Categories
Rubriques
Derniers billets
- Tous les matins du monde : la fiche pédagogique
- Benda Bilili ! : le site pédagogique
- Zérodeconduite.net fait peau neuve (et ouvre sa boutique) !
- Cinélycée : le retour des Cinéclubs
- Cannes 2010 : Palmarès et bilan
- Des hommes et des dieux… prix de l'Education Nationale 2010
- Hors la loi de Rachid Bouchareb
- Documentaires : Inside Job et Countdown to zero
- Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
- Carlos d'Olivier Assayas
blog
American Vertigo : à la va vite

Replacée en voix-off au début d’American Vertigo, le film, la déclaration d’intention se révèle paradoxale : car en compactant en 1 h 35 de projection les douze mois du voyage de BHL et les 400 pages de son livre, Michko Netchak prend l’exact contrepied de cette ode aux lenteurs de la route. Multipliant les étapes jusqu’à l’absurde, en une accumulation de très courtes séquences (pas plus de deux ou trois minutes) qui donnent l’impression de finir avant d’avoir commencé, American Vertigo tient moins du "carnet de route subjectif" que du flip book feuilleté à toute allure. Il donne au spectateur l’impression désagréable d’être embarqué dans un voyage en groupe au guide certes brillant mais au timing particulièrement serré : deux minutes d’arrêt, trois photos, et hop on remonte dans le car…
En maintenant ce rythme effrené, le documentaire perd ainsi sur les deux tableaux : si le cinéma n’y existe pas vraiment de manière autonome (aucune séquence n’a le temps de se développer, aucun personnage la possibilité d’émerger), il ne sert pas au mieux la prose du livre. En se contentant d’illustrer platement les mots (lus par Jean-Pierre Kalfon) par la multiplication des images, le montage ne fait qu’accentuer l’aspect accumulatif et redondant des descriptions de Bernard-Henri Levy, et partant son absence de véritable point de vue : (exemple pris au hasard, la décrépitude de Buffalo) "…longues avenues sans voitures qui s'étirent à l'infini; pas un restaurant où dîner; peu d'hôtels; des faux jardins à la place des immeubles; des terrains vagues à la place des jardins; des arbres morts ou malades; des gratte-ciel fermés, délabrés ou en passe d'être détruits; oui, la ville qui a inventé les gratte-ciel et où l'on trouve, aujourd'hui encore, quelques-uns des plus beaux spécimens du genre en est réduite à les abattre car un gratte-ciel inoccupé est un gratte-ciel qui se décompose et qui, un jour ou l'autre, vous tombe sur la tête; la bibliothèque qui va fermer l'une de ses ailes; le journal local qui périclite; l'histoire, que me raconte l'un de ses journalistes, de ces maisons que leurs propriétaires, parce qu'ils ne pouvaient ni les payer ni les revendre, ont préféré brûler pour toucher au moins l'assurance; des rues sans eau ni courrier; jusqu'à la gare centrale qui fut, du temps des aciéries, le cœur de la région et dont il ne reste qu'une ruine, énorme pain de sucre à l'abandon, panneaux métalliques rouillés, bruit du vent, vol de corbeaux et, en grandes lettres du début du siècle, «The New York Central Rail Road» déjà à demi effacé."
[American Vertigo de Michko Netchak. 2007. Durée : 1 h 35. Distribution : Sophie Dulac. Sortie le 20 juin 2007]
Posté dans Dans les salles par zama le 21.06.08 à 18:30
Commentaires
De jak, posté le 22.06.07 à 10:27
le seul intérêt du film donc c'est qu'on n'y voit pas le philosophe à la mèche rebelle.
le seul intérêt du film donc c'est qu'on n'y voit pas le philosophe à la mèche rebelle.
De germain, posté le 25.06.07 à 16:05
mais oui, allez-y, c'est à la mode de tomber sur BHL, ça fait toujours du bien. moi j'avais lu son bouqin, j'avais trouvé ça très bien, intéressant, ryhtmé, bien écrit. avec des images en plus, pourquoi bouder son plaisir ?
mais oui, allez-y, c'est à la mode de tomber sur BHL, ça fait toujours du bien. moi j'avais lu son bouqin, j'avais trouvé ça très bien, intéressant, ryhtmé, bien écrit. avec des images en plus, pourquoi bouder son plaisir ?
De Charlie Ravo, posté le 28.06.07 à 09:44
ce film est à montrer dans toutes les écoles de cinéma : c'est l'exemple même de tout ce qu'il ne faut pas faire
ce film est à montrer dans toutes les écoles de cinéma : c'est l'exemple même de tout ce qu'il ne faut pas faire
Commentaires
- LOL sur 300 : Tout ça pour Sparte
- Gargo sur Tous les matins du monde (Quignard / Corneau) au programme des TL
- Thomas sabo charm sur Un Secret… à l'écran
- EJ sur Cinélycée : le retour des Cinéclubs
- sur Les Bureaux de Dieu : les monologues du Planning
La Boutique DVD
Le DVD du jour
Le Roi Danse
Une répresentation convaincante du règne de Louis XIV, qui interroge les rapports entre artet pouvoir au prisme de la musique de Lully et du théâtre de Molière. Un film très utile à la fois en français, et au collège pour traiter de front le programme d’histoire (« L’émergence du roiabsolu ») et celui d’Histoire des arts (« Arts, Etats et pouvoir »).
Prix avec droits institutionnels :
39.50 €
39.50 €
Tous les films
Tous les réalisateurs
Tous les dossiers
Liens
Nos partenaires
Education à l'image
Infos pratiques
- Vidéo en classe et droit [Cinéhig]
Ressources
- Sceren
- Cinehig [Histoire-Géo]
- Weblettres [Lettres]
- Filmeducation.org [Anglais]