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: (50 articles)

M comme? M?rder



Mlemaudit.jpgA l’occasion de la (?ni?me) reprise en salles ? Paris de M le Maudit (1931), disponible en DVD depuis quelques temps d?j?, rapide tour d’horizon des ressources p?dagogiques qui existent en ligne sur le chef d’œuvre de Fritz Lang.
Une d?ception tout d’abord, le blog "M le maudit" est une fausse piste : le meurtrier adepte de la lettre anonyme n’est pas revenu pour narguer la police depuis la blogosph?re.
Outre une honn?te analyse filmique qui reprend les th?mes explor?s par la litt?rature critique consacr?e au film (l’expressivit? symbolique des d?cors, les jeux de surcadrage et de miroir, le d?boulement) et, plus in?dit, un parall?le entre M et Les Nibelungen, on trouvera donc :
— en histoire une page consacr?e ? Fritz Lang, que Marc Ferro consid?re comme "le plus grand cin?aste historien", via deux de ses films : M et Docteur Mabuse.
— en allemand, une didactisation sur le film, divis?e en deux parties, "objectif civilisationnel" et "langage cin?matographique".
Mais les germanistes iront surtout voir sur site du Goethe Institut le projet de chronique de l'Allemagne au vingti?me si?cle : la chronique consacr?e ? l’ann?e 1931 (? M-D?sseldort sucht einen M?rder ?) replace le film dans le contexte allemand de l’?poque, exercices pour les ?l?ves ? l’appui.


Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 12.05.08 à 16:17 - 2 commentaires

Sophie Scholl, une h?ro?ne

Le mouvement de la Rose Blanche, groupe d'?tudiants ayant r?sist? pacifiquement (principalement par la diffusion de tracts appelant ? l'insurrection des consciences) au nazisme ? partir du printemps 1942, a d?j? fait l'objet de plusieurs films, notamment par Michael Verhoeven (Die Weisse Rose) et Percy Aldon (F?nf letze Tage).
Sophie Scholl les derniers jours de Marc Rothemund s'en distingue par un parti pris clair : s'attacher uniquement au personnage de la jeune Sophie (un des trois piliers du groupe avec son fr?re Hans Scholl et leur ami Christoph Probst, ce seront d'ailleurs les premiers ? ?tre arr?t?s et ex?cut?s) et aux cinq derniers jours de sa courte existence : du 18 f?vrier, o? en compagnie de son fr?re elle est arr?t?e en pleine universit? de Munich, au 22 f?vrier, date de son ex?cution par la guillotine. Le film a ainsi le m?rite de montrer longuement le face ? face entre l'?tudiante et Robert Mohr, l'agent de la Gestapo charg? de l'interroger (gr?ce aux proc?s-verbaux d'interrogatoire, retrouv?s dans les archives est-allemandes dans les ann?es 1990), ainsi que la parodie de proc?s men? par le pr?sident du Tribunal du Peuple (Volkgerichtshof) lui-m?me, Robert Freisler. Il montre ainsi deux aspects contrast?s du r?gime nazi.
En revanche en se limitant au personnage de la jeune et fr?le Sophie, le film donne une vision assez restrictive du mouvement de la Rose Blanche, et joue sur un path?tique auquel on n'est pas oblig? d'adh?rer. Le film reste toutefois recommandable en histoire et ?videmment en allemand. Pour les germanistes on conseillera le site allemand du film, parmi d'autres liens s?lectionn?s par le site Cinehig.

[Sophie Scholl les derniers jours de Marc Rothemund. Dur?e : 1h57min. Distribution : Les Acacias. Sortie le 12 avril.]

Posté dans Dans les salles par comtessa le 12.04.08 à 17:15 - 18 commentaires

Heimat, un film d'Allemagne


Difficile d’imaginer une exploitation p?dagogique de cette œuvre aux proportions monumentales (plus d’une cinquantaine d’heures). Difficile aussi pour les germanistes ou simplement ceux qui s’int?ressent un peu ? notre voisin d’Outre-Rhin de rester indiff?rent ? l’?v?nement que constitue la "sortie" (le troisi?me volet dans quelques salles de cin?ma, le premier en DVD en attendant les deux autres) d’Heimat , la saga t?l?visuelle d’Edgar Reitz.

