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Peut-on rire d'Adolf Hitler ?
L'information n'est pas de première main : l'ensemble des médias français et européens s'est fait l'écho de la sortie allemande, le 11 janvier dernier, du film Mein Führer de Danny Levy, autoproclamé "première comédie sur Adolf Hitler". Le film montre un Hitler dépressif que seul peut dérider son ancien professeur d'art dramatique, juif comme de bien entendu et… sorti d'un camp de concentration pour rendre le sourire au Führer : "Lorsqu'en 1944, les Russes sont aux portes de l'Allemagne et alors que la guerre totale semble définitivement perdue, le Führer veut mobiliser le peuple allemand dans son discours du Nouvel An. Mais Hitler n'est pas d'humeur à le faire. Malade, dépressif, il ne veut pas apparaître en public et Goebbels fait tout pour gagner du temps. Dans l'urgence, il fait sortir du camp de concentration de Sachsenhausen l'ancien professeur d'art dramatique de Hitler, Adolf Gründbaum, de confession juive. Il est le seul à pouvoir l'aider à retrouver de l'entrain."
De ce côté-ci du Rhin personne n'a encore vu le film (dont il n'est même pas sûr qu'il sortira un jour en France), ce qui ne l'empêche pas de faire parler de lui dans les médias et sur le net. Ainsi, le quotidien Libération en faisait sur son site Internet ainsi la question du jour (Peut-on faire de l'humour avec Hitler ?), tandis que la version web du Monde consacrait un portfolio à Hitler, inépuisable personnage de cinéma, preuve que la personnalité du Führer n'a pas fini de fasciner les foules.
Sans préjuger de la réussite artistique du film, on peut reconnaître à Mein Führer d'avoir réussi un beau coup marketing, en transgressant deux tabous pour le prix d'un : en faisant de Hitler son héros (cf la polémique autour de La Chute de Oliver Hirschbiegel) et en traitant cette période de l'histoire sur un mode comique (on se rappelle de la gêne qu'avait provoqué La Vie est belle de Roberto Benigni). Les origines de l'auteur (Danny Levy est juif) et du film (c'est une production allemande) sont d'ailleurs un des éléments de la polémique.
En attendant de pouvoir juger sur pièce, les germanophones pourront en tout cas en savoir plus sur le site officiel du film, et notamment consulter le… dossier pédagogique proposé en téléchargement…
Posté dans Thèse-Antithèse par Zéro de conduite le 21.01.08 à 15:52
Commentaires
il y a une réponse simple à la question : oui on peut rire d'Adolf Hitler et des nazis, c'est bien ce qu'ont fait Chaplin et Lubitsch. mais non on ne peut pas rire de la Shoah. Or, après la découverte des camps d'extermination, il devient difficile de déconnecter les deux…
moi je vois plutôt un côté pittoresque à tout ça : ah, les allemands, leur grosses berlines, leur fête de la bière, et leur bonne vieille culpabilité… ça plaît toujours chez les français…
le mal absolu ça fascine encore et toujours : finalement on adorerait savoir ce qui se passe dans la tête du bourreau. d'où le succès de films comme "La Chute" ou (dans un tout autre registre) "Le Silence des agneaux". je voudrais bien savoir par exemple, des deux livres de Jean Hatzfeld sur le génocide rwandais, lequel s'est le mieux vendu : celui sur les victimes ou celui sur les bourreaux. J'imagine que c'est le second mais peut-être que je me trompe.
cela dit, Chaplin a reconnu lui-même que s'il avait su ce qui allait se passer il n'aurait jamais fait Le Dictateur.
oui kaminoe mais c'est un peu normal : victime c'est une catégorie juridique pas un trait de personnalité…
Comme disait notre Coluche : "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". Alors !
Euh c'est coluche ou desproges, ou alors le premier qui cite le second?
"victime c'est une catégorie juridique pas un trait de personnalité…" Mais criminel ou bourreau ce sont aussi des catégories juridiques…
Peut-on rire d'Hitler? Oui, pour le demystifier et mieux comprendre la fascination qu'il a exercé sur des populations ordinaires qui ne présentaient pas à priori un profil sadique et barbare.
Oui, d'autant plus si l'auteur est juif, afin d'éviter de considérer que l'antisémitisme est une forme de racisme d'exception qu'il faudrait conjurer comme s'il s'agissait de l'incarnation du diable par opposition avec le racisme ordinaire qui se banalise.
"victime c'est une catégorie juridique pas un trait de personnalité…" Ce que je voulais dire, c'est que le criminel, le bourreau se définissent par leur acte, en tant que sujet agissant, alors que la victime n'est que l'objet de celui-ci… Le sens, la racine du crime (puisque c'est lui qui nous fascine), il faut les chercher chez le criminel, pas chez sa victime… J'espère que c'est plus clair comme cela…
C'est pas Coluche c'est Desproges.
Bien vu Camisole
"C'est pas Coluche c'est Desproges" on ne prête qu'aux riches !
