blog :::

Revue de web # 8 : l'esclavage, le f?minisme et la repr?sentation du sexe

?

12 years a slave et la repr?sentation de l'esclavage

12 Years a Slave est-il ? l'esclavage ce que La Liste de Schindler ?tait ? la Shoah ? Dans un brillant article paru sur Slate.com et traduit en fran?ais, Peter Malamud Smith r?sume sa g?ne par rapport au dernier film de Steve Mc Queen : il est certes miraculeux, m?me en 2014, qu'un r?alisateur noir soit parvenu ? r?aliser, avec les moyens d'Hollywood, un film montrant sans fard les violences de l'esclavage aux ?tats-Unis, et la promotion de 12 Years a slave en direction public le plus large a selon lui un caract?re "d'urgence morale". Mais le film de Steve Mc Queen n'?vite pas l'?cueil habituel du cin?ma am?ricain, ce besoin de "montrer l'individu comme plus grand que le syst?me, m?me quand celui-ci ?tait une machine ? broyer des millions d'hommes comme l'esclavage".
Le public am?ricain ne s'identifie qu'au success stories (un esclave tellement exceptionnel qu'il "s'en est sorti" chez Mc Queen, un vengeur noir r?glant son compte aux salauds blancs chez Tarantino), et c'est uniquement par ce prisme que Mc Queen parvient ? faire œuvre d'histoire.
"C’est ?a, plus que toute autre chose, qui d?signe 12 Years a Slave comme ?tant un film am?ricain. C’est un voyage au pays du d?sespoir, mais qui se dirige vers une destination toute diff?rente. Dans le divertissement am?ricain, l'intol?rable a ses limites.? Est-il m?me possible de r?aliser un film qui dise la v?rit? absolue sur l’esclavage? Qui dise que, Northup ou pas Northup, pendant deux abominables si?cles de l’histoire am?ricaine, l’individu n’a pas ?t? plus grand que l’institution? Nous pouvons supporter 12 Years A Slave, mais ne vous attendez pas ? voir bient?t 60 Years a Slave. Quant ? 200 Years, Millions of Slave, n'y pensez m?me pas."?

Les femmes et le test de Bechdel

La repr?sentation des femmes ?volue-t-elle dans le cin?ma hollywoodien ? A l'occasion des bilans de l'ann?e pr?c?dente et dans la perspective des prochains Oscars, Next.Liberation.fr fait le point sur le sujet : pour une Katniss Evergreen, l'h?ro?ne de Hunger Games - L'Embrasement (le plus gros succ?s du Box-office am?ricain en 2013), combien de femmes objets ou de faire-valoir du h?ros masculin ? "Quel que soit le volontarisme avec lequel on ?tudie les chiffres, les statistiques restent tout ? fait univoques quant au genre dominant la production cin?matographique am?ricaine ou mondiale. Si, dans l’ensemble, la repr?sentation des femmes ? des places de premier plan a r?cemment fait quelques progr?s, au fur et ? mesure que l’on s’approche du sommet de ces recensements, la disparit? s’accentue au profit des hommes, pour devenir une domination quasiment exclusive lorsqu’on ne consid?re que la cime.? Le cin?ma serait-il ? la tra?ne de la soci?t? ? Des d?cennies d’?veil, de prise de conscience et de gender studies n’ont-elles donc rien infus?, ou si peu, dans le bastion machiste hollywoodien ? Les gender studies, ?tudes des genres, sont une affaire d?j? ancienne aux Etats-Unis. Depuis les ann?es 70, les universitaires alimentent une gigantesque base de donn?es qui permet de constater qu’en mati?re de parit? il reste beaucoup ? faire, et pas seulement dans le milieu du cin?ma."
L'article rappelle le ludique test de Bechdel, qui en trois questions ("Ce film comporte-t-il au moins deux personnages f?minins identifiables par un nom ? Ces deux femmes se parlent-elles ? Se parlent-elles d’autre chose que d’un homme ?") permettant de tester le f?minisme d'un film. Un test simple, ludique, pratique, mais pas infaillible, puisque Gravity d'Alfonso Cuaron y ?choue lamentablement, alors qu'il a offert ? Sandra Bullock un des plus beaux r?les d'h?ro?nes de ces derni?res ann?es…

Comment fait-on l'amour au cin?ma ?

… ou plut?t comment le cin?ma repr?sente le sexe ? L'ann?e 2013 a ?t? marqu?e par deux films mettant en sc?ne des rapports sexuels explicites, La Vie d'Ad?le d'Abdellatif Kechiche et L'Inconnu du Lac d'Alain Guiraudie, suivis en ce d?but d'ann?e par le Nymph()maniac de Lars Von Trier.? Dans Le Monde, Thomas Sotinel revient sur une question qui a "travaill?" le septi?me art depuis ses origines, de mani?re d'abord souterraine (si l'on peut situer le premier baiser de cin?ma, le co?t a d? ?tre tourn? dans l'intimit? d'un bordel du d?but du si?cle) puis de plus en plus explicite.
Il montre comment l'avanc?e des mœurs se conjugue avec celles des technologies pour renouveler le d?bat : "En treize ans, le statut de l’imagerie ?rotique et pornographique a profond?ment chang?. Elle est maintenant ? port?e d’ordinateur ou de t?l?phone portable dans toute sa vari?t?, impliquant aussi bien des professionnels du sexe, des amateurs ou des c?l?brit?s (les sextapes, diffus?es ? l’insu ou du plein gr? des int?ress?s). […] Le moment de la lev?e du tabou semble d’autant plus proche que la technologie vient au secours de sa transgression. D’une part les proth?ses sont parvenues ? un r?alisme presque parfait. Utilis?es dans La Vie d’Ad?le ou dans Nymph()maniac, elles ?vitent aux acteurs de passer la fronti?re de l’accomplissement, tout en donnant l’illusion au spectateur d’avoir effectivement assist? ? cette transgression. Il en va de m?me de la modification num?rique des images, qui peut aussi servir ? rendre indistinguables le corps de la doublure et le visage de l’acteur. Comme l’explique Catherine Breillat, la probl?matique de la repr?sentation de l’acte sexuel oscille entre deux p?les, "les sc?nes d’amour simul?es o? tout le monde croit qu’il a vu et les sc?nes d’amour non simul?es o? tout le monde jure qu’il n’a rien vu"."

Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 05.02.14 à 11:55

new site