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Beaucoup de bruit pour rien : le site p?dagogique

Beaucoup de bruit pour rien

Quand Joss Whedon, le créateur de la série Buffy contre les vampires et et le réalisateur du "blockbuster" The Avengers, s'empare d'une des plus célèbres comédies de Shakespeare, Much Ado about Nothing (Beaucoup de bruit pour rien) cela donne… une très jolie surprise, légère et euphorisante comme les bulles du champagne. Du champagne, entre autres alcools, il y en a beaucoup dans le film, qui transpose l'intrigue de Shakespeare (ou les amours contrariées de Beatrice, Benedick, Hero et Leonato) dans la jet-set californienne d'aujourd'hui, à la manière d'un Baz Luhrmann.
Dans un noir et blanc et sur une musique jazzy qui rappellent l'univers de Woody Allen, les acteurs s'approprient brillamment la langue de Shakespeare, pour le plus grand plaisir du spectateur. Alors que 2014 sera en France l'année anniversaire de la naissance de Shakespeare ("Shakespeare 450"), le film est une jolie occasion d'introduire les élèves à ses comédies, en s'appuyant pourquoi pas, à titre de comparaison, sur la version de Kenneth Branagh, sortie il y a tout juste vingt ans.

Zérodeconduite.net consacre un site pédagogique au film, avec un dossier en Anglais et en Français.

Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado about nothing) de Joss Whedon, au cinéma le 29 janvier 2014
> Le site pédagogique : www.zerodeconduite.net/beaucoupdebruitpourrien

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels et un dossier pédagogique (Anglais, Français), sur la boutique DVD Zérodeconduite.   

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par Zéro de conduite le 22.12.13 à 23:50 - Réagir

Mandela, un long chemin vers la libert? : Nelson et Winnie

Mandela, un long chemin vers la libert?

Imagin? d?s 1995 par le producteur sud-africain Anant Singh, Mandela, A long walk to freedom ne sort sur les ?crans de cin?ma qu'aujourd'hui, alors que le monde ach?ve ? peine de c?l?brer la disparition de la derni?re ic?ne politique du XX?me si?cle. Ce hasard ach?ve de consacrer le film de Justin Chadwick comme LE "biopic" du premier pr?sident de l'Afrique du Sud post-apartheid : d'abord parce qu'il se pr?sente comme l'adaptation fid?le de l'autobiographie de "Madiba" ; ensuite, et surtout, parce qu'? la diff?rence d'œuvres ant?rieures (Goodbye Bafana, qui se concentrait sur la captivit? de Mandela, Invictus, qui roman?ait la victoire de l'?quipe sud-africaine ? la Coupe du Monde de Rugby de 1994) ce nouveau film suit Mandela suit la majeure partie de sa vie.

A la faveur des hommages, r?trospectives, dossiers sp?ciaux qui ont ces derniers jours ?clair? les moindres zones d'ombre de la vie du grand homme, on mesure la gageure que repr?sente une telle entreprise : comment r?sumer en deux heures et quelques (de ce qui doit rester un divertissement populaire) une "longue marche" de plus de soixante ans, avec ses brusques acc?l?rations (la p?riode de clandestinit?, le proc?s de Rivonia, la lib?ration) mais aussi le long et d?sesp?rant tunnel que constitu?rent ses 27 ann?es d'incarc?ration ? Quel fil narratif tirer pour donner unit? et coh?rence ? l'accumulation de faits biographiques d?j? largement connus ?

Le film choisit judicieusement de mettre l'accent sur la relation qui unit Nelson ? "l'autre Mandela" : Winnie Madikizela Mandela, compagne tendrement aim?e qui se muera par la force des choses en partenaire, puis en adversaire, politiques. C'est un choix doublement f?cond : sur le plan de la fiction, montrer un Mandela ambitieux, coquet, un peu coureur, en un mot humain, et le faire incarner par un acteur de quarante ans (Idriss Elba, star de la s?rie The Wire), permet de nous faire un tant soit peu ressentir la violence que subit Madiba, ? qui furent vol?s vingt-sept ann?es de sa vie sentimentale, sexuelle, familiale… Sur le plan historique, l'accent mis sur la relation entre Nelson et Winnie est aussi un excellent raccourci pour faire comprendre la grandeur politique de Mandela : cette capacit? ? d?passer le ressentiment pour imposer la r?conciliation ? un pays au bord de la guerre civile (le film montre les affrontements entre partisans de l'ANC et zulus de l'Inkhata, alors tent?s par la s?cession), alors que la majorit? de ses partisans semblait aveugl?e par son esprit de revanche. Ceux-l?, c'est Winnie qui les repr?sente dans le film, Winnie auquel le r?gime sud-africain, non contente de l'avoir s?par?e de son mari et du p?re de ses filles, fit endurer un v?ritable calvaire (vexations, incarc?rations, torture, exil), la transformant en opposante farouche et d?termin?e. Et c'est encore elle qui les repr?sente aujourd'hui, malgr? des frasques (dont une accusation de meurtre) sur lesquelles le film passe pudiquement (fid?le en cela ? l'indulgence que lui manifesta toujours Nelson) : tous ceux qui pensent que les blancs s'en sont tir?s ? bon compte, et que Madiba leur a vol? "leur r?volution".

