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Le Cauchemar de Darwin : suite et fin ?
Après avoir occupé l’actualité pendant plus d’un an (), le débat autour du Cauchemar de Darwin d’Hubert Sauper semble avoir fait long feu. Enfin ! serait-on tenté de dire tant la polémique engendrée par l’article incendiaire de l’historien du cinéma François Garçon dans les Temps Modernes (cf notre article : César et polémiques) semblait tourner en rond, chaque partie campant obstinément sur ses positions (Hubert Sauper est un manipulateur cynique qui bâtit son succès sur des contre-vérités/François Garçon est un pisse froid qui ne connaît rien au cinéma ni à l’Afrique). En témoigne ce débat un peu poussif lors de l’Emission Arrêts sur Images (visionnable sur le site) il y a un mois entre François Garçon et… le sociologue René Segbenou (Hubert Sauper ayant décliné l’invitation). Il faudra un jour se pencher sur l’extraordinaire et inattendue fortune publique et médiatique de ce documentaire :
— Pour ce qu’elle dénote du "sanglot de l’homme blanc", cette mauvaise conscience post-coloniale qu’avait analysé Pascal Bruckner. Le succès du Cauchemar de Darwin, comparé à la lassitude et à l’indifférence habituelles des opinions occidentales envers les tragédies africaines, ne vient-il pas du fait que le film avait l’habileté d’interpeller directement nos estomacs ? (cf cette image de l’arrête qui reste en travers de la gorge du spectateur, cf les surréalistes campagnes de boycott)
— Parce qu’elle permet de dresser une sorte d’esthétique de la réception du cinéma documentaire. Celui-ci se revendiquant par définition du "réel" (c’est le nom d’un des plus vieux festivals du documentaire), comment expliquer au spectateur qu’il ne faut pas prendre tout ce qu’il voit pour argent comptant, qu’il faut lire le film (c’était un des arguments employés par Sauper pour sa défense) comme une "métaphore" ?
En attendant, saluons une des premières didactisations autour du film, celle de Vincent Marie (par ailleurs autour d’un remarquable travail sur le cinéma africain, nous y reviendrons) pour les Cinehig, qui donne quelques pistes d’exploitation du film en classe : "Dès sa sortie dans les salles, Le cauchemar de Darwin a soulevé une vive polémique dans les médias français. Il est alors légitime que le pédagogue puisse s’interroger sur l’utilisation d’un tel film dans les classes. Dans cette perspective, il s’agit avant tout de prendre des distances par rapport aux premières impressions des élèves puis de les décrypter par une recherche d’informations. Par ailleurs, nous pouvons aussi nous interroger avec nos élèves sur les techniques de communications cinématographiques utilisées par Hubert Sauper pour nous transmettre ce sentiment de malaise. En conséquence travailler sur la notion de point de vue est intéressant à plus d’un titre. Cela permet, en contextualisant le film dans les rapports Nords-Suds de dresser une présentation des disparités économiques et des contrastes de développement du monde actuel."
On renverra également, pour une vision à peu près complète du dossier, au "cybervoyage" offert en complément de l'émission citée sur le site d'Arrêts sur images et qui recense en deux parties toutes les ressources internet : Mauvais rêve ou mauvais film ? / Quand les internautes mitonnent un boycott.
Posté dans Le classeur par zama le 24.06.08 à 13:58
Commentaires
De esperanza, posté le 24.06.06 à 14:06
Suite ou fin ? Un début j'espère pour tous les jeunes cinéastes qui décideront de montrer les choses telles qu'elles sont.
Suite ou fin ? Un début j'espère pour tous les jeunes cinéastes qui décideront de montrer les choses telles qu'elles sont.
De Marco, posté le 25.06.06 à 20:13
Merci pour ces nouvelles pistes qui restent néanmoins assez difficiles d'accés pour de jeunes cinéphiles ou pour de jeunes spectateurs au regard fragile. Surtout face à un film ou la forme cinématographique est très ambigüe. Un polar documentarisé ou un documentaire polarisé voir polarisant... Des notions que nous-mêmes, adultes, avons du mal à reconnaître.
Merci pour ces nouvelles pistes qui restent néanmoins assez difficiles d'accés pour de jeunes cinéphiles ou pour de jeunes spectateurs au regard fragile. Surtout face à un film ou la forme cinématographique est très ambigüe. Un polar documentarisé ou un documentaire polarisé voir polarisant... Des notions que nous-mêmes, adultes, avons du mal à reconnaître.
De Mayas, posté le 27.06.06 à 11:19
D'une manière générale, deux points de vue s'opposent sur la représentation de l'Afrique. Faut-il montrer l'image d'un continent en voie de dépérissement, livré au chaos comme le miroir d'une mauvaise conscience blanche post-coloniale ou l'image d'un continent prêt à relever le défi du 21 ème siècle soutenu par des hommes et femmes déteminées à soulever des montagnes pour s'en sortir (voir Congo River de Thierry Michel). Au fond l'essentiel est de faire durer le débat pour ne pas oublier tout simplement l'Afrique
D'une manière générale, deux points de vue s'opposent sur la représentation de l'Afrique. Faut-il montrer l'image d'un continent en voie de dépérissement, livré au chaos comme le miroir d'une mauvaise conscience blanche post-coloniale ou l'image d'un continent prêt à relever le défi du 21 ème siècle soutenu par des hommes et femmes déteminées à soulever des montagnes pour s'en sortir (voir Congo River de Thierry Michel). Au fond l'essentiel est de faire durer le débat pour ne pas oublier tout simplement l'Afrique
De Palis, posté le 23.05.09 à 23:25
Il va falloir faire un minimum de recherches si vous ne voulez pas paraître ridicule voir franchement diffamatoire. F. Garçon est un professeur de cinéma à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a fait sa thèse de doctorat sur le cinéma français sous Vichy et possède une solide formation d'historien.
Il va falloir faire un minimum de recherches si vous ne voulez pas paraître ridicule voir franchement diffamatoire. F. Garçon est un professeur de cinéma à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a fait sa thèse de doctorat sur le cinéma français sous Vichy et possède une solide formation d'historien.
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