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Gente de bien : le site pédagogique

Les "gens de bien" ? Toute la subtilité du premier film de Franco Lolli (réalisateur argentin passé par la Femis) se lit dès son titre polysémique : en espagnol des gente de bien ce sont à la fois des personnes qui font le bien et des personnes… qui ont des biens. Le film raconte ainsi comment une femme de la bourgeoisie de Bogota, Maria Isabel, se prend de sympathie pour son employé Gabriel et le fils qu'il se retrouve à élever seul, après une longue séparation. Elle va ainsi les prendre sous son aile, sans imaginer qu'on ne transgresse pas impunément les barrières sociales…
À travers le regard d'un enfant de dix ans, le film de Franco Lolli est à la fois la chronique intimiste et très émouvante d'une relation père-fils, et une analyse subtile des rapports de classe dans la Colombie contemporaine. Zérodeconduite propose un dossier pédagogique autour du film, qui propose des activités en espagnol et en cinéma-audiovisuel

Gente de bien de Franco Lolli, au cinéma le 18 mars
Le site pédagogique

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par Zéro de conduite le 11.03.15 à 13:09 - Réagir

Cañada Morrison : le site pédagogique

Lila, douze ans, n'a jamais connu son père. Toute sa vie semble tourner autour de ce manque, qui l'empêche de projeter vers l'avenir. Avec l'aide d'une adulte un peu plus compréhensive que les autres et d'un maigre indice (une petite plaque de cuivre à l'enseigne de la compagnie d'électricité pour laquelle il aurait travaillé), Lila va partir à la recherche de ce père inconnu. Depuis ses premiers court métrages (Savana, 2007 et Distancias, 2009), la famille et la route comme espace de quête identitaire sont les thèmes privilégiés du réalisateur argentin Matías Lucchesi (né en 1980). Sous la forme d’un road movie traversant les paysages désertiques de la froide Sierra pampeana de Córdoba en Argentine, Cañada Morrison raconte la quête initiatique d'une toute jeune adolescente, accompagnée de sa professeure de biologie (qui donne son titre original au film, Ciencias naturales).

Ce premier film juste et sensible tire parti de la délicate interprétation des comédiennes (Paula Galinelli Hertzog et Paola Barrientos) mais aussi de ces paysages à la fois magnifiques et austères de la Sierra Pampeana, auxquels la photographie du film rend pleinement justice. Cette quête initiatique, dont le récit est conduit comme une enquête policière, permettra aux élèves de réfléchir sur les origines et la filiation ainsi que sur les moments-clefs de l’adolescence. Cañada Morrison offre aussi l’occasion de leur faire découvrir le genre cinématographique du road movie, ainsi que la diversité des paysages, des langues et des accents de l’Amérique hispanophone. Zérodeconduite.net propose un dossier pédagogique autour du film, plus particulièrement destiné aux classes de 4ème, 3ème et Seconde.

Cañada Morrison de Matías Lucchesi, durée : 71 mn, au cinéma le 19 novembre

Le site pédagogique :
http://www.zerodeconduite.net/canadamorrison

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par Zéro de conduite le 14.11.14 à 14:29 - Réagir

Con la pata quebrada (Retourne à tes fourneaux)

Con la pata quebrada

Con la pata quebrada, "Avec la jambe cass?e".? Rigoureusement intraduisible de mani?re litt?rale, le titre du documentaire de Diego Galean, qui arrive sur nos ?crans deux ans apr?s sa pr?sentation au Festival de Cannes (dans la section Cannes Classics), a ?t? remplac? par un ?quivalent approximatif. Celui-ci ("Retourne ? tes fourneaux") ne retranscrit pas la violence imag?e de l'expression originale, tir?e d'un vieux dicton espagnol : "La mujer casada y honesta, con la pata quebrada y en casa" ("Femme mari?e et honn?te a la jambe cass?e et reste au foyer").

Par ce montage virtuose de pr?s de 180 extraits du cin?ma ib?rique (de La Dolorosa de Jean Gr?millon, 1934, ? La vida empieza hoy de Laura Ma?a, 2010), le documentariste Diego Galean propose une voyage dr?le et pittoresque dans la psych? espagnole, telle qu'elle s'est projet?e dans les salles obscures. La plupart des titres cit?s ne diront rien aux cin?philes : il s'agit en effet, pour leur grande majorit?, de films populaires (m?lodrames, com?dies ? l'eau de rose, op?rettes, fresques historiques…) destin?s ? une consommation rapide, qui cherchaient avant tout ? coller aux attentes et aux repr?sentations du public de leur ?poque. La violence de ces images, qu'elle soit symbolique (ainsi de ces discours masculins rabaissant syst?matiquement la femme) ou physique (une belle s?rie de gifles, baffes et torgnoles, qui nous choque aujourd'hui, mais dont on trouverait l'?quivalent dans le cin?ma fran?ais des m?mes ann?es), est d'autant plus effrayante qu'elle ?tait ? l'?poque, non seulement parfaitement tol?r?e, mais ressentie comme pleinement l?gitime

