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Sur le web : Vieux films et bonnes ressources (84 articles)

Revue de web # 8 : l'esclavage, le f?minisme et la repr?sentation du sexe

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12 years a slave et la repr?sentation de l'esclavage

12 Years a Slave est-il ? l'esclavage ce que La Liste de Schindler ?tait ? la Shoah ? Dans un brillant article paru sur Slate.com et traduit en fran?ais, Peter Malamud Smith r?sume sa g?ne par rapport au dernier film de Steve Mc Queen : il est certes miraculeux, m?me en 2014, qu'un r?alisateur noir soit parvenu ? r?aliser, avec les moyens d'Hollywood, un film montrant sans fard les violences de l'esclavage aux ?tats-Unis, et la promotion de 12 Years a slave en direction public le plus large a selon lui un caract?re "d'urgence morale". Mais le film de Steve Mc Queen n'?vite pas l'?cueil habituel du cin?ma am?ricain, ce besoin de "montrer l'individu comme plus grand que le syst?me, m?me quand celui-ci ?tait une machine ? broyer des millions d'hommes comme l'esclavage".
Le public am?ricain ne s'identifie qu'au success stories (un esclave tellement exceptionnel qu'il "s'en est sorti" chez Mc Queen, un vengeur noir r?glant son compte aux salauds blancs chez Tarantino), et c'est uniquement par ce prisme que Mc Queen parvient ? faire œuvre d'histoire.
"C’est ?a, plus que toute autre chose, qui d?signe 12 Years a Slave comme ?tant un film am?ricain. C’est un voyage au pays du d?sespoir, mais qui se dirige vers une destination toute diff?rente. Dans le divertissement am?ricain, l'intol?rable a ses limites.? Est-il m?me possible de r?aliser un film qui dise la v?rit? absolue sur l’esclavage? Qui dise que, Northup ou pas Northup, pendant deux abominables si?cles de l’histoire am?ricaine, l’individu n’a pas ?t? plus grand que l’institution? Nous pouvons supporter 12 Years A Slave, mais ne vous attendez pas ? voir bient?t 60 Years a Slave. Quant ? 200 Years, Millions of Slave, n'y pensez m?me pas."?

Les femmes et le test de Bechdel

La repr?sentation des femmes ?volue-t-elle dans le cin?ma hollywoodien ? A l'occasion des bilans de l'ann?e pr?c?dente et dans la perspective des prochains Oscars, Next.Liberation.fr fait le point sur le sujet : pour une Katniss Evergreen, l'h?ro?ne de Hunger Games - L'Embrasement (le plus gros succ?s du Box-office am?ricain en 2013), combien de femmes objets ou de faire-valoir du h?ros masculin ? "Quel que soit le volontarisme avec lequel on ?tudie les chiffres, les statistiques restent tout ? fait univoques quant au genre dominant la production cin?matographique am?ricaine ou mondiale. Si, dans l’ensemble, la repr?sentation des femmes ? des places de premier plan a r?cemment fait quelques progr?s, au fur et ? mesure que l’on s’approche du sommet de ces recensements, la disparit? s’accentue au profit des hommes, pour devenir une domination quasiment exclusive lorsqu’on ne consid?re que la cime.? Le cin?ma serait-il ? la tra?ne de la soci?t? ? Des d?cennies d’?veil, de prise de conscience et de gender studies n’ont-elles donc rien infus?, ou si peu, dans le bastion machiste hollywoodien ? Les gender studies, ?tudes des genres, sont une affaire d?j? ancienne aux Etats-Unis. Depuis les ann?es 70, les universitaires alimentent une gigantesque base de donn?es qui permet de constater qu’en mati?re de parit? il reste beaucoup ? faire, et pas seulement dans le milieu du cin?ma."
L'article rappelle le ludique test de Bechdel, qui en trois questions ("Ce film comporte-t-il au moins deux personnages f?minins identifiables par un nom ? Ces deux femmes se parlent-elles ? Se parlent-elles d’autre chose que d’un homme ?") permettant de tester le f?minisme d'un film. Un test simple, ludique, pratique, mais pas infaillible, puisque Gravity d'Alfonso Cuaron y ?choue lamentablement, alors qu'il a offert ? Sandra Bullock un des plus beaux r?les d'h?ro?nes de ces derni?res ann?es…

Comment fait-on l'amour au cin?ma ?

