale jug?e r?volutionnaire ? l??poque pour son appropriation d?un espace r?el ("Pour mieux saisir l?atmosph?re du West Side de Manhattan, une partie du tournage a ?t? effectu?e dans le quartier (68e et 110e rues), notamment la s?quence dans?e d?ouverture o? l?on voit les Sharks et les Jets se d?fier sur un terrain de jeu ferm? par des grillages m?talliques.") et des tensions sociales et ethniques qui l?agitaient ("En s?inspirant d?une r?alit? sociologique qui commence ? pr?occuper les autorit?s, West Side Story torpille le mythe du melting pot am?ricain."). Il montre ainsi que dans la mise en sc?ne de Robert Wise (et m?me le magnifique g?n?rique de Saul Bass) les rues de New York ne sont plus seulement un d?cor, mais un acteur ? part enti?re du drame.
On consultera aussi la jolie fiche mise en ligne par Renaud Weisse sur Cinehig, Images et r?alit?s du mod?le am?ricain dans West Side Story qui analyse avec beaucoup de pertinence et de pr?cision la chanson America, qui "donne une image assez fid?le de la mani?re avec laquelle le mod?le am?ricain est per?u par les nombreux immigrants qui peuplent les Etats-Unis au cours des ann?es 1950."

Posté dans Sur le web par le 02.08.08 à 18:00 - 11 commentaires

Le Cauchemar de Darwin : suite et fin ?

Apr?s avoir occup? l’actualit? pendant plus d’un an (), le d?bat autour du Cauchemar de Darwin d’Hubert Sauper semble avoir fait long feu. Enfin ! serait-on tent? de dire tant la pol?mique engendr?e par l’article incendiaire de l’historien du cin?ma Fran?ois Gar?on dans les Temps Modernes (cf notre article : C?sar et pol?miques) semblait tourner en rond, chaque partie campant obstin?ment sur ses positions (Hubert Sauper est un manipulateur cynique qui b?tit son succ?s sur des contre-v?rit?s/Fran?ois Gar?on est un pisse froid qui ne conna?t rien au cin?ma ni ? l’Afrique). En t?moigne ce d?bat un peu poussif lors de l’Emission Arr?ts sur Images (visionnable sur le site) il y a un mois entre Fran?ois Gar?on et… le sociologue Ren? Segbenou (Hubert Sauper ayant d?clin? l’invitation).
Il faudra un jour se pencher sur l’extraordinaire et inattendue fortune publique et m?diatique de ce documentaire :
— Pour ce qu’elle d?note du "sanglot de l’homme blanc", cette mauvaise conscience post-coloniale qu’avait analys? Pascal Bruckner. Le succ?s du Cauchemar de Darwin, compar? ? la lassitude et ? l’indiff?rence habituelles des opinions occidentales envers les trag?dies africaines, ne vient-il pas du fait que le film avait l’habilet? d’interpeller directement nos estomacs ? (cf cette image de l’arr?te qui reste en travers de la gorge du spectateur, cf les surr?alistes campagnes de boycott)
— Parce qu’elle permet de dresser une sorte d’esth?tique de la r?ception du cin?ma documentaire. Celui-ci se revendiquant par d?finition du "r?el" (c’est le nom d’un des plus vieux festivals du documentaire), comment expliquer au spectateur qu’il ne faut pas prendre tout ce qu’il voit pour argent comptant, qu’il faut lire le film (c’?tait un des arguments employ?s par Sauper pour sa d?fense) comme une "m?taphore" ?
En attendant, saluons une des premi?res didactisations autour du film, celle de Vincent Marie (par ailleurs autour d’un remarquable travail sur le cin?ma africain, nous y reviendrons) pour les Cinehig, qui donne quelques pistes d’exploitation du film en classe : "D?s sa sortie dans les salles, Le cauchemar de Darwin a soulev? une vive pol?mique dans les m?dias fran?ais. Il est alors l?gitime que le p?dagogue puisse s’interroger sur l’utilisation d’un tel film dans les classes. Dans cette perspective, il s’agit avant tout de prendre des distances par rapport aux premi?res impressions des ?l?ves puis de les d?crypter par une recherche d’informations. Par ailleurs, nous pouvons aussi nous interroger avec nos ?l?ves sur les techniques de communications cin?matographiques utilis?es par Hubert Sauper pour nous transmettre ce sentiment de malaise. En cons?quence travailler sur la notion de point de vue est int?ressant ? plus d’un titre. Cela permet, en contextualisant le film dans les rapports Nords-Suds de dresser une pr?sentation des disparit?s ?conomiques et des contrastes de d?veloppement du monde actuel."
On renverra ?galement, pour une vision ? peu pr?s compl?te du dossier, au "cybervoyage" offert en compl?ment de l'?mission cit?e sur le site d'Arr?ts sur images et qui recense en deux parties toutes les ressources internet : Mauvais r?ve ou mauvais film ? / Quand les internautes mitonnent un boycott.

