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Echo Park, carte postale de LA

En cette période estivale, il est tentant pour les citadins sédentaires de chercher dans les salles obscures le dépaysement géographique que ne leur offrent pas leurs vacances. Aux produits standardisés des "Tour Operators" américains ou français, on leur conseillera de privilégier destinations cinématographiques plus authentiques : ainsi Echo Park, LA de Richard Glatzer et Wash Westmoreland, dont le titre dit bien l'enracinement narratif dans un quartier de Los Angeles à forte population "latino".
On choisira pour guide les toujours pertinents Cafés Géographiques, qui ont pour parti de prendre les films comme autant de cartes postales du monde, et qui voient dans ce film, aux antipodes des blockbusters hollywoodiens, la description d'"un Los Angeles plus réaliste qui intéressera quiconque voudra compléter sa géographie de la mégapole californienne."
Jérôme Monnet analyse cette chronique sensible et sincère (voir l'article de Vanina Arrighi pour Fluctuat.net) comme "l'histoire d'une gentrification" (sur le concept de gentrification voir cet article de la revue Strates : Les aveugles et l'éléphant) : "L’arrivée d’une nouvelle population (des intellectuels, des artistes, des gays), à la recherche à la fois de maisons moins chères que dans le "Westside" et d’une ambiance urbaine due à la proximité de Downtown et à l’ancienneté du bâti, provoque une flambée des prix qui aboutit logiquement à l’exclusion progressive des populations plus anciennes. Echo Park fut une banlieue résidentielle pour les classes moyennes blanches jusqu’aux années 1950, époque à laquelle le "White Flight" vers des banlieues plus lointaines (la San Fernando Valley, etc.) entraîna une relative paupérisation qui permit à des familles "de couleur" de s’installer alors qu’elles étaient victimes au même moment des opérations voisines de rénovation de Chavez Ravine (installation du Dodger Stadium) et de Bunker Hill (extension du Central Business District). On assiste donc aujourd’hui à un "retour" des riches, sans enfants et avec des modes de vie cosmopolites, au moment où les Latinos découvrent que le modèle traditionnel de famille, pilier de l’identité du groupe, ne peut plus répondre aux aspirations des jeunes si les plus âgés ne s’adaptent pas aux nouvelles conditions de la vie métropolitaine."
Il le compare également au dernier film de Larry Clark, Wassup Rockers en montrant comment les deux films dépeignent un Los Angeles latino réduit à la portion congrue par le cinéma hollywoodien (Collateral ou l'oscarisé Collision). Et souligne que le film doit à tout prix être vu en version originale (avis aux enseignants d'Anglais et d'Espagnol), pour entendre le bilinguisme des personnages et comment ceux-ci "choisissent l’un ou l’autre langue selon les endroits, les interlocuteurs, les sentiments ou l’image qu’ils ont d’eux-mêmes".

[Echo Park LA de Richard Glatzer et Wash Westmoreland. 2005. Durée : 1 h 30. Distribution : Memento Films. Sortie le 5 juillet 2006]

Posté dans Dans les salles par zama le 18.07.08 à 19:08

Commentaires

De CATSEY, posté le 18.07.06 à 21:25

c vrai que le seul interet de wassup rockers etait les PERSONNAGE et pas l'histoire
De Wendy, posté le 20.07.06 à 15:22

Ce film est un excellent mode d'emploi à l'usage des bobos pour investir les quartiers populaires cosmopolites afin de les rendre bourgeois et monochromes.
De blog etudiant, posté le 25.07.06 à 10:37

Ce blog est génial. Bravo

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