Categories
Rubriques
Derniers billets
- Tous les matins du monde : la fiche pédagogique
- Benda Bilili ! : le site pédagogique
- Zérodeconduite.net fait peau neuve (et ouvre sa boutique) !
- Cinélycée : le retour des Cinéclubs
- Cannes 2010 : Palmarès et bilan
- Des hommes et des dieux… prix de l'Education Nationale 2010
- Hors la loi de Rachid Bouchareb
- Documentaires : Inside Job et Countdown to zero
- Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
- Carlos d'Olivier Assayas
blog
Votez Bobby !
Sur le mode "Que faisiez-vous le jour où…" nous avons pu voir récemment 12 h 08 à l’Est de Bucarest, réflexion ironique sur la révolution roumaine de 1989 et ses (anti)héros. Voici maintenant Bobby, ode nostalgique à l’Amérique des années 60, photographiée le jour de l’assassinat de Robert Kennedy. Le casting est plus glamour, au propre comme au figuré : d’un côté le brillant sénateur et candidat à la présidentielle (qui a certes plus de "gueule" que le couple Ceaucescu), de l’autre une distribution dorée sur tranche réunissant vieilles gloires (Harry Belafonte, Anthony Hopkins …), têtes d’affiche (Sharon Stone, Demi Moore, Helen Hunt, Laurence Fishburne) et jeunes premier(e)s (Ashton Kutcher, Elijah Wood, Lindsay Lohan)…
La bonne idée du scénario est de ne pas incarner le sénateur Kennedy et d’éviter l’écueil du biopic : attendu toute la journée du 4 juin 1968 à l’hôtel Ambassador où il doit prononcer un discours victorieux, il est le point focal vers lequel convergent les regards et espoirs de tous les personnages ; toujours hors-champ, il semble déjà n’être déjà qu’un fantôme, le rêve bientôt évanoui d’une Amérique généreuse et optimiste.
L’ambition de ce film choral (qui s’inspire à la fois des fresques de Robert Altman et d’un vieux film de studio comme Grand Hotel) est d’offrir, des luxueuses suites jusqu’aux cuisines, une coupe verticale de la société américaine à la fin des sixties, sa radiographie à la fois sociale et morale. L’éventail des personnages porte ainsi les tensions qui agitent le pays en cette année 68 : représentants des minorités noire ou hispanique, jeunes menacés par un départ au Vietnam, femmes sur la voie de l’émancipation…
Hélas, accrocheur dans sa virevoltante première demi-heure, le film se languit ensuite, faute sans doute d’une matière scénaristique assez riche : les bonnes idées s’étirent en longueur (le trip des deux étudiants), et la plupart des personnages se révèlent assez anecdotiques ou carrément clicheteux (Demi Moore en diva alcoolique)… Il faut attendre la dernière partie pour que Bobby retrouve tension dramatique et émotionnelle.
Spectacle plutôt plaisant, le film a l’habileté et le mérite de donner à entendre de longs passages des discours de Robert Kennedy, assortis d’images d’archive toujours impressionnantes. Il peut illustrer avec profit le cours de Terminale (L et ES) sur le modèle américain et ses tensions. Il peut également faire l’objet d’une exploitation en cours d’Anglais, pourquoi pas en s’appuyant sur les textes de ces discours écrits dans une langue simple et vibrante. Gageons que les élèves ne seront pas insensibles à l’idéalisme qui s’en dégage, et aux nombreuses correspondances avec l’Amérique d’aujourd’hui (Vietnam/Irak, violence de la société, fracture sociale…). Le slogan américain du film ne fait pas allusion à autre chose : "He saw wrong and tried to right it. He saw suffering and tried to heal it. He saw war and tried to stop it."
[Bobby d'Emilio Estevez. 2006. Durée : 1 h 52. Distribution : TFM. Sortie le 24 Janvier 2007]
Posté dans Dans les salles par zama le 24.01.08 à 12:45
Commentaires
encore un film qui joue sur la nostalgie de la gauche : ah, si seulement… j'avoue que même sur moi, ça marche : la bande-annonce me donne des frissons…
Jorès, c'est le dernier nom à la mode?