Le pari de Diego Galean (journaliste et historien du cin?ma bien connu en Espagne) est de laisser parler les images, ? l'exclusion de tout discours. Si la narration suit un fil strictement chronologique (une voix-off reliant les ?poques entre elles et resituant le contexte historique), l'histoire que raconte Con la pata quebrada n'est pas lin?aire : elle fut au contraire sans cesse agit?e de mouvements contradictoires, entre progr?s et r?gressions, au gr? des ?volutions politiques du pays. On oublie ainsi souvent que la tr?s progressiste II?me R?publique (1931) accorda aux femmes le droit de vote et le divorce, ?mancipation dont le cin?ma de la p?riode se fait le t?moin malicieux (les diatribes anti-m?les y r?pondant avec vigueur aux discours machistes). Revenir sur ces acquis f?ministes fut l'une des premi?res mesures du franquisme, qui une fois la guerre civile gagn?e, renvoya les femmes ? leurs fourneaux et ? leur inf?riorit? symbolique. Le cin?ma de l'Espagne franquiste, extr?mement contr?l?, afflig? d'une triple censure (politique, militaire et religieuse), quand le caudillo lui-m?me ne mettait pas la main ? la p?te (le film passe un extrait de Raza, tir? d'un sc?nario de Franco lui-m?me) imposera le portrait id?al de la femme espagnole, ?pouse ob?issante, m?re courage, ? la rigueur h?ro?ne patriotique (Agustina de Arag?n, 1950), mais toujours vertueuse et pieuse, et stigmatisera inlassablement celles qui ne rentraient pas dans le cadre. Puis le franquisme dut faire face ? l'?volution des mœurs, et ? l'invasion des touristes ?trang?res en bikini (pi?ce de v?tement qui fut apparemment un ressort pris? de com?die au tournant des ann?es 1970). Avec la mort de Franco en 1975 s'ouvre brutalement une nouvelle p?riode, d?cisive sur le plan soci?tal (droits au divorce, contraception, avortement, lutte pour l'?galit? salariale et contre les violences faites au femme) et passionnante ? suivre sur grand ?cran (la r?volution f?ministe s'affrontant au bon vieux machisme de la soci?t? espagnole).

Con la pata quebrada est un film l?ger et souvent dr?le, mais dont la forme plaisante ne doit pas masquer la dimension politique et son actualit? : apr?s pr?s de quarante ans d'avanc?es continuelles, parachev?es par le gouvernement Zapatero, un nouveau cycle sembe s'annoncer qui voit remettre en question, sous la pression d'une minorit? convervatrice, certains acquis de la cause des femmes. Le film offre en tout cas un support de travail id?al pour des enseignants : d?s la Troisi?me, le film permettra d'ouvrir le d?bat sur la question de l'?galit? hommes-femmes, tout en introduisant quelques dates-cl?s de l'histoire espagnole du XX?me si?cle. Au lyc?e, le film permettra d'illustrer parfaitement les notions "Lieux et formes de pouvoir" et "L'id?e de progr?s".?

NB : Des projections scolaires dans les salles de cin?ma peuvent ?tre organis?es ? la demande.
Z?rodeconduite.net proposera ? la rentr?e un dossier p?dagogique autour du film.

[Con la pata quebrada (Retourne ? tes fourneaux) de Diego Galean, 2013. Dur?e : 1 h 23. Distribution : Iberi Films. Sortie : le 18 juin 2014]

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 15.06.14 à 14:05 - Réagir

Rêves d'or, Prix Jean Renoir des lycéens 2014

"Le Prix Jean Renoir des lyc?ens est attribu? ?… R?ves d'or !" Le tonnerre d'applaudissements qui a suivi l'annonce officielle, dans la salle bond?e du lyc?e Victor Duruy ? Paris, montre que le film de Diego Quemada-Diez, sorti en d?cembre dernier (et accompagn? par Z?rodeconduite) avait constitu? un vrai coup de cœur pour les d?l?gu?s des classes participantes. Cette annonce lib?ratrice a conclu de la plus belle des mani?re un marathon de deux jours de d?lib?rations passionn?es pour d?partager les huit films en lice, que leurs r?alisateurs (ou d'autres membres de l'?quipe) ?taient venus repr?senter la veille. Outre R?ves d'or la s?lection comportait cette ann?e les films Vandal de H?lier Cisterne, Les gar?ons et Guillaume, ? table de Guillaume Gallienne, Le M?decin de famille de Luc?a Puenzo, The Lunchbox de Ritesh Batra, La Cour de Babel de Julie Bertuccelli (voir notre site p?dagogique), Ida de Pawel Pawlikovski et La Belle vie de Jean Denizot.
La c?r?monie de remise du prix, tenue en pr?sence des responsables de l'?ducation Nationale, du Centre National du Cin?ma et de l'image anim?e, et de partenaires comme Canop?, Orange ou la F?d?ration Nationale des Cin?mas Fran?ais, a montr? la consolidation de ce dispositif qui, pour en ?tre seulement ? sa troisi?me ?dition, ne s'en est pas moins fait une place dans le paysage de "l'?ducation ? l'image". ? la diff?rence du d?funt Prix de l'?ducation Nationale (d?cern? au Festival de Cannes par un jury tr?s restreint), celui-ci a l'immense m?rite d'impliquer les ?l?ves eux-m?mes (? raison de deux classes par acad?mie), par leur r?le de jur?s mais aussi par l'?criture de critiques sur les films s?lectionn?s : cette ann?e c'est plus de 800 contributions qui ont ?t? envoy?es par les ?l?ves, dont les meilleures ont ?t? ?galement r?compens?s lors de la c?r?monie du 4 juin.?