Ce feuilleton, comme on disait alors, dresse le portrait de l’Allemagne au vingti?me si?cle (de 1919 ? 2000) ? travers le destin d’une famille et d’un village fictif de Rh?nanie-Palatinat. Couronn? par un immense succ?s lors de sa diffusion en 1984, succ?s que n’ont pas d?menti les deux suites, il fait aujourd’hui partie int?grante du patrimoine culturel germanique. Pour mieux comprendre l’importance de ce v?ritable "lieu de m?moire", on renverra ? deux interviews en ligne d’Edgar Reitz, par Lib?ration et Le Courrier International. Se d?finissant avant tout comme un conteur (aux inspirations tr?s litt?raires : les Buddenbrook de Thomas Mann, Proust, Musil et Balzac…) il revient tout de m?me ? la fois sur la dimension cathartique de son grand œuvre (qui aurait permis ? l'Allemagne de se r?concilier avec son pass?), le rapport des allemands ? l’histoire et ? la nation, et ? ce concept r?put? intraduisible de "Heimat" : "On ne peut pas assimiler le Heimat ? la patrie, qui vient de Vaterland (le pays du p?re), car c'est un concept politique qui englobe le pays entier. Le Heimat est beaucoup plus petit et personnel. "
Sur cette notion si myst?rieuse de Heimat, on trouvera ?galement quelques indices sur le site de l'?mission d'Arte, Karambolage, qui lui consacrait en 2004 sa rubrique "Le Mot" : "Quand on remonte un peu dans l’histoire du mot "Heimat", on apprend ceci : il y eut une ?poque o? la langue allemande opposait "Heimat" ? "ELEND", la mis?re. "Elend" vient de l’ancien allemand "ali-lenti" et signifie litt?ralement "l’autre pays", l’?tranger. Vivre "? l’?tranger" ?tait donc synonyme de vivre "dans la mis?re". Ce qui, implicitement, faisait de "Heimat" un ?quivalent de "bonheur" (la suite ici).

Posté dans Dans les salles par comtessa le 02.04.08 à 21:43 - 4 commentaires

Mon F?hrer : Hitler, connais pas !

Mon F?hrer se termine par une sorte de micro-trottoir qui pose la question suivante ? des jeunes allemands d’aujourd’hui : d'apr?s vous, qui ?tait Adolph Hitler ? On ne sait si le r?alisateur n’a s?lectionn? que les plus ignares, mais la tonalit? de la s?quence est claire : pour reprendre le titre d’un film de Bertrand Blier, "Hitler, connais pas !".
Cette s?quence finale ajoute ? la perplexit? dans laquelle nous plonge le film de Dani Levy : car ? l’ignorance qu’il d?plore chez les jeunes g?n?rations, il ne pourra ajouter que de la confusion. Au-del? de la volont? de transgression et de provocation (Dani Levy reprend m?me la fameuse "sc?ne de la douche", devenue ? la fois le lieu commun et le chiffon rouge des films sur les camps), on se demande durant toute la projection o? veut en venir le film, et quel int?r?t il y a ? pr?senter Hitler en bouffon path?tique, s'en remettant ? son ancien professeur de th??tre juif.
Toute dictature est par essence ridicule (par le culte de la personnalit?, la parano?a, la boursouflure de l’appareil bureaucratique), mais n’est pas Lubitsch (To be or not to be) ou Chaplin (Le Dictateur) qui veut. Si l’on peut s’esclaffer ? quelques gags h?naurmes (le chien qui fait le salut nazi, la fausse demi-moustache de Hitler) ou sourire de certaines r?pliques grin?antes ("Cette histoire de juifs, n’en faites pas une affaire personnelle"), c'est l'impression de malaise qui domine. Sous ses dehors iconoclastes, on pourra juger assez dangereuse la fa?on que Mon F?hrer a d'euph?miser l’exp?rience concentrationnaire (des types qui cassent des cailloux en pyjama ray?) et le sort des juifs (Gr?nbaum retrouvera sans difficult? sa femme et ses enfants d?port?s).

