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Faut-il (finalement) manger de la perche du Nil ?




medium_cauchemar_2.jpgTerrible dilemne. Ceux qui ont vu Le Cauchemar de Darwin, le documentaire de Hubert Sauper (sorti le 2 mars dernier), n’en sont pas ressortis indemnes. Par ses images-chocs et sa logique apparemment implacable, le film interpelle violemment la mauvaise conscience du spectateur occidental. Pour preuve ? Ces images d'enfants se battant pour un bol de riz ou se défonçant dans une ruelle sombre, ou celles encore de carcasses séchant au soleil pour la consommation locale, alors que les filets de perche s'envolent pour l'Europe.

Mais au delà de l’indignation viscérale que provoque la puissance de la mise en scène, ce film mérite une lecture un peu plus nuancée que celle consistant en une dénonciation rituelle - et stérile - de la mondialisation. Ainsi, un article de Survie Lorraine, association peu suspecte de complaisance envers le FMI et la Banque Mondiale, démonte une par une les thèses suggérées par le film. L’auteur conclut que « Le documentaire montre la pauvreté, les ravages du sida, le trafic d'armes et la guerre mais quant à la pêche et à l'exportation de poisson, je n'ai pas été convaincu des nuisances de cette activité pour le pays, et je ne m'interdirai pas d'acheter de la perche du Nil. ». De même le blog L'insoutenable légereté de l'être arrive à la conclusion que « Les principaux maux dont souffre la Tanzanie n'ont rien à voir avec le commerce de la perche du Nil. ». En confrontant ces deux points de vue aux réponses d’Hubert Sauper invité sur le chat de Libération (et au dossier très fourni qui va avec), vous trouverez matière à étayer une analyse du film parfaitement en phase avec l'actualité.

Posté dans Thèse-Antithèse par Zéro de conduite le 15.04.08 à 00:09

Commentaires

De Pierre, posté le 28.04.05 à 17:37

Les critiques du film sont intéressantes et argumentées. Il me semble pourtant que le réalisateur y répond par avance quand il dit sur le site du film que celui-ci est une "allégorie" du nouvel ordre mondial.
Il ne faut peut-être pas prendre le film naïvement comme le reflet de la réalité, même si c'est un documentaire, mais comme une métaphore de celle-ci. Les profs de français (dont je fais partie) ne peuvent pas ne pas penser au texte de Candide de Voltaire, que j'ai d'ailleurs retrouvé cité dans un des commentaires du blogs présenté :

"En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? -- J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. -- Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? -- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. "
De sophie, posté le 03.05.05 à 22:50

Ce film m'a fait pensé au commerce triangulaire. Pacotille Nègre Sucre.
Maintenant c'est Armes, Filets de Poisson et Dette du tiers monde. Tout bénef pour les Européens.
De Hélène, posté le 03.05.05 à 23:09

Il y a un problème soulevé par le point de vue de ce film: pourquoi ne traite-t-il de la question que sous l'angle économique? Certes, cela permet de nous mettre face à nos responsabilités en tant que consommateurs; mais où sont passés les citoyens et surout les Etats - en particulier celui de Tanzanie? Comment traiter de la mondialisation sans évoquer cette responsabilité des structures étatiques qui, si elles ne redistribuent pas les richesses, créent des déséquilibres sociaux majeurs? Peut-être l'élargissement de ce point de vue permettrait-il de ne pas sombrer dans la mauvaise conscience du consommateur, peu constructive si elle n'est pas pensée globalement, et évoquer les problèmes politiques, sûrement décisifs pour la Tanzanie? C'est bien sûr une hypothèse...
De jypegue, posté le 10.05.05 à 10:21

Certes les etats africains sont en partie responsables des malheurs qui leur tombent dessus. Mais leur demander d'assumer leurs responsabilités ... c'est un peu prématuré non ? Ils doivent d'abord se fédérer pour avoir un droit de parole sur la scène internationale et donc faire valoir leurs intérêts. Il faut ajouter la corruption, installée à tous les niveaux de la société et qui empêche tout établissement d'un système etatique ou communautaire. L'économie, c'est large, c'est un peu comme un écran qui met au jour les problèmes éthiques, sociologiques (et culturels), politiques, financiers ou démographiques.
De Florence, posté le 19.05.05 à 18:12