Sans aucune audace sur le plan cin?matographique mais dot? de moyens cons?quents, Mandela, un long chemin vers la libert? est donc un biopic qui s'acquitte honn?tement de sa tache, et qui pourra ?tre utile aux enseignants, notamment d'anglais, souhaitant aborder l'Afrique du Sud et le parcours de Mandela en classe.

[Mandela, un long chemin vers la libert? de Justin Chadwick. 2013. Dur?e : 139 mn. Distribution : Path?. Sortie le 18 d?cembre 2013]

Pour aller plus loin :
> Un dossier p?dagogique en Histoire sur le film de Justin Chadwich
> Notre site p?dagogique sur le film Goodbye Bafana de Bille August (2007) : il propose un dossier p?dagogique (Anglais, Histoire) ainsi que le magazine Cin?classe du Monde de l'?ducation, avec notamment une interview de l'historien François-Xavier Fauvelle-Aymar qui replace l'histoire de l'apartheid dans celle des relations internationales (expliquant ainsi le soutien dont b?n?ficia tr?s longtemps l'Afrique du Sud de la part des d?mocraties occidentales), point que n'aborde pas le film
> Des ressources pour les enseignants d'Anglais sur le site acad?mique de Dijon

Posté dans Dans les salles par zama le 18.12.13 à 17:06 - Réagir

The Lunchbox : In(de) the mood for love

The Lunchbox

Le premier long-m?trage de Ritesh Batra, d?couverte de la derni?re Semaine de la Critique (Cannes 2013) raconte la magnifique "tomb?e en amour" de deux personnages que tout oppose : Ila (Nimrat Kaur), jeune ?pouse d?laiss?e de la classe moyenne, et Saajan (Irrfan Khan, d?j? vu dans Slumdog Millionaire, The Amazing Spiderman, L'Histoire de Pi), comptable misanthrope ? la veille de la retraite. Cet innamoramento est d'autant plus sublime qu'il est ?conome de ses effets : loin de tout lyrisme, il se glisse dans les silences, les non-dits et les rendez-vous manqu?s, et prend pour cadre un Bombay quotidien et r?aliste, ? cent lieues des sucreries bollywoodiennes.

Comme dans In the mood for love de Wong Kar Wa?, on retrouve donc une ?pouse d?laiss?e : Ila pr?pare chaque matin des plats d?licieux pour reconqu?rir son mari, et les lui fait livrer au bureau dans la "lunch-box" en m?tal qui donne son titre au film. On d?couvre avec curiosit? l'organisation des Dabbawallahs, ce syst?me sophistiqu? de livraisons quotidiennes qui permet ? la population de Bombay de consommer au bureau des plats faits maison. Par extraordinaire (la statistique est d'une erreur sur un million, selon des math?maticiens de Harvard), le livreur se trompe et sert l'un de ces d?lices, non pas au mari distant, mais ? l'inconnu Saajan... La lunch box va ainsi devenir l'espace d'une rencontre gustative et servir ? l'?change d'une correspondance, d'abord lapidaire, puis plus ample, dans laquelle chacun des protagonistes va r?v?ler ses failles et ses blessures. Le r?alisateur ?vacue la question morale d'un possible adult?re entre Saajan, le veuf et Ila la femme mari?e, en montrant la souffrance existentielle d'Ila qui malgr? tous ses efforts n'arrive pas ? cr?er le dialogue avec son ?poux, et dont un fait divers rapport? ? la radio (une m?re de famille qui se suicide avec ses enfants) laisse entrevoir le destin tragique. Par ailleurs le film se pla?t ? rapprocher une jeune et belle femme et un homme entrant en vieillesse, qui, m?me s'il porte toujours beau, commence ? "sentir l'odeur de son grand-p?re" : Saajan refusera la facilit? et la vanit? de la s?duction, contrastant en cela avec le personnage de l'?poux volage.

