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Babel et Fast Food Nation

Lors de notre compte-rendu du dernier Festival de Cannes, nous avions associé dans un même article Babel d'Alejandro Gonzales Inàrritu et Fast Food Nation de Richard Linklater. Coïncidence de la programmation, les deux sortent cet automne dans les salles françaises à une semaine d'intervalle.
Tout sépare la virtuosité parfois ostentatoire (cf la scène de la boîte de nuit) de "l’auteur" Inàrritu et les maladresses du film à thèse de Richard Linklater (qui adapte en le fictionnalisant l’essai d’Eric Schlosser). Mais ces deux films choraux développent une même réflexion sur la circulation (des hommes, des produits, des sentiments) dans un espace mondialisé ; réflexion qui dans les deux cas bute sur la barrière infranchissable (en tout cas dans le sens que l’on sait) que constitue la frontière qui sépare violemment les Etats-Unis du Mexique, autrement dit le Nord opulent du Sud pauvre.
Babel (qu’on peut rapprocher des deux premiers volets d’une trilogie autoproclamée, Amours chiennes et 21 grammes) se révélera plus propice à une étude cinématographique, mais le dossier thématique Fast food nation est plus dense, et permettrait une exploitation en Géographie et en SES, voire en SMS et en Anglais (en s'appuyant sur des extraits du livre). On renverra d’ailleurs au dossier pédagogique proposé sur le site du film , très agréable à feuilleter et plutôt instructif, qui résume notamment le propos d'Eric Schlosser : " Le livre est divisé en deux parties. La première intitulée "La Méthode américaine" traite des débuts de cette nation fast-food dans le contexte post Seconde Guerre Mondiale. La seconde, "De la Viande et des Pommes de terre" évoque la mécanisation et la standardisation de l’industrie du fast food : l’aromatisation chimique des aliments, l’élevage en batterie du bétail et de la volaille, les conditions de travail dans les usines de transformation de la viande, les dangers sanitaires auxquels s’exposent les consommateurs mais aussi la globalisation mondiale de cette industrie en tant que symbole de la culture américaine."

[Babel d'Alejandro Gonzales Inàrritu. 2005. Durée : 2 h 05. Distribution : Mars Films. Sortie le 15 novembre]
[Fast food nation de Richard Linklater. 2006. Durée : 1 h 54. Distribution : La Fabrique de Films. Sortie le 22 novembre]

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 23.11.06 à 11:56

Commentaires

De BKing, posté le 28.11.06 à 15:04

j'avais trouvé le bouquin de schlosser passionnant, mais le film est totalement raté… des personnages falôts, une collection d'intrigues paresseuses, un rythme languissant, j'ai eu du mal à tenir les presque deux heures, alors que j'y allais avec beacoup "d'appétit" ;). Dommage, le réalisataur s'est pris les pieds dans le tapis de la scénarisation…
De Rob1 des toits, posté le 28.11.06 à 18:36

moi je dirais autant de mal du film d'inarritu, qui joue à fond sur le pathos (ouh la pauvre américaine qui va mourir, ouh la pauvre mexicaine perdue dans le désert, ouh la pauvre sourde qui n'arrive pas à communiquer) et la virtuosité (oui, la scène de la boîte) pour… ne pas dire grand chose. ON est tous des humains même si on ne parle pas la même langue ? le battement d'ailes d'un papillon à Pékin peut entraîner un tsunami à Los Angeles ? super original, merci… je trouve en fin de compte ces grosses machines qui profitent de moyens hollywoodiens en se drapant dans une vertu auteuriste assez antipathiques.
De vanitas, posté le 30.11.06 à 14:24

il y a un truc qui ne va pas d'ailleurs dans cette scène de la boîte : une grande partie de l'effet vient de l'alternance entre l'assourdissante musique techno et le silence (tout aussi assourdissant) dans lequel évolue la jeune sourde-muette… or à ce niveau sonore elle ressent au moins les vibrations des basses (c'est pourquoi les sourds peuvent faire de très bons danseurs)…
De lalou, posté le 30.11.06 à 21:12

ah le pathos, la commisération, la démagogie d"INARRITU… insupportable l'agonie de Cate Blanchett, la pauvre vieille mexicaine dans le désert. Qu'elles crèvent, et qu'on en finisse !!!
De pop, posté le 04.12.06 à 00:24

de toute façon les deux films ont pas trop fait l'événement… pas la peine de vous échauffer, les gadjos…
De jojo, posté le 06.12.06 à 12:46

