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: (20 articles)

Ernest et C?lestine en salles

Ernest et Celestine, le film

Le nouveau petit bijou du studio Les Armateurs (les producteurs de Michel Ocelot et de son r?cent Kirikou) sort en salles.
Nous l'avions vu et appr?ci? lors du dernier Festival de Cannes : "D?s l’entame, on est saisi par l’originalit? du ton et le soin apport? ? la forme. Le sc?nario a d?velopp? l’histoire de la rencontre entre l’ours Ernest et la souris C?lestine, gagnant une libert? bienvenue en se pla?ant chronologiquement avant les albums de Gabrielle Vincent. Le film se structure sur une s?rie d’oppositions entre grand et petit, dessus (la ville des ours, en tous points nos semblables) et dessous (le monde souterrain des souris, qui rappelle les Gaspards de Pierre Tchernia), mais aussi entre la norme et la marge : la rencontre entre l’ours marginal et la petite souris anticonformiste va bouleverser l’ordre trop bien r?gl? des choses. La facture frappe par la fluidit? de l’animation, ? la fois douce et nerveuse, et par le travail sur la mati?re sonore (les voix des com?diens mais aussi les bruitages)." (lire l'article en entier).

En plus d'une excellente sortie de fin d'ann?e, Ernest et C?lestine est un support p?dagogique hautement recommandable, ? proposer au Cycle 1 comme au Cycle 2 de l'?cole ?l?mentaire, en variant les approches. Parmi les pistes p?dagogiques possibles :
— En Education civique et morale : mener des d?bats autour des sentiments explor?s dans le film? (jalousie, amour, abandon, estime de soi, accepter l’autre dans sa diff?rence…) et des questions fondamentales soulev?es dans le film (cf l’histoire)
— En Sciences : travail sur les dents (incisives) ? mettre en relation avec la petite souris des contes
— Arts visuels : comment travailler de fa?on minimaliste pour exprimer une id?e (exemple : comment exprimer ? l’hiver ? en un trait de crayon), qu'est-ce que la technique de l’aquarelle…
— En Musique : travail sur des chansons de Thomas Fersen
— Et bien s?r en Lecture la possibilit? d'un travail en r?seau autour des albums de Gabrielle Vincent…

[Ernest et C?lestine de Benjamin Renner, Vincent Patar et Pascal Aubier. Dur?e : 1 h 19. Distribution : Studio Canal. Sortie le 12 d?cembre 2012]

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 12.12.12 à 22:46 - 2 commentaires

De Charlot ? Chaplin : 10 chefs d'?uvre ? red?couvrir

De Charlot ? Chaplin

Le pantalon trop large, la canne et le chapeau melon : la silhouette de Charlot (ou the tramp, le vagabond, comme disent les anglophones) se confond avec l’id?e m?me du cin?ma. Mais derri?re les aventures de ce petit personnage si g?nialement croqu?, il y a un cin?aste complet, qui ma?trisait avec un soin maniaque ? la fois l’?criture, la prise de vue, la mise en sc?ne, la sc?nographie et la postproduction (musique comprise) de ses films ; un cin?aste qui sut d?passer le seul burlesque, apr?s l'avoir ma?tris? ? la perfection, pour proposer des oeuvres d’une richesse et d’une complexit? croissantes.
Par leur diversit? et leurs richesse, les films de Chaplin offrent une mati?re incomparable ? l’enseignant, et peuvent ?tre ?tudi?s d?s les premi?res ann?es d’?cole (The Kid, Le Cirque…) jusqu’? l’universit? (cas sans doute unique dans l'histoire du cin?ma).

