Vous avez dit phénomène ? (Harry Potter IV)

Difficile d’ignorer qu’aujourd’hui sort dans les salles le quatrième épisode des aventures d'Harry le magicien,
Harry Potter et la coupe de feu, réalisé par Mike Newell. A en juger par la couverture d’une bienveillante indifférence de la critique (aux yeux de laquelle les épisodes successifs trouvent de plus en plus grâce, à mesure que grandissent et se densifient les héros de J.K. Rowling), cette sortie tient moins de l’événement cinéphilique que de la chronique économique (toujours cette fascination pour les records du box-office) et du phénomène de société.
Tout aura été dit sur le "phénomèneharrypotter" qui a fasciné les journalistes. On se contentera donc de renvoyer à cette
petite étude, et à cet
article du magazine
Lire (qui voit dans
Harry Potter rien de moins que "
le premier livre de la mondialisation"), on l’on apprend que :
"
…les enfants lecteurs de Harry Potter consacrent dix minutes de plus par jour à leurs devoirs que les autres et se considèrent pour moitié comme de "bons élèves". (…) En classe, les professeurs saisissent l'occasion pour étudier l'art de la description, du portrait, le schéma narratif, l'étymologie des termes. Les rédactions s'enrichissent d'un vocabulaire précis, d'une caractérisation plus subtile et de mises en scène fignolées. Beaucoup d'enthousiastes francophones ont même acquis la version anglaise. (…) Certains lecteurs vont jusqu'à affirmer que Harry a changé leur vie. Ainsi de Tyler Walton, ce jeune Américain classé parmi les dix gagnants d'un concours lancé sur ce thème par Scholastic pour avoir relaté comment le livre lui avait donné la force de se battre contre sa leucémie, diagnostiquée quand il avait 5 ans. "
Pour revenir la pédagogie, on renverra à ce dossier
teledoc très complet, portant sur le premier épisode, et pour les anglicistes sur cette
page bourrée de liens proposée par l’Académie de Nancy-Metz.
Plus original enfin, on a beaucoup apprécié cette
didactisation pour… les latinistes, qui porte justement sur le 4ème épisode, ainsi par l’auteur : "
Si personne ne peut, de nos jours, ignorer l'ampleur du phénomène Harry Potter dans la littérature, il n'est pas toujours évident que l'enthousiasme de nos élèves pour le jeune sorcier à lunettes puisse être exploité dans le cadre des cours de latin ou de grec. Personnellement, dans le sillage de mes enfants, j'ai été emportée avec beaucoup de plaisir dans le monde de la magie créé par J. K. Rowling et, très vite, la présence de l'Antiquité, via des noms, des créatures fantastiques ou des formules magiques m'est apparue très nette, de plus en plus nette même au fil des volumes. C'est dans le quatrième tome, Harry Potter et la coupe de feu, que le relevé des allusions à l'Antiquité gréco-romaine est le plus riche. Face à ce foisonnement, qui n'est certainement pas le fruit du hasard, mais le résultat des connaissances réelles de l'auteur, j'ai essayé de préparer quelques séances de cours qui, à partir d'éléments tirés des livres de J. K. Rowling (non des films réalisés d'après les livres), pourraient apporter aux élèves de nouvelles connaissances relatives aux langues ou aux cultures gréco-romaines. "
[
Harry Potter et la coupe de feu de Mike Newell. 2005. Durée : 2 h 35. Distribution : Warner Bros]
Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 30.11.05 à 21:25