En tout cas, ce film a décidément plu à mes élèves, notamment, ceux issus de l'immigration africaine évidemment (ne voir aucune intention néo-colonialiste dans mes propos) : plu au sens émotif tout d'abord "Ca me rappelle trop mon pays", dans la mesure où la représentation de l'Afrique contemporaine est pratiquement éludée des programmes et de l'information; plu aussi au niveau de la réflexion, car ils se sont aperçus des réseaux de dépendance, qui entraînent un cercle vicieux le développement économique au "mé-prix" des populations locales, je craignais que la forme du documentaire et sa longueur ne les assoupissent (ce fut le cas pour une minorité qui a ainsi "raté" les scènes insoutenables que leurs camarades leur ont relaté, c'était intéressant de voir qu'ils ne croyaient pas à ce "cauchemar"), Un déclic? peut-être, la perception d'une profonde inégalité entre les enfants, la relative "chance" d'être en France (en dépit de conditions sociales parfois difficiles), chance, en tout cas d'avoir accès à une éducation que tous réclament dans le film, parce qu'ils n'en ont pas, et qu'ici, les élèves délaissent parce qu'elle occupe à temps plein leur vie. La recherche des causes voire des culpabilités s'est révélée dynamique, pas de manichéisme sur la méchante Europe et l'Afrique victime (même si le rapport de force penche pour ce décalage), le témoignage final du pilote russe apportant une terrible note d'humanité aux images qui précédaient; les propos nuancés, se sont attachés à "comment trouver une issue?" (L'éducation , la nôtre et la leur?)Un déclic, pour moi? Les remerciements de certains qui m'ont émue(sans la jouer super prof!!! et la sacro-sainte gratification qui va de pair) et qui me déterminent à multiplier de telles expériences! Voilà!
De Aventin, posté le 16.06.05 à 18:11

Ah oui ! Je vous conseille de le cuisiner comme ça :
Couper deux beaux poireaux en rondelles.
Prendre la moitié et la poser au fond de la poêle pour faire un lit.
Déposer vos filets de perche.
Sur le poisson, ajouter le safran, le curcuma, le sel, le citron, l'huile et l'eau, puis recouvrir du reste des poireaux.
Laisser mijoter à feu moyen jusqu'à réduction du jus.
Hum, c'est délicieux.

De alice, posté le 19.06.05 à 00:45

ou alors on peut la manger frite apres avoir laissé sécher les restes(tetes, aretes....)de nombreux jours au soleil, infesté de vers, repandant de l amoniac qui rend malade et tue les africains de tanzanie .je te conseille de gouter tu verras c delicieux
De marco, posté le 23.04.06 à 18:17

et pourquoi pas se renseigner sur l'engagement solidaire ?
je vous encourage à prolonger la réflexion par un tour au salon de l'humanitaire. Plein d'infos sur la solidarité internationale, et comment s'engager ou se former.
De bonot, posté le 23.04.06 à 20:05

bravo pour votre iniative florence, c'est les enfants qu'il faut instruire pour qu'ils changent le monde dde demain. Celui d'aujourd'hui est insupportable et bravo a Sauper de s'être tant impliqué pour ce film. On se remet en place et plus que de l'humanitaire, c'est le monde qu'il faut changer par une révoluition mondiale, enc commencant déjà par la désobéissance civile par exemple. Pour moi l'humanitaire est juste une petite ppoigneé de pain que l'on tend pour avoir bonnes conscience et vivre une expérience (pour un occidental ) forte et attractive. C'est pas cess opérations, bien qu'elles soient un minimum utile qui changeront grand chose. Vive la révolution
De marie, posté le 25.04.06 à 08:48

