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La séance du mois (octobre) : Nuit noire 17 octobre 1961

Notre nouvelle séance du mois s’adresse aux enseignants d’histoire.
Elle porte sur un film à la trajectoire un peu spéciale puisqu’il s’agit d’une production télévisuelle, déjà diffusée sur Canal Plus en juin dernier et qui repassera sur la même chaîne la semaine prochaine, parallèlement à sa sortie en salles (le 19 octobre) et à son édition DVD.
Première fiction sur un événement totalement censuré à l’époque et refoulé ensuite de la mémoire collective, Nuit noire 17 octobre 1961 fait œuvre utile, mais c'est aussi une remarquab le réussite cinématographique : tension et sobriété de la mise en scène d’Alain Tasma, réalisme de la reconstitution (notamment celle du bidonville de Nanterre), qualité de l’interprétation (notamment Thierry Fortineau, saisissant en Maurice Papon).
De notre point de vue surtout, le scénario "choral" de Patrick Rotman à la qualité rare de donner à voir, par la multiplicité des points de vue, toute la complexité d’un événement historique : il replace l’événement dans son contexte, explique sans l’excuser l’escalade de la violence (assassinats de policiers par le FLN), évite tout manichéisme.
Nuit noire 17 octobre 1961 fait partie d’un mouvement de fond de réexamen souvent passionné du passé colonial de la France (polémique autour de la loi du 23 février 2005, manifeste des "Indigènes de la République", film de Rachid Bouchareb, ouverture prochaine de la Cité nationale de l’immigration) auquel l’enseignant d’histoire ne peut pas être indifférent, d’autant que la demande est très forte du côté des élèves.
Par sa rigueur et son courage (le film aurait-il pu se monter sans la politique volontariste de la chaîne cryptée ?), c’est un film important.
Aussi, même si l’épisode peut sembler marginal dans le conflit algérien, et est d’ordinaire escamoté de son enseignement (sur huit manuels de Terminale consultés, un seul mentionnait l’événement), nous avons pensé que ce film pouvait illustrer avec profit le cours de Terminale sur la guerre d’Algérie.
C’est l’objectif de notre séquence en trois parties ( 1/Le 17 octobre dans la guerre d’Algérie 2/Le silence d’un fleuve 3/ La mémoire du 17 octobre) qui propose en outre de nombreux documents pour prolonger le travail avec les élèves, et en complément, un glossaire, une chronologie et une bibliographie.

[Télécharger la séquence au format pdf]

On mentionnera quelques liens pour approfondir :
Le site de l’assocation 17 octobre 1961 : Contre l’oubli.
Un dossier de l’Express.
Dossier Guerre d’Algérie des Clionautes (Daniel Letouzey)
Dossier de Cliotextes (Patrice Delpin)

Rappelons enfin qu’un riche travail interdisciplinaire peut être mené avec un enseignant de Français en s’appuyant sur le très beau roman de Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire, autre fiction sur le 17 octobre.

Posté dans La séance du mois par zama le 19.10.10 à 12:06

Commentaires

De Ludivine, posté le 17.10.05 à 15:50

Merci beaucoup pour la séquence pédagogique, d'une grande qualité: on peut travailler directement avec elle en classe tellement elle est bien faite!
De Ben, posté le 19.10.05 à 15:10

Avez vous vu Caché de Michael Hanecke ? Coincidence ou pas avec la sortie de ce film, il y est fait allusion au 17 octobre 1961. La culpabilité personnelle du personnage de Daniel Auteuil (je ne peux pas en dire plus sans déflorer l'intrigue) renvoie à une culpabilité collective, historique, dont le 17 octobre est un des éléments.
De hurlevent, posté le 20.10.05 à 12:07

vu le film hier sur Canal, c'est impressionnant. étonné qu'on n'en ait pas plus parlé dans la presse ?
De thibault, posté le 03.11.05 à 00:33

j'ai acheté le film en DVD et il y a quelque chose de très agacant : les dialogues en arabe ne sont jamais sous-titrés, ce qui rend certaines séquences incompréhensibles (la réunion des cadres du FLN en Belgique, des séquences dans le bidonville). était-ce le cas de la version passé suR canal ? ou alors est)ce que je ne sais pas me servir d'une lecteur DVD
De zama, posté le 03.11.05 à 16:07

pour thibault : à mon souvenir, dans la version salles en tout cas, les dialogues en langue arabe étaient sous-titrés.
De papon's back, posté le 05.11.05 à 11:01

octobre 61 - novembre 05 : quand les plus hauts personnages de l'état endossent la rhétorque guerrière et que les policiers se sentent couverts dans leurs débordement, ce n'est jamais bon pour les citoyens…
De Jurieu, posté le 07.11.05 à 15:40

je trouve le commentaire précédent d'une remarquable bêtise… comment peuton comparer une bavure certes tragique mais accidentelle, avec un massacre (voir les bilans) quasiment institutionnel ? je suis loin d'être un supporter de sarkozy mais il y a mieux à faire pour le combattre que de le comparer à Papon (c'est bien ça "papon's back" ?), surtout dans le climat actuel.
De thom, posté le 07.11.05 à 20:25

d'accord avec Jurieu… maintenant si ça pete aujourd'hui, c'est peut-etre le contrecoup de ce qui s'est passé il y a quarante ans ! et du silence assourdissant sur ces enevments !! si on leur avait dit plus tot pourquoi et comment ils étaient la… bon, sans vouloir dire non plsu que c'est a cause des manuels d'histoire si les voitures brulent ; )
De papon's back, posté le 08.11.05 à 12:22

"d'une remarquable betise" : et l'instauration du couvrefeu d'apres une loi datant de la guerre d'Algérie tu trouve ça comment ? je persiste et je signe
De Youssef Indigène, posté le 29.05.10 à 13:44

papon's back a raison. C'est la même indifférence aujourd'hui comme hier face aux crimes racistes. Comment juger vous le système qui permet une "bavure" comme vous dites, au cours de laquelle un retraité de 69 ans, Ali Ziri, un retraité algérien sans histoire, qui avait précisément échappé au massacre d'octobre 61 est rattrapé par ce même racisme d'Etat et meurt le 9 juin 2009 sous les coups de chaussures et de poings de 3 jeunes policiers âgés de 25 ans, dans un car de police à Argenteuil? Et des cas de crimes racistes d'Etat, comme ça, y'en a bien d'autres avec toujours la même impunité pour la police et la même carence pédagogique vis à vis de la société. Puisque l'affaire Ziri est, comme bien d'autres de ce type, au point mort. Croyez vous, si Ali Ziri avait été un retraité blanc de 69 ans, qu'il aurait pu, ayant été interpellé à la suite d'une banale infraction au code de la route, être roué de coups et tué de cette manière dans une telle indifférence ? N'y a t-il pas là une certaine continuité idéologique ?

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