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Soyez jur? ? Cannes !

Bien sûr il y a la montée des marches, le glamour, les palmiers… Mais la participation au Festival de Cannes, surtout dans le rôle à la fois privilégié et exposé de juré, est une expérience cinéphilique inoubliable…
Comme chaque année depuis cinq ans, le Ministère permet à quelques enseignants de participer au festival le plus prestigieux du monde (qui se tiendra cette année du 16 au 27 mai 2007), dans le cadre de son Prix de l’Education Nationale. Rappelons que le jury est constitué de dix membres : deux professionnels du cinéma, deux élèves et six enseignants choisis par le comité de pilotage sur la base d'un appel à candidature national.
L'année précédente le prix était allé à Marie Antoinette de Sofia Coppola, à contrepied d'un palmarès très politique et… à notre grande surprise. A sa projection en sélection et dans le feu du festival, nous l’avions en effet accueilli assez fraîchement, provoquant une polémique passionnée entre néo-sans-culottes (la Coppola à la lanterne !) et afficionados de la reine Sofia : voir à la suite de l’article (Marie Antoinette en ado lassante) les longs commentaires d'Alias Flaubert et Harry Caul… Les uns critiquaient le choix d’un film tournant volontairement le dos à l’histoire pour célébrer la mélancolie d’une pauvre petite fille riche, et une certaine fascination pour le luxe de la « jet-set ». Les autres saluaient l’originalité et la cohérence de l’univers de la réalisatrice, et défendaient dans la décision du jury un vrai geste cinématographique. On attend d’ailleurs avec impatience le DVD pédagogique qui doit être édité par le CRDP de Nice dans la collection « A propos de ».
Autant dire que cette année encore le débat sera passionné et passionnant sur l’utilité et la philosophie d’un prix cinématographique remis par l’Education nationale.
> L’inscription en ligne (attention : jusqu’au 22 décembre)

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 13.12.06 à 16:45 - 3 commentaires

Douce France ? le Festival du film d'Histoire

"Il revient ? ma m?moire, des souvenirs familiers…"
Ouvert l'ann?e pr?c?dente aux quatre vents de l'id?e europ?enne, le Festival du Film d'Histoire de Pessac s'est repli? cette ann?e sur une th?matique tr?s hexagonale, empruntant son titre-slogan ? la c?l?bre chanson de Charles Trenet.
"Douce France" donc, pour "bousculer les morosit?s ambiantes" ; mais avec un point d'interrogation, tout de m?me, tant la proclamation pourrait para?tre incongrue ou pass?iste. Le Festival orchestrera donc un d?bat entre les deux points de vue r?sum?s par Jean-No?l Jeanneney dans son ?ditorial : "Climat pond?r?, beaut? des paysages et des villes, splendeur des monuments (…) langage de clart? et de sagesse" d'un c?t? ("Leben wie Gott in Frankreich" disent bien les Allemands) ; "?go?smes, brutalit?s intimes, contradictions ?prouv?es entre les principes splendides des Lumi?res et les pratiques de notre peuple" de l'autre. Ou, pour reprendre deux des grands classiques propos?s dans la programmation de Pierre-Henri Deleau, French Cancan de Renoir contre Le Corbeau de Clouzot.
Ladite programmation propose p?le-m?le un hommage ? Jacques Tati, des films plus r?cents sur les th?matiques sociales (travail, int?gration, banlieues), et quelques "raret?s" comme cette adaptation des Travailleurs de la mer par le metteur en sc?ne de th??tre Antoine. Mais la particularit? du Festival est aussi de proposer de nombreux d?bats et rencontres th?matiques qui ?claireront de pr?s ou de loin la th?matique g?n?rale : du sempiternel "Faut-il sauver le mod?le fran?ais ?" avec l'in?vitable "d?cliniste" Nicolas Baverez au plus original (au moins dans la formulation) "Les Fran?ais aiment-ils la d?mocratie ?"
En parall?le, le Prix du Film d'Histoire pr?sentera douze documentaires et neuf long-m?trages de fiction in?dits, dont bon nombre seront pr?sent?s dans ces pages : Black book de Paul Verhoeven, Daratt, saison s?che de Mahamat-Saleh Haroun, La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck, Le Violon de Francisco Vargas Quevada et La faute ? Fidel de Julie Gavras…