Posté dans Sur le web par le 24.06.08 à 13:58 - 4 commentaires

Qui peut contrer le plombier polonais ?



photo_auberge.jpg Huit ?tudiants Erasmus, pardi. Rappelez-vous : il y a trois ans un film montrant la construction europ?enne d’un point de vue positif et vivant remportait un immense succ?s en France. L’auberge espagnole (dont la suite, Les Poup?es russes, plaisante mais plus conventionnelle, est sortie mercredi) meilleur attach? de presse de l’Europe, comme le pensait l’ex-ministre Michel Barnier ? En tout cas un bon moyen pour l’aborder avec les ?l?ves, en classe d’Espagnol (voir un travail tr?s complet —exploitation culturelle et linguistique— sur une s?quence de deux minutes), ou de G?ographie (encore une fois sur l’incontournable site Cinehig), au coll?ge (4?me) et au lyc?e (1?re ES).
Cette derni?re fiche, bien construite et tr?s d?taill?e, a en outre le grand int?r?t de reproduire en document d’accompagnement un texte du g?ographe Jacques Levy qui analyse la double all?gorie du film : ? la diversit? de l’Europe comme expression de celle de l’individu, la construction europ?enne comme image de la construction de la personnalit?. ?
On ne r?sistera pas ? l’envie de citer un passage assez riche d’?chos avec le r?cent d?bat du r?f?rendum :
? Film diffusant une image positive de la soci?t? europ?enne en ?mergence et de l’auto-construction de soi, L’auberge espagnole a sans doute eu le d?faut de pr?senter une vision du monde plut?t optimiste sous ces deux aspects, ce qui on le sait, est antinomique avec la posture eschatologique de l’intellectuel, posture qui ne peut ?tre abandonn?e sans risquer de perdre son capital politique lui assurant une l?gitimit? aupr?s de classes populaires dont nul ne peut ignorer qu’elles sont projet?es par les porteurs de capital ?conomique dans une mis?re toujours plus profonde. ?


Posté dans Sur le web par le 17.06.08 à 19:30 - 5 commentaires

Le cin?ma en classe d'espagnol

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Mis en ligne par le caf? p?dagogique, l'excellent dossier sur l'utilisation de la vid?o en classe d'espagnol fait ?videmment une large part au cin?ma (? compl?ter par un dossier ant?rieur, dans le N? 16 du Caf? p?dagogique). Il recense notamment les plus fournis des sites p?dagogiques acad?miques sur le sujet (Montpellier, Aix-Marseille), et ne se limite pas ? un inventaire des ressources, puisqu'il aborde aussi bien les questions pratiques de droit, de disponibilit? des œuvres, etc.
On ajoutera pour notre part au panier le site am?ricain Cinergia, anim? par des enseignants et ?tudiants en espagnol (et r?dig? dans les deux langues).
Deux constatations s'imposent ? parcourir ces liens :
1/ la richesse des ressources sur le cin?ma espagnol a pour pendant leur extr?me dispersion.
2/ sauf exception (lorsque par exemple le distributeur met en ligne lui-m?me un dossier p?dagogique, comme pour Mon ami Machuca d'Andres Wood) les ressources apparaissent g?n?ralement des mois apr?s la sortie d'un film, quand sa carri?re est derri?re lui et qu'il est difficile de le visionner en salles.
C'est pourquoi on suivra de pr?s l'initiative Cin?langues propos?e par le cin?ma parisien Le Latina : en plus d'une programmation sp?cifique et d'un accompagnement pour les classes d'Ile de France, le site offre chaque semaine un point de vue p?dagogique (permettant aux enseignants de cibler les th?matiques et le public) sur les sortie "latines".
Ainsi cette semaine on saura que B-Happy de Gonzalo Justiniano (photo) "pourra susciter des d?bats int?ressants en classe, tant sur le contenu (vision sociale du Chili, destin individuel et histoire familiale, "positive attitude" etc) que sur la narration cin?matographique (fondus au noir, ellipses, "diapositives" filmiques) ", et que Buenos Aires 100 km de Pablo Joses Meza "permettra ? des lyc?ens une r?flexion sur le th?me de l’adolescence dont ils ne sont pas tr?s loin… Il offre aussi une image r?aliste d’une Argentine rurale, fort ?loign?e d’une Argentine souvent uniquement assimil?e ? sa capitale."

Posté dans Sur le web par le 06.06.08 à 16:25 - Réagir

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