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Berlin Alexanderplatz, version restaur

Le cin?ma allemand a retrouv? depuis quelques ann?es une certaine vitalit?, rencontrant les des grands festivals internationaux, remportant de nombreux succ?s aupr?s du grand public (cf en France de La Chute de Olivier Hirschbiegel, Le Parfum de Tom Tykwer, La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck)… Apr?s des ann?es de relative atonie, cette petite renaissance a relanc? l'int?r?t pour les grands a?n?s de la Nouvelle Vague allemande, et notamment pour celui qui ?tait ? la fois leur chef de file et leur enfant terrible : Rainer Werner Fassbinder. Il y a deux ans, le Centre Pompidou avait programm? une int?grale des œuvres du ma?tre, tandis que l'?diteur Carlotta Films sortait deux copieux coffrets de versions restaur?es.
Ne manquait ? la r?trospective du Centre qu'une seule œuvre, mais pas la moindre : Berlin Alexanderplatz, la s?rie (en 13 ?pisodes et 1 ?pilogue) tourn?e (en 1979-1980) pour la t?l?vision allemande d'apr?s le magistral roman d'Alfred D?blin. Apr?s un patient et minutieux travail de restauration men? par Bavaria Film et la Fondation Fassbinder, sous l'?gide des collaborateurs du r?alisateur, on va pouvoir red?couvrir Berlin Alexanderplatz comme on ne l'avait jamais vu : le film a ?t? restaur? num?riquement en haute d?finition (2K), et des copies 35 mm ont ?t? tir?es pour la premi?re fois (le film avait ?t? tourn? en 16 mm). La sortie du coffret DVD (comprenant les 14 ?pisodes et de nombreux bonus) chez Carlotta Films le 3 octobre s'accompagnera donc d'une tourn?e-?v?nement commen?ant le 6 octobre au Grand Rex ? Paris et se poursuivant (? Lyon, Strasbourg, Toulouse…) tout au long de l'ann?e scolaire.
En attendant le dossier p?dagogique que Z?rodeconduite.net consacrera ? la s?rie, on terminera avec ces belles lignes de Fassbinder sur son rapport au roman de D?blin : "Il se peut que Berlin Alexanderplatz m'ait aid? ? reconna?tre cette exigence envers l'art, ? la formuler et surtout ? la poser envers mon propre travail. J'ai donc rencontr? une oeuvre d'art qui n'?tait pas seulement en mesure d'aider, en quelque sorte, ? vivre - de cela aussi, je reparlerai - une oeuvre d'art donc, Berlin Alexanderplatz, qui aide ? ?laborer du th?orique sans ?tre th?orique, qui contraint ? des attitudes morales sans ?tre morale, qui aide donc ? accepter le banal comme essentiel, comme sacr?, sans ?tre banale ou m?me sacr?e ou sans pr?tendre ?tre un expos? sur l'essentiel et malgr? tout sans ?tre pour autant cruelle, ce qui n'est pas rare pour des oeuvres de cette envergure."

> MAJ 17/09/07 : voir notre site p?dagogique Berlin Alexanderplatz

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 12.09.08 à 11:08 - 1 commentaire

Les particules ?l?mentaires

Ouvrant le bal des adaptations de l'automne (Le Parfum de Tom Tykwer, Le Grand Meaulnes de Daniel Verhaeghe), l’oeuvre de Michel Houellebecq qui avait d?fray? la chronique en 1998 arrive sur les ?crans dans la version allemande d'Oskar Roehler. Si le roman para?t difficilement exploitable en cours pour des lyc?ens en raison d’une ?criture crue, voire pornographique, il n’en demeure pas moins int?ressant pour le tableau sociologique des trente derni?res ann?es qu’il dresse, le rapport de soi ? autrui et l’impossibilit? de communiquer qui l’affecte. Le film parvient ? retranscrire avec justesse un roman ? la fois comique et d?sesp?r?, sans toutefois aller jusqu’au bout de l’inhumanit? comme chez Houellebecq.
Une empathie profonde se d?gage pour ces personnages, Bruno, Michel, Christiane et Annabelle, naufrag?s d’une soci?t? soi-disant lib?r?e et victimes expiatoires de qu?tes illusoires telles que le plaisir, le bonheur, l’amour, le r?confort. S’il ne fait pas l’?conomie des sc?nes o? les relations humaines sont autopsi?es du point de vue de la sexualit?, le film a la pudeur de se d?tacher du sexe pour percevoir son impact sur l’individu, la tendresse qu’il g?n?re ou le d?sespoir qu’il provoque.
On pourrait d?plorer le fait que le film se d?roule en Allemagne, mais Roehler est parvenu ? transposer le contenu universel du roman et l’allemand, tant?t nonchalant, tant?t nerveux traduit habilement les rythmes d’une ?criture tant?t froide, tant?t hallucin?e. C’est donc un film ? voir et en version originale.
On recommandera surtout ces deux œuvres ? des ?tudiants de BTS, voire ? des lyc?ens de Terminale Litt?raire avertis, germanistes ou non, qui pourront s’interroger sur le poids des d?terminismes g?n?tiques, sociaux ou psychanalytiques dans la construction de l’identit?, en Fran?ais et en SES voire en Philosophie. Ils pourront comparer la fin du film et celle du roman pour d?terminer un choix, pas si anodin que cela : l’esp?rance sans aller jusqu’? l’optimisme ou l’impasse du d?sespoir

[Les particules ?l?mentaires d'Oskar Roehler. 2006. Dur?e : 1 h 53 mn. Distribution : TFM. Sortie le 30 ao?t 2006]

Voir ?galement :
Le site officiel du film
Le site officiel Michel Houellebecq
Le blog de Michel Houellebecq