Des commentaires virulents pour résumer ainsi les qualités et les défauts du film. pour moi, c'qui me fait peur depuis un moment c'est la réalisation de films trristes, toutes les semaines... Parce que le message de Babel, c'est quand même : "barrez vous les gars de la planète terre, parce que ça sert à rien d'y habiter". Moi j'réponds : montre moi l'espoir et non le désespoir, fais de moi le guerrier du bonheur.
De Tchoupi, posté le 06.12.06 à 20:45

Je pense que parmi ces critiques, personn n'a encore crée quelque chose Pas un drame mais bon, c'est juste pour apaiser vos critiques virulentes. Je vais bientot voir babel,jen parlerai apres avec vous les amis. Pour fast food, y'a de l'éxagération et pour une fois, je ne suis pas la critique de votre site, ami zerodeconduite. Ou sont les maladresse, il y a certes quelques longueures et facilités (personnage second role de Willis, de Lavigne). Mais bon,il a alavantage de s'attaquer à un sujet brûlant dont nous contribuons, arretons de manger ces steaks et brulons avec jose bove ces macdo's pourris et exploitants de main d'oeuvre précaire. Puis la mise en scene parfois trop didactique, necessaire parfois, est bien. Et puis vous oubliez de dire que c'est le réalisateur du bon a scannler darkly, tiré du génial K Dick. Thémathique de la parano et et de la repression, de la mondiailisation qu'on retrouve dans fast food aussi. Comparer a d'autres films, ce film est plus interessant et esthetiquementt bien fait. Tout le mon de n'est pas Paul Thomas andersone et n'a pas les moyens d'un Scorsese.
Le recours aux multiples personnages permet de donner une vue globle bien que cela empêche une identificationa u perssonage, chère au spectateur pour qu'il se masturbe inconsciemment devant l'écran noir. Pardon de cette disgression, mais bon, c'ets presque cela la cinéphilie.
De comtessa, posté le 07.12.06 à 01:05

Comme disait un collègue, pas besoin d'aller au macdo pour manger de la merde qui est quand même quelque chose d'assez naturel et ce depuis la nuit des temps, le hic c'est qu'on fait semblant de le découvrir et qu'on s'indigne réellement de ne pas vivre ds une société assez propre, ou quand le capitalisme est critiqué par le puritanisme ce qui rend le propos du film plus que lourd du pt de vue didactique.
De Florence Monier, posté le 07.12.06 à 01:08

Babel méritait la palme d'or, c'est un grand film, avec de grands acteurs, qui m'a profondément émue. Vous n'avez rien compris.
De Tchoupi, posté le 07.12.06 à 02:02

Non, on fait pas semblant de le découvrir, on le dénonce. Ce qui est mieux de rien dire ou de laisser faire. Après, le film est pas plus lourd ou didactique qu'un autre film, au contraire je trouve, il prend parti évidemment mais d'une manière moins tranchée que les autres qui plaisent à ces chers spectateurs. Le responsable marketing s'indigne du BBQ mais laisse la chose, par peur et faiblesse. Ce qui témoigne bien du drame d'aujourd'hui
De lila, posté le 07.12.06 à 17:44

voila au moins un cinéma (Babel) qui essaye de comprendre la complexité et les soubresauts du monde, plutôt que de se pencher sur son nombril (je pense à vous de bonitzer, grr, partie au bout d'une demi-heure)…
De tcoupi, posté le 07.12.06 à 20:43

merci, jvais pas faire l'erreur d'y aller. Rien que l'histoire, le titre et la bande annonce me predisaient ce jugement. jezsper que t'as la carte lilla illimité au moins.
De eléonore, posté le 21.11.08 à 16:30

bonjour,



je suis tombé sur cet article des cafés géos, sur l'amérique vue d'un MacDo, c'est passionnant :

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=447&var_recherche=%E9tats+unis



bravo pour votre site, continuez !

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