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R?ves d'or : Le site p?dagogique

Comme le pr?c?dent Sin nombre de Cary Fukunaga (2008), R?ves d'or retrace le parcours sem? d'emb?ches (contr?le aux fronti?res, racket des mafias ou de policiers corrompus) des migrants partant d'Am?rique centrale (Guatemala, Nicaragua, Honduras, sud du Mexique) pour gagner le lointain Eldorado nord-am?ricain… Mais le film de l'espagnol Diego Quemada-Diez le fait avec des accents de v?rit? et une puissance ?motionnelle in?dites, qui lui ont valu un prix d'interpr?tation collectif m?rit? au dernier Festival de Cannes (S?lection Un Certain Regard).

L'odyss?e de ces quatre jeunes h?ros (Juan, Sara, Samuel et Chauk, l'indien Tzotzil ne parlant pas un mot d'espagnol), serre le cœur, sans jamais que Diego Quemada-Diez ait besoin de forcer sur le pathos. Gageons qu'elle saura toucher des adolescents fran?ais, au moment o? ces probl?matiques migratoires (cf les morts en M?diterran?e) sont sous les feux de l'actualit?. Z?rodeconduite.net consacre un site p?dagogique au film, avec un dossier p?dagogique r?dig? par un enseignant d'espagnol.

R?ves d'or de Diego Quemada Diez, au cin?ma le 4 d?cembre
Le site p?dagogique du film : www.zerodeconduite.net/revesdor

Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 20.11.13 à 17:42 - Réagir

Le M?decin de famille : le site p?dagogique

On l'a rappelé récemment à l'occasion du décès du criminel de guerre Erich Priebke en Italie : l'Amérique latine en général, et l'Argentine en particulier (où Priebke a passé quarante ans), ont été des hâvres de tranquillité pour les nazis en fuite… La réalisatrice argentine Lucía Puenzo, fille du grand Luis Puenzo et auteure de XYZ ou El niño Pez, s'est emparée de cette histoire dans son roman Wakolda, qu'elle adapte aujourd'hui au cinéma.
Le Médecin de famille (présenté en mai dernier au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard) entrelace une intrigue fictionnelle autour du séjour présumé du "médecin" nazi Joseph Mengele à Bariloche en Patagonie, et de sa relation trouble avec une famille d'Argentins ignorant tout (du moins au début) de son monstrueux passé. 

Zérodeconduite.net consacre un site pédagogique au film : on y retrouve un entretien avec Lucía Puenzo, et un dossier pédagogique destiné aux enseignants d'Espagnol. Celui-ci aborde les très riches thématiques du film au fil d'activités à proposer aux élèves avant et après le film : Bariloche y la Patagonia, Los nazis en Argentina, Joseph Mengele, el ángel de la muerte, Los carteles de la película, Historia y ficción, Una obsesión por la genética

Le Médecin de famille de Lucía Puenzo, au cinéma le 6 novembre
Le site pédagogique : www.zerodeconduite.net/lemedecindefamille

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels et un dossier pédagogique (Espagnol), sur la boutique DVD Zérodeconduite.

Posté dans Sur le web par Zéro de conduite le 22.10.13 à 19:15 - Réagir

Despu?s de Lucia : th??tre de la cruaut

Despues de Lucia

Después de Lucia est de ces films qui mettent au défi le jugement critique : parce que l’ambiguïté troublante du propos y est balancée par une indéniable maîtrise formelle, et que l’absence assumée de discours nous renvoie à nos interrrogations.

Le film déploie dans un premier temps l’histoire d’un deuil, le titre étant à prendre à la lettre.  Après le décès accidentel de Lucia, son mari Roberto et sa fille Alejandra, 15 ans, commencent une autre vie : déménagement, nouveau travail pour l’un, nouvelle école pour l’autre. La frêle jeune fille semble s’en tirer moins mal que le massif Roberto, muré dans une douleur indicible et aveugle à ce qui l’entoure. Alors que l’on commence à comprendre la situation (le film est avare en informations), la narration dévie de cette trajectoire balisée : partie en week-end dans la luxueuse villa d’un de ses nouveaux camarades, Alejandra tombe dans les bras d’un garçon. Celui-ci aura l’indélicatesse de filmer leurs ébats, et la perversité de faire circuler les images, point de départ du drame. Le groupe-classe, qui l’avait rapidement adoptée, va se retourner contre Alejandra, et se liguer afin de lui faire payer cet « écart »  S’ensuit pour Alejandra un long calvaire alimenté à la fois par l’imagination perverse des jeunes gens, par l’aveuglement des adultes (dont celui du père, hébété de douleur), et par l'absolue passivité d'Alejandra, qui jamais n'opposera de résistance à ses bourreaux, ni ne voudra en parler à un adulte (de peur de faire de la peine à son père, comme le suggère le film).
Después de Lucia ne nous épargnera aucune étape de ce chemin de croix. Systématiquement méprisée, humiliée, violentée, Alejandra finira prostrée sous les jets d’urine de ses petits camarades mâles, après qu’ils l’auront violée à tour de rôle. La mise en scène est certes suffisamment précise et distanciée (plans-séquences fixes discrètement chorégraphiés, jeu avec le hors-champ et les ellipses) pour rendre le « spectacle » à peu près supportable (âmes sensibles s’abstenir toutefois). Mais on peut voir dans cette maîtrise une perversion supplémentaire : par son impassibilité et son naturalisme la mise en scène fait mine de nous placer devant la réalité brute, alors que le calvaire d’Alejandra est pure fiction, entièrement imaginée et minutieusement agencée par le jeune cinéaste. A cet égard on pourra interroger le glaçant plan-séquence final, qui choisit de fermer la porte à toute idée de rédemption ou de justice, en orchestrant un dernier quiproquo tragique.

