Categories
Rubriques
Derniers billets
- Une bouteille à la mer : de l'autre côté
- Cheval de guerre, le site pédagogique
- Félins : (toujours) sauvages et (encore plus) beaux
- La Guerre d'Algérie au Forum des Images
- Les Chants de Mandrin : la ballade sauvage
- Félins, le site pédagogique
- Duch, le maître des forges de l'enfer : face au bourreau
- Réviser en s'amusant avec Bacfiction
- Le Voyage extraordinaire et Le Voyage dans la Lune
- Hugo Cabret : le vieil homme et l'enfant
blog
La valeur travail ? Volem rien foutre al païs
Difficile de définir le sentiment qu'on ressent à la sortie de Volem rien foutre al païs, le nouveau documentaire de Pierre Carles... si la démarche dénonciatrice et subversive déjà amorcée dans Attention danger : travail apporte de nombreux moments de jubilation, c'est plutôt le malaise qui ressort de la présentation des quelques "voies alternatives" présentées par Pierre Carles et ses complices dans ce film. Commençons par le meilleur : Volem... contient une force contestataire vivifiante, une façon d'enfin clamer ce que nous savons tous sans oser nous l'avouer chaque jour devant les rayons des supermarchés, les vitrines des concessionnaires automobiles, les devantures des fast-food : nous passons la majeure partie de notre vie à produire, consommer et en bout de course, jeter... de la m... ! Jubilation devant la déroute du patron venu doctement expliquer les règles de la production et de la gestion en entreprise, auquel de simples citoyens renvoient sans circonvolutions l'artificialité des besoins qu'il crée : "si vous devez changer votre production tous les trois ans, c'est que ce que vous produisez ne vaut rien !" Le film dénonce avec beaucoup de fermeté l'absurdité du travail aujourd'hui. Et c'est là que le bât commence à blesser, lorsque, prétendant présenter des voies alternatives au travail, Pierre Carles nous présente des gens qui consacrent la majeure partie de leur temps et de leur énergie à... travailler !
Certes, au lieu de le faire "pour l'ennemi", ces doux dingues travaillent pour eux, construisent leurs "chiottes sèches", bricolent des pompes à eau dans des extincteurs recyclés, luttant chaque jour pour se procurer de manière autonome l'essentiel. Mais faute de clarifier la notion de travail (voir ce numéro de Magphilo consacré à La Valeur du travail) Volem... laisse le spectateur perplexe devant ces alternatives : ainsi, pour remettre en cause le capitalisme, suffirait-il donc de remplacer le travail salarié par l'autogestion ?
Tous les opposants au système doivent-ils donc retourner habiter nos campagnes pour prouver qu'un autre monde est possible ? Ces voies alternatives ont-elles seulement un avenir quand on constate par exemple qu'aucun des groupes présentés n'a d'enfants à charge ? Sans parler de la deuxième grande absente de ces expériences : la culture, l'esthétique.
Confondant sous le même terme "travail", les notions d'emploi salarié, d'exploitation et d'activité, le film a tendance à jeter le bébé de l'immense progrès humain qu'a permis la division technique du travail avec l'eau (sale) du bain capitaliste. On aurait aimé une démarche intellectuelle et politique ayant plus d'envergure, bref, l'ouverture de réelles perspectives d'action et de changement.
[Volem rien foutre al païs de Pierre Carles. 2004. Durée : 1 h 47. Distribution : Shellac. Sortie le 7 mars 2007]
Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 09.03.08 à 09:21
Commentaires
il commence à me courrir PCarles avec ses films à deux balles… je le trouvais mieux inspiré quand il faisait "la sociologie est un sport de combat"…
est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce titre ?
sur la "valeur travail" puisque vous en parlez, je conseille les travaux du philosophe Ruwen Ogier (interviewé récemment dans "Le Monde 2") qui explique comment la droite (Sarkozy comme Bush) se sert d'un discours fumeux sur les "valeurs" (travail, famille… patrie) pour ne pas parler des "droits" (le droit au travail justement) et enfumer toute réflexion sérieuse sur le jeu économique…
Je désirai voir le film, espérantqu'il se joue sur le long terme à différentes périodes de la journée. Malheureusement, l'obligation de rentabilité ne me permet plus de le voir. N'y a t'il pas à réfléchir la-dessus? S
Pour éclairer Lulu Berlu c'est de l'occitan soit: Nous voulons rien faire au pays!!!!!!!!
Il n'y a pas que ceux qui rêvent de bosser sans se préoccuper de savoir s'ils produisent ou non des saloperies inutiles, sales et moches, et il n'y a pas que des chômeurs "bien culpabilisés".
EXIT PENSÉE BINAIRE ET MANICHÉISTE
Le titre rappelle aussi une affiche "travailler au pays" concernant les évenements du Larzac
Commentaires
- Françoise sur Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman
- Aec sur Cheval de guerre, le site pédagogique
- Taïna sur Vénus noire : chef d'œuvre et film monstre
- Gérard sur The Artist : pastiche et mélange
- Seb sur Tous les matins du monde : la fiche pédagogique
La Boutique DVD
Le DVD du jour
Inside Job
44.50 €
Tous les films
Tous les réalisateurs
Tous les dossiers
Liens
Nos partenaires
Education à l'image
Infos pratiques
- Vidéo en classe et droit [Cinéhig]
Ressources
- Sceren
- Cinehig [Histoire-Géo]
- Weblettres [Lettres]
- Filmeducation.org [Anglais]