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Cannes 2012, d'autres films

Tandis que Raymond Depardon parcourt seul avec sa chambre 20x25 les routes de campagne pour y fixer le visage de la « France des sous-préfectures » (photos qui donneront lieu à l’exposition la France de Raymond Depardon), sa fidèle collaboratrice Claudine Nougaret exhume les pépites filmiques issues d'un demi-siècle de "chutes". De ses premiers essais caméra qui témoignent d’une rage de filmer, de se fondre dans la foule, jusqu’aux grands films de la maturité (Urgences, Fait divers, 10ème chambre instants d’audience, La Vie moderne), en passant par les reportages dans tous les "coins chauds" du globe, Journal de France déroule le fil d’une carrière incroyablement riche, partagée entre le cinéma et la photographie…
Plaisant « je me souviens » à la manière de Pérec (je me souviens de Françoise Claustre séquestrée par les toubous, je me souviens de Valéry Giscard d’Estaing menant campagne à la hussarde, je me souviens des audiences de la juge Bernard-Requin) et collection de séquences inédites souvent remarquable, Journal de France peine toutefois à dépasser sa dimension de best of pour amorcer une réflexion sur le travail du cinéaste-photographe.
Journal de France de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, France, 100 mn
Sélection Officielle, Séance spéciale
Sortie en France le 16 juin

La misère sociale et son cortège de violence imbécile comme de stupidité crasse semblent condamner Robbie à l’impasse, comme dans les tragédies grecques. Mais comme le rappelle son avocate, le héros du nouveau film de Ken Loach a rencontré Leonie qui a su déceler dans le jeune homme une « part d’ange » (expression qui désigne aussi la partie du whisky en fût qui s’évapore). Paradoxalement c’est la rencontre avec d’autres délinquants et Henry, un éducateur, qui va lui offrir opportunité d'exprimer cette part positive de lui-même.
A partir de ce moment le film quitte le drame social pour entrer dans un autre genre, le film de braquage, dans sa version comique (on pense au Pigeon de Monicelli). On rit beaucoup, sans pour autant cesser de trembler pour les personnages.
Aucun pathos dans la description d’une jeunesse sans repères, aucune complaisance dans la description d’une violence stupide, mais une vraie tendresse pour l’« écossitude » (accent, bière, whisky, kilt et billard) : généreux avec ses personnages tout comme avec son public (le film a été vivement applaudi à Cannes), La Part des anges renoue avec bonheur avec la veine comique du réalisateur de Kes, trois ans après son Looking for Eric.
La Part des anges (The Angel’s share) de Ken Loach, Royaume-Uni, 106 mn
Sélection Officielle
Sortie en France le 16 juin

Jeune étudiante un peu paumée qui se prostitue occasionnellement, Akiko est envoyée contre son gré chez un client un peu particulier : un vieux professeur de sociologie qui semble chercher la compagnie plutôt que les plaisirs de la chair. Dans ce film lent et contemplatif qui fait la part belle aux conversations en voiture (matrice de son célèbre Ten) des relations vont se nouer : une forme de filiation entre ce faux « grand-père » et Akiko mais aussi, par la coïncidence d’un quiproquo, son fiancé, jaloux et violent.
La mise en scène d’une rigueur un peu glaçante nous offre une tranche de vie, sous laquelle semble se dessiner une illustration de la domination masculine comme norme sociale. Le film s’achève brutalement nous laissant, seuls, imaginer la suite et nous interroger sur ces simili-amoureux qui le sont si peu.
Like someone in love d’Abbas Kiarostami, France, Japon, 109 mn
Sélection Officielle
Posté dans Festival de Cannes par zama le 04.06.12 à 15:28