> Peut-on rire d'Adolf Hitler ? (notre article du 21/01/07)
> Un autre "portrait" de Hitler : Peut-on utiliser La Chute (Der Untergang) en classe ?

[Mon F?hrer de Dani Levy. 2006. Dur?e : 1 h 37. Distribution : Jour2F?te. Sortie le 12 mars 2008]

Posté dans Dans les salles par zama le 13.03.08 à 12:40 - 8 commentaires

Les Faussaires : vertige de la fiction, horreur de l'histoire

Faux papiers, fausses identit?s, fausse monnaie : quoi de plus romanesque et de plus cin?matographique que le th?me du faux ? Il constitue le ressort d’un grand nombre de films sur la Seconde Guerre Mondiale, variations plus ou moins brillantes sur la guerre entre espions Alli?s et ceux de l’Axe, dans les registres dramatique (L’Affaire Cic?ron de Mankiewicz) ou comique (To be or not to be de Lubitsch).
L’histoire de Salomon Sorowitsch, faussaire de g?nie impliqu? dans l’op?ration Bernhard (vaste entreprise de contrefa?on de billets de banque lanc?e par les nazis pour saper les ?conomies alli?es), pourrait rentrer dans cette cat?gorie. A ceci pr?s que Salomon Sorowitsch ?tait juif comme la plupart des autres "faussaires" du titre, et qu’il ne participa qu’? son corps d?fendant ? l’op?ration Bernhard : s?lectionn?s par l’administration SS dans tous les camps de concentration europ?ens, les sp?cialistes (illustrateurs, ouvriers typographes, …) furent regroup?s dans le "KZ" de Sachsenhausen pour travailler au projet nazi. Ils b?n?ficiaient d’un traitement de faveur par rapport aux autres d?port?s, tout en ?tant ? la merci des nazis.
On per?oit ce qu’il y avait de d?licat ? m?ler le vertige de la fiction ? la r?alit? historique de la Shoah. Mais l’int?r?t du film, comme le faisait remarquer Christian Bonrepaux dans le Cin?classe consacr? au film, est justement d’aborder la r?alit? du g?nocide nazi de mani?re "oblique". Parqu?s dans un enclos relativement prot?g? ? l’int?rieur du camp de Sachsenhausen (dans l’œil du cyclone en quelque sorte, puisque Sachsenhausen ?tait aussi le QG de l’administration SS), totalement s?par?s des autres d?port?s, les faussaires du film ne per?oivent l’?tendue de l’horreur concentrationnaire que par bribes. Le moment le plus saisissant du film est d’ailleurs la rencontre entre les deux populations du camp d?laiss? par les SS ? l’arriv?e des troupes alli?es : les faussaires d?couvrent avec stup?faction les silhouettes d?charn?es des "musulmans" (comme les appelait Primo Levi) ; de leur c?t? ceux-ci n’arrivent pas ? prendre pour des d?port?s ces d?tenus si bien portants.
Le grand int?r?t du film est l?, plut?t que dans le portrait ambigu de l’officier nazi qui dirige l’op?ration, ou dans le dilemme moral qui tiraille les faussaires (sauver sa peau ? tout prix ou saboter un projet qui risque de permettre la victoire nazie ?). Mais la grande r?ussite des Faussaires r?side ?galement dans l’interpr?tation magistrale de l’acteur Karl Markowics, qui campe un Sorowitsch ambigu, ? la fois fonci?rement amoral et profond?ment humain.
Comme nous l’expliquions dans notre pr?c?dent article, ce film sobre et pudique rec?le en tout cas un vrai int?r?t p?dagogique pour aborder l’histoire du syst?me concentrationnaire. Les enseignants d’Histoire et d’Allemand trouveront ainsi un dossier p?dagogique dans chaque discipline sur le site p?dagogique du film, o? ils pourront ?galement t?l?charger le Cin?classe du Monde de l’Education.

[Les Faussaires de Stefan Ruzowitzky. 2007. Dur?e : 1 h 38. Distribution : Rezo. Sortie le 6 f?vrier 2008]

Posté par zama le 06.02.08 à 16:34 - 7 commentaires

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