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Jeunes critiques : Los due?os

Pour la premi?re fois et ? l'occasion de ce Festival de Cannes, Z?rodeconduite.net ouvre ses pages ? des textes d'?l?ves : en l'occurence les ?l?ves de la kh?gne option cin?ma du lyc?e Paul Val?ry de Paris, embarqu?s ? Cannes, entre l'?crit et l'oral de leur concours, par leur professeur Philippe Zill.
Nous proposons ici des extraits, regroup?s par film, de chacune de leurs critiques, r?alis?es ? chaud et dans l'effervescence du Festival. Les textes int?graux sont disponibles eux en pdf.

Los Duenos

Los due?os de Agust?n Toscano & Ezequiel Radusky, par H?l?ne C.

"Cela commence avec une s?rie de gestes, un rituel : des domestiques qui occupent la demeure de leurs propri?taires d?s qu'ils sont absents. Selon les r?alisateurs, cette pratique est courante en Argentine, pays o? se tient l'action. Le film s'ouvre ainsi sur un plan fixe recouvrant Sergio et son p?re, des hommes ? tout faire et sa m?re, une serveuse, mangeant la nourriture d'autrui, allong?s sur un canap? qui n'est pas le leur. Puis un bruit de cl? dans la serrure se fait entendre et dans un long panorama, nous suivons la famille s'enfuir par la fen?tre apr?s avoir pris soin de laisser la villa en ?tat. Le rituel se r?p?te autant de fois que les deux sœurs propri?taires s'absentent. (...)"

La critique int?grale en pdf

Los due?os de Agust?n Toscano & Ezequiel Radusky, Argentine, 2013, 95 min
Semaine de la critique

Posté dans Festival de Cannes par Zéro de conduite le 25.05.13 à 12:23 - 7 commentaires

Jeunes critiques : La Danza de la realidad

Pour la premi?re fois et ? l'occasion de ce Festival de Cannes, Z?rodeconduite.net ouvre ses pages ? des textes d'?l?ves : en l'occurence les ?l?ves de la kh?gne option cin?ma du lyc?e Paul Val?ry de Paris, embarqu?s ? Cannes, entre l'?crit et l'oral de leur concours, par leur professeur Philippe Zill.
Nous proposons ici des extraits, regroup?s par film, de chacune de leurs critiques, r?alis?es ? chaud et dans l'effervescence du Festival. Les textes int?graux sont disponibles eux en pdf.

La Danza de la realidad

La Danza de la realidad d'Alejandro Jodorowsky, par Ang?le P.

"Un film ne repr?sente pas un pays, mais l'?me humaine. Celui-ci doit ?tre une exp?rience pour le spectateur" d?clare Alejandro Jodorowsky lors de la premi?re projection de son film La Danza de la realidad ? la Quinzaine des r?alisateurs. (...). Dans La danse de la r?alit? le corps du spectateur comme celui des acteurs est mis ? l'?preuve de diverses fa?ons. Le film se d?roule dans un Chili pauvre, soumis ? la dictature d'Ibanez, dans le contexte de l'apr?s-guerre. La mis?re est pr?sente ? travers les corps de diff?rents personnages : le petit cireur de chaussures, pieds nus, qui meurt car on lui offre une paire de chaussures neuves ainsi que les mineurs aux corps mutil?s, mis en marge de la soci?t?. La force du corps et la virilit? se d?gagent alors comme des signes ext?rieurs de richesse. Le personnage du p?re sous l'emprise du syst?me totalitaire pr?ne le contr?le du corps et la r?sistance ? la douleur, son fils doit gagner son amour et son admiration gr?ce ? son endurance ? la douleur. Le corps est ainsi mis ? l'?preuve par les sentiments. (...)"

La critique int?grale en pdf

La Danza de la realidad

La Danza de la realidad, d'Alejandro Jodorowski, par Anna L.

"? Je ne savais que choisir entre l'enthousiasme des mouettes et l'angoisse des sardines ?, annonce la voix de Jodorowsky. Un jeune gar?on vient de d?fier l’oc?an fig?, en lan?ant des pierres et en criant ? f?che-toi ! ?. La mer, comme r?agissant ? des impr?cations magiques, s’est agit?e, et les vagues ont ramen? une flop?e de sardines qui agonisent maintenant sur le sable ; une centaine de mouettes se sont jet?es dessus. Le petit gar?on qui vient de provoquer l’oc?an et qui regarde ce spectacle avec impuissance, c’est Jodorowsky lui m?me.? Comment donner ? voir ses propres souvenirs ? Dans cette autobiographie film?e, le cin?aste ne cherche pas ? les ordonner pour mettre en sc?ne l’histoire de son enfance : il s’interroge sur la relation que l’on entretient ? nos propres souvenirs. Comme convoquer des souvenirs, c'est en m?me temps les construire, il choisi en m?me temps qu'il montre l'enfant qu'il a ?t?, de d?ambuler lui m?me dans l'espace visuel du film qui est aussi celui de sa m?moire. (...)"