Effectivement, BOBBY est un film plaisant. Belle performance de réunir un si beau casting sans pour autant la jouer supermarché de la frime. à chaque personnage, sa propre réflexion, ses prpopres angoisses. Un panel flamboyant des années 60 américaines, car on évite la docu-fiction un peu égratignante.
Y'a quabd même un manque de recul total.
je trouve pas mal qu'un film arrive à nous faire vibrer avec des idées aussi généreuses et novatrices que celles de Bob Kennedy… quand on entend ses mots et qu'on les compare avec les discours de G. Bush Junior on se prend quand même une sacrée bonne baffe…
mouais, ne s'agit-il pas plutôt de faire son beurre sur les bons sentiments (les discours de Bobby c'est un peu "si tous les gars du monde se prenaient la main…") et la nostalgie des martyrs de la gauche (le Che, Allende, Bobby, PMF en moins glamour et moins tragique)… La question est : qu'aurait-fait Bobby s'il était arrivé au pouvoir ? Aurait-il eu les moyens de ses ambitions et de ses discours ? c'est quand la poliitique se frotte au réel qu'elle devient dure, sale… et intéressante…
Discours d'autant plus poignant que celui qui dirige ce monde est cet abruti de Bush. Et l'on notera qu'il faisait aussi référence à la planète, au réchauffement climatique.
Je ragardais la semaine dernière une rediff édifiante, le passage à la télé de R Dumont en 1973, traité à l'époque de "prophète de malheur" par des journalistes goguenards, qui veulent absolument se le faire (F de Closets le fait mieux que les autres, enfin, avec ce me semble davantage d'éthique)... Eh bien R Dumont disait exactement ce que Nicolas Hulot peut dire de nos jours, sur le partage des richesses, le réchauffement, l'épuisement des matières premières,
J'ai été frappée de cette cécité et de cette surdité de l'époque, mais encore profondément ancrée dans certains comportements quoi qu'on en die...
Alors les seventies et les sixties ont-elles été le tournant où l'humanité s'est arrêtée de réfléchir pour faire du profit sa seule raison?
ce n'était pas bobby qui s'était planté en voiture avec une fille ?et puis il s' est barré et l'a laissée mourir? joyce carol oates en a écrit un livre Black Water
c'est vrai ça, ou Bush, Reagan ou Clinton c'est toujours la même soupe qu'on nous sert. Simplement ils sont malins, ils savent segmenter les publics.Marre de ces films pseudo "indépendants" qui rameutent le ban et l'arrière-ban des stars hollywoodiennes et derrière lesquels se cache toujours un studio.
ce film montre bien à quel point l'Amérique avait soif d'idéal et d'espérance, et d'un homme qui lui proposerait une "nouvelle frontière". on le sent dans la ferveur qui porte la candidature Obama, malgré les attaques du camp Clinton. D'ailleurs il a reçu le soutien des héritiers du clan Kennedy. C'est peut-être une impression, vue de très très loin, mais il m'a l'air moins cynique et pourri que Kennedy (le président). Espérons qu'il arrivera à mener ce rêve jusqu'au bout.
Commentaires
- LOL sur 300 : Tout ça pour Sparte
- Gargo sur Tous les matins du monde (Quignard / Corneau) au programme des TL
- Thomas sabo charm sur Un Secret… à l'écran
- EJ sur Cinélycée : le retour des Cinéclubs
- sur Les Bureaux de Dieu : les monologues du Planning
La Boutique DVD
Le DVD du jour
Le Roi Danse
39.50 €
Tous les films
Tous les réalisateurs
Tous les dossiers
Liens
Nos partenaires
Education à l'image
Infos pratiques
- Vidéo en classe et droit [Cinéhig]
Ressources
- Sceren
- Cinehig [Histoire-Géo]
- Weblettres [Lettres]
- Filmeducation.org [Anglais]