Les destins de ces deux personnages qui n'?taient pas appel?s ? se croiser sont figur?s par les trains bond?s, et, surtout, par le trajet de la lunchbox verte, ballott?e par les Dabbawallahs dans le labyrinthe inextricable de Bombay.? M?me si Ila et Saajan ?changent leurs souvenirs nostalgiques d'une Inde pass?e, le film se tourne r?solument vers le futur : il s'agit pour Ila de commencer une nouvelle vie, et pour Ritesh Batra d'envisager une soci?t? moins cruelle envers ses femmes… C'est ici qu'il convient d'?voquer Shaikh (Nawazuddin Siddiqui), le troisi?me personnage du film, jeune employ? que Saajan est cens? former avant son d?part : orphelin aux faux airs de Tony Curtis indien, mi-escroc, mi-h?ros, Shaikh parvient par son humour gracieux ? se faire adopter par Saajan, comme il a r?ussi ? convaincre la famille de son beau-p?re de c?l?brer le mariage avec la jeune fille qui avait tout quitt? pour lui. Cette touche picaresque ajoute au charme d'un film qui joue sur les sensations, ? travers un d?fil? de plats ?pic?s qui scandent l'?volution int?rieure des personnages…

D?s la quatri?me, on peut conseiller aux ?l?ves ce tr?s joli film (d'ailleurs s?lectionn? pour le Prix Jean Renoir des Lyc?ens 2014) qui offre un regard loin des clich?s sur l'Inde. M?me si certains passages sont en hindi, le film peut ?tre utilis? en cours d'anglais pour aborder cet ex-pays du Commonwealth. Il pourra ?galement ?tre abord? en cours de g?ographie pour l'?tude de la ville de Mumba?/Bombay, en Seconde comme ?tude de cas sur "Villes et d?veloppement" durables, en Terminale ES/L pour le chapitre sur "Mumbai, modernit?, in?galit?s". Le film est particuli?rement int?ressant par son illustration de la mobilit? urbaine, celles des hommes (mouvements pendulaires des travailleurs dans les trains de banlieue bond?s, embouteillages dantesques dans les rues) comme celle des marchandises (les trajets complexes, utilisant diff?rents moyens de transport, des lunchboxes), et par le tableau des in?galit?s sociales et spatiales qu'il laisse appara?tre en filigrane.

[The Lunchbox de Ritesh Batra. 2013. Dur?e : Distribution : Happiness. Sortie le 11 d?cembre 2013]

Pour aller plus loin :
> La fiche p?dagogique du Prix Jean Renoir

Posté dans Dans les salles par comtessa le 11.12.13 à 12:24 - 1 commentaire

Faites le mur : le Banksy que vous pouvez vous offrir

Il est passé par ici, il repassera par là… Durant tout le mois d'octobre, le génial Banksy, "artiste de rue", le plus célèbre, le plus secret et — accessoirement — le plus cher au monde a défrayé la chronique newyorkaise avec son projet de résidence sauvage : créer une œuvre par jour dans les rues la "grosse pomme", dont l'emplacement était annoncé après coup sur son site internet… C'est l'occasion de découvrir la seule œuvre que – sauf nouveau miracle banksyen – la plupart d'entre nous pourront jamais s'offrir : son film Faites le mur (Exit through the gift shop en VO), sorti en France en 2010, aujourd'hui édité en DVD (et disponible sur la boutique Zérodeconduite.net). Faites le mur est le portrait d'un personnage nommé Thierry Guetta, magnat français (accent inénarrable inclus) de la fripe et vidéaste compulsif, s'improvisant témoin passionné du mouvement street art et de ses figures de proue. Mais s'avérant incapable de tirer un film cohérent de ses quelques dix-mille heures de rushes, Thierry Guetta décide d'abandonner son rôle de témoin pour se "mettre à son compte" sous le pseudonyme de "Mister Brainwash", caricature vivante des dérives de l'art contemporain, parvenant à vendre à prix d'or des œuvres ineptes entourées d'un discours fumeux, au grand dam de ses mentors (le film a failli s'appeler "Comment vendre de la m… à des c…")… 

Il ne fallait pas s'attendre à un documentaire classique de la part de ce trublion qui a distribué des faux billets à l'effigie de Lady Di, introduit le costume de Guantanamo à Disneyland, ou repeint le mur de séparation entre Israël et la Palestine (entre autres exploits)… Ce brillant mockumentary, constamment drôle et vivifiant, est non seulement un témoignage de première main sur le mouvement street art (dont on voit les œuvres en situation, et les principaux artistes : Space Invader, Shepard Fairy, Banksy lui-même), mais aussi et surtout un manifeste de l'art de Banksy appliqué au cinéma.
Il ne manquera pas d'enthousiasmer et d'interpeller (quel est le vrai du faux) les lycéens, et c'est pour cela que nous proposons le DVD dans notre boutique avec un dossier pédagogique destiné aux profs d'anglais. On consultera aussi avec profit l'interview de l'historien de l'art Alain Milon, consacré à ce film et à Vandal de Hélier Cisterne.