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 21.11.06 à 18:20 - 2 commentaires

Julie Gavras : Ragoutoutou et l??ducation ? l?image

Avant de mettre en sc?ne La faute ? Fidel, j’ai r?alis? plusieurs documentaires. C’est un "exercice" qui me plait beaucoup car il permet d’aborder des sujets tr?s vari?s : portrait d’?crivain, sujet sur la musique traditionnelle marocaine, sur les jeunes qui ont manifest? dans l’entre-deux tours aux ?lections pr?sidentielles 2002…
Mais si La faute ? Fidel est mon premier long-m?trage de fiction, ce n’est pas mon premier film ? sortir en salles : il y a quatre ans, un documentaire intitul? Le Corsaire, le Magicien, le Voleur et les enfants que j’ai r?alis? est aussi sorti. De fa?on "confidentielle" comme on dit dans notre jargon. Ce documentaire suit une classe de cours moyen engag?e dans plusieurs dispositifs de ce qu’on appelle "l’?ducation ? l’image". Ce film est n? d’une rencontre avec les instituteurs et les ?l?ves de l’?cole primaire Jean Jaur?s ? D?cines dans la banlieue de Lyon, ? l’occasion d’un festival de courts m?trages. J’ai eu envie de planter ma cam?ra dans la salle de classe, pour saisir ce moment tr?s particulier de l’apprentissage, surtout quand celui-ci se fait ? travers les images et le cin?ma.
Moi-m?me je n’ai pas vraiment eu d’"?ducation ? l’image", cela n’existait sans doute pas encore ? l’?poque o? j’?tais ?l?ve. M?me ? la maison nous ne parlions pas des films, mais plut?t de tout ce qu’il y avait autour : c’?tait le m?tier de mon p?re et il en parlait comme d’un travail.
Mon premier souvenir de cin?ma, d’ailleurs, c’est un film avec Pierre Richard, que j’avais ?t? voir avec une copine et son p?re ! Je ne me rappelle ni du titre, ni de l’histoire, mais je me souviens que son personnage ?tait com?dien, et qu’il jouait dans une publicit? pour une p?t?e pour chien du nom de "Ragoutoutou" !
Avant de tourner Le Corsaire, j’avais des id?es tr?s nobles et tr?s abstraites sur le r?le du cin?ma ? l’?cole : la formation du regard, la transmission de la culture, l’?ducation des spectateurs de demain, etc. Je me suis rendu compte que les enfants restaient des enfants, et que l’?cole ne pouvait pas lutter contre Disney et la t?l?vision. Mais j’ai compris que l’important ?tait de leur offrir une ouverture vers des films qu’ils ne verront jamais ailleurs, de leur donner les cl?s pour pouvoir choisir. Le cin?ma s’est aussi r?v?l? comme un formidable outil mis au service d’autres apprentissages - et si j’ai bien compris, c’est le credo de ce site. C’est un "moyen d’accroche" pour retourner ? l’?crit, ? la lecture, ? l’expression, pour donner envie aux enfants d’?tre curieux… Je me souviens en particulier du cours o? l’instituteur s’est servi du Magicien d’Oz et du passage du noir et blanc ? la couleur, pour expliquer la diff?rence entre les temps de l’imparfait et du pass? simple…
J’aurais aim? qu’on m’explique la grammaire comme ?a…

Photo : Le Magicien d'Oz de Victor Fleming (1939)

