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: (79 articles)

Que les SES soient avec toi

La "Force", fontaine d'abondance p?dagogique ? Apr?s Star Wars et la physique, Star Wars et la g?ographie, Star Wars et l'histoire des mythes, voici Star Wars en SES… Dans la derni?re ?dition mensuelle du Caf? p?dagogique Claude Bordes nous signale le dossier documentaire r?alis? par Renaud Chartoire et t?l?chargeable en pdf sur le site du CNDP, qui propose d'?tudier la saga de Georges Lucas comme "ph?nom?ne ?conomique, social et politique" :
"Les cours d’introduction en classe de seconde et de premi?re nous am?nent ? montrer aux ?l?ves que les SES r?alisent une approche ? la fois ?conomique, sociale et politique des ph?nom?nes contemporains. Pour ce faire, la plupart des manuels proposent d’analyser une activit? donn?e (les vacances, la musique, la mode, le cin?ma...) en mettant l’accent sur cette triple dimension. Le dossier documentaire suivant reprend cette d?marche, mais en l’appliquant au cas particulier de la saga Star Wars, qui se pr?te parfaitement ? ce type d’analyse."
D?veloppement du merchandising et de l'empire commercial "Star Wars" mais aussi importance du poste dans le budget des fans et concentration du secteur de la distribution, c'est surtout l'?conomie de la saga qui est ?voqu?e. On regrettera l'absence de correction, mais le choix des documents (articles de journaux principalement) constitue une synth?se utile.

Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 18.12.08 à 18:15 - Réagir

La Graine et le mulet : petites gens, grand film

Apr?s les festivaliers v?nitiens (le film a re?u un Prix Sp?cial du Jury ? la Mostra, et la com?dienne Hafsia Herzi un Prix d’interpr?tation), les critiques fran?ais l’ont salu? avec une rare unanimit?, et le public semble ? son tour r?pondre ? l’appel.
Ce n’est pas une raison pour ne pas dire ? notre tour l’immense bien que nous pensons de La Graine et le mulet, brillante ?toile de d?cembre dans le ciel qu’on dit morne du cin?ma fran?ais. On conna?t l’argument du film, sur lequel pas un producteur n’aurait sans doute mis? un kopeck n’?tait le pedigree de Kechiche : licenci? des chantiers navals parce que trop vieux et pas assez productif, Slimane investit ses maigres indemnit?s dans l'achat et la r?novation d'un bateau, pour y monter, avec l'appui de sa (ou plut?t de ses) famille(s) un restaurant sp?cialis? dans le couscous de poisson.
Mais de m?me que L’Esquive, par son travail sur la langue de Marivaux et les codes th??traux, ?chappait aux orni?res du film de banlieue (voir notre dossier p?dagogique en Fran?ais), La Graine et le mulet parvient ? s’affranchir de toute pesanteur sociale ou sociologique, ? d?passer ce que son mat?riau pouvait avoir de mis?rabiliste ou de convenu. C'est pourquoi, si une seconde vision du film r?v?le la finesse avec laquelle Kechiche retranscrit la violence du monde du travail, ou celle plus symbolique des institutions (la condescendance avec laquelle sont trait?s Slimane et son projet), on est tout d'abord happ? par l'?nergie des personnages et l'?vidence de l'histoire.
Rarement dans le cin?ma fran?ais (on ne voit que Maurice Pialat ou chez nos cousins belges, que les fr?res Dardenne) les outils d’un cin?ma naturaliste (cam?ra port?e, style documentaire, m?lange d’acteurs professionnels et amateurs) n’auront ?t? mis au service d’une telle ma?trise narrative (difficile de trouver une sc?ne de transition ou d’explication, dans ces deux heures trente de film). Non content de saisir le r?el ? pleins bras (en tout cas de nous donner cette impression fascinante), Abdelatif Kechiche le hisse ? dimension sup?rieure, celle de l’?pique puis du tragique.
Le film aligne ainsi les morceaux de bravoure : ce repas de famille tellement pantagru?lique qu’il en devient inqui?tant, le chœur des comm?res (les vieux voisins de Slimane), les tirades respectives de Rym (Hafsia Herzi), surjouant la fureur pour convaincre sa m?re, et de Julia (Alice Houri), hoquetant de d?sespoir devant son beau-p?re qui n’en peut mais ; et surtout cette s?quence finale qui alterne la course absurde de Slimane ? la poursuite de son scooter (on ne peut s’emp?cher de penser ? celle du Voleur de bicyclette de De Sica) et la danse du ventre de Rym ensorcelant, comme dans un conte des Mille et une nuits, une assembl?e de notables hostiles.
On renverra aux beaux articles de Philippe Leclercq pour les Actualit?s pour la classe du CNDP, tr?s p?dagogique (il analyse de mani?re tr?s fine la "circulation du langage", notamment chez les personnages f?minins), et ? celui de St?phane Delorme dans les Cahiers du Cin?ma, qui replace Kechiche dans l'histoire du cin?ma fran?ais.