Posté dans Dans les salles par comtessa le 31.08.08 à 13:07 - 6 commentaires

M comme? M?rder



Mlemaudit.jpgA l’occasion de la (?ni?me) reprise en salles ? Paris de M le Maudit (1931), disponible en DVD depuis quelques temps d?j?, rapide tour d’horizon des ressources p?dagogiques qui existent en ligne sur le chef d’œuvre de Fritz Lang.
Une d?ception tout d’abord, le blog "M le maudit" est une fausse piste : le meurtrier adepte de la lettre anonyme n’est pas revenu pour narguer la police depuis la blogosph?re.
Outre une honn?te analyse filmique qui reprend les th?mes explor?s par la litt?rature critique consacr?e au film (l’expressivit? symbolique des d?cors, les jeux de surcadrage et de miroir, le d?boulement) et, plus in?dit, un parall?le entre M et Les Nibelungen, on trouvera donc :
— en histoire une page consacr?e ? Fritz Lang, que Marc Ferro consid?re comme "le plus grand cin?aste historien", via deux de ses films : M et Docteur Mabuse.
— en allemand, une didactisation sur le film, divis?e en deux parties, "objectif civilisationnel" et "langage cin?matographique".
Mais les germanistes iront surtout voir sur site du Goethe Institut le projet de chronique de l'Allemagne au vingti?me si?cle : la chronique consacr?e ? l’ann?e 1931 (? M-D?sseldort sucht einen M?rder ?) replace le film dans le contexte allemand de l’?poque, exercices pour les ?l?ves ? l’appui.


Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 12.05.08 à 16:17 - 2 commentaires

L'?v?nement Fassbinder

Photogramme du Secret de Veronika Voss

P?dagogique, scolaire, ?ducatif : ces mots s’appliquent mal au talent volcanique et sulfureux de Rainer Werner Fassbinder, et les enseignants d’allemand pr?f?rent g?n?ralement montrer ? leurs ?l?ves soit les grands classiques des ann?es 20-30 (Lang, Murnau…) soit les succ?s r?cents du box-office allemand.
Pourtant comme nul autre cin?aste peut-?tre R.W. Fassbinder a "mis en sc?ne l’histoire de son pays : sagas, fresques et m?lodrames sur l’Allemagne au XIXe et au XXe si?cles, portraits sans fard du sort r?serv? aux minorit?s et aux plus d?munis, r?flexions ? chaud sur le terrorisme qui frappait la R.F.A. dans les ann?es 70.", comme le rappelle le programme de la r?trospective int?grale (44 films en 16 ans !) que le Centre Pompidou lui consacre du 13 avril au 6 juin 2005.
Cette r?trospective n’est que l’?picentre d’une intense activit? ?ditoriale : un colloque organis? en partenariat avec le Goethe Institut, intitul? la Rage de Fassbinder (le 4 juin), une riche exposition (qui fait une place de choix au th?me de "L’Allemagne vue par Fassbinder" et ? Berlin Alexanderplatz, l’adaptation-fleuve du roman de D?blin ) mais aussi deux coffrets-DVD ?dit?s par Carlotta avec de nombreux suppl?ments.
Enfin, pour ceux dont la curiosit? n’est pas rassasi?e, on conseillera d’aller visiter l’autoproclam? "Premier site p?dagogique fran?ais d?di? ? Rainer W. Fassbinder" ainsi que le site de la tr?s officielle Fondation Fassbinder.
A voir aussi, une exploitation en histoire (Terminale et Premi?re : bilan de la 2?me guerre mondiale) du Mariage de Maria Braun.

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Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 28.04.08 à 17:00 - Réagir

Sophie Scholl, une h?ro?ne

Le mouvement de la Rose Blanche, groupe d'?tudiants ayant r?sist? pacifiquement (principalement par la diffusion de tracts appelant ? l'insurrection des consciences) au nazisme ? partir du printemps 1942, a d?j? fait l'objet de plusieurs films, notamment par Michael Verhoeven (Die Weisse Rose) et Percy Aldon (F?nf letze Tage).
Sophie Scholl les derniers jours de Marc Rothemund s'en distingue par un parti pris clair : s'attacher uniquement au personnage de la jeune Sophie (un des trois piliers du groupe avec son fr?re Hans Scholl et leur ami Christoph Probst, ce seront d'ailleurs les premiers ? ?tre arr?t?s et ex?cut?s) et aux cinq derniers jours de sa courte existence : du 18 f?vrier, o? en compagnie de son fr?re elle est arr?t?e en pleine universit? de Munich, au 22 f?vrier, date de son ex?cution par la guillotine. Le film a ainsi le m?rite de montrer longuement le face ? face entre l'?tudiante et Robert Mohr, l'agent de la Gestapo charg? de l'interroger (gr?ce aux proc?s-verbaux d'interrogatoire, retrouv?s dans les archives est-allemandes dans les ann?es 1990), ainsi que la parodie de proc?s men? par le pr?sident du Tribunal du Peuple (Volkgerichtshof) lui-m?me, Robert Freisler. Il montre ainsi deux aspects contrast?s du r?gime nazi.
En revanche en se limitant au personnage de la jeune et fr?le Sophie, le film donne une vision assez restrictive du mouvement de la Rose Blanche, et joue sur un path?tique auquel on n'est pas oblig? d'adh?rer. Le film reste toutefois recommandable en histoire et ?videmment en allemand. Pour les germanistes on conseillera le site allemand du film, parmi d'autres liens s?lectionn?s par le site Cinehig.

[Sophie Scholl les derniers jours de Marc Rothemund. Dur?e : 1h57min. Distribution : Les Acacias. Sortie le 12 avril.]

Posté dans Dans les salles par comtessa le 12.04.08 à 17:15 - 18 commentaires

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