La critique int?grale en pdf

La danza de la realidad d'Alejandro Jodorowski, par Ebano P.?

"Avec un sc?nario qui semble respecter l’aspect logorrh?e travaill?e caract?ristique de l’?criture surr?aliste, le r?alisateur garde ? tous les niveaux de son œuvre la logique implacable du portrait intime qu’il livre de sa famille, utilisant un jeu d’acteur virulent entre Park Chan-Wook et Leos Carax, rendu possible gr?ce ? la totale d?votion de ses com?diens, (dont il fait lui-m?me partie), une esth?tique visuelle encore une fois exhibitionniste et une belle photographie, une direction artistique focalis?e sur l’int?grit? organique et cr?ative de l’ensemble de l’œuvre, ? savoir une r?interpr?tation de l’enfance du po?te entre r?alit? et fantasme.? (...)"

La critique int?grale en pdf

Posté dans Festival de Cannes par zama le 22.05.13 à 19:32 - Réagir

Enfance clandestine : entretien avec l'historienne Diana Quattrocchi-Woisson

Enfance clandestine

Enfance clandestine, le film de Benjamin Àvila, n'est certes pas un film historique à proprement parler : s'il raconte la chronique des Montoneros, ce mouvement de la gauche péroniste en lutte armée contre la dictature, et de sa "contre-offensive", funeste pour la majorité de ses membres, il le fait en filigrane, au filtre des souvenirs du réalisateur, et à travers le regard de l'enfant qu'il était alors. Mais le film donne envie de se replonger dans une histoire argentine particulièrement complexe (en tout cas pour nous Européens), et de comprendre les tenants et les aboutissants de cette période tragique, afin d'en dresser un bref tableau aux élèves.

L'historienne Diana Quattrocchi-Woisson, chargée de recherche au CNRS, membre de l'Institut des Amériques, et présidente-fondatrice de l'Observatoire de l'Argentine contemporaine, a bien voulu nous éclairer sur l'Argentine contemporaine, marquée par le péronisme et ses avatars…

Zérodeconduite.net : Le film de Benjamin Avila se déroule en Argentine, en 1979, pouvez-vous nous décrire le contexte politique du pays ?

Diana Quattrocchi-Woisson : Il s'agit de la dernière dictature militaire du XXème siècle, qui commence en 1976 et se termine en 1983. Elle ponctue une série de coups d'état et de mouvements de contestation violents. Il y a un crescendo dans l'histoire de la violence politique en Argentine et la période qui concerne le film est la plus aiguë. Et cela ne s'explique pas uniquement par l'apparition de la guérilla de gauche péroniste sur la scène politique. Cette radicalisation concerne l'ensemble de la société, aussi bien la classe moyenne que les syndicats enseignants ou les syndicats ouvriers.

Comment naît cette radicalisation ? Quelle est l'origine de la violence politique en Argentine ?

D.Q.W. : Cette radicalisation s'inscrit dans un contexte latino-américain. L'Argentine n'est pas le seul pays concerné par les mouvements de guérilla et les coups d'états. Mais le pays se caractérise par une spécificité de violence à outrance par rapport aux autres pays d'Amérique latine, même par rapport au Chili. La dictature d'Augusto Pinochet a fait de 3000 à 4000 victimes. Mais la plupart de ces crimes étaient commis à ciel ouvert, notamment dans des stades de football. En Argentine, on parle de 30 000 disparus. Le spectre de ces disparus hante toujours le pays et renvoie à la clandestinité de cette répression. De plus, l'église catholique argentine a conservé un silence complaisant, alors que l'église chilienne et l'église brésilienne ont levé la voix contre les répressions violentes qui sévissaient dans leur pays.

Dans le film, les parents du jeune Juan sont des guérilleros Montoneros. Pouvez-vous nous présenter ce mouvement ?

D.Q.W. : Pour comprendre ce que sont les Monteneros, il est indispensable d'expliquer le péronisme. Juan Domingo Perón est un militaire qui accède au pouvoir à la suite d'un coup d'état en 1943. En tant que vice-président de la junte militaire, il développe une politique ouvriériste. Jugé trop radical par ses pairs, Perón est arrêté et envoyé en exil. Mais, le 17 octobre 1945, les syndicats lancent une grève et une foule d'ouvriers investit la place de Mai (Plaza de Mayo, site central de la ville de Buenos Aires) pour demander sa liberté. Les militaires choisissent de ramener Perón plutôt que de tirer sur les manifestants, trop nombreux. Il s'agit de l'évènement fondateur du péronisme qui change le cours de l'histoire argentine. Les liens entre Juan Domingo Perón et le mouvement ouvrier seront désormais indestructibles.

