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2012 : le plaisir de se faire peur

2012

Ainsi donc le calendrier maya prendrait fin en 2012, et notre monde avec…
Que ce soit dans les salles (le film fait un tabac aux Etats-Unis comme en France) ou sur internet (une kyrielle de sites reprend ses prédictions apocalyptiques), le monde entier joue à se faire peur avec 2012 de Roland Emmerich ; le monde entier, à commencer par le public le plus friand de ce genre, les adolescents. L’avalanche de questions qui lui étaient envoyées a ainsi conduit la NASA à mettre en ligne une page démontant point par point les allégations du film ("le calendrier maya s’arrête certes au 21/12/2012, mais comme votre calendrier s’arrête chaque année au 31 décembre, pour mieux reprendre ensuite…")
Si le film en lui-même, véritable best-of de toutes les catastrophes possibles (écroulements, éruptions, tremblements de terre, tsunamis) au prix d’une nouvelle surenchère d’effets spéciaux, ne présente pas plus d’intérêt que ses prédecesseurs, il pourra être évoqué au détour d’une discussion en classe. C’est l’occasion ainsi de faire s’interroger les élèves sur leur goût (et celui du public) pour ces films dits "catastrophes" et les prédictions apocalyptiques. On pourra s’appuyer sur le dossier du mois du magazine Philosophies magazine ("A-t-on raison d’avoir peur ?"), encore en kiosques, et sur la vidéo de cette discussion entre les philosophes Jean-Pierre Dupuy et Dominique Lecourt. Le second y analyse ainsi ces films catastrophe comme une manière, dans des sociétés de plus en plus marquées par l’individualisme, de reconstituer de manière fantasmatique une communauté humaine, face à un danger qui la dépasse. Les deux s’accordent en tout cas à déplorer le manque de culture scientifique de nos concitoyens, qui fait le lit de tous les fantasmes…
On pourra aussi s’appuyer sur les présupposés du film pour quelques mises au point scientifiques, un peu à la manière de ce dossier pédagogique édité par le CNDP en partenariat avec le "Mois très très spatial" de la chaîne Ciné-Cinémas (pistes pédagogiques autour des films suivants : Le Voyage dans la lune de Georges Méliès, 1902, La Planète des tempêtes de Pavel Klushantsev, 1962, Deep Impact de Mimi Leder, 1998, Sunshine de Danny Boyle, Opération Lune de William Karel, 2002).

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 17.11.09 à 12:09

Commentaires

De Casanova, posté le 30.11.09 à 11:46

Plusieurs lectures possibles dans ce film à gros budget. Gros budget dit gros contrôle des puissants (ceux qui ont l'argent), c'est deux alliances disent grosse recette, grosse recette dit beaucoup de spectateurs qui dit "mangez macdo, votez bush".

J'exagère mais l'argument est réel et présent dans chaque grosse production. Ce qui ressort à la vu de ce film est le côté réac des la morale bien pensante américaine.

D'abord avec la famille reconstruite, l'intrus beau-père (légèrement antipathique) meurt. Dans un rapport subtil figure fond (avec un tel budget, ne pensez pas que c'est du hasard), un personnage associe le bonheur de la vie, le modéle à suivre, à un père de famille et ses deux enfants (Cusack et deux têtes à claques) avec en arrière plan des militaires. L'armée protège ce bonheur.

Heureusement qu'on n'y échappe pas comme le grand Alfred et ses apparitions dans ses films, les méchants arabes. Ici, le personnage moralisateur découvre la supercherie et le côté inégalitaire de la situation, les plus riches de la planête sont sauvés. Dans un plan gros comme une méduse échouée, après un petit coup de gueule pour la bonne morale, on pointe du doigt les saoudiens (qui n'ont rien de sympathique).

Et il est drôle de reprendre les thèmes de réfugiés que l'on finit par sauver (dommage car il ne s'agit à ce moment d u film que des gros capitalistes de la planête, sinon la question ne se poserait pas) après un sursaut d'humanité des américains. Quand on dépense des millions pour se protéger des étrangers, à qui on vend à coups de guerres et d'expropriation le rêve américain.

Pointe d'humour dans l'image du président italien et français qui préfeèent rester avec leur peuple, Berlusconi et sarkosy en grands humanistes, on pouffe de rire. Obama (Holywood sait bien tourner sa veste) est incarné par notre grand copain de l'arme fatale, Danny Glover.

Pour abréger car les exemples abondent, film "écologique" dont le moteur de l'histoire est une prédiction "maya" et non une cause humaine. A se demander si Hulot et Yann-Arthus n'ont pas co-signé le scénario.



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