Categories
Rubriques
Derniers billets
- Tous les matins du monde : la fiche pédagogique
- Benda Bilili ! : le site pédagogique
- Zérodeconduite.net fait peau neuve (et ouvre sa boutique) !
- Cinélycée : le retour des Cinéclubs
- Cannes 2010 : Palmarès et bilan
- Des hommes et des dieux… prix de l'Education Nationale 2010
- Hors la loi de Rachid Bouchareb
- Documentaires : Inside Job et Countdown to zero
- Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
- Carlos d'Olivier Assayas
blog
We Feed the World : ça ne se mange pas, ça se vend…
We Feed the world. "Nous nourrissons le monde". Comme tous les slogans, celui-ci (emprunté à la firme Pioneer, leader mondial des semences) cache sous une proclamation généreuse une réalité moins reluisante : celle d’une agriculture transformée en industrie, d’un "agrobusiness" capitalistique et mondialisé, qui a moins pour but de remplir les estomacs que de vider les portefeuilles, et dont le vrai slogan pourrait être : "Ça ne se mange pas, ça se vend…"
Des décharges de Vienne (où l’on jette chaque jour assez de pain pour nourrir la deuxième ville d’Autriche, Graz), aux vastes étendues du Mato Grosso (où les paysans meurent de faim à côté des champs de soja, destinés à nourrir le cheptel européen), de la plaine d’Almeria (où les tomates poussent dans de la laine de verre, irriguées au goutte à goutte et dopées aux nutriments), aux campagnes roumaines (où le gouvernement subventionne l’achat de semences transgéniques… mais la première année seulement), We Feed the World, le marché de la faim d'Erwin Wagenhofer nous confronte aux conséquences, économiques, sociales, environnementales de nos modes de consommation.
Car au-delà de la baisse de la qualité des aliments et de la perte du goût (qui n’est pas un critère reconnu pour le marché, comme nous le rappelle un des intervenants), au-delà des irrémédiables dégâts paysagers et environnementaux (déforestation de l’Amazonie, gaz à effet de serre), comment justifier qu’on laisse mourir de faim une partie de l’humanité alors que l’agriculture mondiale a largement les moyens de nourrir la planète ? Comment arrêter les flux migratoires quand on organise la ruine des paysans du Sud pour écouler les produits du Nord ?
Tout l’efficacité de We Feed the world (le marché de la faim) réside dans cette manière de juxtaposer, sans commentaire, des réalités que l’on imaginait fort éloignés, et de mettre ainsi au jour les chaînes de causalité qui les relient. C’est l’art du montage, que le réalisateur utilise avec pédagogie, et parfois ironie : ainsi quand Peter Brabeck-Lemathe, PDG du premier groupe mondial d’agroalimentaire, Nestlé, s’extasie devant les images d’une usine entièrement automatisée, après s’être vanté de faire travailler des centaines de milliers de personnes de part le monde.
Ces qualités font de We Feed the World (le Marché de la Faim) un film très pédagogique, et c’est pourquoi nous lui avons consacré un mini-site pédagogique et deux dossiers, en Géographie-ECJS ("Agriculture, alimentation et mondialisation") et Sciences Economiques et Sociales ("Mondialisation agroalimentaire, politiques régionales et stratégies des multinationales"). On renverra également à l’interview inédite d’Erwin Wagenhofer sur Vousnousils.fr, et l’article de Gilles Fumey pour les Cafés Géos, ainsi qu'au site du film qui propose dans sa rubrique "Associations" de nombreuses ressources sur les thématiques du film. Rappelons enfin que le film fait l'objet de nombreuses soirées-débats, avec le réalisateur ou des intervenants extérieurs au film, universitaires ou associatifs.
[We Feed the World d'Erwin Wagenhofer. 2005. Distribution : Zootrope Films. Sortie le 25 avril 2007]
Posté dans Dans les salles par zama le 25.04.08 à 12:52
Commentaires
édifiant, effrayant… un film à mettre devant tous les yeux !
moi je l'ai trouvé assez partial et orienté, malgré l'absence de voix-off qui pourrait nous laisser croire à l'objectivité : il succombe à la vulgate altermondialiste anti-OGM et catastrophiste. Il serait peut-être plus intéressant d'apporter un point de vue nuancé sur les choses plutot que de crier systematiquement au loup.
val, comment apporter "un point de vue nuancé" sur le fait que des millions de gens meurent de faim, quand l'agriculture pourrait largement les nourrir ?!! ce genre de coquetterie me fait bondir : Jean Ziegler parle dans le film "d'assassinat", c'est sûr ce n'est pas très nuancé comme terme, mais personnellement je ne vois pas comment appeler ça autrement ! c'est une tactique typique de nous dire : attention c'est très compliqué, donc on ne va rien faire, alors que les choses sont tout de même assez simples quand on les regarde sous cet angle-là
c le film de josé bové ?
