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TDC : L'Histoire au cinéma
Joliment mais paradoxalement illustré par le minois de Kirsten Dunst en Marie-Antoinette (dont Annie Duprat dit qu'il "n'est pas un film historique au sens strict, mais une représentation qui, en forçant le trait, donne à voir la réalité d'une monarchie dépensière et autiste, soudainement arrachée à son élégant décor d théâtre par la brutalité de l'événement"), le numéro de TDC-Textes et Documents pour la Classe daté du 15 mars consacre un volumineux dossier à la problématique de L'Histoire au cinéma.
Au sommaire, après une longue introduction du spécialiste Christian Delage (qui se contente ici de résumer ses principaux concepts), des approches théoriques ("Enseigner l'Histoire par le cinéma" par Christophe Rabu), des études de cas (Marie-Antoinette, donc, mais aussi le diptyque Mémoires de nos Pères/Lettres d'Iwo Jima de Clint Eastwood, Ben-Hur en poster) et des séquences pédagogiques (sur "Le Front populaire au cinéma", un épisode de Felix le chat…)…
On signalera tout particulièrement l'article, original et stimulant, de Raphaëlle Moine (Paris X) intitulé : "La fonction mémorielle du film d'époque". Définissant comme un genre à part entière la "fiction patrimoniale" (qui réunit "film historique" et "film en costume"), elle analyse sa (re)naissance au début des années 1980, après une éclipse d'une vingtaine d'années, (les Jean de Florette, Cyrano de Bergerac, Germinal… "ont [alors] pour mission d'être le ciment d'une nation ébranlée par les premiers échecs de la politique sociale de la gauche" mais sont aussi "les ambassadeurs de l'identité nationale à l'étranger"…), et un succès qui semble ne pas devoir se démentir à l'orée du XXIème siècle :
"L'extension et le succès du patrimoine comme bien commun qui scelle une identité collective ont été mis en rapport par les sociologues avec les destabilisations identitaires contemporaines, la mondialisation, la fin des Etats-Nations. De quelque manière —célébratoire, nostalgique ou critique— qu'elles investissent le passé, les fictions patrimoniales ont ainsi, elles aussi, pour fonction de contenir l'angoisse commune d'une discontinuité insensée, de procurer l'illusion de la pérennité en fixant le passé dans le présent qui le conserve pour le futur."
[TDC, L'Histoire au cinéma, N° 932, 15 mars 2007]
Posté par Valérie M. le 04.04.07 à 16:47
Commentaires
"les Choristes" comme lieu de mémoire ! aie aie aie…
barratier (le réalisateur des "Choristes" prépare apparemment un "Faubourg 36" qui se passe dans un cabaret au moment du Front Popu… la fiction patrimoniale a de beaux jours devant elle…
n'est-il pas justement plus intéressant de s'interroger sur "Histoire et cinéma" à propos d'une vision iconoclaste et personnelle de l'histoire (comme celle que développe Sofia C. dans "Marie Antoinette") plutôt que sur toutes ces "fictions patrimoniales" qui ont un vérisme scrupuleux (et pas moins faux que les audaces de Coppola) pour seul horizon ?
en tout cas cette couv m'a donné bien envie de le feuilleter, le TDC
au risque de faire repartir la polémique c'est moins l'irrévérence historique de Sofia Coppola qui m'a agacé (oui bon c'est sa liberté de réalisatrice, et on est quand même pas aussi obtus que ça nous les historiens, on aime le bon cinéma aussi) que les partis pris idéologiques qu'elle fait passer. Une fascination pour le luxe et la richesse tout à fait "raccord" avec le monde d'aujourd'hui et la bouillie qu'on met dans la tête des jeunes…
D'accord pour la notion de fiction patrimoniale, mais paradoxalement en France on n'a pas encore fait un film comme l'excellent "Nos meilleurs années" (Italie): les films français focalisent toujours sur une seule période historique, pas sur des décennies.
a contrario de cette image de la "fiction patrimoniale", il me semble qu'il y a eu quelques films qui ne se contentaient pas du "qu'elle est jolie notre histoire" mais qui plongent avec courage dans des époques peu reluisantes ou peu propices au consensus : je pense notamment au travail de l'unité fiction de Canal + avec ses films sur le 17 octobre 1961, la rue Lauriston, le SAC ou le Rainbow warrior. Au cinéma on peut aussi prendre les films sur la guerre d'Algérie (La Trahison, Mon colonel) ou même, dans un tout autre genre, le dernier Téchiné (Les Témoins) qui revient sur les premières années du SIDA
kiikOu je pOurais avOir plus d'infOrmation sur l'isOire du cinéma parseke dans quelqe jOur je dOis faire 1expOzé sur ce sujet mercOu
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