A partir du 24 octobre, Mk2 propose dans les salles de cin?ma la r?trospective "De Charlot ? Chaplin" : 10 films de Charles Chaplin (The Kid, L'opinion publique, La Ru?e vers l'or, Le Cirque, Les Lumi?res de la ville, Les Temps modernes, Le Dictateur, Monsieur Verdoux, Les Feux de la rampe, Un roi ? New York), soit la quasi int?gralit? de ses longs-m?trages, en version num?rique restaur?e.
A cette occasion nous avons dress? l’inventaire des pistes p?dagogiques possibles autour des films de la r?trospective, et des (nombreux) dossiers et fiches d'accompagnements disponibles en ligne, via un mini-site "Chaplin"

De Charlot ? Chaplin, R?trospective de 10 films de Charles Chaplin :
The Kid, L'opinion publique, La Ru?e vers l'or, Le Cirque, Les Lumi?res de la ville, Les Temps modernes, Le Dictateur, Monsieur Verdoux, Les Feux de la rampe, Un roi ? New York
A partir du 24 octobre 2012 dans les salles de cin?ma

http://www.zerodeconduite.net/chaplin

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 19.10.12 à 10:29 - Réagir

Kirikou et les hommes et les femmes

Kirikou et les hommes et les femmes

Quatorze ans apr?s Kirikou et la sorci?re (1998) et sept apr?s Kirikou et les b?tes sauvages (2005), Michel Ocelot fait ? revivre son petit h?ros pour un troisi?me opus, Kirikou et les hommes et les femmes, qui part ? l’assaut d’une nouvelle g?n?ration de jeunes spectateurs. L’animation respecte les codes esth?tiques et la charte graphique des pr?c?dents films, mais ce nouveau long m?trage a recours ? la 3D pour donner de la profondeur aux sc?nes en ?tageant les plans.
Pour le reste, il n’y a pas de surprise : Kirikou appara?t tel qu’en lui-m?me l’?ternit? le change, et le film travaille les variations (cinq petites histoires : le toit de la femme forte, le vieux grincheux , le monstre bleu, la griotte, la fl?te et la m?re) ? partir du m?me mat?riau de base. Le spectateur adulte trouvera sans doute que le filon s’?puise, et que le principe du film ? sketches est un peu fastidieux : les plus jeunes retrouveront eux avec bonheur leur h?ros favori dans de nouvelles aventures et sur grand ?cran.

Pour l’enseignant, le film de Michel Ocelot offre de riches possibilit?s p?dagogiques, ? tous les cycles de l’?cole ?l?mentaire (cycles 1, 2 et 3). Le premier travail qui s’impose en classe avec ce film est un travail de vocabulaire, qui peut m?me ?tre men? avant de voir le film, afin de s’assurer de la bonne compr?hension, surtout pour les plus jeunes. (Exemple : le griot ou la griotte est la personne qui raconte des histoires.) Apr?s le film, un travail en g?ographie peut ?tre propos? sur l’Afrique : habitudes culinaires (founiou aux l?gumes…), habitat (case…), habits (boubou de feuilles, pagne de Karaba…), v?g?tation (ficus-ficelle….), climat (vent : l’harmattan…), jeux (awal?…), ainsi (? travers la 3?me histoire, celle du monstre bleu) que sur un peuple nomade africain : les touaregs.
D’autre part, tout le monde se souvient de la fameuse chanson qui a rendu Kirikou c?l?bre : ? Kirikou n’est pas grand mais il est vaillant ?.? Dans ce nouvel ?pisode, on retrouve tout au long du film le m?me genre de petits dictons : ?? Le chacal n’est plus et la panth?re est repue ? ou encore ? Kirikou n’est pas gros mais c’est un griot ?. On pourra donc proposer aux ?l?ves un travail d’?criture ou de cr?ation pour imaginer d’autres petits dictons. Pour les plus jeunes, le dernier, celui de la fl?te, sera l’occasion de faire de la musique avec des objets du quotidien (peigne, colliers, bol, grattoir…). Enfin, pour les plus grands, ce film permettra de travailler en ?ducation civique et morale sur les valeurs v?hicul?es par le film, de mani?re peut-?tre plus lisible que les pr?c?dents : ouverture ? la diff?rence, tol?rance, entraide…?

