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Le Disciple : le fou de Dieu

Le Disciple

Un beau jour Venia, lycéen auparavant sans histoire, se met à trouver les filles trop dénudées à la piscine, à perturber les cours d'éducation sexuelle, et à contester la leçon sur Darwin et l'évolution. La Bible à la main (même s'il semble la connaître par cœur), il se répand en imprécations furieuses, farcies de versets bibliques, contre sa mère, ses camarades, ses professeurs et même le pope, considéré comme le représentant d'un clergé corrompu.

Dans ce film, adapté d'une pièce de Marius von Mayenburg, le russe Kirill Serebrennikov montre comment le poison du fondamentalisme religieux peut menacer l'édifice social (ici une communauté éducative). Le sujet du film n'est pas le ressort de la crise mystique de Venia (qui ne sera jamais explicité), mais bien les effets délétères de son prosélytisme et la variété des réactions, plus ou moins combattives, qu'on lui oppose. Si les personnages et les situations semblent parfois taillés à coups de serpe, le film se distingue par son énergie et son travail sur le langage, gangréné par la parole sacrée sur laquelle les discours rationnels semblent n'avoir plus de prise. Dans sa progression implacable, Le Disciple ressemble à un précipité, au sens chimique du terme. Il a en tout cas le grand intérêt de brasser dans un tout autre contexte (la Russie orthodoxe) des thématiques qui en France sont quasi exclusivement posées en rapport avec l'Islam.

Le Disciple de Kirill Serebrennikov Russie, 2016, durée : 118 mn
Un Certain Regard

Posté dans Festival de Cannes par zama le 16.05.16 à 23:09

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