Mon meilleur ennemi : le site pédagogique

Trois vies et un (seul) procès : ainsi pourrait-on résumer l’itinéraire de Klaus Barbie, tortionnaire nazi célèbre pour son passage à la tête de la Gestapo lyonnaise, barbouze protégée par les américains à des fins anticommunistes, puis "expert"
es coups tordus et tortures diverses au service des juntes boliviennes ; avant que son passé ne le rattrape et qu’il ne comparaisse en France lors du
procès de 1987.
Mon meilleur ennemi de Kevin MacDonald (au cinéma le
7 novembre) s’intéresse à ces
trois vies successives, alors que celui de Marcel Ophüls (
Hôtel Terminus, 1988) était centrée sur la période nazie.
Dans l’introduction au
dossier pédagogique qu'il a réalisé pour Zérodeconduite.net, Francis Larran estime que cette différence entre les deux films s’explique par un
contexte historique, culturel et politique bien différents : "
Après s'être longtemps intéressés aux grandes figures de la Résistance, les artistes et les historiens se préoccupent désormais davantage des grands criminels nazis. Si Jonathan Little, dans Les Bienveillantes
, souhaite faire entrer le lecteur dans la mentalité d'un bourreau et ainsi créer une identification entre lui et son narrateur SS, Kevin Macdonald suit quant à lui le chemin parcouru par ce tortionnaire nazi durant toute la seconde moitié du Xxème Siècle. (…) Cet intérêt pour la personnalité des bourreaux nazis se retrouve également chez les historiens de la décennie 1990. La querelle historiographique opposant notamment C. Browning et D. Goldhagen passionne un large public, comme a pu en témoigner l'accueil particulièrement houleux réservé à l'oeuvre de ce dernier : Les bourreaux volontaires de Hitler
(1997).
Le documentaire répond aussi à un objectif politique, qui se comprend à l'aune des guerres menées récemment par les Etats-Unis. K. Macdonald signe en effet un film visant à dénoncer les abus de pouvoir et l'hypocrisie des grandes puissances. Comme Saddam Hussein, Klaus Barbie a été utilisé, soutenu puis abandonné par les Etats-Unis. Al'instar de Ben Laden dont la lutte contre l'URSS fut financée par les Américains dans les années 1980, Klaus Barbie, inscrit en 1945 à la 239e place sur la liste des criminels de guerre nazis, fut recruté pour ses compétences en matière d'espionnage par Washington."Son dossier, s’appuyant sur les programmes de
Première et de
Terminale Générales, suit la chronologie du film, en traitant les questions suivantes : "
Klaus Barbie, un bourreau nazi", "
Klaus Barbie, un "expert" anticommuniste", "
Klaus Barbie et la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale.". Il est téléchargeable sur le
site pédagogique Mon meilleur ennemi où l’on trouvera également le
Cinéclasse édité par
Le Monde de l’Education.
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 26.10.07 à 14:33