[Kirikou et les hommes et les femmes de Michel Ocelot. 2012. Dur?e : 1 h 28. Distribution : Studio Canal. Sortie le 3 octobre 2012]

Posté dans Dans les salles par Zéro de conduite le 05.10.12 à 13:37 - Réagir

Ernest et C?lestine : des souris et des ours

Ernest et C?lestine

Rares sont les films ? pour enfants ? diffus?s au Festival de Cannes, et la pr?sence sur la Croisette de l’ours Ernest et de la souris C?lestine pouvaient para?tre incongrue. Mais, ? l’instar d’Azur et Asmar, pr?sent? ?galement dans le cadre de la Quinzaine des R?alisateurs, Ernest et C?lestine est un vrai film d'auteur(s), loin des produits souvent paresseux qui visent le public captif des vacances scolaires.

D?s l’entame, on est saisi par l’originalit? du ton et le soin apport? ? la forme. Le sc?nario a d?velopp? l’histoire de la rencontre entre l’ours Ernest et la souris C?lestine, gagnant une libert? bienvenue en se pla?ant chronologiquement avant les albums de Gabrielle Vincent. Le film se structure sur une s?rie d’oppositions entre grand et petit, dessus (la ville des ours, en tous points nos semblables) et dessous (le monde souterrain des souris, qui rappelle les Gaspards de Pierre Tchernia), mais aussi entre la norme et la marge : la rencontre entre l’ours marginal et la petite souris anticonformiste va bouleverser l’ordre trop bien r?gl? des choses. La facture frappe par la fluidit? de l’animation, ? la fois douce et nerveuse, et par le travail sur la mati?re sonore (les voix des com?diens mais aussi les bruitages).

Ernest et C?lestine a b?n?fici? du concours d’un grand nombre de talents, comme autant de f?es pench?es sur son berceau : il est sign? par pas moins de trois r?alisateurs, le jeune Benjamin Renner ayant re?u le concours des iconoclastes belges Patar et Aubier (r?alisateurs de Panique au village), le sc?nario est l’œuvre du romancier Daniel Pennac, qui s'est lui-m?me adapt? des albums originaux. Le petit miracle est que la r?union de ces fortes personnalit?s ait su produire une œuvre aussi coh?rente et tenue, qui respecte l’univers de Gabrielle Vincent tout en lui donnant une dimension nouvelle. Sachant allier un humour gentiment subversif (pour les plus grands) au ravissement sensoriel (pour les plus petits) et au frisson de l'aventure (pour les un peu moins petits), Ernest et C?lestine est un petit bijou ? exploiter en classe d?s le Cycle 1, aussi bien pour ses th?matiques g?n?reuses (l'ouverture ? l'autre, la tol?rance) que pour sa forme.

Ernest et C?lestine de Benjamin Renner, St?phane Aubier et Vincent Patar, France, Belgique, Luxembourg, 80 mn
Quinzaine des r?alisateurs
Sortie au cin?ma pr?vue le 12 d?cembre

Posté dans Festival de Cannes par zama le 24.05.12 à 17:36 - Réagir

Cheval de guerre : heureux qui comme Joey

Cheval de guerre, un film de Steven Spielberg

L'enfer des tranch?es, la puissance terrible des canons et les mitrailleuses, l'horreur de la guerre chimique, l'invention des premiers blind?s : ce sont les images qu'?voquent spontan?ment la Premi?re Guerre Mondiale, fix?es d'ailleurs pour une bonne part par les innombrables films de fiction qui lui ont ?t? consacr?s. On a tendance ? oublier que cette formidable acc?l?ration des techniques de destruction (aboutissement d'un si?cle d'industrialisation) a cueilli par surprise des commandements militaires rest?s sur les sch?mas de la guerre ? l'ancienne ; et fauch? des centaines de milliers de soldats lanc?s la fleur au fusil et sans l'?quipement ad?quat (les Fran?ais ne troqueront le k?pi r?glementaire contre le casque qu'en septembre 1915) sous les balles ou les obus ennemis, parmi lesquels les unit?s de cavalerie.
Une sc?ne magnifique de Cheval de Guerre (la plus marquante du film et peut-?tre une des plus belles du cin?ma de Spielberg) r?sume ? elle toute seule cette ?volution : une glorieuse charge de cavalerie anglaise est brutalement stopp?e par le feu des mitrailleuses allemandes. Steven Spielberg nous montre la course sabre au clair des soldats anglais sur leurs fiers destriers, puis la gueule noire des machines qui crachent leurs projectiles, et, comme dans un r?ve, les chevaux continuant leur course sans but et sans cavaliers. En jouant sur le montage et sur l'ellipse (on ne voit jamais les cavaliers mourir tomber), Spielberg donne ? cette sc?ne une dimension presque onirique, et en fait une m?taphore superbe, de l'av?nement de la guerre moderne.

