Max et les maxi monstres

www.masetlesmaximonstres.com

Zéro de conduite.net

L'actualité educative du cinéma

accueil

Le Répertoire

3 articles

Frears, des Liaisons dangereuses à Chéri

Cheû de Stephen Frears

Un roman français, un cinéaste anglais, des acteurs (et actrices) américains… Qui eût dit que ces ingrédients improbables feraient naître un chef d'œuvre ? Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears est aujourd'hui, au côté du roman de Choderlos de Laclos, au programme du bac des Terminale L, ce qui constitue une belle reconnaissance pour le travail d'adaptation mené par le réalisateur de The Queen (et son scénariste Christopher Hampton) autour de ce grand classique du roman français.
Bis repetita placent, c'est à un autre grand romancier français que s'attaque aujourd'hui Frears, ou plutôt à une romancière : son adaptation de Chéri de Colette, prévue sur nos écrans en mars 2009. L'argument du roman, paru en 1920, est le suivant : "Léa de Lonval, une courtisane de près de cinquante ans, est la maîtresse de Fred Peloux, appelé Chéri. À mesure qu'elle éprouve le manque de conviction croissant de son jeune amant, Léa ressent, avec un émerveillement désenchanté et la lucidité de l'amertume, les moindres effets d'une passion qui sera la dernière. Pourtant il suffira à Chéri d'épouser la jeune et tendre Edmée pour comprendre que la rupture avec Léa ne va pas sans regrets." Pour cette adaptation, le réalisateur anglais retrouve d'ailleurs la Madame de Tourvel des Liaisons Dangereuses, l'actrice Michelle Pfeiffer (voir ci-contre une des premières photos du film). Dans sa leçon de cinéma donnée au Festival de Cannes (qui sont regroupées et éditées par les éditions ), Stephen Frears revenait principalement, à propos des Liaisons, sur son travail, à lui l'anglais pur jus, avec les actrices américaines : "Un cinéaste montre ce que les gens cachent. Il s'agit toujours, dans un film, de voir ce qui se cache en dessous. C'est tout à fait frappant, par exemple, pour Les Liaison dangereuses. (…) Moi je me suis concentré sur la mise en scène, qui devait révéler les secrets, notamment par la multiplication des gros plans et des mouvements de caméra très élaborés, comme si une sorte de danse se déroulait au milieu des visages. Je suis un grand admirateur de Max Ophüls, et j'aime particulièrement Lettre d'une inconnue.
Mais j'ai découvert, en commençant à tourner de cette façon, que les actrices américaines, en l'occurence Glenn Close et Michelle Pfeiffer, n'arrivaient pas à jouer ainsi, car elles ne sont pas équipées pour ça, pour des raisons historiques… Et cela m'a laissé assez perplexe, puisque chacune des répliques des personnages de ce film est un mensonge, il y a toujours quelque chose d'autre qui se manigance. Je n'arrivais pas à saisir pourquoi ça ne marchait pas avec elles. Cela a été pour moi une grande expérience : c'était la première fois que je travaillais avec des actrices de ce niveau. Lentement, j'ai remarqué qu'en tournant un autre type de scènes, cela fonctionnait mieux. Donc, sans rien dire à personne, je suis passé d'un film à un autre. La vérité est que j'ai plus appris que jamais sur le cinéma américain pendant cette semaine-là. J'ai alors compris comment fonctionne le cinéma américain, pourquoi John Way est bon dans les films de John Ford, pourquoi les acteurs et les actrices peuvent atteindre là-bas une telle intensité dans tel type de scènes, et pas dans telle autre. J'ai donc compris pourquoi le fait d'attendre d'eux qu'ils jouent comme des acteurs anglais — ce qui avait été mon cas en arrivant sur le plateau — était une idée complètement idiote. (…) J'ai appris, ainsi, que les acteurs américains prennent le pouvoir dans les gros plans. Ils viennent naturellement aux gros plans.
"

Les leçons de cinéma, Festival de Cannes - Editions Panama, Paris 2007
Chéri de Stephen Frears, au cinéma en mars 2009

Posté L'agenda par le 17.01.09 à 11:14 - Réagir

Les Liaisons dangereuses au programme des TL

C'est officiel : le cinéma est de retour au menu du bac littéraire. Si l'année dernière Le Guépard de Lampedusa avait été inscrit au programme des Terminale L sans mention du chef d'œuvre de Visconti, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos est proposé cette fois dans une logique comparatiste avec le film de Stephen Frears (1988). Le roman épistolaire et son adaptation s'inscrivent dans le domaine "Langage verbal et images - Littérature et cinéma" : il faudra donc mener de front étude littéraire et analyse du film, en proposant des pistes sur le passage de l'écrit à l'image, à l'instar du programme d'il y a trois ans sur Le Procès de Kafka et Welles.
Cette fois-ci, les enseignants auront de plus le loisir de prendre des points de comparaison dans les nombreuses adaptations du roman réalisées au fil des ans, et de confronter les diverses incarnations des Merteuil, Valmont et Tourvel : de l'adaptation réalisée par Roger Vadim (avec G. Philippe et Jeanne Moreau) en 1959 dans des décors et costumes "modernes" au Valmont de Milos Forman (1989) —que certains jugent supérieur à l'œuvre de Frears—, en passant par le "teen movie" Cruel intentions (traduit en français par un navrant "Sexe Intentions"), autre transposition "moderne" sur un campus américain (avec les stars Ryan Philippe, Sarah Michelle Gellar et Reese Witherspoon), voire, pourquoi pas, la version télévisuelle de Josée Dayan (2003) à l'improbable casting international (Catherine Deneuve, Rupert Everett, Leelee Sobieski).
Le Bulletin Officiel indique entre autres comment se procurer le DVD avec les droits d'exploitation en classe (auprès de l'ADAV). Il propose également une courte bibliographie introductive au film de Stephen Frears. On pourra également se reporter à notre séquence pédagogique sur le film : Les Réécritures (Laclos / Frears).

Ressources :
- Les Réécritures (Laclos / Frears), Zérodeconduite.net, la séance du mois
- "Qu'est-ce que le montage alterné ?" (la scène liminaire du film de Frears), Télédoc, rubrique Plans Rapprochés
- Les Liaisons dangereuses, Laclos et Frears, Site pédagogique Lettres de l'académie de Versailles
- Les Liaisons dangereuses : deux adaptations (Frears, Forman), CRDP de Lyon

Posté par le 07.06.08 à 16:25 - 58 commentaires

La séance du mois (avril) : les Réécritures (Laclos/Frears)

Transposant avec une relative fidélité et une intelligence certaine le roman de Choderlos de Laclos (1782), le film de Stephen Frears, Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons, 1988) est considéré comme l'une des meilleurs adaptations cinématographiques d'un classique de la littérature, et est à ce titre souvent étudié en classe. On renverra par exemple à cette didactisation proposée par le site académique de Versailles, et à cette analyse de séquence par Teledoc. Toutes les deux insistent sur le passage entre texte littéraire (littérarité redoublée par la dimension épistolaire) et images animées.
Notre séance, qui s'inscrit dans le cadre de l'objet d'étude "Les Réécritures" (Première), ajoute un troisième terme au processus : le scénario du film, signé par Christopher Hampton, est en effet l'adaptation d'une transposition théâtrale du roman de Laclos par le même Christopher Hampton.
On a donc cherché à déterminer les indices de théâtralité dans le roman de Laclos, et à voir comment ceux-ci ont permis et enrichi sa transposition cinématographique.

[Télécharger la séance au format pdf]

Posté La séance du mois par le 28.04.08 à 18:29 - 7 commentaires


haut de page