Dans la boutique Zérodeconduite.net :
Faites le mur (Exit through the gift shop)
de Banksy, 2010, DVD France Télévisions Distribution
DVD + droits d'utilisation en classe et de prêt + dossier pédagogique anglais

Bonus : un excellent article du Monde faisant le point sur Banksy : "Banksy, génie ou imposteur" ?

 

Posté dans Dans les bacs par Zéro de conduite le 30.10.13 à 16:51 - Réagir

M?moires de nos p?res

 

Premier épisode de la saga consacrée par Clint Eastwood à la bataille d'Iwo Jima, Mémoires de nos pères s'attache à explorer le point de vue américain sur ce sanglant épisode de la Seconde Guerre Mondiale (il faudra attendre 2007 et la sortie de Lettres d'Iwo Jima pour en découvrir la vision japonaise).
Mémoires de nos pères est l'adaptation d'un récit de James Bradley dont le père, vétéran de la bataille de l'île d'Iwo Jima, péniblement prise aux Japonais, fit partie des six soldats qui hissèrent le drapeau américain sur le mont Suribachi le 23 février 1945.
Cette action fut immortalisée par le photographe Joe Rosenthal. Le film traite l'histoire du cliché de cette scène (voir cette analyse de la photo, parmi 4 autres, proposée le site académique de Strasbourg) destiné à devenir, dans un premier temps le symbole de la future victoire américaine, puis quelques années plus tard une image-emblème (statue) de la force et de la valeur des soldats américains.
Grâce à de fréquents flash-backs, Clint Eastwood entrelace l'histoire vécue par ces soldats lors de la prise de cette île avec celle de la tournée des trois survivants de la photographie de Rosenthal aux Etats-Unis, acclamés comme des héros au cours d'une campagne publicitaire destinée à inciter les Américains à acheter des bons de guerre. Ce long-métrage, qui n'est pas un simple film de guerre, mène ainsi une réflexion approfondie sur la construction de l'Histoire : comment passe-t-on de la simple réalité des combats à un épisode légendaire de l'histoire d'une nation ? Eastwood choisit d'y répondre en montrant à la fois la transformation d'une photographie en une icône patriotique comme celle de simples soldats en véritables héros d'une nation.
Ce film peut se prêter par ailleurs à un travail pédagogique dans le cadre du programme d'histoire des premières générales et de la Terminale STG, consacré à la Seconde Guerre Mondiale. Il présente en effet la réalité des combats menés lors de la reconquête du Pacifique, qui sont plus rarement abordés au cinéma que les grandes batailles européennes de cette période. Il est utile d'autre part pour comprendre les différents enjeux de la guerre totale menée par les Etats-Unis : la tournée des survivants du cliché de Rosenthal rappelle en effet l'intense travail de propagande mis en oeuvre pour convaincre les Américains du bien-fondé de leur combat comme de l'impérieuse nécessité de financer l'effort de guerre de la nation.
On pourra par ailleurs, en inscrivant ce long-métrage dans la filmographie de Clint Eastwood, étudier l'appréhension de l'histoire des Etats-Unis par Hollywood. Le metteur en scène, ancienne icône des westerns et des films policiers américains (Le Bon, la Brute et le Truand ; L'inspecteur Harry), s'interroge en effet depuis plus d'une quinzaine d'années sur les principes fondateurs de l'histoire de son pays, qu'il a lui-même longtemps incarnés. Comme Impitoyable et Space Cow Boys, le film rappelle en effet combien l'allégeance aux épisodes glorieux de la nation et la soumission respectueuse à une généalogie de héros pose problème à un pays qui aujourd'hui met en question la valeur de ses mythes fondateurs.

[Mémoires de nos pères de Clint Eastwood. 2006. Durée : 2 h 12. Distribution : Warner Bros. Sortie le 25 octobre 2006]

Posté dans Dans les salles par zama le 26.10.13 à 18:31 - 10 commentaires

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