Un peu d'espoir et un peu de générosité. C'est ce que le cinéma nous donne à apprendre ; à chaque film, une nouvel espoir, une nouvelle générosité. J'espère que celle là, nous ne l'oublierons pas, c'est tout.
ou celui de jean-Pierre Coffe ? ("ça se bouffe pas, ça se mange")
j'ai découvert à cette occasion le travail remarquable de Jean Ziegler, et ses travaux sur la faim dans le monde. je conseille tout particulièrement "L'empire de la honte", qui porte hélas bien son titre…
Ziegler a des côtés plus sulfureux : il a notamment été désavoué par la FAO et l'ONU pour avoir comparé la Palestine à un "immense camp de concentration"…
Désavoué par l'ONU, via les Etats-Unis et son allié Israël, Ziegler a en effet dénoncé la situation alimentaire des populations palestiniennes, plus particulièrement des enfants. Ou est le mal? C'est à l'issue d'une manif où il a pris la parole pour exprimer sa légitime indignation que ses propos ont été repris par la presse, donc à ses dépens. Faut-il rappeler d'ailleurs que sur un plan purement réthorique, un camp de concentration n'est pas un camp d'extermination.
J'ai vu le documentaire de Mr Wagenhofer dans un petit cinéma d'arts et essais et n'ai qu'un regret : qu'un maximum de gens n'aient pu s'y rendre puisque la projection n'était prévue, certes deux fois par jour, mais sur 5 jours seulement, et dans une salle d'une centaine de places... Pourquoi la distribution ne s'est-elle pas faite dans de grandes salles de cinéma? Ce documentaire est sorti en plus durant le week-end du premier mai (dans ma ville en tout cas) et a donc donné à beaucoup de personnes l'occasion de partir plusieurs jours et de profiter du beau temps plutôt que de s'intéresser à ce documentaire en particulier. C'est vraiment dommage. En tout les cas je peux vous dire qu'à la fin de la projection de nombreuses voix en colère se sont élevées. Les gens ont discuté longtemps devant le cinéma. Pour avoir travaillé dans une PME, filiale d'un grand holding financier étranger et pour avoir, de par ma fonction, observé un grand nombre de malversations et autres intimidations, cela en vue de satisfaire un maximum d'actionnaires, je peux vous dire que la spéculation financière ne s'embarrasse d'aucune question morale en effet et que la dignité ne représente qu'un vain mot. Ne parlons pas de la responsabilité. Mais le mensonge lui prenait toute sa dimension auprès de ces soit-disant responsables que j'ai côtoyés trop longtemps. Les Prud'hommes s'en chargent actuellement, de même que d'autres instances. Il y aura toujours quelque chose à faire pour dénoncer, prouver, informer... à chacun de prendre son élan quand il le faut. C'est pour cela que je remercie Monsieur Wagenhofer d'avoir lancé un pavet dans la mare pour montrer le dépassemen éhonté de limites, l'absurdité d'une intelligence obtue et criminelle, qui se pare d' intentions fraternelles.
Avec schlomo, je peux attester, recherche faite, que les propos de Jean Ziegler sont des propos rapportés (il les aurait tenus dans une manifestation) par un journaliste. Les responsables israëliens ont ensuite instrumentalisé ces propos pour disqualifier le travail remarquable de ziegler à propos des camps de Gaza.
Un petit diction pour la route :
quand tu veux noyer ton chien, accuse-le d'avoir la rage…
film sympathique par les thématiques qu'il aborde, mais de manière assez brouillonne et fourre-tout : qui trop embrasse mal étreint. le film aurait sans doute gagné à moins survoler les choses et à se resserrer sur certains aspects de son enquête. Il un manque un véritable point de vue, en fait.
Je réagis contre les propos de T1138. Je vais juste un peu compléter l''info : "les propos de Jean Ziegler sont des propos rapportés, il les aurait tenus dans une manifestation" : il faut préciser que Ziegler était présent ce jour-là à une manifestation pro-palestinienne à Genève. Propos rapportés "par un journaliste" : c'est exact, mais Reuters a quand même jugé bon de consacrer une dépêche à l'événement. Et l'ONU jugé nécessaire de désavouer Ziegler. "Les responsables israëliens ont ensuite instrumentalisé ces propos... ": donc Reuters et l'ONU sont aux mains des Israéliens ?
je n'est pas vue le film bien domage ce que je peut dire c' est que dès qu' il sera en d v d je le prendrais car apprès tous ce que j'ai entendus et lut sur lui cela doit être fotmidablr de le voir
j'ai revu tout à l'heure L'aile ou la cuisse avec Louis de Funes et Coluche, c'était visionnaire ! tout est là, la standardisation du goût, les produits chimiquement recréés, et même la télé-spectacle… LOUIS DE FUNES EST GRAND !!!
Commentaires
- LOL sur 300 : Tout ça pour Sparte
- Gargo sur Tous les matins du monde (Quignard / Corneau) au programme des TL
- Thomas sabo charm sur Un Secret… à l'écran
- EJ sur Cinélycée : le retour des Cinéclubs
- sur Les Bureaux de Dieu : les monologues du Planning
La Boutique DVD
Le DVD du jour
Le Roi Danse
39.50 €
Tous les films
Tous les réalisateurs
Tous les dossiers
Liens
Nos partenaires
Education à l'image
Infos pratiques
- Vidéo en classe et droit [Cinéhig]
Ressources
- Sceren
- Cinehig [Histoire-Géo]
- Weblettres [Lettres]
- Filmeducation.org [Anglais]