Pour avoir vu le film au ciné en Allemagne, je dirais... que ça n'a rien à voir avec le dictateur, écrit et tourné avant la découverte des chambres à gaz, et dont, surtout, l'histoire n'est pas la même, même si les scènes de discours de chacun des deux films se rapprochent. Et puis, Dani Levy n'est pas Charlie Chaplin, ce qui change sans doute beaucoup nos impressions face à leurs films respectifs. On nous présente d'ailleurs toujours le film de Chaplin comme celui d'un visionnaire, qui aurait, lui, compris le pire... avant!
J'ai trouvé dans "mein führer" un sentiment de soulagement. Je ne suis pas allemande, mais la france avec son devoir de mémoire n'est pas moins solennelle et tragique que l'Allemagne l'est avec son propre passé. Le film a d'après moi le mérite de relâcher cette pression constante: il a beau respecter une réalité historique (la situation en 1944, dans les camps et à Berlin, l'holocauste), il ne nous demande pas de nous mettre au garde à vous ou d'observer la sempiternelle minute de silence. La dignité des personnages juifs me semble respectée, tandis qu'ils restent pourtant humains. Avons nous besoin de diaboliser HItler ( alors que la diabolisation est à ce point l'inverse de la sacralisation qu'elles peuvent se confondre) pour ne pas oublier le passé? Du moment que le sort des victimes n'est pas nié, ni l'existence et la personnalité d'Hitler telles que l'histoire les appréhende remises en cause, toute autre restriction dans l'approche de ce dernier me semble plus indécent et dangereux que tout les rires qu'on pourra déclencher.
c'est honteu de rire d'un homme qui a temp fait le mal
tout dépend de l'age moyen de l'audimate, les "personnes agées" ne doivent pas trouver ça très humouristique contrairement aux jeunes qui ont un regard nouveau puisqu'ils sont d'une nouvelle génération.
Je pense qu'il ne faut pas faire des films sur des thèmes si sérieux.Les gens qui ont vécu tout ça, seront peut-être blessés, car ils savent très bien ce qui c'est passé et que ce n'était pas si rigolo.
C'est certain qu'un tel film est rigolo, mais je pense qu'on doit avoir certaines connaissances à propos de ce thème pour vraiment comprendre l'ironie. Mais la plupart des gens regardent ce film que pour rire et ainsi, ils obtiennent peut-être une fausse opinion du thème.
A mon avis, rien ne parle contre le fait de traiter Hitler dans une comédie. On se rappelle d'Hitler comme étant puissant et effrayant. En faisant de lui un acteur dans une comédie, on lui ôte cette puissance et il semble plutôt peureux et impuissant, ce qui nous fait voir le règne de Hitler d'un tout autre point de vue. Les victimes du nazisme ne sont donc pas ridiculisées, mais Hitler l'est.
Je pense que, 63 ans après la fin de la 2ième Guerre Mondiale, on a le droit d'aborder ce thème assez sérieux avec un peu d'humour. Biensûr il faut respecter les normes données de la morale et du respect, mais on peut dire que le réalisateur, qui est lui-même juif, a voulu donner son opinion sur le nazisme en formulant sa critique par la ridiculisation du régime nazie afin de démontrer la controversité et l'absurdité du nazisme et donc je pense que le message de son film est légitime et n'est pas censé de blesser quelqu'un.
Oui, je suis pour que l'on tourne des comédies sur le régime nazi, car il est important de montrer aux gens à quel point ce régime nazi était ridicule et bête. Toutefois il ne faut pas négliger les atroités qu'ils ont fait aux juifs, car certaines personnes ne pourraient pas bien comprendre le message du film et pensait que ce régime et plutôt rigolo et pense qu'Hitler était un pauvre homme qui souffrait psychologiquement à cause des maltraitances qu'il subissait par rapport à son père.
Je pense que d'un côté le sujet est trop sérieux pour être filmé, car les victimes pourraient le prendre mal et le considérer comme un non repect envers eux. De plus, il faut avoir un certain savoir des faits pour pouvoir comprendre certains aspects comiques.
De l'autre côté, tant qu'on ne nie pas les faits, je ne pense pas que c'est très grave de filmer un tel sujet comme comédie. De toute façon, la vraie réalité ne peut pas être montrée et ainsi on peut mieux comprendre le problème, car la critique est formulée d'une autre façon.
Je trouve que le film "Die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf Hitler" est un très bon film. L'humour est très bien représenté, même si parfois la représentation va vraiment loin. Cela pourrait en quelque sorte "blesser" les vieilles personnes qui ont survécu cette terrible guerre. Si on analyse le fim d'un autre côté par contre, on peut expliquer que l'humour attire beaucoup de personnes, jeunes et même plus âgées, et cela aide également à comprendre ce qui s'est passé pendant cette période d'une autre manière.
A mon avis, on a le droit de traiter ce thème d'une telle manière, vu qu'il y a la liberté de pensée. Peut-être le film nuit aux gens qui ont vécu pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais les objectifs du film sont de ridiculiser Hitler et non pas de se moquer de ses victimes. On présente l'histoire d'une autre façon et on change un peu les faits, mais c'est pour montrer que le régime des Nazis ne mérite pas tant de respect.
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