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Fast food nation et Babel : Frontières

Lors des festivals, le visionnage rapproché des films conduit plus facilement que le reste de l’année aux court-circuits visuels et aux rapprochements thématiques. Deux des films "américains" de la compétition officielle (le film d’Iñarritu est présenté sous la bannière du Mexique mais il s’agit d’un film de studio) ont en commun d’utiliser une forme narrative éclatée pour s’affranchir d’une vision étroitement locale et dire la complexité du monde…
Babel d'Alejandro Iñarritu étend le système formel virtuose de ses précédents Amours chiennes et 21 grammes au monde entier (le titre du film fait déjà programme), sur le thème un peu rebattu du battement d’aile du papillon (qui provoque un ouragan à l’autre bout du globe)… Où comment le fusil d’un chasseur japonais blessera une touriste américaine dans les mains d’un berger marocain. A la recherche de germes fécaux trouvés dans un hamburger américain, Fast food nation remonte la filière bovine jusqu’aux gigantesques abattoirs texans et aux mexicains sans papiers qui y travaillent. Du producteur au consommateur, il démonte les rouages d'une industrie du fast food soumis à la compression des coûts, en fictionnalisant l'enquête d'Eric Schlosser (voir cette interview en anglais).
Les deux films ont aussi et surtout en commun, comme de nombreux films américains récents (Traffic de Steven Soderbergh, Trois enterrements de Tommy Lee Jones…) de s’interroger sur la frontière à sens unique qui sépare les Etats-Unis (l’Occident prospère) du Mexique (le Sud menaçant), avec en point de mire la figure de l’immigrant clandestin, qui au péril de sa vie vient faire tourner les usines ou donner son amour aux enfants américains (cf cet article des Cafés Géographiques sur la mondialisation des sentiments à propos de Vers le Sud de Laurent Cantet).
Ils peuvent ainsi nourrir les cours de Géographie de Seconde (Des frontières, des états) ou de Terminale (sur les Etats-Unis) ainsi que les cours d'Anglais et d'Espagnol (voir les liens pédagogiques que nous donnions à propos de Trois enterrements )

Posté dans Cannes 2006 par zama le 24.05.06 à 11:46

Commentaires

De cathy, posté le 25.05.06 à 11:23

Qui trop embrasse mal étreint! Il y a une vérité dans ce proverbe, la srtucture chorale de ces films ne parvient pas à masquer un ton quand même prétentieux, et donneur de leçon, surtout Babel qui n'échappe pas à la manipulation des sentiments.

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