Bonjour, malgré Ma maigre expérience dans ce monde corrompu je crois que le pb vient de notre politique qui prône le libéralisme et le capitalisme à outrance. Les pays développés cherche à produire à moindre coùt d'où la mondialisation. Malheureusement les pays riches n'ont que faire de conséquences sur les populations pauvres.Je pense que tout le monde est conscient du pb et je me demande alors quelle est la solution si elle existe ou quels sont les moyens d'adoucir le système. Je vous pose la question aimables lecteurs qui sans doute pourront m'éclairer.
De daniela, posté le 30.10.06 à 10:45

Le problème est malheureusement insoluble puisque dépendant entièrement de l'implication des maffias (étatiques ou non) soutenant l'économie mondiale.
Tant que celle ci fera la pluie et le beau temps, l'émergence d'un gouvernement responsable et compétent restera problématique, sa survie ne tenant qu'à un fil, ou plutôt une balle...
Car tant que "nous" préférerons de loin une crapule facilement corruptible à un "Messie" rétablissant l'espoir et la Justice, la vraie, dans son pays, tout ceci pour piller allégrement des richesses qui ne nous appartiennent pas mais font de nos contrés des endroits plutôt agréables pour les nantis, le destin des "masses" restera scellé.

Un "suisse-cid" ou un "accident bête", comme un crash d'avion, d'hélico ou de bagnole, c'est si vite arrivé.
En particulier quand on fait la bourde de croire que l'on peut chatouiller les intérêts du "FMI" en toute impunité, défendue par le seul bouclier, soit-disant impénétrable, de la Morale ou de la Justice.

Aussi faut-il être con ou noir pour que ces "crétins" d'opposants à la dictature préfèrent se distraire en sautant en pleine nuit d'un hélico sans parachute au milieu des requins et les mains ligotées dans le dos?
De lionel, posté le 27.12.06 à 05:19

la perche de consommation courante en France est importée généralement d’Estonie sous forme de filets, alors que la production française est principalement revendue très cher en suisse.
De sylvie, posté le 12.03.07 à 20:14

je suis poissonniere de metier et depuit le reportage sur la perche dont je ne l ai pas vu les gens en achete plus comme avant je voulais sa voire la perche vient bien ouganda et vendu dans tout les pays si elle et fraiche ou congelee
De odile, posté le 21.03.07 à 12:40

Au dela du discours sur la politique traffic d'armes et de l'ecoeurement que procure ce film au dela du fait que cela ramène du travail aux personnes du coin..... Le desastre écologique pour le futur est bien plus grave et là l'avenir nous le dira
De karikir, posté le 21.03.07 à 18:36

j'ai taper perche du nil pour savoir comment cuisiner ce poisson,en effet je suis cuisinierre et mon patron a proposer d'en mettre pour le menu de ce vendredi(chrétienneté oblige!!!)et je suis ravi d'avoir été diriger sur ce site!!!
dés demain je rectifirer le tir,ce sera autre chose ou ça ne serat pâs!!!!!!!!!!!!!!
De blandine, posté le 27.03.07 à 16:33

j'ai vu que plusieurs enseignants ont montré ce film à leurs élèves et je me demandais quels types d'activités pédagogiques ils proposaient ensuite à leurs élèves?
De michel, posté le 16.07.07 à 00:04

50 tonnes par jour moins 1 tonne distribuee gratuitement aux populations autochtonnes du lac victoria cela rendrait til CARREFOUR moins riche ?
De freddy, posté le 07.09.07 à 01:59

J'ai vu le film mais hélas...Je n'y étais pas préparé! Je pense que ce documentaire met en exergue le problème que "tout peut être montrer tant que c'est pas chez nous"...voir ces petits africains se battrent pour un bol de riz...Ceci va t-il vraiment pousser à l'amélioration de leur condition car en voyant ce film manger ou pas du poisson n'étais pas du tout ce qui focalisait mon esprit!!!
De Valentine, posté le 06.11.07 à 21:58

J'ai vu le film dimanche passé..Et je n'y étais pas préparée non plus, je l'ai pris comme un coup de poing dans l'estomac. La scène du séchage de restes de poissons en décomposition m'a vraiment choquée. Ma première réaction a été de boycoter ce poisson mais cela ne ferait qu'empirer les conditions économiques des plus démunis. Je pense que l'on devrait plutôt faire pression, en tant que consommateur auprès de nos grands distributeurs et en tant que citoyens auprès de nos élus, pour que ce commerce profite afin à toutes les franges de la société tanzanienne.
De Bruno, posté le 23.01.08 à 16:52