Quant au film prim?, nous ne pouvons que nous r?jouir que ce soit R?ves d'or, un film que Z?rodeconduite avait accompagn? sa sortie par l'?dition d'un site p?dagogique, et chaudement recommand? notamment aux enseignants d'Espagnol. Le film entrera l'ann?e prochaine dans le dispositif Lyc?ens au cin?ma. En attendant, le DVD est disponible, avec ses droits d'utilisation en classe et un dossier p?dagogique (destin? aux professeurs d'Espagnol), dans notre boutique DVD, et peut ?galement toujours ?tre projet? dans les salles de cin?ma pour des s?ances ? la demande (nous contacter).

Le communiqu? de presse
Le blog du Prix Jean Renoir

R?ves d'or
Le DVD avec droits institutionnels et dossier p?dagogique
Le site p?dagogique

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Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 06.06.14 à 15:41 - Réagir

Relatos salvajes : Homo homini lupus

Relatos Salvajes

Lors de la conf?rence de presse parisienne pr?sentant la S?lection du Festival, Thierry Fr?maux avait annonc? avec gourmandise ce film sign? d'un auteur inconnu sous nos latitudes, Il avait au passage brocard? le clich? critique consistant ? trouver un film ? sketches… in?gal. Compos? de six segments ind?pendants et autant d'histoires courtes, Relatos salvajes est peut-?tre in?gal, il n'en est pas moins d'une grande coh?rence stylistique et surtout th?matique, signe d'une v?ritable vision d'auteur.

Dans la tradition satirique du film de Dino Risi, Les Monstres (1963), qui s'attaquait aux travers de la soci?t? italienne, ces Nouveaux sauvages proposent la vision f?roce d'une humanit? dont la sauvagerie domestiqu?e (par les lois, les institutions, l'?tat) ne demande qu'? ressurgir ? la moindre occasion. Le g?n?rique nous montre des photos d'animaux sauvages, parmi lesquels quelques redoutables pr?dateurs (lion, crocodile…) : autrement dit, la vie est une jungle, et l'homme un loup pour l'homme, selon l'adage de la philosophie hobbesienne. C'est dans les trois segments centraux que cette vision appara?t avec le plus de force. Ils? mettent en sc?ne des hommes de diff?rents milieux (des classes populaires jusqu'? la tr?s haute bourgeoise), mais qui partagent la m?me absence de scrupule moral, de sens de l'int?r?t g?n?ral ou de la justice. ? l'?tat de nature, loin de la civilisation, c'est la guerre de chacun contre chacun, qui conduit ? l'anihilation totale (cf le sketch opposant deux automobilistes qui s'affronteront jusqu'? la mort). Mais ? l'int?rieur de la soci?t?, o? les pulsions sont canalis?es et ordonn?es par des lois, l'individu n'a de cesse de se rebeller, d'?chapper ? la loi commune, de revendiquer son absolue libert?. Il n'est ainsi pas fortuit que ces trois histoires impliquent l'automobile, symbole de l'hyper-individualisme de la soci?t? de consommation…

On se sent soi-m?me un peu "sauvage" ? rire ? gorge d?ploy?e devant des situations aussi violentes ou outr?es, comme si le film s'adressait directement, de mani?re visc?rale, au cerveau reptilien du spectateur. C'est d'autant plus sensible au Festival de Cannes, quand une salle lasse de films exigeants et c?r?braux se met ? applaudir ? la vision d'un homme qui d?f?que sur le pare-brise d'un autre.

Par ses qualit?s d'?criture et de mise en sc?ne, son d?coupage en six courtes histoires qui permettent chacune d'amorcer une discussion en classe, ces Nouveaux sauvages pourront ?tre ?tudi?s avec grand profit en cours d'Espagnol ou de Philosophie (pour aborder les notions de justice, d'?tat et de droit).

Relatos Salvajes (Les Nouveaux sauvages) de Dami?n Szifr?n, Dur?e : 122 mn
S?lection officielle, en comp?tition

Posté dans Festival de Cannes par zama le 24.05.14 à 17:21 - Réagir

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