Cheval de Guerre, le vingt-sixi?me long-m?trage de Steven Spielberg, n'est pas qu'un film sur la guerre de 1914-1918. Il est aussi et surtout le r?cit, adapt? d'un roman de Michael Morpurgo (Cheval de guerre, ?ditions Gallimard Jeunesse) de l'amiti? entre entre un jeune fermier anglais et son cheval, que la r?quisition du second par l'arm?e anglaise s?parera pendant toute la dur?e de la guerre. Apr?s une premi?re partie bucolique qui raconte la rencontre et l'apprivoisement mutuel d'Albert (le jeune homme) et Joey (le cheval), le film d?laisse le premier pour suivre les pas du second et son incroyable p?riple, qui le verra passer d'un ma?tre et d'un camp ? l'autre (officier anglais, soldat allemand, jeune fran?aise). Dans le roman, Michael Morpurgo faisait de Joey son narrateur. Spielberg ne reprend pas le proc?d?, qui aurait sans doute tir? le film vers l'univers du conte, et il ne cherche pas ? humaniser le personnage du cheval : aussi magnifique qu'?nigmatique, celui-ci est une "force qui va", une nature qui va traverser les horreurs de la guerre avec une incroyable ?nergie. Il est aussi un miroir qui, par la fa?on dont on le traite et les sc?nes dont il est t?moin, va nous renvoyer l'image tragique de l'humanit? en guerre.
Apr?s son incursion dans le tout-num?rique (Tintin, r?alis? en motion capture), Steven Spielberg rend un magnifique hommage au cin?ma classique : un cin?ma de convention o? tout le monde parle anglais (ou fran?ais en VF), o? les ciels sont parfois un peu trop rouges et la musique un peu trop pr?sente, o? tout est bien qui finit un peu trop bien ; mais un cin?ma o? les figurants (? deux et quatre pattes) sont de chair et d'os, o? les cavalcades donnent la chair de poule ; un cin?ma, surtout, qui redonne ses lettres de noblesse ? la notion de mise en sc?ne. Si, ? l'image de son h?ros ?quid?, le film pi?tine parfois tout au long de ses deux heures et quelques (l'?pisode "fran?ais" est ? cet ?gard le moins r?ussi), il r?serve de superbes acc?l?rations : des sc?nes qui par la seule puissance des choix d'axe de de valeur de plan, par la ma?trise du montage et du rythme, vous restent longtemps en m?moire. Ces sc?nes (la chevauch?e du cheval dans le no man's land nocturne, l'ex?cution de deux jeunes d?serteurs, l'attaque au gaz d'une tranch?e) r?ussissent le tour de force de montrer la guerre dans son horreur, en laissant hors champ l'essentiel de sa violence (car le film s'adresse aux enfants).

Z?rodeconduite.net a mis en ligne un site et un dossier p?dagogiques autour du film, utilisable en classe ? partir du CM2.

[Cheval de guerre de Steven Spielberg. 2011. Dur?e : 2 h 27. Distribution : Walt Disney. Sortie le 22 f?vrier 2012]

Posté dans Dans les salles par zama le 21.02.12 à 20:30 - 3 commentaires

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