J'ai assisté à une projection publique du documentaire, suivi d'un débat nommé: "Le cauchemar de Darwin, la contre enquête". Le débat était animé par un journaliste ainsi qu'une personne ayant employé un an de sa vie à rechercher la véracité des propos énoncés par ce documentaire. Il en est ressorti un grand bémol et une dénonciation toute relative de la manipulation audiovisuelle. En effet, d'après le contre-enquêteur le docu est un montage très habile de plans séquences pour la plupart mis en scène (d'après ses vérifications sur place) afin de provoquer des réactions de révolte chez le téléspectateur... D'ailleurs, le réalisateur lui-même ne se prononcerait que très prudemment lors d'interviews quand à la véracité des propos du film; il évoque néanmoins son utilisation du thème de la perche du nil comme un outil permettant de relater les maux du continent africain face à la mondialisation.
Une question se pose (parmi tant d'autres): doit-on accepter la manipulation sous prétexte qu'elle se veuille salutaire?
De dad, posté le 06.02.08 à 21:22

Les tanzaniens ont une ressource en poisson inépuisable (la PDN) mais a cause du lobi des usines de transformation et des traficants d'armes, ils sont réduits a exporter les filets et à bouffer les arretes. Si ca c pas un des problème majeur...
De Damien, posté le 04.04.08 à 16:18

Mais de quel manipulation parlez-vous Bruno? Un documentaire reste un documentaire et par définition ne peut pas être objectif. Ce n'est qu'une vision de l'auteur. Pour parler de ce film, sachez que Hubert Sauper possédait 200h d'image et n'en à donc utilisé seulement 1% (c'est à dire 2h) pour faire son "film-documentaire". Sachez que celui-ci fut attaqué en justice par certains journalistes à sa sortie étant accusé d'avoir pousser les personnages à agir de la sorte (ex: il aurait poussé les enfant à se jeter sur le bol de riz!). Après enquête, il l'auteur fut disculpé de toute manipulation des personnages.
je pense qu'il est plutôt évident de considérer le problème de la perche du Nil comme réel.
Pour en revenir à la manipulation en général, elle reste inévitable à la télévision. Le journal télévisé par exemple ne reste qu'une simple émission télévisé relatant des faits vu sous un angle particulier.
De kiwi, posté le 27.04.08 à 08:41

je n'achète plus la perche du nil.J'attends plus d'info
De Endy, posté le 05.05.08 à 15:24

La solution je la connais :
Achetez Français. Produisons Français.
De la perche y en a en France. Mais nos pêcheurs ferment leurs activités...
On n'a pas besoin de poissons africains, on n'a pas besoin non plus de docteurs africains. Par contre, les africains, eux, en ont besoin.
De jojo, posté le 08.05.08 à 16:04

Il ne faut plus acheter de perche du nil ,ainsi il en restrera peut-^rtre un peu pour les tanzanniens à la la longue
De Benoît, posté le 01.11.08 à 11:07

Bonjour,
ce film m'a fait mal, car l'Afrique j'y ai travaillé pendant longtemps. Certes ce n'était pas pour du poisson, mais pour extraire le précieux liquide que nous mettons dans nos précieuses automobiles...
Ce reportage mélange un peu tout et fait des raccourcis un peu malsains.
C'est facile de voir et de filmer la pauvreté en Afrique, mais on peut associer cette pauvreté avec tout ce que l'on veut finalement.
Pour ma part, lassé de voir le pillage des ressources maritimes par les occidentaux (tous océans confondus), je ne mange plus de poisson.
De Marina, posté le 13.06.09 à 20:48

J'ai vu en histoire geo ce film , il m'a trop touché , tout ce qui se passe en Afrique est très désespérant.

Moi perso ça ne me donne pas très envie de manger ce poisson ...

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