[La Graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche. 2007. Dur?e : 2 h 31. Distribution : Path?. Sortie le 12 d?cembre 2007]

Posté dans Dans les salles par zama le 17.12.08 à 19:39 - 10 commentaires

La s?ance du mois (novembre) : Le go?t des autres en SES

Com?die d'observation sociale finement dialogu?e et interpr?t?e, Le Go?t des autres avait ?t? le grand succ?s du printemps 2000, rassemblant plus de 3,5 Millions de spectateurs fran?ais dans les salles de cin?ma.
Centr? sur les diff?rences culturelles (au sens large) qui s?parent des personnages socialement identifi?s et typ?s (chef d’entreprise, artistes, serveuse de bar, gardes du corps, femme au foyer...), le film met au jour avec humour ou cruaut? des ph?nom?nes de diff?renciation et de distinction, qui engendrent des rapports de domination. Il peut donc ?tre ?tudi? d'un point de vue sociologique, sous l'angle des th?ses de Pierre Bourdieu.
Notre s?quence du mois propose d'?tudier Le go?t des autres avec les classes de Premi?re ES, pour aborder plusieurs questions centrales du programme de SES telles que la socialisation, la culture ou la structure sociale.

[T?l?charger la s?quence p?dagogique au format pdf]

> voir ?galement cette ?tude sur le site cadrage.net

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par Zéro de conduite le 28.11.08 à 20:30 - 3 commentaires

Bienvenue ? Bataville : utopie patronale

Bienvenue ? BatavillePort? une voix-off autoritaire et p?remptoire, qui dirige le spectateur l? o? elle a envie de le mener (c'est celle du patron, Thomas Bata), Bienvenue ? Bataville est un documentaire comme on n’a pas l’habitude d’en voir. Le film revient sur l'exp?rience de Bataville (1930-2002), cit? lorraine cr??e de toutes pi?ces par le chausseur tch?que pour h?berger ses ouvriers, r?ve utopique de cit? id?ale en m?me temps qu'instrument du paternalisme le plus concret.
Le dispositif choisi par Fran?ois Caillat pour construire son film ne manque pas d’humour ni — surtout — de port?e symbolique : le r?alisateur souligne lui-m?me qu’il a d?lib?r?ment voulu que tout semble factice dans cette succession d’interventions des t?moins (ouvri?res, musiciens, sportifs, chef du personnel) introduits comme des num?ros de cirque. L’effet attendu est atteint, peut-?tre trop bien d'ailleurs : ? mesure que les t?moignages d'heureux batavillois se succ?dent monte une irr?pressible impression d’?touffement et d’enfermement ; enfermement dans une ville o? tout ?tait disponible sur place (l’usine, la halle des sports, la piscine, le cin?ma, les commerces, etc.) mais qui par l? m?me fonctionnait en vase clos, excluant les contestataires (et les syndicalistes).
Le film peut utilement servir ? aborder les notions de paternalisme (cf notre travail sur Dernier maquis), d’ali?nation, les liens entre travail et lien social en SES ou en Philosophie. Philippe Leclercq, dans son article pour les Actualit?s pour la classe du CNDP, m?ne une analyse assez pr?cise sur le concept d'utopie (il renvoie d'ailleurs ? l'excellent site de la Bnf) et son d?voiement ? Bataville. Une r?flexion plus g?n?rale sur le pouvoir peut ?galement ?tre men?e ? partir du film en option Sciences politiques (1re ES). On y d?couvre en effet ? la fois les aspects insupportables d’un pouvoir patronal contr?lant tous les aspects de la vie des ? collaborateurs ? (jusqu'? ficher toutes les informations disponibles sur chacun dans la ? cartoth?que ?), et l’adh?sion (na?ve ?) ? laquelle il a donn? lieu de la part des ouvriers et ouvri?res log?s sur place, dont la vie ?tait prise en main de fa?on si compl?te. Jusqu’? ce que le syst?me s’?croule et que l’usine ferme en 2006, laissant appara?tre de nombreuses d?sillusions.