Posté dans Sans catégorie par le 17.11.06 à 12:00 - 8 commentaires

La FIDH fait son cin?ma : Gardons les yeux ouverts

Les ONG et les associations de d?fense des droits de l'homme ont depuis longtemps bien compris la force ?motionnelle et l'exposition m?diatique que les œuvres cin?matographiques pouvaient apporter aux causes qu'elles d?fendent. Depuis quelques ann?es leurs logos (Amnesty International, Reporters Sans Fronti?res, FIDH) fleurissent ainsi sur les affiches de cin?ma.
Poussant cette logique jusqu'au bout, la F?d?ration Internationale des Droits de l'Homme a d?cid? de parrainer la commercialisation d'un coffret DVD intitul? Gardons les yeux ouverts, dont les b?n?fices, gr?ce au soutien des ?diteurs et de la FNAC, lui seront int?gralement revers?s. Ce coffret r?unit cinq films "engag?s au profit des droits de l'homme", th?matique assez large qui lui permet d'associer une dramatique en costumes (La controverse de Valladolid auquel nous avons consacr? notre s?quence p?dagogique), une fable sur la guerre dans les Balkans (No man's land de Danis Tanovic, voir plusieurs articles sur Cin?hig), deux documentaires sur la mondialisation (M?moires d'un saccage de Fernando Solanas et le Cauchemar de Darwin) et le travail de m?moire de Rithy Panh sur le g?nocide khmer (S21, la machine de mort khm?re rouge).
"Ces films et documentaires rejoignent en effet notre combat, ils sont autant de preuves accablantes de l'absurdit? de la guerre et du fanatisme, d?noncent ? leur mani?re les injustices de notre ordre ?conomique mondial, ou encore t?moignent de la n?cessit? pour un peuple ? se pencher sur le pass?." (Sidiki Kaba, pr?sident de la FIDH)

[Photo : S 21, la machine de mort khm?re rouge]

Posté par zama le 13.11.06 à 17:57 - 5 commentaires

Cin?mas engag

Dans la cat?gorie "lectures de plage intelligentes", puisque c'est la saison, on conseillera ? nos lecteurs le dernier num?ro de Mani?res de voir, le suppl?ment du Monde Diplomatique, consacr? aux "Cin?mas engag?s". L'?ditorial d'Ignacio Ramonet y constate le retour en gr?ce d'un cin?ma politiquement conscient, voire engag?, citant de nombreux films chroniqu?s r?cemment sur ce blog (Vol 93, The Road to Guantanamo, Good night and good luck, Syriana, Munich ) ou ? sortir prochainement, comme Indig?nes de Rachid Bouchareb (voir ?galement notre site p?dagogique Indig?nes), ou Le vent se l?ve de Ken Loach (le cin?aste anglais fait d'ailleurs figure de saint patron, dont le pr?c?dent Land and Freedom a les honneurs de la couverture). Mais, selon le principe de Mani?res de voir, le num?ro est plut?t r?trospectif, puisqu'il s'agit d'une compilation d'articles parus dans le Monde Diplomatique ces trente derni?res ann?es, agr?ment?e de quelques in?dits et suppl?ments.
A une lecture suivie qui accuserait le manque de coh?rence de l'ensemble, on pr?f?rera donc piocher au gr? des envies ou des besoins dans les deux grandes sections, "Face ? la guerre" et "Miroirs des soci?t?s", ainsi que dans la s?rie des 13 "films t?moins" (du Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica au plus inattendu Arriviste d'Alexander Payne), et on appr?ciera ainsi la diversit? des approches et des plumes (notamment ?trang?res).
Sur le site internet on pourra consulter trois articles, dont l'un ("Tsahal, d?fense et illustration de l'arm?e isra?lienne"), charge contre le film le plus contest? de Claude Lanzmann, n'a sans doute pas ?t? mis en avant par hasard.

Posté dans Sur le web par zama le 30.07.06 à 17:06 - 2 commentaires

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