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L'Italie déshéritée de Vento di terra



vento.jpgAustère et exigeant (plans fixes, acteurs non professionnels), Vento di terra, le second film de Vincenzo Marra (Tornando a casa) mérite qu’on s’y attarde et s’y attache.
C’est le récit aussi implacable que distancié des efforts déçus d’un jeune homme pour échapper à sa condition sociale, dans une banlieue misérable de Naples (Secondigliano) à la fin des années 1990. Philippe Leclerq pour les Actualités pour la classe du CNDP avance la notion de déterminisme et voit dans Vento di terra un film "politique", ce qui pose des questions esthétiques (il montre l’héritage du néoréalisme italien "qui s’évertuait à montrer sans artifices, sans effets visuels et sans action spectaculaire la dure réalité de l’Italie d’après-guerre") et philosophiques ("À ce propos, on se demandera si la prééminence implacable de la fatalité qui fait de l’ouvrier puis du militaire (Enzo) une « victime » ne va pas à l’encontre de la démarche politique. Autrement dit, est-ce que la métaphysique ne vient pas brouiller le discours idéologique ? ").
Il conseille donc le film aux lycéens en français/philosophie. On pourra ajouter qu’un travail est également possible en SES (notamment en première) et surtout en italien : la ville de Naples et le Mezzogiorno, le dialecte napolitain, le cinéma néoréaliste, le film ne manque pas de thématiques à exploiter en classe.

[Vento di terra de Vincenzo Marra. 2005. Durée : 1 h 22. Distribution Les Films du Paradoxe. Sortie le 23 novembre 2005]

Posté dans Dans les salles par comtessa le 25.11.08 à 12:14

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