… ou plut?t comment le cin?ma repr?sente le sexe ? L'ann?e 2013 a ?t? marqu?e par deux films mettant en sc?ne des rapports sexuels explicites, La Vie d'Ad?le d'Abdellatif Kechiche et L'Inconnu du Lac d'Alain Guiraudie, suivis en ce d?but d'ann?e par le Nymph()maniac de Lars Von Trier.? Dans Le Monde, Thomas Sotinel revient sur une question qui a "travaill?" le septi?me art depuis ses origines, de mani?re d'abord souterraine (si l'on peut situer le premier baiser de cin?ma, le co?t a d? ?tre tourn? dans l'intimit? d'un bordel du d?but du si?cle) puis de plus en plus explicite.
Il montre comment l'avanc?e des mœurs se conjugue avec celles des technologies pour renouveler le d?bat : "En treize ans, le statut de l’imagerie ?rotique et pornographique a profond?ment chang?. Elle est maintenant ? port?e d’ordinateur ou de t?l?phone portable dans toute sa vari?t?, impliquant aussi bien des professionnels du sexe, des amateurs ou des c?l?brit?s (les sextapes, diffus?es ? l’insu ou du plein gr? des int?ress?s). […] Le moment de la lev?e du tabou semble d’autant plus proche que la technologie vient au secours de sa transgression. D’une part les proth?ses sont parvenues ? un r?alisme presque parfait. Utilis?es dans La Vie d’Ad?le ou dans Nymph()maniac, elles ?vitent aux acteurs de passer la fronti?re de l’accomplissement, tout en donnant l’illusion au spectateur d’avoir effectivement assist? ? cette transgression. Il en va de m?me de la modification num?rique des images, qui peut aussi servir ? rendre indistinguables le corps de la doublure et le visage de l’acteur. Comme l’explique Catherine Breillat, la probl?matique de la repr?sentation de l’acte sexuel oscille entre deux p?les, "les sc?nes d’amour simul?es o? tout le monde croit qu’il a vu et les sc?nes d’amour non simul?es o? tout le monde jure qu’il n’a rien vu"."

Posté dans Sur le web par le 05.02.14 à 11:55 - Réagir

R?ves d'or : Le site p?dagogique

Comme le pr?c?dent Sin nombre de Cary Fukunaga (2008), R?ves d'or retrace le parcours sem? d'emb?ches (contr?le aux fronti?res, racket des mafias ou de policiers corrompus) des migrants partant d'Am?rique centrale (Guatemala, Nicaragua, Honduras, sud du Mexique) pour gagner le lointain Eldorado nord-am?ricain… Mais le film de l'espagnol Diego Quemada-Diez le fait avec des accents de v?rit? et une puissance ?motionnelle in?dites, qui lui ont valu un prix d'interpr?tation collectif m?rit? au dernier Festival de Cannes (S?lection Un Certain Regard).

L'odyss?e de ces quatre jeunes h?ros (Juan, Sara, Samuel et Chauk, l'indien Tzotzil ne parlant pas un mot d'espagnol), serre le cœur, sans jamais que Diego Quemada-Diez ait besoin de forcer sur le pathos. Gageons qu'elle saura toucher des adolescents fran?ais, au moment o? ces probl?matiques migratoires (cf les morts en M?diterran?e) sont sous les feux de l'actualit?. Z?rodeconduite.net consacre un site p?dagogique au film, avec un dossier p?dagogique r?dig? par un enseignant d'espagnol.

R?ves d'or de Diego Quemada Diez, au cin?ma le 4 d?cembre
Le site p?dagogique du film : www.zerodeconduite.net/revesdor

