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Jupiter's moon : parabole européenne

Jupiter's moon

De la Bulgarie (Directions de Stefan Komandarev) à l’Ukraine (Frost de Sharunas Bartas) en passant bien sûr par la Russie (les films d'Andrey Zvyagintsev et Sergei Loznitsa), ce Festival aura dressé des pays de l’ex-"Bloc de l’Est" un tableau effroyable, entre violence sociale, prurit identitaire et déréliction morale… Le magyar Kornél Mundruczó ne fait pas exception, dépeignant, après sa parabole canine sur la dérive totalitaire du régime d’Orban (White God), une Hongrie s’abîmant dans sa gestion indigne des migrants. Le film raconte la rencontre entre un médecin véreux et un jeune migrant miraculé et miraculeux : laissé pour mort par la police des frontières qui l’a tiré comme un lapin, il survit et se découvre le pouvoir de lévitation.
Le film avance de morceaux de bravoures (un plan séquence dans un camp de rétention qui n’est pas sans rappeler ceux du Fils de Saul du compatriote Laslo Nemes) et séquences-choc (un appartement mis sens dessus dessous comme dans Inception de Christopher Nolan). Mais il ne se départit jamais de son ambiance poisseuse, exacerbée par une photographie jaunâtre et le décalage de dialogues postsynchronisés. S’il fait montre une nouvelle fois de sa virtuosité, Kornél Mundruczó ne nous convainc pas de la pertinence de sa parabole européenne (c’est elle, la "lune de Jupiter", comme nous l’annonce le carton liminaire), surtout quand celle-ci flirte avec le douteux (l’un des migrants affranchis par le médecin se révélera être un poseur de bombes)…

Jupiter's moon (La Lune de Jupiter) de Kornél Mundruczó, 2017, Hongrie-Allemagne, Durée : 123 mn
Sélection officielle

Posté dans Festival de Cannes par zama le 26.05.17 à 23:13

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