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Revue de web : Thatcher, Faucon, Amador…

> A la différence de ses films précédents, La Désintégration de Philippe Faucon ne nous a pas convaincus (voir notre article : "La Désintégration : radical"). Sur Télérama.fr, le réalisateur de La Trahison explique et défend ses choix avec acuité, à travers trois extraits commentés :
"Le constat d'Ali est partagé par nombre de jeunes des cités : ils ont le sentiment que l'école est un leurre, une voie de garage, même quand ils s'impliquent fortement dans leurs études. Des enquêtes statistiques l'ont prouvé : à diplôme égal, des élèves d'origine maghrébine ou africaine ont sept fois plus de difficultés que les autres à trouver un stage et décrocher un travail après leurs études. La Désintégration veut parler du présent sans manichéisme ou simplification avec une histoire et des vrais personnages dans leur complexité et leurs contradictions. Il fallait donner corps et chair à une réalité que l'on connaît surtout d'une manière abstraite grâce aux chiffres et aux enquêtes. Le film montre qu'un discours radical peut prospérer quand règne un sentiment d'exclusion, d'abandon, de vide."

> Nous citions son ouvrage Rêves de droite à propos du film La Dame de fer, qui a valu à Meryl Streep un Oscar attendu (voir notre article : "La Dame de fer : politique du roi Lear"). Sur le blog culture du Monde Diplomatique, elle revient in extenso sur le film de de Phyllida Lloyd ("La Dame de fer", ou la petite histoire pour réécrire la grande" : "Le parcours de Margaret Thatcher, fille d’un petit épicier de Grantham, mais aussi seule femme dans un monde politique uniformément masculin — ah ! la cinégénie de ce tailleur pervenche au milieu d’une nuée de costumes sombres... —, correspond à merveille au schéma de ces success stories dont le cinéma raffole, et qu’il produit à jet continu dans une sorte de réflexe narratif machinal. Les personnages bienveillants qui entourent l’héroïne (son père, son mari, ses mentors du Parti conservateur) et qui croient en elle l’adjurent, comme il se doit, de "rester toujours fidèle à elle-même", et autres maximes creuses tout droit sorties d’un manuel de développement personnel. Dans la séquence où la députée fraîchement élue se met en route pour le Parlement, l’ombre du prestigieux bâtiment semble écraser sa petite voiture où traînent, pêle-mêle, un tube de rouge à lèvres et les jouets de ses enfants — manière de tabler encore sur la complicité avec le public féminin : elle aussi, elle est une mère qui travaille. Comment ne pas souhaiter la victoire de cette obscure et méritante jeune femme que tout le monde traite de haut en raison de son sexe et de sa basse extraction sociale ? Comment ne pas frissonner avec elle lorsque, après sa victoire aux élections, la fille d’épicier pousse pour la première fois la porte du 10 Downing Street ?  Faisant ses premiers pas lors d’une réunion locale du Parti conservateur, celle qui s’appelle encore Margaret Roberts vante l’excellente préparation aux responsabilités politiques que lui aurait donnée son enfance modeste : "Comme l’homme ou la femme de la rue, je sais que, lorsque j’ai trop dépensé une semaine, je dois faire des économies la semaine suivante." On retrouve ici la sempiternelle et fallacieuse comparaison entre les finances d’un Etat et celles d’un foyer. (…)".

> Le site Cinélangues propose un copieux dossier pédagogique (pdf) destiné aux enseignants d'Espagnol autour d'Amador (au cinéma depuis le 15/02) le nouveau film de Fernando León de Aranoa (Les Lundis au soleil), qui raconte la relation entre un vieil homme et une jeune femme immigrée engagée pour s'occuper de lui. La première partie est une présentation générale du film en français, la seconde, en espagnol (Cuaderno de cine), propose "une réflexion progressive sur le film par le biais de photogrammes et d'extraits de dialogues".

Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 07.03.12 à 16:31