Que se passe-t-il ensuite ?

D.Q.W. : Juan Perón abandonne la vie militaire et demande à ses camarades d'armes de convoquer des élections. Celles-ci ont lieu en février 1946, ce sont les plus démocratiques de l'histoire argentine. Perón est élu et son mandat sera à l'origine de nombreuses réformes : tentative de justice sociale, redistribution, congés payés, sécurité sociale... Mais il est chassé du gouvernement par un coup d'état en 1955. Déchu, son exil durera 18 ans.

Est-ce que la révolution cubaine de 1959 a une incidence sur la politique argentine ?

D.Q.W. : C'est un événement ressenti comme majeur dans toute l'Amérique latine. Les jeunes contestataires argentins sont séduits par Fidel Castro. Depuis son exil, Perón salue Castro et la révolution castriste. A la mort de Che Guevara, il écrit que ''le meilleur d'entre nous est tombé''. A cette époque, en Argentine, le péronisme est toujours très populaire mais il est réprimé. Les partis politiques sont interdits. Le fait même de nommer Perón était interdit. Les élections ne sont qu'une succession de fraudes. Ce climat, ainsi que la révolution cubaine, contribuent à radicaliser la situation. Les années soixante marquent également le début d'un mouvement de contestation au niveau international, Mai 68, le printemps de Prague... En Argentine, cet élan de protestation arrive un an après, dans la ville de Córdoba. Cette insurrection populaire, appelée Cordobazo, est lancée par les ouvriers des usines automobiles. Elle est réprimée par le gouvernement militaire. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine guerre froide et que l'Amérique latine, arrière- cour des Etats-Unis, est l'un des "points chauds" du globe. Tout dissident est considéré comme un communiste par les militaires.

Dans ce contexte, des groupes de guérilla naissent en Argentine. Dont l'organisation politico-militaire des Montoneros ?

D.Q.W. : Les guérilleros Montoneros font effectivement leur apparition en 1969, après le Cordobazo. Leur première action publique est l'enlèvement de Pedro Eugenio Aramburu, un des militaires à l'origine du coup d'état contre Juan Domingo Perón en 1955. Les Montoneros le fusillent à la suite d'un jugement politique clandestin. La joie populaire que provoque la mort de cet homme est spectaculaire. Cette opération a valu à cette guérilla péroniste le nom de Montoneros. Ce terme date des guerres civiles argentines du XIXème siècle, postérieures à l'indépendance. Celles-ci opposaient des chefs locaux entre eux, s'appuyant sur des petites armées avec des bases populaires. En espagnol, un monton de gente signifie beaucoup de gens. En choisissant ce nom, les Montoneros cherchent une filiation historique. C'est un succès car ils jouissent d'un soutien populaire considérable. Au lieu d'être choqués par la séquestration et l'assassinat d'Aramburu, les Argentins applaudissent. Cela témoigne du niveau de conscience démocratique de la société argentine à ce moment-là. Le pays était en état de guerre civile non déclarée et la vie n'avait pas de valeur.

(…)

Lire l'intégralité de l'entretien sur le site pédagogique du film : www.zerodeconduite.net/enfanceclandestine

Enfance clandestine, au cinéma le 8 mai

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels et un dossier pédagogique (Espagnol), sur la boutique DVD Zérodeconduite.  

Posté dans Entretiens par Magali Bourrel le 02.05.13 à 17:20 - Réagir

Enfance clandestine : le site p?dagogique

Enfance clandestine

Nous avions été très touchés lors du dernier Festival de Cannes par le film de Benjamín Ávila, réflexion très autobiographique sur les frontières poreuses entre engagement politique et vie personnelle, dans le contexte de la dictature argentine. A travers le regard du jeune Juan, le film décrit le quotidien d'une famille de montoneros (mouvement d'extrême-gauche argentin) rentrés clandestinement au pays pour y mener la résistance contre la junte militaire. Dans ce contexte délicat (clandestinité, double-identité, peur permanente), le petit garçon essaye de trouver son chemin vers l'adolescence…

Le film sortira dans les salles le 8 mai prochain, et Zérodeconduite.net propose un dossier pédagogique destiné aux professeurs d'Espagnol, pour aborder le film en classe, de la Quatrième jusqu'à la Terminale.

Enfance clandestine (Infancia clandestina) de Benjamín Ávila, au cinéma le 8 mai

Le site pédagogique : www.zerodeconduite.net/enfanceclandestine
Supplément sur le site Vocable : 4 pages VO-Scope et test de compréhension

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels et un dossier pédagogique (Espagnol), sur la boutique DVD Zérodeconduite.   

Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 23.04.13 à 10:46 - 13 commentaires

La Playa : exil int?rieur

La Playa

Pour son premier film, Juan Andrés Arango nous propose une dérive urbaine dans le dédale de "la Playa", surnom ironique donné à un quartier défavorisé de Bogotá où se concentre la majeure partie de la population afro-descendante, originaire des lointaines côtes pacifiques de l’Ouest de la Colombie.
Venus grossir les rangs des populations déplacées par le conflit armé qui touche le pays depuis des décennies, les habitants de La Playa, à l’instar des trois frères au centre du dispositif narratif d’Arango, tentent de survivre comme ils peuvent en exerçant divers petits boulots, au milieu d’un environnement majoritairement blanc et hostile. Contraints de troquer moiteur et sensualité d’une forêt gorgée de pluies incessantes pour les froides hauteurs andines, les personnages de la Playa, hantés par la langueur du tropique, sillonnent hagards cette trépidante jungle urbaine qu’est devenue aujourd’hui Bogotá (métropole de plus de 8 millions d’habitants), et tentent d’en décrypter les codes afin de s’y faire une place.

Chronique du déracinement et de l’exil intérieur, La Playa fait la part belle aux longs plans-séquences qui suivent de dos, caméra à l’épaule, des personnages taiseux et fantomatiques, dont l’identité en devenir est aux antipodes des clichés habituels sur la joie de vivre colombienne. Bien que Juan Andrés Arango soit issu de l’école documentaire, dont on sent l’influence dans ces plans de rue pris sur le vif, véritables concentrés urbains sans doute filmés sans filet au milieu de la foule, ce n’est pas tant la dimension sociale qui l'intéresse que le parcours initiatique que vit Tomás, le jeune personnage principal. Lui et ses deux frères (Chaco l’aîné et Jairo le plus jeune) doivent s'adapter à un contexte familial difficile (leur mère s'est remariée à un blanc après l’assassinat de leur père par les paramilitaires) et au nouveau cadre de vie que constitue ce labyrinthe urbain : désoeuvrés, ils  traînent à longueur de journée leur nostalgie d’un monde définitivement perdu, celui de la jungle et des rivières de la côte, mais aussi celui de l’enfance.

Au risque de parfois tomber dans une imagerie hip-hop clinquante (écueil que ne contourne pas complètement Arango, en filmant ses personnages au rythme de nappes de rap afro-colombien surgissant pour exprimer de façon un peu facile ce qui semble être une black pride marginalisée), ces cheminements dans l’espace urbain, bien qu’apparemment sans but et répétitifs, finissent petit à petit par délimiter un territoire qui fait sens et que s’approprie Tomás. Ses allées et venues dressent une carte qui va le mener à se trouver lui-même et qui n’est pas sans rappeler ces autres cartes que dessinaient les mères au temps de l’esclavage sur les têtes de leurs enfants, afin de permettre aux pères exploités dans les mines de s’évader et de s’orienter vers les terres libres des nègres cimarrons. Tomás, en redécouvrant l’art ancestral de la coiffure afro légué par sa mère, pourra disposer d’un espace au sein de la mégalopole blanche, lui permettant d’affirmer haut et fort sa différence, au travers de motifs stylisés, tracés comme un tatouage sur le cuir chevelu, parlant de joies, de révoltes et de souffrances, de l’histoire de tout un peuple.

La Playa constitue une bonne introduction à la culture afro-colombienne de la côte pacifique, souvent méconnue en dehors des frontières de la Colombie, dont on pourra étudier les origines et les influences en élargissant la réflexion à l’ensemble de l’aire des Caraïbes. Le film de Juan Andrés Arango peut également servir à évoquer la situation des nombreux desplazados victimes du conflit armé en Colombie, dont l’arrivée massive à la périphérie des villes s’est traduit par une prolifération de bidonvilles d'une pauvreté dramatiques. Enfin, sur un plan plus universel, les trajectoires sinueuses des personnages du film et les questionnements identitaires de Tomás, ne manqueront pas également de toucher un public adolescent, sensible aux questions de quête de soi et au difficile passage au monde adulte.

[La Playa de Juan Andrés Arango. 2012. Durée : 1 h 30. Distribution : Jour2fête. Sortie le 17 avril 2013]

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels sur la boutique DVD Zérodeconduite.

Le distributeur Jour2fête propose des outils pédagogiques à destination des professeurs d'espagnol autour du film :
— Un dossier pédagogique édité par Cinélangues
— Un supplément VO-Scope édité par le magazine Vocable

Posté dans Dans les salles par Henri Belin le 19.04.13 à 14:35 - Réagir

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