Posté dans Sur le web par le 20.11.13 à 17:42 - Réagir

Comment j'ai d?test? les maths : le site p?dagogique

Mais pourquoi tant de haine ? Les mathématiques sont la seule discipline à propos de laquelle on n'a pas honte d'avouer sa nullité ou de revendiquer son aversion. Le documentaire d'Olivier Peyon commence par là, par ces témoignages d'adolescents qui déclarent "détester les maths" ou s'avouent "nuls" : c'est le fil d'abord ténu qu'il va tirer pour brosser un tableau beaucoup plus complexe, riche et intéressant de notre rapport intime aux mathématiques, et de la place qu'elles occupent, souvent à notre insu, dans le monde d'aujourd'hui.
Comment j'ai détesté les maths convoque pour ce faire historiens des sciences, psychologues (Anne Siéty, qui parle avec humour des blocages scolaires de certains) et économistes (dans la dernière partie du film, qui traite de l'importance des maths dans l'économie d'aujourd'hui). Mais le documentaire d'Olivier Peyon fait aussi et surtout parler les mathématiciens eux-mêmes (et pas des moindres : Cédric Villani, Robert Bryant…), qui nous font entrevoir un autre rapport à la discipline : passionné, chaleureux, habit…

Véritable défense et illustration de la discipline, Comment j'ai détesté les maths est destiné aux matheux et aux autres, et est à conseiller chaleureusement aux lycéens dès la Seconde… Zérodeconduite.net a consacré au film un site pédagogique.

Comment j'ai détesté les maths d'Olivier Peyon, le 27 novembre au cinéma

Le site pédagogique : www.zerodeconduite.net/commentjaideteste

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits d'utilisation en classe, sur la boutique DVD Zérodeconduite.

Posté dans Sur le web par le 12.11.13 à 10:01 - Réagir

Le M?decin de famille : le site p?dagogique

On l'a rappelé récemment à l'occasion du décès du criminel de guerre Erich Priebke en Italie : l'Amérique latine en général, et l'Argentine en particulier (où Priebke a passé quarante ans), ont été des hâvres de tranquillité pour les nazis en fuite… La réalisatrice argentine Lucía Puenzo, fille du grand Luis Puenzo et auteure de XYZ ou El niño Pez, s'est emparée de cette histoire dans son roman Wakolda, qu'elle adapte aujourd'hui au cinéma.
Le Médecin de famille (présenté en mai dernier au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard) entrelace une intrigue fictionnelle autour du séjour présumé du "médecin" nazi Joseph Mengele à Bariloche en Patagonie, et de sa relation trouble avec une famille d'Argentins ignorant tout (du moins au début) de son monstrueux passé. 

Zérodeconduite.net consacre un site pédagogique au film : on y retrouve un entretien avec Lucía Puenzo, et un dossier pédagogique destiné aux enseignants d'Espagnol. Celui-ci aborde les très riches thématiques du film au fil d'activités à proposer aux élèves avant et après le film : Bariloche y la Patagonia, Los nazis en Argentina, Joseph Mengele, el ángel de la muerte, Los carteles de la película, Historia y ficción, Una obsesión por la genética

Le Médecin de famille de Lucía Puenzo, au cinéma le 6 novembre
Le site pédagogique : www.zerodeconduite.net/lemedecindefamille

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels et un dossier pédagogique (Espagnol), sur la boutique DVD Zérodeconduite.

Posté dans Sur le web par le 22.10.13 à 19:15 - Réagir

Au bonheur des ogres : le site p?dagogique

Au bonheur des ogres

On ne présente plus Daniel Pennac ni sa "saga" de la tribu Malaussène : six volumes, dont le premier, publié à l'origine dans la fameuse "Série Noire" de Gallimard, s'est vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires en France.
Cet immense succès populaire s'explique "à la fois par la construction du récit qui tient le lecteur en haleine, un univers familial fantasque dans lequel nombre de jeunes adolescents peuvent se retrouver, et une succession d’embûches dont le héros, Benjamin Malaussène, sort vainqueur." (présentation de l'AFEF).
Aujourd'hui, Au bonheur des ogres est porté à l'écran par le jeune réalisateur Nicolas Bary, et l'Association Française des Enseignants de Français a consacré au film un document d'accompagnement pédagogique, plus précisément destiné aux classes de collège (4ème). Il est téléchargeable sur notre site pédagogique, qui met également en ligne la vidéo d'une rencontre entre le réalisateur et des classes de collégiens du quartier de Belleville, où l'action du roman se déroule.

Au bonheur des ogres de Nicolas Bary, au cinéma le 9 octobre
Le site pédagogique : http://www.zerodeconduite.net/aubonheurdesogres

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels sur la boutique DVD Zérodeconduite.   

 

Posté dans Sur le web par le 08.10.13 à 15:21 - Réagir

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