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J'irai dormir à Hollywood : on the road again

J'irai dormir à Hollywood

Après un an de campagne électorale et un mois d'Obamania, vous reprendrez bien un peu d'Amérique ? J'irai dormir à Hollywood appartient à un genre qui semble aussi vieux que les Etats-Unis eux-mêmes : le récit de leur traversée des Etats-Unis. "Faites dix mille miles à travers l’Amérique et vous en saurez plus long sur ce pays que tous les instituts de sociologie ou de sciences politiques réunis" disait Jean Baudrillard.
Sans remonter jusqu'à Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique, 1835), on remarquera que le genre a déjà inspiré deux documentaires français récents, l'un pas très réussi (American Vertigo de Michko Netchak, par, avec — et sur — Bernard-Henri Levy), l'autre un peu plus (Kings of the world de Valérie Mitteaux, Anna Pitoun et Rémi Rozié).
Si l'on juge de l'agrément du voyage à la personnalité du guide, Antoine de Maximy part avec une longueur d'avance. Le film est bâti sur le même principe que son émission J'irai dormir chez vous (diffusée aujourd'hui sur la chaîne France 5) : équipé de trois caméras (dont l'une, déportée au bout d’un bras mécanique, lui permet de se filmer lui-même), Maximy sillonne en touriste les coins les plus improbables, cherchant à lier contact avec l'autochtone (son gimmick, qui a donné son titre à l'émission, étant de se faire offrir le gîte et le couvert). J'irai dormir à Hollywood ne s'écarte pas de ce programme, dilatant l'aventure aux dimensions du pays-continent et à la durée du long-métrage. L'absence de prétention ou d'ambition (selon le point du vue que l'on décide d'adopter) de Maximy fait à la fois la limite et le charme du procédé : tout au long du voyage on restera au ras du bitume, et jamais les conversations n'effleureront autre chose que les questions quotidiennes. Mais cette galerie de personnages hauts en couleur compose finalement un portrait assez parlant des Etats-Unis, à la fois attachant et effrayant (cf notamment la scène tournée dans une Nouvelle Orléans en déshérence), et donnera certainement aux jeunes l'envie d'en savoir plus (ou d'aller y jeter un coup d'œl)… On conseillera à ceux-là, pour commencer, ce débat retranscrit et mis en ligne par le site des Cafés géos, assez "raccord" avec le film : L'Amérique au ras du ranch

[J'irai dormir à Hollywood d'Antoine de Maximy. 2007. Durée : 1 h 40. Distribution : Walt Disney Motion Pictures France. Sortie le 19 novembre 2008]

Posté dans Dans les salles par zama le 22.11.08 à 15:38

Commentaires

De kiki, posté le 26.11.08 à 15:53

Pensez vous que l'on peut articuler la sociologie et le journalisme aujourd'hui dans l'intêret de refonder la légitimiter des deux disciplines???
De yuli, posté le 20.12.08 à 11:35

n'allez pas dormir chez lui ! j'aimais bien l'émission mais étiré sur une heure et demi c'est interminable. Je m'attendais à quelquechose en phase avec l'actualité de ce pays, Obama, le formidable espoir et en même temps les crispations face à la promesse de changement, mais ça n'est qu'une collection de petites vignettes, comme autant de cartes postales. Dommage ! Mais Antoine est toujours aussi sympathique

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