Au-delà de la violence psychologique du film qui restreint son public (classes averties et très préparées), on pointera le risque d'un malentendu. A prendre Después de Lucia comme un témoignage sociologique sur les phénomènes de harcèlement (voir le dossier pédagogique du film), à le promouvoir comme un outil pour prévenir des comportements similaires, on tombe dans le piège même du film : prendre pour argent comptant un matériau qu’il faudrait au contraire interroger (en classe de Philosophie par exemple).

[Después de Lucia de Michel Franco. Durée : 1 h 43. Distribution : Bacfilms. Sortie le 3 octobre 2012] 

> Le DVD du film est disponible, avec ses droits institutionnels  sur la boutique DVD Zérodeconduite.   

> Sur le Café pédagogique : Le film mexicain Después de Lucia et le harcèlement à l'école

Posté dans Dans les salles par zama le 09.10.13 à 17:49 - 19 commentaires

La Danza de la realidad : retour aux origines

La Danza de la Realidad

Pr?sent? ? Cannes dans la s?lection de la Quinzaine des r?alisateurs, La Danza de la realidad offre un cinglant d?menti ? ceux qui pensaient qu’Alejandro Jodorowky, 23 ans apr?s le peu inspir? Le Voleur d’arc en ciel (1990), sa derni?re r?alisation en date, avait d?finitivement pris sa retraite du grand ?cran. Ce film marque en effet le retour au premier plan du r?alisateur franco-chilien qui, ? 84 ans, n’a rien perdu de la verve corrosive et de l’imagination d?brid?e qui, dans les affres psych?d?liques des ann?es 70, b?tirent sa l?gende de cin?aste culte underground, auteur de titres aussi hallucin?s qu’El Topo ou La Montagne sacr?e.

Ces deux titres phares de la filmographie de Jodorowsky, souvent rest?s incompris, offraient d?j? ce potentiel de d?lire visuel qui, sous la forme d’un trip m?taphysique baroque et souvent cruel, aspirait ? pousser le spectateur dans ses derniers retranchements jusqu’? lui faire vivre une exp?rience sensorielle proche de la transe cathartique, destin?e ? lui ouvrir les portes d’un nouveau rapport ? soi et? au monde. A la vue de ce brillant dernier opus - le moindre plan contient plus d’id?es visuelles et de mise en sc?ne que tout ce que l’on a pu voir ces derniers temps sur les ?crans -, on se demande comment on a pu se passer de l’elixir jodorowskien pendant tant d’ann?es, tant le cin?ma semble ?tre le support le mieux adapt? ? la po?tique et ? l’univers du r?alisateur, bien plus encore que la bande dessin?e dont il a marqu? l’histoire avec des œuvres telles que L’incal (1981-1989, en collaboration avec Moebius) ou bien encore La caste des M?tabarons (1992-2003) avec Juan Gimenez. Cette petite "bombe atomique mentale" – comme il l’a d?sign?e lui-m?me en toute modestie… – fait voler en ?clat bon nombre des verrous qui cadenassent notre imaginaire pour infliger, pour le meilleur, une saine et revigorante claque ? tous les conformismes et acad?mismes qui cors?tent la cr?ation cin?matographique. Arm? de sa psychomagie et d’une force de frappe visuelle intacte, Jodorowsky nous plonge dans son autobiographie fantasm?e : celle du jeune Alejandro qui grandit dans les ann?es 30 ? Tocopilla, une petite ville mini?re sur la c?te pacifique au nord du Chili, coinc? entre un p?re stalinophile qui ne souhaite qu’une chose, endurcir son fils, ?liminer en lui toute sensibilit? enfantine, po?tique ou spirituelle au seul profit du mat?rialisme et de la raison triomphante, et une m?re, certes plus sensible et ouverte ? l’imaginaire, mais qui ne voit en son fils que la r?incarnation de son propre p?re...

