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Shirley : le site pédagogique

L'immense succès de la rétrospective qui lui a été consacrée l'année dernière (la deuxième exposition la plus fréquentée du Grand Palais depuis quarante ans) l'a une nouvelle fois prouvé : le peintre Edward Hopper jouit d'une incroyable cote d'amour auprès du grand-public, sans commune avec la place que lui assignent les érudits dans l'histoire de la peinture. On peut certes y voir, de ce côté-ci de l'Atlantique, la fascination pour l'Amérique, cette Amérique à la fois réaliste et fantasmée mise en images par le peintre (qui incarnait selon sa femme “le meilleur de la tradition américaine”) ; on peut aussi, et de manière plus universelle, pointer l'attrait qu'exercent ces scènes à la fois quotidiennes et énigmatiques, instants suspendus qui appellent irrésistiblement à la fiction. Qui ne s'est pas projeté dans ces figures esseulées et mélancoliques ? Qui n'a pas prêté un passé, des pensées, des sentiments aux noctambules de Nighthawks (1942) ou à l'ouvreuse de New York Movie (1942) ?

Hopper a inspiré de nombreux cinéastes, mais avec Shirley, visions of reality (Un voyage dans la peinture d'Edward Hopper), le cinéaste Gustav Deutsch fait des tableaux du peintre américain la matière même de son film : il a recréé, mis en mouvement et relié treize toiles, qui racontent sur une trentaine d'années l'itinéraire d'un personnage fictif dénommé Shirley, et un peu de l'histoire des États-Unis au vingtième siècle. Shirley est d'abord un enchantement visuel, fascinant par le travail sur les décors, les couleurs, la lumière. La recréation "grandeur nature" des tableaux permet à la fois de magnifier la splendeur plastique des toiles de Hopper et de démonter leur profonde étrangeté. L'immobilité forcée du cadre nous rend attentifs au jeu subtil sur le hors-champ (les personnages de Hopper ont souvent le regard dirigé vers l'ailleurs), notamment par le travail sur les ambiances sonores. Mais le film de Gustav Deutsch, tout introspectif qu'il soit, dresse également un portrait impressionniste de l'Amérique : par le monologue de Shirley ou par le biais d'archives radio, chaque toile est précisément ancrée dans son époque (celle de sa conception par Hopper) ; et c'est ainsi la Grande Dépression, le maccarthysme et le Mouvement des Droits Civiques qui défilent… 

Zérodeconduite.net propose un site pédagogique autour de ce film, destiné aux enseignants d'Anglais au Lycée.
http://www.zerodeconduite.net/shirley

[Shirley, un voyage dans la peinture d'Edward Hopper. Durée : 93 mn. Distribution : KMBO. Sortie le 17 septembre 2014]

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