[Bienvenue ? Bataville de Fran?ois Caillat. 2008. Dur?e : 1 h 30. Distribution : Unlimited. Sortie le 19 novembre 2008]

En savoir plus :
- Le site officiel du film
- L'article de Fran?ois Leclercq pour les Actualit?s pour la classe du CNDP

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 25.11.08 à 23:33 - Réagir

Qu'elle ?tait verte leur vall?e : Ma mondialisation

Le film anti-mondialisation (ou sur la mondialisation) est devenu un genre ? part enti?re et on ne compte plus les documentaires ou les fictions qui, comme Bamako d’Abderrahmane Sissako, ?pinglent l’OMC, le FMI ou la Banque Mondiale.
Tout l’int?r?t et la force de Ma mondialisation viennent de la modestie (au moins apparente) de ce qui est ? la fois son sujet et son d?cor : la vall?e de l’Arve en Haute-Savoie o? 500 entreprises et 12 000 salari?s travaillent pour fournir en pi?ces de m?canique de pr?cision (industrie que l'on appelle le "d?colletage") les g?ants de l’automobile, de l’a?rospatiale ou du secteur m?dical.
C’est en suivant le chef d’entreprise Yves Bontaz dans ses usines savoyardes, tch?ques ou chinoises (l’horloge du si?ge — cf photo — affiche les heures de Londres, Sao Paulo, Shanghai, D?troit… et Marnaz), en rencontrant ses employ?s (directeur, ouvrier, responsable syndical) et ses pairs entrepreneurs que le r?alisateur Gilles Perret va d?voiler m?thodiquement les m?canismes implacables de la mondialisation ?conomique et financi?re. Du local au global, la d?monstration, appuy?e sur les commentaires de l’?conomiste Fr?d?ric Lordon (auteur de Et la vertu sauvera le monde et Fonds de pension, pi?ges ? con ?) est d’une grande efficacit? p?dagogique.
Surtout elle a le m?rite de sortir des clich?s sur les "r?gions sinistr?es" ou les "industries en crise" (sid?rurgie, textile…), et de remettre en cause les slogans rebattus sur la comp?titivit? et la n?cessaire innovation technologique. Le paradoxe est que la vall?e de l’Arve est un fleuron de l’industrie fran?aise, et l'incarnation m?me du mod?le ?conomique (innovation permanente, ouverture vers l’international) tant vant? par les gazettes. Or c’est bien le dynamisme et la rentabilit? de ces entreprises qui ont attir? l’app?tit pr?dateur des fonds de pension (dont le souci de rentabilit? rapide et maximale menace la logique industrielle de la vall?e), c’est leur comp?titivit? et leur ouverture internationale qui les obligent ? prendre le train fou des d?localisations, parfois contre toute logique : on comprend ainsi avec effarement que le choix de la Chine tient parfois plus de l’effet de mode ou de l’id?ologie que de la rationalit? ?conomique, puisque les donneurs d’ordre (clients, actionnaires) l’exigent m?me ? co?t ?gal voire sup?rieur !
On ne saurait ainsi trop conseiller le film pour l’?tude fine et pertinente de la mondialisation au lyc?e, en SES et en G?ographie, voire en ECJS : en s’attachant aux hommes et ? leurs dilemmes le film pose aussi la question de la responsabilit? individuelle et citoyenne face ? cette mondialisation. Ainsi quand le "h?ros" Yves Bontaz d?clare dans un ?lan humaniste que pour lui "fran?ais, tch?ques, chinois, c’est la m?me chose, ce sont des hommes", il omet de pr?ciser que ces "hommes" sont tr?s tr?s loin de lui co?ter la m?me chose.
Il y a une derni?re raison pour recommander ce film : c’est qu’en plongeant dans le pr?sent d’une r?gion et d’une industrie fran?aises il ?claire une r?alit? que l’on semble red?couvrir ? chaque ?lection. A la lumi?re du film on pourra ainsi analyser les votes lors de la derni?re ?lection pr?sidentielle ou du r?f?rendum sur la constitution europ?enne (voir ce dossier du Caf? p?dagogique)

NB : Le film est diffus? ? la fois en salles en en DVD. Chaque support a ses avantages : la sortie salles est accompagn?e de nombreux d?bats avec des intervenants. Le DVD offre lui en bonus un longue et p?dagogique interview de Fr?d?ric Lordon, utile vademecum sur les th?matiques du film.

[Ma mondialisation de Gilles Perret. 2005. Dur?e : 1 h 26. Distribution : Les Films du Paradoxe. Sortie le 15 novembre 2006]

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 23.11.08 à 18:40 - 12 commentaires

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