La dualit? peu ?vidente de cette ?ducation donne lieu ? une fresque haute en couleurs o? se croisent –entre autres- une foule de pestif?r?s qui errent ? travers la montagne, un raz-de-mar?e qui d?clenche une pluie de sardines, des mutil?s alcooliques et chanteurs victimes des travaux de dynamitage dans les mines, une r?union de la cellule locale du parti communiste dans le bordel de la ville o? militants et transexuels, prol?taires tous unis contre le dictateur Iba?ez, chantent L’Internationale ? tue-t?te en agitant plumes et boas… Autant de tableaux surr?alistes qui? jalonnent un r?cit mettant en sc?ne avant tout le parcours initiatique du p?re d’Alejandro dans une qu?te de soi destin?e ? comprendre l’origine de la violence qui l’habite et qu’il transmet ? ses enfants. En se confrontant ? ce trauma des origines, Jodorowsky aspire ? exorciser cette pr?histoire familiale, ? mieux la comprendre et pour cela nous convoque ? une f?te dyonisiaque hautement adictive o? son art consomm? de la mise en sc?ne rel?gue au second plan toute vell?it? esth?tisante. Dans ce film, le r?alisateur qui a supprim? toute la machinerie et la technique qui entourent habituellement un tournage pour ne garder qu’une cam?ra fixe et un cam?raman avec sa steadycam, fait en sorte que la beaut? jaillisse du contenu, pas de la forme. On en redemande et on se prend ? r?ver que le r?alisateur, qui dit avoir des centaines de films dans la t?te, puissent les porter ? l’?cran afin de continuer ? faire danser la r?alit?.

La Danza de la realidad est un film qui ne manquera pas d’int?resser les hispanisants ? plus d’un titre : au-del? de ses qualit?s artistiques intrins?ques qui raviront le jeune public (La Danza est sans doute le film le plus abordable de Jodorowsky), le film refl?te bien les diff?rentes strates de peuplement intervenues dans le sud du continent latino-am?ricain au d?but du si?cle en narrant le destin de la famille d’Alejandro, des Juifs russes immigr?s au Chili, une micro-entit? blanche perdue au milieu de la population indienne de Tocopilla, ville du nord situ?e dans une partie du pays arrach?e ? la Bolivie au cours des conflits du XIX?me si?cle qui oppos?rent les deux pays. De ce point de vue, la double marginalit? de la famille Jodorowsky propose des pistes pour une approche bas?e sur l’apprentissage de l’alt?rit? et la confrontation ? l’autre au cœur de la? probl?matique latino-am?ricaine. Le film de Jodorowsky permet ?galement d’introduire les ?l?ves au courant du r?alisme magique - impuls? dans les ann?es 70 par des auteurs comme Garc?a M?rquez - dont on retrouve nombre d’?chos dans le film au travers de ses brusques glissements surr?alistes, ainsi qu’? l’histoire mouvement?e du Chili, ?galement ?voqu?e ? travers la dictature d’Iba?ez et les tentatives infructueuses du p?re d’Alejandro pour le renverser. En dernier lieu, ce film qui par bien des aspects emprunte beaucoup ? l’imagerie et la rh?torique du conte, sans en ?vacuer la traditionnelle cruaut?, touchera de fa?on plus universelle le jeune public par la dimension initiatique pleine d’humanit? et de sensibilit? qu’il distille.

[La Danza de la realidad d'Alejandro Jodorowsky, 2013. Dur?e : 2 h 10. Distribution : Path?. Sortie le 4 septembre 2012]

Posté dans Dans les salles par Henri Belin le 03.09.13 à 17:20 - Réagir

Jeunes critiques : Los due?os

Pour la premi?re fois et ? l'occasion de ce Festival de Cannes, Z?rodeconduite.net ouvre ses pages ? des textes d'?l?ves : en l'occurence les ?l?ves de la kh?gne option cin?ma du lyc?e Paul Val?ry de Paris, embarqu?s ? Cannes, entre l'?crit et l'oral de leur concours, par leur professeur Philippe Zill.
Nous proposons ici des extraits, regroup?s par film, de chacune de leurs critiques, r?alis?es ? chaud et dans l'effervescence du Festival. Les textes int?graux sont disponibles eux en pdf.

Los Duenos

Los due?os de Agust?n Toscano & Ezequiel Radusky, par H?l?ne C.

"Cela commence avec une s?rie de gestes, un rituel : des domestiques qui occupent la demeure de leurs propri?taires d?s qu'ils sont absents. Selon les r?alisateurs, cette pratique est courante en Argentine, pays o? se tient l'action. Le film s'ouvre ainsi sur un plan fixe recouvrant Sergio et son p?re, des hommes ? tout faire et sa m?re, une serveuse, mangeant la nourriture d'autrui, allong?s sur un canap? qui n'est pas le leur. Puis un bruit de cl? dans la serrure se fait entendre et dans un long panorama, nous suivons la famille s'enfuir par la fen?tre apr?s avoir pris soin de laisser la villa en ?tat. Le rituel se r?p?te autant de fois que les deux sœurs propri?taires s'absentent. (...)"

La critique int?grale en pdf

Los due?os de Agust?n Toscano & Ezequiel Radusky, Argentine, 2013, 95 min
Semaine de la critique

Posté dans Festival de Cannes par Zéro de conduite le 25.05.13 à 12:23 - 7 commentaires

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